Lettre à Léon Sedov, 5 juillet 1931

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Mon cher Ljova,

Dans ta lettre n°35 il y a cinq feuillets, mais le numérotage va jusqu'à six : il manque une feuille. Je pense simplement que tu as fait une erreur en comptant. Il est difficile d'établir les trous dans le texte.

  1. On t'envoie aujourd'hui les contrats avec Petropolis pour l'Autobiographie et pour l'Histoire de la Révolution. Je rappelle que le contrat pour l'Autobiographie est le suivant : 12 1/2 % jusqu'à 2000 et au-dessus, 20 %. Pour l'Histoire : c'est 15 % sans augmentations ensuite ( je n'en suis pas certain). S'il en est ainsi, nous pouvons demander 20 % au-delà de 2000. Ne crois-tu pas qu'il vaudrait mieux faire mener les négociations par Pfemfert ? Tu décides ce qui te semble le mieux.
  2. Concernant La Révolution défigurée. Il faut renvoyer tout de suite le manuscrit ici, car il n'a été envoyé que pour examen. Pour l'impression, il doit y avoir d'importants rajouts. Je te renverrai le manuscrit avec tous les additifs deux jours après l'avoir eu.
  3. Le compte-rendu "idiot" par "Rul" aurait dû être envoyé tout de même.
  4. L'information selon laquelle 5 à 6 000 exemplaires de l'Histoire en allemand étaient vendus il y a un mois m'ahurit : c'est une grosse affaire.
  5. Où est sorti le livre de Svijatopolsk-Mirsky ? Tu peux simplement écrire à ce sujet à Eastman, puisqu'il peut avoir plus facilement un livre anglais. Il faut envoyer quelque chose à Eastman de toute façon et aussi vite que possible.
  6. Nous recevons le journal d'Urbahns, habituellement même deux exemplaires.
  7. Il n'y a pas de doute que maintenant précisément on peut faire beaucoup de travail dans la social-démocratie, à un moment où le parti officiel court après les fascistes. L'Opposition pourrait se concentrer sur la jeunesse social-démocrate. Mais ce doit être fait convenablement.
  8. On ne transférera pas d'argent ce mois-ci de Berlin à Paris. Nous envoyons l'argent d'ici. Il faut absolument acheter une machine à écrire. Au lieu d'en louer une, il vaut mieux en acheter une à tempe : en Allemagne, c'est probablement faisable sans difficultés. Il nous faudra attendre des "renforts" financiers en juillet-août.
  9. J'ai proposé au secrétariat de questionner Landau sur la base de tes lettres de Frank, lesquelles étaient bien plus catégoriques que ta dernière lettre. Je t'envoie en même temps une copie de ma propre lettre, en supposant que tu pourrais laisser l'initiative au secrétariat si tu l'estimais nécessaire.
  10. La chose la plus alarmante dans ta lettre me semble être le compte-rendu que tu fais du comportement de Mill dans les affaires de la Ligue française. Il abuse de toute évidence de la position qu'il a vis-à-vis d'eux en tant que représentant officieux de l'Opposition russe. Je l'ai mis en garde sur le fait que j'allais agir pour Molinier contre lui. Il m'a répondu avec une noble indignation que je ne le comprenais pas, que lui aussi était pour Molinier. Et maintenant. il t'écrit qu'il est contre Molinier. Compte tenu de son penchant pour les volte-faces, cela peut ne pas être si tragique. Mais il faut absolument le remettre au pas. En attendant, je ne lut écris pas pour qu'il puisse bien comprendre où il est en train d'aller.
  11. Dans toute conversation avec Scholem, il est essentiel d'être pleinement attentif. Si ses intentions sont sérieuses - mais à cette condition seulement - il faut le presser de faire un voyage ici (en dehors de tout le reste, il peut être très utile pour le journal).
  12. L'homme à qui tu as parlé qui a promis pour la seconde fois d'appeler, n'a apparemment pas appelé. Mais tu dois réserver aussi la conversation avec lui, en la donnant sous une forme différente au prochain numéro du Biulleten.
  13. Maintenant le dernier point, et le plus important sur tes perspectives universitaires. Ce serait bien sûr très séduisant de décrocher ton diplôme d'ingénieur. Les obstacles et les difficultés que tu indiques sont très considérables, pas insurmontables. Peut-être serait-il possible, provisoirement, d'aller à l'université, à la faculté qui t'intéresse le plus (ou bien dont l'accès est le plus facile s'il y a une différence à cet égard)j et, après t'être consolidé à Berlin, tu pourrais, après tout, aborder la question de ton transfert au Collège supérieur technique. Sans connaître toutes les circonstances, il m'est difficile de te donner un conseil concret et précis. A titre de pari, je propose une distinction entre une décision temporaire le long de la ligne de moindre résistance. En fait, je considère comme tout à fait faisable (sur le plan matériel aussi) de terminer en deux on trois ans tes études d'ingénieur.