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Special pages :
Lettre à Werner von Veltheim, 29 septembre 1847
| Auteur·e(s) | Karl Marx |
|---|---|
| Écriture | 29 septembre 1847 |
Zalt-Bommel, le 29 septembre 1847.
Cher Veltheim[1],
Cette lettre de ma main va vous surprendre, car sans doute ne vous souvenez-vous guère de moi.
Je vais en quelques mots vous exposer l'objet de cette missive.
Vous connaissez les conditions faites à la presse aujourd'hui en Allemagne. La censure interdit pratiquement toute entreprise de presse raisonnable. D'un autre côté, la confusion des opinions est telle que le journalisme allemand, parvenu non sans peine à une certaine unité, menace à nouveau d'éclater en une multitude de journalismes locaux — berlinois, saxon, rhénan, badois, etc. En même temps, au sein de cette poussière de journaux, les opinions religieuses, politiques et sociales les plus hétérogènes continuent à fourmiller.
Des amis que j'ai en Allemagne ont attiré mon attention sur le fait que, précisément, dans cette situation anarchique, une revue permanente de synthèse qui se voudrait critique à l'égard de tous les partis et de toutes les opinions sans distinction et qui, ne déduisant pas sa critique de principes préconçus, montrerait au contraire le lien entre partis et tendances politiques, religieuses et sociales, ainsi que la littérature qu'ils publient, d'une part, et la situation économique de l'Allemagne, de l'autre, revue où, par conséquent, l'économie politique jouerait un rôle primordial, qu'une telle revue répondrait donc tout à fait aux besoins du moment. Nous avons été unanimes à estimer qu'une telle revue était impossible en Allemagne même.
Il fut donc décidé d'entreprendre, par souscription d'actions, la publication, à Bruxelles, d'une revue de ce type dont j'assumerais la responsabilité rédactionnelle[2]. Il fut décidé, en même temps, d'utiliser le produit de la vente des actions pour créer un atelier de typographie et d'imprimerie, afin de réduire les coûts de production.
Comme, à cette fin, nous plaçons des actions dans toute l'Allemagne — l'action coûte 25 thalers — je voudrais vous demander si vous-même et de vos amis seriez prêts à souscrire à cette entreprise.
Une chose me semble indéniable : le seul moyen d'apporter quelque lumière dans ce mouvement allemand d'aujourd'hui, si hétéroclite, comme, de façon générale, dans le mouvement moderne, c'est d'acquérir des idées claires avant tout sur les rapports de production[3] et d'envisager et de juger les autres sphères de la vie sociale par rapport à ceux-ci.
On ferait chaque année un bilan précis des recettes et des dépenses. Le nombre des actions se monte à 200.
En cas de réponse de votre part, veuillez, je vous prie, la faire parvenir à l'adresse suivante : M. Charles Marx, Bruxelles, Fbg Namur, Rue d'Orléans 42.
Je séjourne ici, en Hollande, chez mon oncle, pour raisons familiales et quelques jours seulement.
Votre tout dévoué
Karl Marx.
Avez-vous des nouvelles d'Edgar ?
- ↑ Werner von Veltheim : parent éloigné de Jenny Marx. Etudia à Berlin en même temps que Marx. Vivant sur ses terres à Ostrau, près de Halle, il flirtait alors avec les idées socialistes.
- ↑ Le manque de moyens, mais également les événements de 1848 empechèrent la revue de paraître.
- ↑ Marx dit : ... dass man vor allem die Produktionsverhältnisse sich aufklärt.