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Special pages :
Plus près de la Classe Ouvrière
| Auteur·e(s) | Nadejda Kroupskaïa |
|---|---|
| Écriture | 1924 |
Parlant de la composition sociale de notre Parti, Trotsky, dans son article : Le Cours Nouveau, a signalé qu'un sixième seulement de l'effectif du P.C. travaille à l'établi.
Un parti qui ne compte qu'un sixième d'ouvriers exerçant leur métier doit faire preuve d'une vigilance particulière, car il est fortement exposé au danger de dévier du point de vue de classe.
Or, nous traversons une période où la plus légère déviation de la ligne de classe a immédiatement une répercussion nuisible sur la lutte internationale du prolétariat. Cela est vrai pour chaque parti communiste, mais les fautes du P.C.R., actuellement à la tête du mouvement du prolétariat international, seraient particulièrement funestes sous ce rapport.
Comment le Parti peut-il se préserver de toute déviation de la ligne de classe ? En maintenant le contact le plus étroit avec la masse ouvrière, en se guidant sur l'instinct de la classe de cette dernière qui l'aide à trouver la ligne juste, les décisions rationnelles.
Voilà pourquoi, quoique les ouvriers travaillant à l'établi ne représentent qu'un sixième de notre effectif, leur poids est plus grand que celui de toutes les autres couches sociales du P.C.R. parce qu'ils vivent et travaillent avec la masse.
Une des principales tâches de notre appareil est d'instituer une liaison étroite entre la masse ouvrière et les sphères dirigeantes, de resserrer de plus en plus cette liaison, de souder véritablement la masse et le Parti.
C'est ce que comprennent parfaitement la majorité des communistes qui ont milité alors qu'il n'y avait encore pour le Parti ni pouvoir, ni appareil étatique et que le travail dans la masse était le principal travail de tout bolchévik.
Le poids spécifique de ce sixième de notre effectif est insuffisamment apprécié par le groupe du « centralisme démocratique » qui voit le nœud de la question dans la façon non pas d'assurer à ce sixième une influence suffisante sur le Parti, mais d'assurer les droits de tous les membres du Parti et qui pose la question d'une manière trop formelle, étrangère à l'esprit de notre Parti.
Trotsky lui-même oublie la nécessité de s'orienter en premier lieu sur les ouvriers travaillant à l'atelier lorsqu'il invite le Parti à s'orienter sur la jeunesse. Jusqu'à présent or, ne connaissait pas, dans le Parti, de distinction entre jeunes et vieux ; on ne tenait pas compte de l'âge. Cette division aurait une raison d'être si les vieux s'étaient retirés de l'action, s'ils étaient devenus en quelque sorte des « icones » : mais notre génération a toujours été au centre de la lutte et du travail, et elle n'a pas moins d'expérience pré-révolutionnaire que les nouveaux membres du Parti. De plus, elle a une excellente formation marxiste qui lui a permis de s'assimiler le sens des événements ; elle détient les traditions du Parti. C'est ce que comprend bien la jeunesse elle-même qui se rend parfaitement compte de la responsabilité incombant au Parti. Le mot d'ordre de l'orientation sur la jeunesse, opposé à celui de l'orientation sur les masses ouvrières, est radicalement faux ; aussi, est-il facile de l'exploiter démagogiquement.
Nous avons dans notre Parti une excellente tradition : ne pas redouter l'autocritique, ne pas s'inquiéter de ce que diront nos ennemis, ne jamais hésiter à reconnaître nos fautes lorsqu'elles sont démontrées et, ensuite, à les réparer.
Jusqu'à présent, la dure réalité, l'acharnement de la lutte nous ont soustraits à l'empire des phrases sonores, des formules mortes et nous ont toujours forcés à examiner le fond même des questions, à tenir compte des circonstances réelles, à nous orienter vers la masse.
Ç'a été là la force de notre Parti, c'est ce qui lui a donné la victoire.
« Sache voir ! » tel a toujours été le mot d'ordre du militant responsable.
Dans la mesure où elle contribue à élucider la question, à redresser notre ligne, la discussion dans le Parti ne saurait qu'être approuvée.
Mais il faut qu'elle porte sur l'essence des choses, et que l'on fasse des propositions pratiques. Ainsi, les thèses du C.C. sur l'organisation économique tendaient à transporter la discussion sur le terrain pratique. C'est sur ce terrain également qu'il faut transporter les débats sur le bureaucratisme et l'appareil.
L'appareil, dit-on, est bureaucratique, il tue la vie du Parti ; au lieu de servir la cohésion entre la masse ouvrière et le centre dirigeant, il s'est transformé en cloison étanche. Nous ne le contestons pas.
Que faut-il donc faire pour remédier à cet état de choses ?
Où sont les propositions pratiques ?
Supprimer l'appareil ? Une telle proposition serait de l'enfantillage. En renouveler l'effectif ? Chercher des hommes d'esprit moins bureaucratique, comme Piatakov ou Ossinsky ?
Ce n'est pas dans les hommes, mais dans le système, la structure de de l'appareil qu'est le nœud de la question. Voilà qui est clair pour tous. Partant, il ne faut pas parler du bureaucratisme en général et du bureaucratisme du Parti en particulier, du désir plus ou moins sincère de le combattre, mais faire des propositions indiquant nettement comment modifier cet appareil de façon à l'épurer de tout bureaucratisme.
Une proposition a été faite : celle de composer la Commission de Contrôle d'ouvriers travaillant à l'établi, mais elle n'émanait pas de l'opposition. A-t-elle été examinée ? On pourrait faire une série d'autres propositions poursuivant le même but.
La discussion sur le terrain pratique est infiniment supérieure comme résultats à la critique « générale », aux soupçons de toute sorte dont il reste toujours une amertume pénible, nuisible à la bonne marche du travail.
Rapprochons-nous des masses et notre Parti sortira fortifié de la discussion actuelle.