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Special pages :
Lettre à Friedrich Engels, 15 mai 1847
| Auteur·e(s) | Karl Marx |
|---|---|
| Écriture | 15 mai 1847 |
[Bruxelles], le 15 mai [1847].
Mon cher Engels,
Tu sais que Vogler a été arrêté à Aix-la-Chapelle au début mai. Cette arrestation a rendu impossible pour le moment l'impression de la brochure[1] que tu m'avais envoyée. Le premier tiers de cette brochure m'a beaucoup plu. Il faudrait en tout cas apporter des modifications aux deux autres tiers. Je t'entretiendrai plus spécialement de ce point dans ma prochaine lettre.
Je joins la reproduction de ta caricature[2]. Je l'avais envoyée à la Brüsseler Zeitung[3].
En ce qui concerne l'article véritablement écœurant de Grün ou consorts paru dans la Trier'schen Zeitung[4], il est sans doute trop tard ; mais à l'origine, tu aurais bien fait de faire publier dans cette feuille de chou une riposte en deux lignes.
Je ne puis me rendre à Londres[5]. Mes finances ne me le permettent pas. Mais nous espérons y envoyer Wolff[6]. Vous y serez alors tous les deux, ce qui sera suffisant.
Voce [parlons] argent :
Tu te souviens que, depuis le Gesellschaftsspiegel, Hess me doit de l'argent ainsi qu'à mon beau-frère Edgar[7]. C'est pourquoi je tire d'ici un traite à son nom, payable à vue dans un délai de 30 jours.
Bernays me doit également 150 frs depuis le mois de mai de l'année dernière. Il se verra donc également présenter une traite.
Je te demande donc ce qui suit :
- Envoie-moi tout d'abord leurs adresses respectives ;
- Mets-les tous les deux au courant, et dis à ces ânes :
- Qu'ils doivent accepter la traite même s'ils ne croient pas être en mesure de payer, d'ici le 15 juin, les sommes qu'ils me doivent respectivement. Je ferai en sorte que ces traites soient couvertes à Partis. Naturellement, tu n'exposeras cette dernière possibilité à ces ânes que si on ne peut faire autrement.
Je suis actuellement dans une telle débine que j'ai dû recourir à cette émission de traites et en définitive, il n'y a aucune raison de faire des cadeaux à ces deux ânes. Mais au cas où ces ânes n'accepteraient ces traites que pour la forme, il me faut le savoir immédiatement.
Comme l'affaire est très urgente, j'attends de toi que tu ne perdes pas un seul jour pour tout régler et me tenir au courant.
Ici, à Bruxelles, j'ai déniché un escompteur.
Je ne puis plus t'écrire. Il y a environ douze jours, Breyer[8] m'a fait une saignée, mais au lieu du bras gauche, il l'a faite au bras droit. Comme je continuais à travailler comme si rien ne s'était passé, la plaie s'est mise à suppurer au lieu de se cicatriser. Cette affaire aurait pu devenir dangereuse et me coûter le bras. Maintenant la plaie est pratiquement guérie. Mais le bras est encore faible. Je ne dois pas le fatiguer.
Ton
Marx.
[Post-scriptum de Philippe Gigot]
Mon cher Fritzchen,
Je suis en train de lire ta brochure ; je me suis bien amusé jusqu'à présent, et je me réjouis de ne pas être allemand. Que Dieu, la raison ou l'espèce[9] nous préservent de devenir des petits-bourgeois.
Avec laquelle j'ai l'honneur d'être
Yours most truly [ton très fidèle]
Philippe.
P.S. Ecris-moi donc un demi-mot.
- ↑ Le Statu quo en Allemagne.
