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Les "questions douloureuses" de notre parti
| Auteur·e(s) | Lénine |
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| Écriture | novembre 1912 |
Le problème "liquidateur" et le problème "national"[modifier le wikicode]
En août 1912, la Direction centrale de la social-démocratie de Pologne et de Lituanie a convoqué une "conférence nationale" des social-démocrates polonais. Or tout le monde sait qu'à l'heure actuelle la Direction de la social-démocratie polonaise n'est absolument pas suivie par le Parti et que l'organisation social-démocrate de Varsovie a résolument condamné sa politique désorganisatrice. En réponse à cette condamnation, la Direction a eu recours à des procédés bien peu reluisants : elle a lancé contre l'organisation de Varsovie des accusations anonymes de provocation, elle a mis sur pied une organisation fictive à Varsovie et elle s'est empressée de convoquer "sa" conférence nationale, truquée comme il se devait.
Le vote de la curie ouvrière de Varsovie pour les élections à la Douma a apporté la preuve définitive du caractère fictif des partisans de la Direction : sur un total de 66 délégués, la curie a en effet élu 34 social-démocrates, parmi lesquels on ne compte que 3 partisans (c'est encore à voir) de la Direction.
Cette remarque préliminaire était indispensable pour que le lecteur ait bien à l'esprit que la résolution de la conférence nationale, dont nous allons maintenant parler, ne représente que la Direction tyszkiste et ne constitue en aucun cas une décision des ouvriers social-démocrates de Pologne.
I[modifier le wikicode]
Le problème des rapports de la social-démocratie polonaise avec le POSDR est extrêmement imporant et brûlant. C'est pourquoi la résolution que la conférence tyszkiste a adoptée à ce sujet mérite d'être étudiée attentivement ; encore qu'il soit bien difficile de la prendre au sérieux, chamarrée comme elle est d'insultes, ne serait-ce que pour la position qu'elle défend à l'égard du liquidationnisme.
Le problème fondamental auquel se heurte le POSDR de 1908 à 1912 est celui du courant liquidateur. Le parti a été décimé par la contre-révolution. Il consacre toutes ses forces à remettre son organisation sur pied et, depuis quatre ans, il mène une lutte de tous les instants contre les groupes qui, au sein même de la social-démocratie, veulent liquider le parti.
Il est donc claire que si on ne résout pas ce problème de façon précise, il est parfaitement vain de se targuer de sa qualité de membre de parti.
La conférence tyszkiste consacre au courant liquidateur la majeure partie de sa résolution sur les rapports avec le POSDR. Elle reconnaît que le courant liquidateur "freine considérablement le développement du POSDR et représente un sérieux danger pour son existence même".
"Un courant liquidateur ouvert et conséquent, poursuit-elle, est incompatible avec la social démocratie révolutionnaire."
Comme on le voit, Tyszka et Cie ont abordé le problème avec audace et conviction. Seulement voilà : ils ont évité d'y répondre !
Qui sont les liquidateurs "ouverts et conséquents" ? Quelle conclusion pratique doit-on tirer de l'expérience des quatre années de lutte contre les liquidateurs ?
A ces questions qui se posent naturellement et qu'il est impossible d'éluder, la conférence du POSDR qui s'est tenue en 1912 a apporté une réponse claire, précise et convaincante. Les liquidateurs, a-t-elle proclamé, ce sont les gens qui forment le groupe de la Nacha Zaria et du Jivoïé Diélo, lequel groupe s'est placé hors du parti.
Qu'on approuve cette réponse ou qu'on la trouve erronée, on doit reconnaître qu'elle est sans équivoque, et on ne doit pas se soustraire à l'obligation de définir clairement sa position.
