Gangstérisme !

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Auteur·e(s) James P. Cannon
Écriture 15 décembre 1928




Lundi soir, 10 décembre, deux camarades femmes, Maria Rein et Pauline Gutringer, qui vendait The Militant sur le trottoir devant le Workers Center sur Union Square, à New York, ont été attaquées par une équipe organisée, qui avait été chargée d'exécuter le slogan lancé par les responsables du parti - d’ « empêcher la vente de The Militant à tout prix et de tabasser les oppositionnels ».

« Dégagez d'ici, vous, les putains contre-révolutionnaires ! » Ceci, et d'autres insultes similaires, mélangées à des obscénités non imprimables, ont été lancées sur ces deux femmes de la classe ouvrière, devant une foule de plusieurs centaines de personnes qui se sont rapidement rassemblées.

Criant des horreurs et insultant les camarades de tous les noms, ces bandits ont saisi les deux camarades par les bras et ont commencé à les pousser. Les femmes communistes ont résisté et ont tenu le terrain. Leurs journaux leur ont été arrachés. La camarade Rein a tenté de récupérer certains d’entre eux, et a reçu un coup de poing au visage.

La police est apparue et a immédiatement saisi les deux femmes, sans inquiéter leurs agresseurs. Les deux femmes communistes qui avaient tenté de vendre The Militant sur le trottoir ont ensuite été chassées de force par la police.

Ces événements sont le résultat direct d'une campagne d'incitation à la violence, planifiée par les responsables du parti, qui eux-mêmes n'ont jamais encore participé à une bagarre, et qui n'ont même pas eu le « courage » de participer à l'attaque contre les camarades. Wolfe, qui s'est enfui du parti comme un lâche pendant les raids de Palmer, et aussi après le raid de Bridgeman, a directement incité à la violence physique contre l'opposition dans son discours au Workers Forum le 25 novembre. Le Dr. Markoff, dans son discours à la réunion des membres du parti italien du 28 novembre a déclaré : « Les opposants sont pires que Mussolini et ses fascistes. Nous devons les abattre politiquement et physiquement. » Des camarades de parti ont été directement informés par des fonctionnaires tels que Miller et Benjamin qu'ils ne devaient pas parler aux membres de l'opposition, mais qu'ils devaient plutôt leur cracher dessus. Plus que cela, ces agressions physiques contre des camarades qui tentaient de vendre The Militant dans les rues ont été directement discutées et planifiées lors des réunions des commissions du parti dans le quartier de New York, où toute sorte de littérature bourgeoise et anticommuniste sont vendues gratuitement dans la librairie du parti.

Ces méthodes de violence, que les bureaucrates reprennent des valets ouvriers des patrons, ne sont nécessaires que parce qu’ils ont une politique erronée. Leurs méthodes condamnent leur politique, et la feront échouer, car les idées communistes sont plus fortes que le poing du gangster.

Aucun des camarades de Foster n'a participé à la honteuse attaque de ces gangsters. Ce sont d’abord les prolétaires révolutionnaires dans les rangs du parti qui doivent combattre cette ligne. Ils doivent brûler les tactiques fascistes naissantes du parti avec un fer chauffé à blanc. Ils doivent obliger une discussion libre des questions contestées d'une manière communiste normale.

Pour notre part, nous relèverons le défi du gangstérisme, incité et organisé par des poltrons, qui n'ont encore jamais pris un coup sur un piquet de grève ou lors d'un raid. Notre tâche et notre devoir est d'atteindre les travailleurs communistes avec nos positions. Puisque nous sommes privés de nos droits de parti par l’expulsion et la répression, nous devons le faire par le biais de The Militant. Nous vendrons The Militant devant chaque institution et réunion de travailleurs. Les droits des travailleurs révolutionnaires sont supérieurs aux droits du sol des bureaucrates. Nous maintiendrons ces droits par la lutte. Dans cette lutte, notre force sera multipliée par la foi inébranlable en nos opinions et par notre courage dans leur défense.