Semaun

Semaun (1899–1971), également orthographié Semaoen, fut le premier président du Parti communiste d'Indonésie (PKI) et un dirigeant de la branche de Semarang du Sarekat Islam.
Biographie[modifier | modifier le wikicode]
Jeunesse[modifier | modifier le wikicode]
Semaoen naquit en 1899 à Curahmalang, Jombang, dans l'est de Java. Fils de Prawiroatmodjo, maçon au ministère des Chemins de fer, il parvint, malgré sa situation modeste, à intégrer l'école Tweede Klas (une école pour indigènes de second rang) et à compléter son enseignement en néerlandais grâce à des cours du soir. Après l'école primaire, ne pouvant poursuivre d'études supérieures, il travailla comme employé à la compagnie ferroviaire (Staatsspoorwegen) de Surabaya.
Son entrée en politique au sein du mouvement commença à l'âge de 14 ans. En 1914, il rejoignit la section de Surabaya de la Sarekat Islam. Un an plus tard, en 1915, il rencontra Sneevliet et fut invité à adhérer à l'Union social-démocrate des Indes néerlandaises (ISDV). Ainsi, à 16 ans, il fut élu parmi les premiers membres indonésiens du Syndicat du personnel des trains et des tramways (VSTP), quittant rapidement son emploi de cheminot pour se consacrer pleinement au militantisme syndical. Parallèlement, il fut élu vice-président de la section de Surabaya de l'ISDV, qui allait devenir le Parti communiste indonésien (PKI). Sa bonne maîtrise du néerlandais, notamment à l'écrit et à l'oral, son intérêt pour continuer à approfondir ses connaissances en étudiant par lui-même, et une relation assez étroite avec Sneevliet, furent des facteurs importants qui permirent à Semaun d'occuper des postes importants au sein des deux organisations néerlandaises.
Militant et dirigeant[modifier | modifier le wikicode]
À Semarang, il quitta son emploi au Staatsspoor en 1916, suite à son déménagement, après avoir été nommé propagandiste salarié du VSTP. Il devint également rédacteur en chef du journal malais du VSTP et du Sinar Djawa-Sinar Hindia, le journal de Sarekat Islam à Semarang. Semaun était le benjamin de l'organisation. Dès son adolescence, il était reconnu comme un journaliste fiable et intelligent. Son sens de l'observation était souvent mis à profit comme une arme redoutable pour critiquer les politiques coloniales.
En 1918, il devint également membre du conseil dirigeant de Sarekat Islam, alors principale organisation politique nationaliste des Indes néerlandaises, tout en s'impliquant fortement dans les grèves ouvrières. La plus importante et la plus réussie, début 1918, fut lancée par 300 ouvriers de l'industrie du meuble. En 1920, une autre grève massive éclata dans l'industrie de l'imprimerie, avec le soutien de Sarekat Islam Semarang. Cette grève obtint gain de cause et contraignit les employeurs à augmenter les salaires de 20 % et les indemnités alimentaires de 10 %.
Le 23 mai 1920, après la déportation des fondateurs néerlandais de l'ISDV, les membres indonésiens transforment l'organisation en Union communiste des Indes (Perserikatan Komoenis di Hindia), et Semaun en devint le premier président. Le nom sera changé en Parti communiste d'Indonésie (Partai Komunis Indonesia) en 1924. Le PKI était initialement affilié à Sarekat Islam, mais des divergences politiques concernant le rôle de la lutte des classes et de l'islam dans le nationalisme entraînèrent une scission en octobre. À la fin de cette année, il quitta l'Indonésie pour Moscou et Tan Malaka lui succéda à la présidence.
À son retour en mai 1922, Semaun reprit la présidence et tenta, avec un succès mitigé, de restaurer l'influence du PKI sur le Sarekat Islam. Avec Alimin et Darsono, Semaun concrétisa les idéaux de Sneevliet visant à élargir et à renforcer le mouvement communiste dans les Indes néerlandaises. L'attitude et les principes communistes adoptés par Semaun l'éloignèrent des autres membres du Sarekat Islam.
Exil[modifier | modifier le wikicode]
En 1923, le VSTP organisa une grève générale. Rapidement réprimée par le gouvernement néerlandais, elle entraîna l'exil de Semaun des Indes néerlandaises. Il retourna en Union soviétique, où il demeura plus de 30 ans. Il continua de militer, de façon plus limitée, pour le nationalisme, prenant la parole à quelques reprises devant Perhimpunan Indonesia, une organisation d'étudiants indonésiens basée aux Pays-Bas. Il étudia également un temps à l' Université communiste des Travailleurs d'Orient. Il voyagea beaucoup en Europe et joua un rôle important au Tadjikistan durant l'ère soviétique. Il écrivit un roman, Hikayat Kadirun[1], qui mêlait idéaux communistes et islamiques, et publia de nombreux pamphlets et articles de presse.
À son retour en Indonésie après l'indépendance du pays, Semaun s'installa à Jakarta où, de 1959 à 1961, il siégea au sein d'un comité consultatif gouvernemental. Rejeté par la nouvelle direction du PKI, il rejoignit le Parti Murba (« Parti prolétarien »), opposé au PKI. Épargné par les conséquences du Mouvement du 30 septembre, il enseigna l'économie à l'Université Padjadjaran de Bandung. Il mourut à Jakarta en 1971.
Notes[modifier | modifier le wikicode]
- Jarvis, Helen (1991). Notes and appendices for Tan Malaka, From Jail to Jail. Athens, Ohio: Ohio University Center for International Studies.
- Kahin, George McT. (1952) Nationalism and revolution in Indonesia. Ithaca, New York: Cornell University Press.
- McVey, Ruth. (1965) The Rise of Indonesian Communism. Ithaca, Cornell University Press.
- Ricklefs, M.C. (2001) A history of modern Indonesia since c.1200 3rd ed. Stanford, California: Stanford University Press.
- Vickers, Adrian (2012) A history of modern Indonesia 2nd ed. Cambridge University Press.
- ↑ Disponible en indonésien sur Marxists.org