Lettre à Hans Diefenbach, 13 août 1917

De Archives militantes
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Je mène ici l'existence normale d'une prisonnière, c'est-à-dire que je suis enfermée nuit et jour dans ma cellule et n'aperçois que la prison des hommes en face. Certes, j'ai le droit de me dégourdir les jambes dans la cour aussi souvent que je le désire, mais c'est une cour des communs au centre des bâtiments pénitentiaires, traversée de temps en temps par des prisonniers pendant leur travail, de sorte que je réduis mes sorties au minimum de ce que le médecin me prescrit pour des raisons d'hygiène et que j'évite de regarder autour de moi pendant ces "promenades". Le contraste avec Wronke est brutal, mais je ne veux pas me plaindre, je veux simplement expliquer par là pourquoi je ne peux pas, pour le moment, vous envoyer des lettres pleines du parfum des roses, de l'azur du ciel et des voiles de nuages comme vous aviez l'habitude d'en recevoir de Wronke.

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Mon estomac se rebelle violemment depuis une semaine et demie, à tel point que je dus rester allongée toute une semaine, et encore maintenant je vis principalement de compresses chaudes et de soupes maigres. L'origine en reste obscure, c'est vraisemblablement la réaction nerveuse à la brusque aggravation des conditions générales de mon existence.