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Special pages :
"Revolutionnaires" en gants blancs
| Auteur·e(s) | Lénine |
|---|---|
| Écriture | 13 juin 1905 |
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(..)
M. Gaston Leroux, dont nous avons déjà parlé dans l'article de fond, donne sur l'audience les détails suivants, pas très sûrs, mais caractéristiques et remarquables en tout cas. "Le baron Freedericksz, ministre de la cour, dit aux délégués que, malgré toute sa bonne volonté, il lui était difficile de conduire près de l'empereur M. Pétrounkévitch, qui passait our avoir des attaches révolutionnaires. Il lui fut répondu que l'empereur d'Autriche avait eu pour ministre M. Andrássy[1] qui avait été pourtant autrefois condamné. Cet argument leva la dernière difficulté, et, tous les députés furent reçus."
L'argument est bon ! La bourgeoisie de l'Europe occidentale commença tout de même par combattre sérieusement, fut même républicaine en son temps, et l'on "condamna" ses chefs pour des crimes contre l'Etat, c'est-à-dire non seulement pour des relations avec les révolutionnaires, mais aussi pour de véritables actions révolutionnaires. Plus tard, longtemps après, parfois des dizaines d'années après, ces bourgeois s'accommodèrent de la plus humble et de la plus étriquée des Constitutions, sans république, et même sans suffrage universel, sans vraie liberté politique. Les bourgeois libéraux s'accommodèrent décidément du "trône" et de la police, prirent eux-mêmes le pouvoir, réprimèrent - et réprimèrent encore constamment -avec cruauté les aspirations des ouvriers à la liberté et aux réformes sociales.
La bourgeoisie libérale russe entend unir l'utile et l'agréable : il est agréable d'être considéré comme un homme "qui a des attaches révolutionnaires", et il est utile d'être ministrable sous l'empereur Nicolas le Sanguinaire.Les bourgeois libéraux russes n'ont nulle envie de risquer des "condamnations" pour crimes d'Etat. Ils préfèrent atteindre d'un saut les temps où d'anciens révolutionnaires tels Andrássy, deviennent les ministres du parti de l'ordre ! Le comte Andrássy prit en 1848 une part si énergique au mouvement révolutionnaire qu'il fut, après la défaite de la révolution, condamné à la peine capitale et pendu en effigie. Il émigra ensuite en France et en Angleterre et ne rentra en Hongrie qu'après l'amnistie de 1857. Sa carière "ministérielle" commença alors. Les libéraux russes n'ont pas envie d'une révolution, ils en ont peur, ils veulent passer d'un seul coup, sans avoir été des révolutionnaires, pour d'ex-révolutionnaires ! Ils veulent franchir d'un bond l'intervalle qui sépare 1847 de 1857 ! Ils veulent conclure d'emblée le marché avec le tsar sur une Constitution telle que l'Europe en connut au temps des déchaînements de la réaction après la défaite de 1848.
- ↑ Les éditions de Moscou se trompent en nommant ce célèbre homme politique hongrois "Ondrachi", sans doute par retranscription phonétique du hongrois vers le russe, puis du russe vers le français (Note d'Alex, Matière et Révolution)