Démaoïsation

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Cette page a pour but de décrire l'évolution sociale et politique de la Chine de la fin de la Révolution Culturelle jusqu'à nos jours.

Histoire[modifier]

La fin du régime de Mao[modifier]

En Chine, la prétendue Révolution Culturelle s'achève sur une reprise en main du pouvoir par Mao au dépends de Lin Biao, qui meurt dans des circonstances controversées en 1971. La rupture avec l'URSS est consommée depuis les incidents militaires de 1969. C'est dans ce contexte d'isolement financier et commercial concommitant avec le retrait américain engagé au Viet-Nam qu'un rapprochement s'opère avec les Etats-Unis : Mao reçoit le président américain Nixon en 1972 et de nouveau en 1976, quelques mois avant de mourir.

La Démaoïsation proprement dite[modifier]

La succession de Mao Zedong commence par des luttes internes à la tête de l'Etat, qui conduisent rapidement au pouvoir Deng Xiaoping, l'opposant de Mao au temps de la Révolution Culturelle. L'arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping est suivie immédiatement d'une épuration au sein du Parti Communiste Chinois (procès de la "Bande des Quatre", 1980) et à une politique de réformes économiques et agraires qui ouvrent une brèche dans l'étatisme de la période maoïste, avec notamment la décollectivisation des terres et l'ouverture à l'Occident[1], favorisée par la création de Zones Économiques Spéciales, comme celle de Shenzhen (en face de Hong Kong), qui bénéficient de lois plus "libérales", c'est à dire plus favorables aux capitalistes notamment étrangers. L'économie chinoise renoue ainsi avec la croissance, et les inégalités sociales s'accroissent. Mais les espoirs de démocratisation[2] sont balayés par plusieurs vagues de répression. La première du règne de Deng Xiaoping a lieu en 1978, mais la plus connue en occident reste celle de 1989 (évènements de Tien-An-Men)[3].

Un pays, deux systèmes[modifier]

La rétrocession de Hong-Kong (1997) et celle de Macao (1999) consacrent la formule "Un pays, deux systèmes", qui officialise l'existence au sein d'un système encore largement étatique et dictatorial, de poches de "libéralisme" économique où la concentration de la classe ouvrière est telle qu'on a pu parler d'"atelier du monde". La croissance économique de certains centres urbains prend des proportions spectaculaires dans la décennie 2000-2010, illustrée par les JO de Beijing (2008) et l'exposition universelle de Shanghai (2010). La fin de cette décennie est également émaillée de plusieurs grèves dans plusieurs centres industriels chinois.

Evolutions des pays voisins[modifier]

Le cauchemar du Viet-Nam et du Cambodge[modifier]

Le rapprochement sino-américain opéré par Mao est incontestablement lié à l'enlisement américain au Viet-Nam. L'impopularité croissante du conflit aux Etats-Unis, liée entre autres aux pertes élevées, à la médiatisation des conséquences atroces pour les population civiles, et à l'extension du conflit au Cambodge (1970), conduisent au retrait progressif de l'armée américaine du Viet-Nam (1973). La guerre ne s'arrête pas là, puisque s'ensuit la reconquête du Sud Viet-Nam par le Nord (1974-1975). Au Cambodge aussi le régime tombe, mais cette fois face aux "Khmers Rouges" (1975), groupe populiste et raciste soutenu par la Chine et les Etats-Unis, qui commet un véritable génocide avant d'être renversé par l'armée Viet-Namienne (1979). Les trois décenies suivantes sont plus calmes, mais ces pays restent exsangues et peinent à suivre la croissance économique du reste de la région.

Tigres et dragons capitalistes[modifier]

La fin lente de la croissance japonaise, due à la même crise qui frappe l'Europe et l'Amérique du Nord, laisse en effet la place dans cette économie libéralisée de force à la concurrence des pays voisins. Ceci se traduit par un boom économique dans les pays qualifiés de "Quatre Dragons" (Corée du Sud, Taïwan, Hong-Kong, Singapour) ainsi que dans les zones économiques spéciales de Chine, et une croissance relativement soutenue des "Cinq Tigres" (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines et Vietnam), auxquels il faut ajouter, last but not least, l'Inde. On assiste ainsi dans toute la région à une accumulation de richesses très inégalitaire, ainsi qu'à une forte croissance des forces productives, dans des conditions d'exploitation qui en font parfois les concurrents (réels ou fantasmés) de l'Europe, des Etats-Unis et du Japon qui connaissent en même temps une tendance à la désindustrialisation. Cette évolution reste cependant fragilisée par plusieurs crises économiques (notamment en 1997 - fin 1998).

Références[modifier]

  1. "La Chine et l'économie de marché : un grand bond en avant ou un grand pas en arrière ?", Lutte de Classe n°12, janvier-février 1995
  2. La Chine : de Mao à la démaoïsation, Cercle Léon Trotsky du 23 novembre 1984
  3. "Chine – Des manifestations de masse pacifiques au bain de sang", Lutte de Classe n°25, été 1989