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Special pages :
Lettre à Leo Jogiches, 21 mars 1895
| Auteur·e(s) | Rosa Luxemburg |
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| Écriture | 21 mars 1895 |
(...) Tu sais, tu serais content si tu étais ici. Ce n'est que sur place qu'on voit l'importance de la Cause [Ouvrière]. Adolf me raconte qu'elle produit depuis quelques temps un effet comme jamais auparavant. Les socio-patriotes sont maintenant continuellement sous pression et attendent en tremblant la parution de chaque numéro (ce sont les paroles d'Adolf). Pourquoi donc ? - ai-je demandé pour en savoir plus. Ils craignent des articles du genre "Pour le Congrès" ou "Sous le fouet". L'intérêt est énorme, ils questionnent sans cess sur les nouveaux numéros, quant à La Pologne Ind., ils la prennent littéralement d'assaut. Mais voici le meilleur.
La section locale de l'Union des socialistes polonais à l'étranger a actuellement pour figure de proue Krauz (l'ami de Stasia et Janek). Or en novembre, il a fait un exposé à la section, où il a critiqué vivement l'Union et la tactique du P.P.S. et de l'Avant-l'aube. Il s'est référé à [l'article] "Sous le fouet" et a démontré que nombre de nos reproches sont très justes, en exigeant qu'on leur réponde. Il a entre autres demandé au P.P.S. pourquoi dans L'Ouvrier il n'y a pas un seul mot sur le programme. Il a dit ensuite : La manifestation incontestablement la plus imortante de la tactique du P.P.S. a été la commémoration de Kosciuszko. Mais de combien d'hésitations, d'inconséquences, le P.P.S. n'a-t-il pas fait preuve lors de son organisation ? Pourquoi l'a-t-il organisée avec les patriotes ? (plus ou moins le résumé des "Deux dates"). Ce sont là des erreurs "que nos adversaires (c. à d. nous) ont exploité avec pathos et exagération". Bref - le coup a porté ! Chacun de nos coups s'est enfoncé dans le talon d'Achille. Tu me demandes comment je sais tout cela ? C'est très simple. La Section parisienne a décidé d'imprimer l'exposé de Kelles-Krauz et -- l'a fait imprimer chez Reiff. Mais les londoniens et les zurichois ont visiblement eu peur et ont trouvé le moyen d'empêcher sa diffusion. La brochure n'a donc pas vu le jour (c'est celle dont je vous parlais dans ma carte). Dommage, grand dommage, c'est une oeuvres qui nous aurait à tous égards rendu d'immense services. Elle reproche par exemple à la social-démocratie allemande "de s'être épouvantable ment enlisée" (tous les socio-patriotes d'ici sont - des allemanistes et considèrent le mot "guesdiste" comme une insulte), elle soutient - afin de nous toucher à mort, que nous répétons mot pour mot dans notre tactique et notre programme - Bebel, Liebknecht et Guesde, alors qu'ils vénèrent eux "le vrai révolutionnaire - Neuwenhuis", etc. Hélas on ne peut pas utiliser cette brochure, mais comme le dit Adolf, on peut la garder en réserve, et donner à entendre à l'Avant-l'aube, aux moments opportuns, que nous l'avons. Je te l'enverrai en secret, Adolf l'a obtenue et me l'a également donnée en se cachant de Jadzia, car elle juge cela malhonnête d'après ses conceptions morales et lui a interdit de m'en parler. Nous les tenons constamment sous pression. En ce moment ce sont nos articles sur le tsar qui les impressionnent, ensuite on leur tannera la peau pour L'ouvrier, enfin le numéro ouvrier fera sensation du fait de nos contacts dans le pays.