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Lettre à Eduard von Müller-Tellering, 5 décembre 1848
| Auteur·e(s) | Karl Marx |
|---|---|
| Écriture | 5 décembre 1848 |
Publiée dans Correspondance Marx-Engels, Tome I (1835-1848), Editions Sociales, 1978.
[Cologne, le 5 décembre 1848].
Mon cher Tellering[1],
Vous auriez déjà reçus les numéros manquants[2] si la plupart n'étaient épuisés. Je suis donc encore occupé à vous dénicher les exemplaires manquants.
En ce qui me concerne votre feuilleton littéraire, excusez-moi si, en raison du trop grand nombre de mes occupations, je n'ai pu le lire à fond jusqu'à présent. S'il ne convient pas pour notre journal, je vous le renverrai.
En ce qui concerne les adresses, toutes vos lettres sont arrivées. Par mesure de prudence, écrivez à : Monsieur Werres, Unter Hutmacher 17. L'adresse n'éveillera absolument pas de soupçons.
Notre journal se trouve pour le moment sans sou. Mais les abonnés [...][3]. Ces ânes sentent enfin que nous avons toujours vu juste ; si le gouvernement ne nous interdit pas, nous serons à flot au début de janvier et je ferai alors tout pour vous verser des honoraires à la hauteur des services que vous nous avez rendus. Vos articles sont dans le conteste les meilleurs que nous recevions, tout à fait dans notre esprit, et, vu qu'ils ont passé de notre journal dans les journaux français, italiens et anglais, vous avez beaucoup contribué à éclairer le public européen.
Il m'est impossible de vous décrire quels sacrifices tant en argent qu'en patience j'ai dû faire pour maintenir le journal. Les Allemands sont des ânes délirants.
Transmettez mon meilleur souvenir à votre femme et soyez assuré de ma constante amitié.
Votre
K. Marx.
- ↑ Eduard von Müller-Tellering (né vers 1808) : juriste et publiciste. Collaborateur de la Neue Rheinische Zeitung. Après l'échec de la révolution il émigra en Angleterre où il fut un adversaire acharné de Marx et d'Engels. Emigra aux aux Etats-Unis vers 1852.
- ↑ De la Neue Rheinische Zeitung.
- ↑ Ici un mot indéchiffrable. La Volksstimme a mis à cet endroit entre parenthèses le mot signifiant « rêvent », suivi d'un point d'interrogation.