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Special pages :
L'autocrate à la Maison Blanche
| Auteur·e(s) | Louis B. Boudine |
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| Écriture | mai 1917 |
Traduit de l'anglais par Alex du site Matière & Révolution.
Compte tenu de la référence faite par le président Wilson dans son discours sur la guerre devant le Congrès à la menace qui pèse sur la paix et la liberté dans le monde et qui « réside dans l'existence de gouvernements autocratiques », nous pensons qu'il serait très intéressant pour les citoyens de ce pays de savoir dans quelle mesure leur propre gouvernement est démocratique. Nous ne ferons pas ici référence au pouvoir autocratique de la Cour suprême des États-Unis dans toutes les questions relatives au gouvernement interne de ce pays, qui fait de notre gouvernement un « gouvernement par le pouvoir judiciaire ». Nous nous limiterons pour l'instant aux affaires étrangères et au pouvoir exécutif de notre gouvernement. Le pouvoir énorme de notre président dans nos relations étrangères, c'est-à-dire dans la décision de la question de la paix et de la guerre, a souvent été commenté par les auteurs qui ont écrit sur notre système de gouvernement. Nous n'ennuierons toutefois pas nos lecteurs en faisant référence à ces discussions savantes. Nous reproduirons plutôt ici quelques remarques pertinentes de notre éminent concitoyen et ancien proche collaborateur du président Wilson, le colonel George Harvey, rédacteur en chef de la North American Review. Nous le faisons avec un plaisir particulier, car il est rare qu'un radical ait l'occasion d'être d'accord avec ce publiciste renommé. M. Harvey déclare dans le numéro de février de la North American Review :
Il n'est pas nécessaire de se tourner vers l'étranger, vers le Kaiser, le Tsar ou les souverains des États balkaniques, pour trouver des exemples d'autocratie. Nous en avons un spécimen très complet à Washington, en la personne du président des États-Unis. Lorsque nous dénonçons la « diplomatie secrète » comme l'une des causes de la guerre en Europe, rappelons-nous qu'aucune diplomatie n'est aussi secrète que la nôtre. Lorsque nous parlons de la nécessité de placer l'opinion publique aux commandes de la politique étrangère, réfléchissons tranquillement au fait que cette nécessité n'est nulle part plus forte qu'aux États-Unis, car nulle part ailleurs l'opinion n'est moins informée des problèmes des relations extérieures, moins intéressée par ceux-ci ou moins capable d'influencer leur résolution. Lorsque nous dénonçons un système qui donne à un seul homme, à une seule classe ou à un seul groupe le pouvoir de précipiter des millions de personnes dans la guerre, nous devrions d'abord ouvrir les yeux et vérifier si ce n'est pas précisément le système sous lequel les affaires internationales des États-Unis sont gérées ou mal gérées. . . .
« Nos mécanismes de gestion des crises internationales sont terriblement défaillants. Et ils sont défaillants précisément sur le point qui ne devrait jamais affecter un système politique démocratique tel que le nôtre. Ils fonctionnent dans l'ombre, à l'abri du regard du public, et dans une large mesure indépendamment de la volonté populaire ; ils confient à un seul homme non seulement une charge de responsabilités qui, ces derniers temps, a souvent dû lui sembler insupportable, mais aussi le pouvoir de prendre en secret des décisions importantes et d'engager la nation, sans débat, dans des politiques capitales, ce qui n'est bon ni pour lui ni pour nous et qui est tout à fait contraire aux principes fondamentaux de la démocratie. . . .
Notre gouvernement est le seul au monde à ne publier aucune compilation de sa correspondance diplomatique. Tous les autres peuples peuvent découvrir, en lisant les Blue Books et les White Papers ou en interrogeant les ministres devant l'assemblée législative nationale, comment leurs affaires sont gérées et comment progressent les questions qui les intéressent. Nous ne le pouvons pas. Notre fonction se limite à fermer les yeux, à ouvrir la bouche et à accepter tout ce que le président daigne nous envoyer. . . .
Le pouvoir dont dispose le président de négocier avec les gouvernements étrangers dans le dos de son cabinet et du Congrès, sa capacité à engager la nation dans de nouvelles voies par un simple ipse dixit — tout comme M. Wilson a engagé le peuple américain à soutenir une ligue mondiale pour le maintien de la paix « avec toute l'influence et toutes les ressources à sa disposition » , son immuabilité dans ses fonctions, la difficulté, voire l'impossibilité, de le joindre alors que les ministres des Affaires étrangères européens, même ceux de Russie et d'Allemagne, sont toujours joignables, son immunité face à tout contrôle efficace — un président déterminé à entrer en guerre pourrait facilement contraindre le Congrès à se plier à sa volonté —, le sentiment général qui prévaut parmi notre population selon lequel les affaires étrangères ne les concernent pas et que le président est payé pour s'en occuper, et l'incompétence presque grotesque dont fait preuve le Congrès, et en particulier le Sénat, chaque fois qu'il se plonge dans des problèmes internationaux — tous ces éléments constituent une situation pleine de dangers potentiels pour notre République et particulièrement mal adaptée pour résister à l'usure des prochaines années cruciales.