Or que fait la conférence tyszkiste ? Elle tente précisément de se dérober à cette obligation, elle biaise et tournicote tel un vulgaire chapardeur. Nous avons dit e janvier 1912 que les liquidateurs ouverts et conséquents étaient groupés autour de Nacha Zaria. Si cela est faux, pourquoi, en août 1912, Tyszka et Cie n'ont-ils pas dénoncé notre erreur devant les ouvriers social-démocrate de Pologne ? S'il n'est pas vrai que la Nacha Zaria s'est placée hors du parti, si Tyszka, Rosa Luxemburg et Warski la considèrent comme un organe du parti, pourquoi ne l'ont-ils pas dit franchement comme leur devoir envers les ouvriers social-démocrates polonais leur commandait de le faire ?
Les insultes et les malédictions dont ils couvrent la conférence "léniniste" de janvier 1912 ne réussiront à tromper que les gens qui veulent bine l'être. Après cette conférence, en effet, il est impossible d'e^tre un social-démocrate honnête et conscient, il est impossible de parler de la situation interne du POSDR si on ne répond pas de façon claire et nette aux questions suivantes : Le groupe de la Nacha Zaria est-il oui ou non un groupe liquidateur ? Quelle est sa place ? Doit-il se trouver à l'intérieur ou à l'extérieur du pays ?
II[modifier le wikicode]
Les insultes si abondantes et si variées que la conférence tyszkiste adresse aux "Iéninístes" se ramènent en fait à une seule et même accusation: ce qu'on nous reproche, c'est de provoquer une « scission ».
Le seul groupe que la conférence de janvier ait exclu du parti est celui de la Nacha Zaria. C'est là un fait que tout le monde connaît. Tyzska et ses amis auraient dû en déduire que crier à la scission revient à admettre que le groupe de la Nacha Zaria a sa place au parti : cela est si évident et si simple que même un enfant le comprendrait. Or, il y a déjà longtemps que Tyszka et Cie sont sortis de l'enfance...
Si on nous accuse d'être scissionnistes, on doit avoir le courage et l'honnêteté élémentaires de déclarer franchement que le groupe de la Nacha Zaria n'est pas un groupe liquidateur, qu' "il doit se trouver non pas à l'extérieur du parti" mais à l'intérieur du parti", qu'« il constitue une tendance légitime au sein du parti ››, etc.
Tout le problème, c'est que ceux qui, comme Tyszka, nous accusent de provoquer la scission ont peur de le dire franchement. Certes, ils le disent (cela découle automatiquement de leurs cris à la scission), mais à mots couverts, honteusement, en prenant toutes sortes de précautions.
Il n'est pas facile de dire et de prouver que la place de la Nacha Zaria est à l'intérieur du parti. Un homme qui défend notre thèse prend une certaine responsabilité, résout une question de principe, défend ouvertement les chefs liquidateurs. On peut et on doit considérer un tel homme comme un partisan des liquidateurs mais on doit reconnaître qu'il a le courage de ses opinions et que, sur le problème étroit de l'appartenance ou de la non-appartenance au parti d'un groupe déterminé de liquidateurs, il fait preuve d'honnêteté politique.
Par contre, si toute une organisation, si on se permet de la qualifier de telle, ou si l'ensemble des organisations de toute une région défend les liquidateurs à mots couverts, honteusement, sous le manteau, en accusant de scission ceux qui les ont exclus, sans oser dire franchement que ce groupe de liquidateurs doit se trouver à l'intérieur du parti, la conclusion qui s'impose inévitablement est la suivante : il s`agit là, non pas d'une organisation social-démocrate défendant certaines thèses, mais d'un cercle d'intrigants qui s'efforcent d'acquérir un petit capital politique en "exploitant" la lutte des liquidateurs contre les antiliquidateurs.
