Révolte des tisserands de Silésie

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La révolte des tisserands de Silésie de 1844 fut un des premiers essors du mouvement ouvrier allemand.

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

Dans les années 1830, de nombreux artisans commencent à être ruinés par l'afflux de marchandises moins chères venant d'autres régions plus industrialisées, notamment de Prusse. La formation du Zollverein (union douanière allemande) a accentué ce phénomène. Avec la grande dépression des années 1840, ce n'est plus seulement la misère qui s'abat sur les artisans ruines, mais la famine. Aussi les mouvements deviennent-ils plus durs et la répression plus sévère.

Evènements[modifier | modifier le wikicode]

Des milliers de familles tissaient traditionnellement le lin dans l'Eulengebirge. L'afflux de coton sur le marché fait baisser la demande de lin. Les conditions de travail se détériorent, le chômage augmente, les salaires vont diminuant.

Le 4 juin 1844, les tisserands de Peterswaldau et de Langenbielau s'attaquent aux fabriques. ils sont environ 5 000 qui, après avoir brisé les machines qui ne leur permettent plus d'échapper à la famine, s'en prennent aux demeures élégantes des fabricants. Ils les saccagent, pillent les boutiques. Pour calmer les assaillants, on distribue de la nourriture mais, dans le même temps, en alerte l'armée. Quand celte-ci arrive, elle écrase la révolte dans le sang. Les meneurs sont arrêtés, jugés à Breslau, condamnés au fouet et à de longues peines de prison.

L'importance des mouvements de troupe pendant et après les journées d'émeute montre la frayeur éprouvée alors par les classes dominantes prussiennes et par le gouvernement.

Cette révolte est exemplaire par l’ampleur qu'elle a prise et par le retentissement que lui ont donné le journaliste, ami de Marx, Wilhelm Wolff (Lupus), et puis bien sûr, Marx, Engels, et Heinrich Heine...

Suites[modifier | modifier le wikicode]

Malgré l'ampleur de la répression, des révoltes se produisent un peu partout en Allemagne, bien que d'ampleur moindre qu'en Silésie. Une trentaine de mouvements de grève ont lieu chez les conducteurs de train... Les grèves sont accompagnées de violences et pillages.

Au printemps de 1847, la place du marché, à Berlin, est transformée en véritable champ de bataille ; là encore, les émeutiers affamés — on a parlé, à propos de ces événements, de « révolution des pommes de terre » —, se livrent au pillage. Une fois de plus, la cavalerie royale charge. Des barricades sont dressées et des pierres lancées contre le palais du frère du roi. Un an après, ce sera l'éclatement de la révolution.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

Sonia Dayan-Herzbrun, L'Invention du parti ouvrier : aux origines de la social-démocratie, 1848-1864, L'Harmattan, 1990.