Loutfallah Soliman

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Un des premiers trotskyste égyptien, né en 1919, et mort le 18 décembre 1995.

Vie[modifier | modifier le wikicode]

Écrivain qui se définissait comme « surréaliste social », il était venu au trotskysme en 1939 par le Manifeste écrit par Trotsky et signé par André Breton et Diego Rivera pour « un Art indépendant ». Il était l’un des piliers du groupe « Art et Liberté ».

La petite organisation à laquelle il appartint pendant et après la guerre de 1939-1945 avec Anwar Kamel (1919-1973), Georges Henein (1918-1973), Ramsès Younan (1913-1966), connut des périodes de clandestinité précaire et difficile et de semi-clandestinité active et non moins précaire. Appelée d’abord « groupe » communiste révolutionnaire, elle se transforma plus tard en « parti » communiste révolutionnaire. Il signe en 1952 avec Anwar Kamel le Manifeste programmatique des trotskystes égyptiens. Loutfallah Soliman fut arrêté et emprisonné à plusieurs reprises, particulièrement en 1959 et, à sa libération, refusa les propositions de Nasser. L’organisation, elle, ne survécut pas aux coups de la répression.

Libraire au Caire — une librairie qui était un centre de pensée — il fonda en 1956 une maison d’édition qui publia des ouvrages et des inédits marxistes, sur le « despotisme oriental » et la « société hydraulique », qui renouvelèrent la pensée marxiste en Egypte. Sur demande de Ben Bella, qu’il avait connu au Caire et sollicita Nasser pour lui, il fut autorisé à se rendre à Alger où il fut son conseiller pendant une année, mais se heurta à l’hostilité de l’establishment FLN qui cherchait plus à s’enrichir qu’à améliorer le sort des classes pauvres. Exilé en France, il connut une autre expérience amère avec un emploi très bref au Bureau de la Ligue arabe, d’où il fut renvoyé par M’Hamed Yazid. Il a vécu à Paris les dernières années de sa vie.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

Cahiers Léon Trotsky 61 - Février 1998