Quiconque est au courant des affaires intérieures du POSDR depuis 1907 sait d`ailleurs depuis longtemps que Tyszka et Cie avec les membres du Bund, qui les ont précédés, constituent le type de ce genre d'intrigants, de ces "marxistes au poids", de ces "transfuges de Touohino », comme on a l'habitude de les appeler parmi les social-démocrates. Toute la "position" de Tyszka et de certains bundiste consiste en effet à jouer les médiateurs entre les liquidateurs et les antiliquidateurs, et à tirer profit de ce qu'ils peuvent être le "petit poids sur la balance" sans lequel ni les antiliquidateurs ni leurs adversaires ne peuvent avoir la prépondérance i
III[modifier le wikicode]
Il est naturel que le mot d'ordre d' "unité" soit "populaire" parmi de larges couches d'ouvriers qui ne savent pas avec qui cette unité doit se faire, quelles concessions à un groupe déterminé elle sous-entend, sur quelles bases reposent la politique de ceux qui veulent garder les liquidateurs dans le parti et la politique de ceux qui veulent les en exclure.
Rien n'est plus facile que d'exploiter de façon démagogique cette incompréhension du fond du problème pour brailler des accusations de "scission". Rien n'est plus facile que de réclamer l'unité de tendances fondamentalement divergentes pour masquer des opérations diplomatiques de cénacle.
Mais quelle que soit la "popularité dont bénéficie le mot d'ordre d'"unité" parmi les gens peu conscients, quels que soient les avantages que trouvent à s'abriter derrière ce mot d'ordre les démagogues, les intrigants et les diplomates de cénacle, nous ne cesserons d'exiger ce chaque social-démocrate conscient une réponse claire et nette à la question.
La conférence liquidatrice d'août 1912 a clairement démontré que l'axe de toutes les discussion était précisément la question des liquidationnistes, la question de savoir si les groupes liquidateurs appartenaient au parti, s'ils étaient à l'extérieur du parti (et même antiparti). C'est là que réside tout le problème. L'éluder, c'est mystifier les autres et se mystifier soi-même.
Or tous les bavardage sur le caractère "fractionnel" de la conférence de janvier ne sont rien d'autres qu'un moyen d'éluder le fond du problème. Très bien, pouvons-nus répondre à ces bavards. Admettons que la conférence de janvier soit archifractionnelle, scissioniste, incompétente, etc. Mais avec ces qualificatifs "menaçants", vous ne réglez rigoureusement rien. En janvier, une partie des socail-démocrates - peu importe laquelle - a déclaré que le groupe de la Nacha Zaria était un groupe liquidateur antiparti qui n'avait pas sa place à l'intérieur du parti et a exposé son opinion dans dans une résolution argumentée, circonstanciée, motivée et découlant de quatre années d'histoire du parti.
Si on estime que l'opinion des social-démocrate "de janvier" est erronée, et si on veut réfuter leur erreur, il faut donc analyser et réfuter cette résolution, dire et prouver que la Nacha Zaria doit se trouver à l'intérieur du parti, que les idées qu'elle défend ne sont pas funestes à la cause du parti, qu'il faut faire un certain nombre de concessions à ce groupe, exiger qu'il prenne un certain nombre d'engagements seront respectés, il faut déclarer que la sphère d'influence de ce groupe à l'intérieur du parti doit être déterminée de telle façon, etc.
Si on pose ainsi la question, on tente de bonne foi et honnêtement de réfuter les thèses des social-démocrates de janvier et on explique effectivement aux ouvriers quels sont les points que l'on considère comme erronés. Mais tout le problème réside précisément dans le fait que parmi les bavards qui se répandentn en fadaises sur la "scission", il n'y en a pas un seul qui ait seulement tenté de poser le problème de cette façon.
C'est pourquoi nous traitons par le mépris ces démagogues et intirgants, c'est pourquoi nous répétons tranquillement que note résolution sur l'exclusion des liquidateurs n'a pas été réfutée et qu'elle est irréfutable. Les faits nouveaux auxquels nous pouvons assister comme par exemple la sortie du Loutch où la phraséologie trotskiste vient s'apparenter à l'idéologie liquidatrice ne font que centupler la force de notre résolution. Les événements du mois de mai, l'union de centaines de groupes ouvriers autour du journal anti-liquidateur, les élections qui ont eu lieu à la curie ouvrière pour la quatrième Douma d'Etat, tout cela prouve de façon définitive la justesse de la position que nous défendons contre les liquidateurs.