- ↑ Il s'agit de la caricature qu'avait faite Engels lors du discours du trône que Frédéric-Guillaume IV avait prononcé lors de l'ouverture, le 11 avril 1847, de la « Diète unie ». Le 3 février 1847, Frédéric-Guillaume IV avait convoqué une assemblée générale des Diètes provinciales, le discours qu'il prononça lors de l'ouverture déchaîna les colères : « Jamais je ne permettrai qu'une feuille de papier écrit vienne s'interposer comme une seconde Providence entre Dieu, notre Seigneur du Ciel, et ce pays, pour nous gouverner par ses paragraphes. La Couronne ne peut pas, ne doit pas dépendre de la volonté des majorités... Je ne vous aurais pas convoqués si j'avais eu la moindre pensée que vous puissiez songer à jouer le rôle de soi-disant représentants du peuple. » Cette caricature fut insérée dans le numéro de la Deutsche-Brüsseler Zeitung paru le 6 mai 1847.
- ↑ Deutsche-Brüsseler Zeitung : journal fondé par les émigrants politiques allemands de Bruxelles, parut du 3 janvier 1847 au mois de février 1848. Elle paraissait deux fois par semaine. Fondé et dirigé par Adalbert von Bornstedt, ce journal tentait de réconcilier les tendances libérales et démocratiques. Sous l'influence de Marx et d'Engels, ce journal devint, à partir de l'été 1847, l'organe des idées communistes et révolutionnaires. A partir de septembre 1847, Marx et Engels devinrent collaborateurs permanents du journal et dirigèrent en fait dans les derniers mois de l'année 1847 le comité de rédaction. Sous leur influence, le journal devint l'organe de la Ligue des Communistes.
- ↑ Voir la lettre d'Engels à Marx du 15 janvier 1847.
- ↑ Marx avait projeté de se rendre au premier Congrès de la Ligue des Communistes à Londres. La Ligue des Communistes était la première organisation communiste internationale du prolétariat, fondée sur la base du communisme scientifique. Auparavant, Marx et Engels avaient tout fait sur le plan idéologique, politique et sur celui de l'organisation pour éliminer l'influence du socialisme utopique et petit-bourgeois sur les membres de la Ligue des Justes qui avait précédé la Ligue des Communistes. Après une assez longue période de discussion avec Marx et Engels, la direction londonienne de la Ligue des Justes leur proposa d'adhérer à la Ligue, de collaborer à sa réorganisation et d'élaborer le programme qui devait reposer sur les principes qu'ils diffusaient. Marx et Engels acceptèrent. Au début de juin 1847 se tint à Londres le Congrès de la Ligue des Justes. Y participèrent Engels en tant que délégué des « communes » parisiennes et Wilhelm Wolff en tant que représentant des communistes de Bruxelles. L'ancien mot d'ordre, très vague « Tous les hommes sont frères ! » fut remplacé par le nouveau mot d'ordre du parti prolétarien : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Le Congrès exclut de la Ligue des partisans de Weitling. Marx et Engels participèrent activement à la rédaction des nouveaux statuts, les buts du mouvement communiste y furent définis avec précision et on élimina les points qui avaient donné à la Ligue des Justes un caractère de conspiration. La nouvelle Ligue fut instituée sur la base de principes démocratiques. Les statuts furent ratifiés définitivement en décembre 1847, lors du deuxième Congrès de la Ligue des Communistes. La Ligue des Communistes qui disparut en 1852, a joué un rôle historique important en tant qu'école des révolutionnaires prolétariens.
- ↑ Wilhelm Wolff (Lupus) (1809-1864) : instituteur, fils d'un petit paysan de Silésie. Participe aux mouvements étudiants. Emprisonné de 1834 à 1838. Membre du Comité de Correspondance communiste (1846-1847). Membre du Comité central de la Ligue des Communistes depuis mars 1848. Rédacteur de la Neue Rheinische Zeitung. Membre du Parlement de Francfort. Compagnon de lutte de Marx et d'Engels.
- ↑ Edgar von Westphalen.
- ↑ Friedrich Albert Breyer (1812-1876) : médecin bruxellois. Membre de l'Association démocratique.
- ↑ L'original porte die Gattung, littéralement : le genre (dans le sens de « genre humain »).