Séance du comité de l’Union Ouvrière du 15 janvier 1849

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Auteur·e(s) Karl Marx
Karl Schapper
Écriture 15 janvier 1848

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Publié dans Freiheit, Arbeit n°3, 21 janvier 1849
Publié en français dans le recueil La Nouvelle Gazette Rhénane aux Éditions sociales (1963-1971). Numérisé par MIA et l'UQAC.
Recueil(s): Freiheit‚ Arbeit


Après lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente, le président Röser demande si le citoyen Prinz, rédacteur, est présent et comme on lui répond que celui-ci est déjà parti, il dit qu'il faut lui demander des comptes en tant qu'employé permanent de l'Union, sur son comportement ces temps derniers, sur les modifications qu'il a apportées au journal sans en informer l'Union ...

Les citoyens Marx et Schapper font la proposition, soutenue par beaucoup, d'adjoindre au citoyen Prinz, rédacteur de l'organe officiel de l'Union[1] , un comité de rédaction chargé de veiller à ce que cet organe représente réellement les intérêts de l'Union et qu'il soit dirigé dans l'esprit de notre parti.

La proposition est acceptée et les citoyens Schapper, Röser et Reiff sont nommés membres de ce comité de rédaction.

Le citoyen Westermann lit la « déclaration » du Dr. Gottschalk[2] publiée à Bruxelles, et ne peut se déclarer d'accord avec le procédé employé par le Dr. Gottschalk.

Mais le citoyen Marx fait la proposition, soutenue par Schapper, de ne pas s'occuper pour l'instant de cette affaire, étant donné que la déclaration publiée est trop équivoque et confuse pour en tirer une conclusion avec certitude; en revanche, pour tirer l'affaire au clair, on nommerait une commission qui résumerait les passages lui paraissant confus et adresserait au Dr. Gottschalk une lettre lui demandant des explications et des informations sur ces points.

Cette proposition est approuvée à l'unanimité et les citoyens Dr. Marx, Anneke, Schapper, Röser et Esser sont proposés et acceptés comme membres de cette commission.

Le citoyen Anneke propose que les élections qui doivent avoir lieu prochainement[3] soient le sujet de la discussion des séances futures.

Le citoyen Schapper pense que si nous avions entrepris cette discussion, environ quatre semaines plus tôt, nous pouvions apporter peut-être au nom de notre propre parti une contribution valable, mais que, maintenant, il était trop tard puisque nous n'étions pas encore organisés; il serait impossible à l'Union ouvrière de faire triompher ses propres candidats.

Le citoyen Marx est, lui aussi, d'avis qu'actuellement l'Union ouvrière, en tant que telle, ne peut pas faire triompher des candidats; il ne s'agit pas non plus, pour l'instant, d'agir sur le plan des principes, mais de faire opposition au gouvernement, à l'absolutisme et au régime féodal, ce qui est également à la portée de simples démocrates, ceux qu'on appelle les libéraux qui, eux non plus, ne sont pas satisfaits du gouvernement actuel, il s'en faut de beaucoup. Il faut prendre les choses comme elles sont. Puisqu'en ce moment il importe de s'opposer le plus possible à l'absolutisme actuel et dès lors qu'on se rend compte qu'aux élections on ne peut faire triompher sa propre position de principe, le bon sens exige qu'on s'unisse à un autre parti, également dans l'opposition, pour empêcher la victoire de notre ennemi commun, la royauté absolue.

Sur quoi il est décidé de participer aux comités électoraux généraux qui doivent être créés ici en ville après le découpage en circonscriptions électorales et d'y représenter le principe démocratique en général.

Pour établir une liaison étroite entre les travailleurs et les démocrates, on désigne les citoyens Schapper et Röser qui participent aux séances du comité de l'assemblée démocratique et devront présenter ici un rapport sur leurs travaux.

  1. Après l'interdiction du journal Zeitung des Arbeiter Vereines zu Köln, l'Union ouvrière de Cologne eut pour organe le journal Freiheit,Brüderlichkeit, Arbeit. Il paraissait deux fois par semaine depuis le 26 octobre 1848. Il avait pour rédacteur en chef, P. G. Röser, représentant du président de l'Union ouvrière de Cologne. Le rédacteur responsable était W. Prinz. Le journal cessa momentanément de paraître fin décembre 1848 par suite de l'intervention de Gottschalk dans les affaires du journal. Le journal Freiheit, Arbeit, imprimé par Brocker-Evererts, parut à partir du 14 janvier 1848. Le rédacteur responsable de ce journal, Prinz, qui était un partisan de Gottschalk, s'efforça de provoquer la scission de l'Union ouvrière de Cologne. Prinz ne se soumit pas au comité de rédaction qui avait été nommé, le 15 janvier, au cours d'une séance du Comité de l'Union ouvrière de Cologne et dont Schapper, Röser et Reiff faisaient partie. C'est pourquoi, le 29 janvier, le Comité décida de ne pas considérer le journal Freiheit, Arbeit comme l'organe de l'Union et de reprendre le journal Freiheit, Brüderlichkeit, Arbeit avec pour rédacteur Christian Josef Esser. Le journal, rénové, parut du 8 février à fin juin 1849. Le journal Freiheit, Arbeit continua à paraître jusqu'au 17, juin 1849. Il contenait des attaques nombreuses et incisives et de perfides calomnies à l'égard de Marx et de la rédaction de la Nouvelle Gazette rhénane.
  2. Dans sa déclaration écrite le 9 janvier 1849 à Bruxelles et publiée dans le journal Freiheit, Arbeit n° 2 du 18 janvier 1849), Gottschalk cherchait à justifier son « exil volontaire » en déclarant que malgré son acquittement par le jury des Assises, ses concitoyens continuaient à être convaincus de sa culpabilité, et qu'il ne rentrerait que si « la voix de celui qui était encore le juge suprême dans le pays » ou si ses concitoyens le rappelaient. La « résolution de la première filiale de l'Union ouvrière de Cologne » apporta une appréciation sur cette déclaration de Gottschalk et sur son comportement.
  3. Conformément à la patente du 5 décembre 1848 l'élection des grands électeurs était fixée au 22 janvier 1849 et celle des députés à la seconde Chambre de la Diète prussienne au 5 février.