Lettre à Karl Marx, 28 décembre 1848

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Berne, le 28 décembre [1848].


Mon cher Marx,

Que se passe-t-il ? Ne puis-je pas rentrer bientôt; après la mise en liberté de G[ottschalk] et de A[nneke][1] ? Ces chiens de Prussiens ne vont pas tarder à perdre l'envie d'avoir affaire aux jurés. Comme je te l'ai dit, s'il existe des raisons suffisantes de ne pas craindre d'être arrêté préventivement, j'accours. Après quoi ils pourront bien me faire comparaître devant 10000 jurys s'ils le veulent, mais en détention préventive, on ne peut pas fumer et donc je n'irai pas en prison.

Toute l'affaire de septembre se réduit d'ailleurs à néant[2]. Les uns après les autres, tout le monde rentre. Ecris donc.

A propos, vers la mi-janvier un peu d'argent serait le bienvenu. D'ici là, n'est-ce-pas, vous aurez des rentrées massives.

Ton
E.

  1. Andreas Gottschalk et Friedrich Anneke, mis en liberté fin mars 1848, furent à nouveau arrêtés le 3 juillet 1848 à cause des discours prononcés le 25 juin à l'assemblée de l'Association des ouvriers de Cologne dont ils étaient les dirigeants. Le tribunal de Cologne les mit en liberté le 23 décembre 1848.
  2. Le 25 septembre 1848, le procureur de Cologne avait déposé une plainte contre Engels, Wilhelm Wolff et H. Bürgers, rédacteurs de la Neue Rheinische Zeitung, pour complot contre l'ordre établi et pour leur attitude de quitter la ville ; malgré la levée de l'état de siège, le procureur de la ville délivra un mandat d'arrêt contre Engels. Ce n'est qu'à la mi-janvier qu'Engels revint à Cologne.