Monsieur le frère

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Auteur·e(s) Léon Trotski
Écriture 2 juin 1940

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Communiqué de presse (T 4882), traduit du castillan avec la permission de la Houghton Library.


Oui. J'ai dit publiquement que la théorie de l' « auto-assaut » était stupide et extravagante. Un frère de M. Lombardo Toledano[1] affirme, à cet égard, que j'ai insulté la police et en particulier le général Nunez, de qui, dans le passé, je puis dire que je n'ai reçu qu'aide et attention.

La déclaration de ce député est une falsification grossière. Ni la police en général, ni son chef en particulier n'ont émis l’hypothèse de l' « auto-assaut », dans aucun contexte. Une telle théorie, ou, plus précisément, une affirmation générale de ce type a été exprimée par des publications dont la mission est de dissimuler et de justifier les crimes de Staline et de son G.P.U. Quelques fonctionnaires de police ont cru de leur devoir d’enquêter sur cette assertion. Mais le devoir de la police d’enquêter sur toutes les variantes ne me prive pas du droit de caractériser l'assertion de Lombardo Toledano et de ses amis qui rivalisent dans l'absurdité et l'extravagance de leurs calomnies avec le parti communiste… Ou peut-être l'honorable député exige-t-il que je considère moi-même l'hypothèse selon laquelle j'aurais mobilisé vingt hommes armés, capturé les policiers, enlevé l'un de mes gardes, mis le feu à ma propre maison, attaqué ma femme et moi, blessé mon petit-fils - et tout cela pour des raisons que personne ne peut expliquer de façon cohérente - que je considère donc cette hypothèse comme le résultat du sérieux de la pensée et la preuve de la finesse de la pensée juridique de M. [Lombardo] Toledano et de ses amis ?

Au cours de ma conférence de presse, j'ai dit, en réponse à une question directe, que, bien que je ne puisse être d'accord avec la manière dont M. Salazar procédait avec mes collaborateurs, je n'avais cependant pas le moindre doute que la police ne serait inspirée dans son enquête que par le désir d'établir la vérité.

L'objectif de cette nouvelle insinuation est double :

(1) provoquer l'hostilité de la police contre la victime de l'agression et aider ainsi les agresseurs, (2) provoquer, si possible, mon expulsion du Mexique, c'est-à-dire mon transfert aux mains du G.P.U.

Permettez-moi d'ajouter une chose : si on remonte la piste des différentes rumeurs et dénonciations mensongères mises en circulation par des sources mystérieuses et à demi mystérieuses, elle nous conduirait très près du commandement suprême des agresseurs.

  1. Luis Lombardo Toledano, frère du secrétaire général de la C.T.M. (Confédération des Travailleurs Mexicains) et député du P.R.M., avait donné une déclaration assez largement reproduite dans la presse, qu’El Popular titrait « Trotsky insulte la police mexicaine ». Le ton de la déclaration était d'une xénophobie et d'un chauvinisme assez remarquables. Partant des déclarations de Trotsky sur la théorie de la simulation de l'attentat que la police semble avoir retenue pendant quelques jours, le député écrivait notamment : « Pour Trotsky, la police du Mexique est une police stupide. Elle ne mérite aucun respect. Nous autres, Mexicains, nous pensons autrement […] Si Trotsky pense cela des institutions de l'unique pays au monde qui a voulu lui donner asile, on s'explique pourquoi il ne lui est permis de vivre dans aucune partie de la planète. »