Nous sommes profondément convaincus de cette justesse, et cette conviction ne sera pas ébranlée d'un pouce par les vociférations au sujet de la "scission" qui ne sont qu'une défense peureuse, dissimulée et hypocrite des liquidateurs.
IV[modifier le wikicode]
Un autre problème extrêmement important a été posé par la conférence du POSDR qui s'est tenue en janvier 1912. Ce problème, c'est celui de la structure nationale de notre parti. Par suite du manque de place, je ne pourrai aborder cette question que brièvement.
Devons-nous être une fédération complète ou incomplète, une fédération du "pire type qui soit" ou devons-nous avoir l'unité complète ? Telle est la façon dont le problème se pose.
Au lieu de répondre à ce problème, la conférence tyszkiste se contente de nous couvrir d'insultes, de nous accuser de "falsifier les faits". Tyszka et ses amis sont vraiment d'incorrigibles braillards.
Que les social-démocrates lettons, polonais et juifs (Bund) soient isolés les uns des autres en Pologne, c'est un fait, et tous les social-démocrates polonais savent qu'il n'y a jamais rien eu (et qu'il n'y a toujours rien) qui ressemble à l'unité avec le Bund. De même pour les russes et le Bund, etc. Les "nationaux" ont leurs organisations particulières, leurs instances centrales, leur congrès, etc. Les Russes, par contre, n'ont rien de tel et leur Comité central ne peut décider des questions russes sans la participation des Lettons, des bundistes et des Polonais qui luttent les unds contre les autres et qui ne connaissent pas ces questions.
C'est là un fait. Les monceaux d'insultes n'y changeront rien. Depuis 1907, tous les membres de notre parti ont pu le constater et tous ont ressenti qu'il y avait là quelque chose d'anormal. Notre conférence, quant à elle, a proclamé que cet état de choses constituait une fédération du pire type qui soit.[1]
C'est ainsi que se pose la question, et tous les social-démocrates sincères et honnêtes doivent y répondre sur le fond.
La justesse de cette façon de poser le problème a été confirmée de la manière la plus convaincante par la conférence d'août qui, dans sa fameuse résolution sur l'"autonomie nationale et culturelle" a, ainsi que Plékhanov lui-même l'a reconnu, "adapté le socialisme au nationalisme".
Dans le même temps où le Bund et la Direction tyszkiste jurent par tous les saints qu'ils sont pour l'unité, à Varsovie, Lodz, etc, la scission la plus complète règne entre eux !
Le "problème liquidateur" et le "problème national" sont liés. Cette liaison n'a pas été inventée par nous, elle a été mise en évidence par la vie.
Il faut donc que tous les social-démocrates qui pensent sérieusement posent et discutent le "problème national". Quel doit être notre objectif ? Une fédération ou l'unité ? une fédération pour les "nationalités" où les dernières auraient leur centre particuliers mais où les Russes n'auraient pas le leur, ou bien l'unité complètes ? Une unité nominale dans laquelle il y a en fait scission (une sécession) du Bund à la base, ou une véritable unité de la base au sommet ?
Ceux qui pensent que l'on peut éluder ces questions se trompent lourdement. Ceux qui comptent sur le rétablissement pur et simple du pire type de fédération que nous avons connu entre 1907 et 1911 se mystifient eux-mêmes et mystifient les autres. A l'heure actuelle, en effet, il n'est plus possible de revenir à ce genre de fédération. Ce monstre se ressuscitera pas. le parti s'en est éloigné.
Tous les social-démocrates doivent réfléchir profondément à cette question et la résoudre définitivement.
- ↑ Voir V. Lénine, Oeuvres, Paris-Moscou, t. 17, pp. 469-470