Amélie Hamaïde

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Amélie Hamaïde (née le 8 ou le 18 février 1888 à Liège et morte le 25 novembre 1970 à Uccle) est une enseignante et pédagogue belge. Elle continua dans sa propre école les méthodes de la Pédagogie Nouvelle du Dr Ovide Decroly. Elle enseigne avec réussite la méthode globale de Decroly dont en lecture encore aujourd'hui si décriée par les traditionalistes et les conservateurs bourgeois.  

Dès 1916, Amélie Hamaïde ouvre deux classes typées Decroly dans l'établissement scolaire pour fille Élisabeth Carter (primaire au lycée) et plus précisément au sein de l'école primaire[1]. Cela a permis à l'enseignement des filles de réduire leur retard sur celui des garçons[2]. Or, suite à ses réussites escomptées, le projet fut un succès. Ainsi d'autres établissements ont vu le jour à Bruxelles et à Anderlecht.

1 Conclusion de « La méthode Decroly »[modifier | modifier le wikicode]

=> Hamaïde, A. (1946). La méthode Decroly (264p.). Delachaux & Niestlé. 4éme édition (1922, ?, 1932, ?,1946, 1955, 1966, 1976, 1995)

« Nous voici au bout de notre exposé; nous y avons rapporté aussi objectivement que possible les résultats de notre expérience et montré comment nous avons fait l'application de la méthode.

Sans doute nous ne nous dissimulons pas que nous l'avons appliquée dans des conditions particulièrement favorables; notre classe était composée de petites filles et il semble que les petites filles soient plus aptes à cette âge que les garçons; en outre ces enfants appartenaient pour la majorité à des familles aisées et cultivées qui donnaient une collaboration active au travail de l'école; en plus la directrice, Mlle carter, pour qui le bonheur des enfants était le principal argument en faveur de notre travail, l'a toujours suivi avec sympathie autant qu'elle l'a pu.

De sorte que, malgré quelques difficultés dues à -|| l'hostilité de certaines personnes ||- qui ne voyaient pas l'intérêt des enfants du même point de vue que nous, nous pouvons nier que nous eu une chance incontestable.

cela pourrait constituer une objection à l'application plus étendue de la méthode si, parallèlement, des essais n'avaient pas été tentés dans des classes beaucoup moins bien partagées au point de vue des élèves et du milieu familial.

Or les essais faits sans initiation bien longue et même parfois sans initiation, dont les us ont été surveillés par nous-même, d'autres faits en dehors de notre intervention directe, ont montré que l'introduction de la méthode dans les classes ordinaires était parfaitement praticable comme nous l'avons déjà dit; une dizaine de classes de première année ont appliqué le système avec quelques -|| adaptations résultant du milieu ||- , et toutes ont donné des résultats brillants, au point que les directions et le personnel de la plupart d'entre elles ne songent plus à retourner au régime antérieur.

De nouveaux essais sont en cours cette années dans des faubourgs de l'agglomération, notamment à St-Gilles et à Anderlecht, et ceux-ci seront particulièrement intéressant à suivre. À Anderlecht surtout grâce à l'échevin de l'instruction publique, M. Melckmans, le travail se fait d'une manière scientifique. Un instituteur, M. Boon, collaborateur également du Dr Decroly à la Policlinique, a été en effet détaché de sa cllasse pour s'occuper de la mise en train et de la surveillance de l'essai, lequel sera d'autant plus probant qu'il a été associé à un classement d'élèves suivant leur mentalité.

* * *

Insistons encore un instant sur les différences qu'il y a entre la méthode que nous avons suivie et celle de Mme Montessori. Remarquons d'abord que le Dr Decroly a découvert et publié ses méthodes avant que les travaux pédagogique de Mme Montessori aient paru. La création de son institut d'enseignement spécial date de 1901, donc avant qu'aucune expérience montessorienne fût faite ou connue.

Le premier travail pédagogique sur la méthode de lecture date de 1906 et c'est vers la même époque que le Dr Decroly a publié la première esquisse de son système dans deux travaux, concernant l'un les anormaux, l'autre les normaux.

C'est en 1907 qu'il a fondé une première école et en 1910 une seconde école normaux, c'est en 1908 que les élèves de l'école normale de Mons, sous la direction de M. Mirguet et de leurs professeurs visitèrent les écoles et publièrent un compte rendu de cette visite. Il n'y a donc aucune influence admissible de la méthode de Mme Montessori.

Le principe de l'individualisation et des jeux, donc de la liberté dirigée, telle que Mme Montessori le préconsie, est indiqué dès 1908 dans les travaux qui viennent d'être cités.

