Lettre à Friedrich Engels, 24 avril 1848

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Cologne [avant le 25 avril 1848].
Apostelnstrasse N° 7.


Mon cher Engels,

Beaucoup d'actions ont déjà été souscrites ici et nous pourrons commencer bientôt[1]. Mais il est maintenant indispensable que tu poses tes exigences à ton vieux et surtout que tu nous dises définitivement ce qu'on peut faire à Barmen et à Elberfeld.

Nous avons envoyé un prospectus [rédigé par Bürgers] à Hecker[2] qui se trouve à Elberfeld.

N'as-tu pas l'adresse de Dronke ? Il faut que nous lui écrivions d'urgence.

Réponds par retour du courrier. J'irais bien vous voir si la situation n'était pas trop inquiétante chez nous.

Ton
M.

  1. Il s'agit des actions de la Neue Rheinische Zeitung que Marx et Engels placèrent en avril-mai 1848 dans diverses villes d'Allemagne. La Neue Rheinische Zeitung, Organ der Demokratic [La Nouvelle Gazette rhénane, organe de la démocratie], était un quotidien, publié à Cologne du 1er juin 1848 au 19 mai 1849 sous la direction de Marx. Friedrich Engels, Wilhelm Wolff, Georg Weerth, Ferdinand Wolff, Ernst Dronke, Ferdinand Freiligrath et Heinrich Bürgers faisaient partie de la rédaction. Les éditoriaux concernant les questions les plus importantes de la révolution allemande et européenne étaient régulièrement rédigés par Marx et Engels. Journal de combat, la Neue Rheinische Zeitung s'attira, dès les premiers mois de sa parution, la haine furieuse de la presse monarchiste et bourgeoise libérale et les persécutions du gouvernement prussien. A l'occasion des événements de septembre à Cologne, les autorités militaires décrétèrent l'état d'urgence le 26 septembre 1848 et interdirent la parution des journaux démocratiques, donc de la Neue Rheinische Zeitung. Engels, Dronke et Ferdinand Wollf quittèrent provisoirement Cologne pour échapper à une arrestation imminente. Wilhelm Wolff dut se rendre pour un temps dans le Palatinat et se cacher pendant quelques mois. Après la levée de l'état de siège, le 12 octobre 1848, le journal recommença à paraître. Ferdinand Freiligrath entra dans la rédaction en octobre 1848. En mai 1849, le gouvernement prussien qui avait déjà refusé à Marx la nationalité représailles exercées contre les autres rédacteurs du journal, obligèrent la rédaction à suspendre sa parution. Le dernier numéro de la Neue Rheinische Zeitung (n° 301 du 19 mai 1849) parut imprimé en rouge. Dans leur proclamation d'adieu adressée aux ouvriers de Cologne, les rédacteurs déclaraient : « Notre dernier mot sera partout et toujours : Emancipation de la classe ouvrière ! »
  2. Il s'agit d'un prospectus sur la Neue Rheinische Zeitung, envoyé à Hecker, démocrate d'Elberfeld, et qui n'a pas été retrouvé.