Lettre à Eduard von Müller-Tellering, 15 janvier 1849

De Archives militantes
Aller à la navigation Aller à la recherche


Cologne, le 15 janvier [1849].


Cher Tellering[1] !

Vous vous trompez toujours en calculant les jours de poste, parce que vous croyez que le courrier d'Autriche et celui de Berlin arrivent ici régulièrement. Or, il arrive toujours avec un ou deux jours de retard et beaucoup d'irrégularité. Votre première lettre de Vienne, je l'ai reçue le 10 au soir. Le 11, j'ai expédié aussitôt une lettre à Oderberg poste restante en y joignant un billet au porter de 50 thalers. Il faut donc de toute manière que vous retourniez à Oderberg pour y toucher l'argent.

Vous recevrez les journaux, dès qu'à votre retour d'Oderberg vous m'aurez écrit quel domicile provisoire vous élisez.

J'espère voir enfin résolues dans 2 à 3 jours vos affaires de passeport, malgré la mauvaise volonté de Geiger[2]. Mais il faut également que vous m'écriviez où l'ami de Berlin doit vous expédier votre passeport.

Si vous êtes forcé de quitter Vienne — ce qui serait une perte irréparable pour le journal[3] et auquel cas il vous faudrait nommer un remplaçant pour les informations quotidiennes — Breslau me semblerait encore le lieu de séjour le plus approprié. Je me fais souvent du souci pour votre femme, qui mérite un sort plus agréable.

Je vous envoie ci-joint un numéro de la « N[eue] Rh[einische] Z[eitung] », qui je l'espère, vous intéressera en raison de l'éditorial sur les Magyars[4].

Ecrivez le plus tôt possible. En France la danse va recommencer au printemps. L'infâme République bourgeoise a continué sur sa lancée et tous ses péchés n'ont fait que croître et embellir.


Votre
K. Marx.

  1. Eduard von Müller-Tellering (1808-?) : juriste et publiciste allemand. Démocrate collaborateur de la Neue Rheinische Zeitung (1848-1849). Emigra en Angleterre où il devint un adversaire acharné de Marx et d'Engels. Il émigra en 1852 aux Etats-Unis.
  2. Wilhelm Arnold Geiger : officier de police prussien.
  3. Neue Rheinische Zeitung.
  4. Friedrich Engels : « La Lutte des Magyars » (13 janvier 1849).