Lettre à Étienne Cabet, éditeur du Populaire, mars 1848

De Marxists-fr
Aller à la navigation Aller à la recherche


[Paris, fin mars 1848].


Citoyen Cabet,

Nous vous prions de vouloir bien insérer la déclaration ci-jointe dans le numéro prochain du Populaire. Il s'agit de ne pas faire retomber sur le parti communiste la responsabilité d'une entreprise et d'une manière d'agir qui, déjà, ont réveillé dans une partie de la nation allemande les vieux préjugés nationaux et réactionnaires contre le peuple français. L'Alliance des ouvriers allemands, association des diverses sociétés d'ouvriers dans tous les pays de l'Europe, et dont Messieurs Harney et Jones, chefs des Chartistes anglais, font partie, est entièrement composée de communistes et se déclare ouvertement communiste ; la soi-disant Société démocratique allemande de Paris est essentiellement anticommuniste, en tant qu'elle déclare ne pas reconnaître l'antagonisme et la lutte ...[1] entre la classe prolétaire et la classe bourgeoise. Il s'agit donc ici d'une démarche, d'une déclaration à faire dans l'intérêt du parti communiste, et c'est ce qui nous fait compter sur votre complaisance. (Cette note n'est que confidentielle).

Salut et fraternité.
Fréd. Engels.
Charles Marx.


Le comté soussigné croit devoir déclarer aux diverses ramifications de l'Alliance des ouvriers allemands dans les différents pays de l'Europe qu'il n'a d'aucune sorte participé aux démarches, affiches et proclamations faites pour demander aux citoyens français des habillements, de l'argent et des armes. A Paris le Club des ouvriers allemands est le seul qui entretient des relations avec l'Alliance, et il n'a rien de commun avec la société qui se dit Société des démocrates allemands à Paris, ayant pour chefs MM. Herwegh et de Bornstedt.

Le Comité central de l'Alliance des ouvriers allemands :
(Signé)
K. Marx. K. Schapper. H. Bauer. F. Engels. J. Moll. W. Wolff.

  1. Un mot biffé.