Lettre à Henri Heine, début avril 1846

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Bruxelles, [vers le 5 avril 1846].

Mon cher Heine

Je profite du passage de celui qui vous remettra ces lignes, Monsieur Annenkov, un Russe très aimable et fort cultivé, pour vous faire parvenir mes salutations les meilleures.

Il y a quelques jours un petit pamphlet contre vous m'est tombé par hasard entre les mains : c'étaient des lettres posthumes de Börne. Je n'aurais jamais cru qu'il fût aussi plat, mesquin et qu'il eut aussi mauvais goût que ce texte le montre, noir sur blanc. Et quel misérable verbiage que tout cet appendice de Gutzkow et Cie. Je vais écrire pour une revue allemande une critique détaillée de votre livre sur Börne. Ce livre a été traité par les ânes germano-chrétiens avec une balourdise telle qu'on en chercherait vainement l'équivalent dans une autre période littéraire ; et pourtant ce n'est point la balourdise qui manque dans la littérature allemande, à quelque période que ce soit.

Si vous aviez quelque chose de « spéciale » à me communiquer sur votre ouvrage, faites-le donc rapidement.

Votre K. Marx.

5, rue de l'Alliance, hors de la Porte de Louvain.