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Special pages :
De Poznan (SAZ 08/07/1898)
| Auteur·e(s) | Rosa Luxemburg |
|---|---|
| Écriture | 8 juillet 1898 |
Traduction par Alex du site Matière et Révolution.
SAZ 8 VII 1898 numéro 155 page 2
« Quand ça va mal, on appelle les Juifs », dit un proverbe polonais. Le jeune parti populaire de Poznań a essuyé un revers avec son candidat Andrzejewski, et il fait maintenant les réflexions suivantes dans son organe « Orędownik » : Il s'agit de comprendre, à la lumière des élections de cette année, que nous devrons de plus en plus compter avec les ouvriers polonais lors des élections, que le comportement de ces ouvriers lors des élections dépend de leur situation sociale, que les conditions sociales non seulement de la classe ouvrière, mais aussi des autres classes, notamment celle des grands propriétaires terriens, sont telles que, pour sauver notre nationalité, nous devons également en confier la défense aux larges masses de la classe ouvrière polonaise. Sans l'aide des ouvriers polonais, nous n'avons pratiquement plus aucune chance. C'est à cette triste conclusion que parvient le parti petit-bourgeois polonais de Poznan dès sa première campagne politique ; il s'est donc organisé en grande pompe il y a quelques années pour, dès la première épreuve de force, « transférer » ses tâches « aux masses ouvrières ». Mais il faut espérer qu'à Poznan aussi, une fois qu'elles auront pris une part active aux luttes politiques, les masses ouvrières auront mieux à faire que de redonner vie à la politique mort-née de la petite bourgeoisie. Les malheureux « partisans du peuple » eux-mêmes le pressentent en partie. « Quant à savoir si une plus grande participation des travailleurs polonais sauvera réellement notre nationalité ou si elle conduira tôt ou tard la société à sortir de son cadre historique et traditionnel (!) pour devenir victime du socialisme et de l'anarchisme..., nous en laissons le soin à Dieu. » Le développement social à Poznań est donc tout à fait analogue à celui de la Haute-Silésie : ici comme là-bas, le parti petit-bourgeois (en Haute-Silésie, à savoir la partie polonaise du Centre) se voit contraint d'aller mendier auprès de la classe ouvrière. Que, conformément à une telle impuissance, le « nationalisme » de ces partis petits-bourgeois polonais – en Allemagne comme en Russie et en Autriche – ne serve aujourd'hui qu'à empoisonner l'atmosphère politique par ses miasmes destructeurs, mais ne conduise à aucun programme d'action national, comme on le suppose parfois en Allemagne, est prouvé par le comportement de ces partis lors des derniers événements à Cracovie et à Prague. À l'occasion du discours scandaleusement tsarophile du professeur russe Brandt de Moscou lors de l'inauguration du monument Mickiewicz à Cracovie, discours qui a été accueilli par des sifflements et des cris de protestation de la part d'une partie des Polonais présents, le même « Orędownik » écrivait : « On ne peut pas lui reprocher (au professeur Brandt) d'avoir fait l'éloge de son tsar, en tant que Russe, il ne pouvait pas s'exprimer autrement. (!) Et pourtant, une partie considérable des Polonais ont hué et sifflé. » Cela prouve « que la conscience politique de notre peuple est encore très faible ! ». Le jugement porté par le journal « Słowo Polskie » (Le Mot polonais), organe fraternel du « Volkspartei » à Lemberg, était encore plus sévère : « Qu'un Russe aime son tsar, qu'il croie à l'idée de l'absolutisme, personne ne peut lui en vouloir de son point de vue ( !), car après tout ce qui se passe aujourd'hui en France, en Italie et en Autriche, nous sommes nous-mêmes arrivés à la conviction que le système parlementaire constitutionnel a besoin d'être réformé et que la liberté doit être protégée contre les excès. » Ce sont les derniers Mohicans du nationalisme polonais. Sic transit gloria mundi !