Lettre à Karl Marx, 2 novembre 1846

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[Paris], le 2 novembre [1846].[1]


Que devient la longue lettre détaillée que tu m'avais promise ? Envoie donc le manuscrit à Bernays, ce que tu détiens lui suffira, il a conservé la partie imprimée. Il n'a rien envoyé en Amérique ; ce qui est imprimé là-bas, l'est à son insu. Mais un grand nombre d'exemplaires ont été imprimés et il se peut fort bien que Leske en ait envoyé gratuitement dans toutes les parties du monde. Nous tâcherons de tirer l'affaire au clair. Grün ou Börnstein y sont peut-être mêlés. J'ai écrit en Suisse pour les manuscrits, mais il semble que ce chien me laisse sans réponse. En dehors de cet éditeur, il ne reste plus que Jenni, mais je lui ai fait une farce et je ne souhaite pas lui écrire. Joins à ta prochaine lettre quelques lignes pour lui, je les lui transmettrai ; ce sera pro forma [pour la forme] seulement, car il ne prendra pas notre manuscrit. Le premier à qui j'ai écrit, est l'éditeur d'une brochure de Bernays, mais même s'il accepte, il est en faillite à ce qu'écrit Püttmann. Voilà. Je désespère de la Suisse. C'est dur de trouver une solution. Dans la difficile situation actuelle nous ne parviendrons jamais à placer nos deux volumes ensemble. Tout au plus placerons-nous les deux volumes chez deux éditeurs différentes. Ecris-moi également à ce sujet[2].

Ton

E.

23, rue de Lille.

C'est seulement maintenant que je lis que le petit[3] a écrit ci-dessus pour dire comment il a fui la solitude. C'est bien que nous l'ayons ici ; il retrouve peu à peu sa bonne humeur. Salue toute la boutique.

  1. Ce texte a été ajouté en post-scriptum à une lettre écrite le 2 novembre 1846 par Bernays à Marx.
  2. On sait que L'Idéologie allemande dont il est question ici ne put être publiée à cette époque faute d'éditeur. Elle ne le sera qu'en 1932. Voir Editions sociales, 1968, Avant-propos.
  3. Karl Ludwig Bernays.