M. Dies ment

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La déclaration de M. Dies le 12 décembre sur les raisons de son abandon de son plan de faire venir Trotsky aux États-Unis est entièrement fausse. Dies prétend qu’il « n’a pas reçu du Mexique l’assurance que Trotsky serait autorisé à revenir au Mexique ». Personne n’est obligé de fournir semblable assurance à M. Dies qui n’est ni le président des États-Unis, ni le secrétaire d’État, ni un fonctionnaire consulaire. Le consul des États-Unis au Mexique a reçu pleine assurance par écrit du secrétariat de Gobernación du Mexique, que je pourrai aller librement aux États-Unis et revenir dans ce pays. La tentative de M. Dies de se débarrasser de la responsabilité de sa volte-face sur le gouvernement mexicain est parfaitement déloyale.

J’ai été invité le 12 octobre, par la commission, à comparaître devant elle à Austin, Texas, le 12 novembre. J’ai immédiatement demandé à deux de mes collaborateurs aux États-Unis de situer les documents, citations, dates, nécessaires, de les traduire en anglais, etc., parce que je considérais le rôle et le devoir d’un témoin dans une affaire de cette importance comme très sérieux.

Le 2 novembre, le représentant de la commission, M. J. B. Matthews, informait mon avocat, M. Goldman, que l’audition avait été reportée en décembre, entre le 10 et le 15, et l’assurait en même temps que ma comparution était assurée « à cent pour cent ». M. Goldman, en plein accord avec moi, expliqua à M. Matthews, enquêteur en chef de la commission, que mes objectifs politiques n’avaient évidemment rien de commun avec les objectifs politiques réactionnaires de M. Dies, que la seule chose que je pouvais promettre était de dire la vérité. J’ai peur que ce soit là la raison pour laquelle M. Dies a abandonné son plan. Si je voulais caractériser cela de façon sévère, mais ferme, je dirais que c’est « un procédé sordide ».

M. Dies dit qu’il pourra envoyer un enquêteur au Mexique pour « prendre la déposition de M. Trotsky ». Mais je n’ai jamais invité son représentant au Mexique, indépendamment du fait qu’il m’assure ou non qu’il sera autorisé à retourner aux États-Unis. J’ai donné mon accord seulement pour déposer publiquement devant une commission de la Chambre des Représentants avec la possibilité entière d’élucider à travers un contre-interrogatoire toutes les questions obscures. Si M. Dies désire avoir mon opinion par écrit seulement, il peut lire mes livres.