Protestation (7-8 février 1929)

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Auteur·e(s) Léon Trotski
Écriture 7 février 1929


Source : Léon Trotski, Œuvres 2e série, volume 2, juillet 1928 à février 1929. Institut Léon Trotsky, Paris 1989, pp. 448-449, voir des annotations là-bas


1. Le représentant du G.P.U. m’a informé que le gouvernement social-démocrate allemand m’a refusé un visa. Cela signifie que Müller et Staline sont d’accord dans leur appréciation de l’Opposition.

2. Le représentant du G.P.U. m’a informé que je serai remis contre mon gré à Kemal. Cela signifie que Staline s’est entendu avec Kemal, bourreau des communistes, pour des représailles contre l’Opposition comme contre un ennemi commun.

3. Le représentant du G.P.U. a refusé de discuter de garanties minimales contre les Gardes blancs — qu’ils soient russes, turcs ou autres — dans le cas de mon éventuelle déportation forcée en Turquie. Ce qu’il y a derrière, c’est que Staline compte directement sur l’aide des Gardes blancs qui n’est pas fondamentalement différente de l’aide donnée par Kemal.

4. Le fait que n’ait pas été tenue la promesse de faire venir de Moscou les livres dont j’ai besoin est une illustration particulière de la brutalité générale et de la déloyauté dans les questions grandes et petites.

5. La déclaration du représentant du G.P.U. selon laquelle une « garantie écrite » a été faite par Kemal en ce qui concerne mes biens, « à l’exception des armes », c’est-à-dire mes revolvers, signifie en fait que je serai désarmé dès le début devant les Gardes blancs et qu’une excuse délibérément mensongère est donnée pour l’attribuer au gouvernement turc.

Je fais connaître cela afin que la responsabilité en soit clairement assignée et afin de poser les bases des initiatives que je crois nécessaire de prendre contre cette traîtrise profondément thermidorienne.

6. Nous avons connaissance d’au moins un complot sérieux de Gardes blancs organisé par le général Turkul pour assassiner Trotsky en Turquie. C’était, selon Aleksandr Orlov, son ami Zinovivij Katznelson qui tirait les ficelles de Turkul. En revanche, le président Kemal voulut avoir une attitude « chevaleresque » et Trotsky jouit d’une réelle hospitalité sous cet angle.