Ce qui est pareil, sans aucun doute, c'est que le Dr Decroly, comme Mme Montessori, est parti des anormaux. - || Seulement le Dr Decroly, se rapprochant en cela du professeur John Dewey, de chicago, à cherché surtout à trouver le matérielle des occupations dans la nature et à préparer l'enfant à la vie réelle ||-. Alors que Mme Montessori à l'imitation de Seguin, maintient les brances isolées, laisse au hasard le programme des idées à fournir, fait de la lecture en commençant par des exercices des sens sur les lettres; à une tendance à préparer un matériel abstrait.

-|| Le Dr Decroly précise un programme agencé logiquement, prend comme point de départ des exercices d'observation associés au vocabulaire et à la comparaison, relie entre elles toutes les branches, y compris la lecture. ||- Il se préoccupe surtout de donner comme matériel les objets que la nature offre constamment et si généreusement. -|| Il se sert des jeux comme moyen de répétition et d'activité spontanée ||-, -||mais les sujets de la majorité des jeux sont pris dans la nature elle-même.||-

-|| En somme ce qui sépare le plus les deux méthodes, c'est que la méthode Montessori songe d'abord à exercer l'enfant au maniement des outils de l'intelligence (langue, calcul, écriture, lecture), tandis que le Dr Decroly se préoccupe surtout de mettre ces outils à la disposition de l'intelligence et de favoriser l'activité de celle-ci. ||-

Nous n'avons pas expérimenté la méthode montessorienne à l'école primaire, nous ne pouvons donc faire de comparaison; l'application que nous en avons vu faire dans les écoles du testin nous permet cependant de dire que les résultats obtenus sont inférieurs à ceux que j'ai obtenus et vu obtenir.

   Si nous  voulons résumer  en  une phrase ce que nous pensons de la   Méthode  Montessori, nous dirons   qu'elle se trouve par rapport à  la   méthode  du Dr Decroly dans la  même  relation que les branches séparées   et  mortes sont à l'arbre  tout entier  vivant;

En effet, on retrouve dans le système du Dr Decroly tous les moyens que préconise Mme Montessori, mais sa méthode reste trop souvent verbale, abstraite; elle laisse très peu de temps en somme aux exercices qui mettent l'enfant en contact avec la belle réalité.

La matière qu'elle donne est la même que dans l'école ordinaire, elle la rend seulement plus concrète en la faisant manier et jouer, mais elle néglige de rattacher les branches à l'arbre.

* * *

-|| Il y a encore à faire dans nos écoles publiques mais l'introduction des principes de l' « École Active » n'est pas une utopie. ||-

Voilà ce que nous avons voulu prouver en exposant la méthode et le programme du Dr Decroly.

Exposé bien imparfait sans doute. -|| Mais en présence de l'œuvre inaugurée par le Dr Decroly, l'on sent que par son énergie, son travail patient et la connaissance approfondie qu'il a de la psychologie de l'enfant, il est en voie de transformer l'école et par conséquent le milieu social.||-

Grâce à lui « l'école traditionaliste » fera place à l'« école active ».

Le Dr Decroly a droit à la reconnaissance de tous ceux qui ont cœur le développement libre et harmonieux de toutes les facultés de l'enfant, de tous ceux qui luttent pour permettre à l'enfant de vivre, et de vivre heureux ! »

2 BIBLIOGRAPHIE[modifier | modifier le wikicode]

2.1 Ses œuvres[modifier | modifier le wikicode]

  • La Méthode Decroly, éd. Delachaux & Niestlé

2.2 Notes de bas de pages[modifier | modifier le wikicode]

  1. Wagnon Sylvain, « Amélie Hamaïde (1888-1970) l’illustre inconnue de la pédagogie Decroly », Cahiers Bruxellois – Brusselse Cahiers, 2015/1 (XLVII), p. 132-149. DOI : 10.3917/brux.047.0132. URL : https://www.cairn.info/revue-cahiers-bruxellois-2015-1-page-132.htm
  2. L’Athénée Max a 100 ans », La Libre,‎ 21 mars 2009. URL : [1]

3 CITATIONS[modifier | modifier le wikicode]

3.1 Citations sur la pédagogie Montessori[modifier | modifier le wikicode]

on retrouve dans le système du Dr Decroly tous les moyens que préconise Mme Montessori, mais sa méthode reste trop souvent verbale, abstraite; elle laisse très peu de temps en somme aux exercices qui mettent l'enfant en contact avec la belle réalité.
  • 'La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 248

3.2 Citations sur la méthode globale dans l'enseignement de la lecture[modifier | modifier le wikicode]

La méthode idéo-visuelle permet d'associer étroitement la lecture aux branches du programme. Elle permet par conséquent l'application rationnelle de la méthodes des centres d'intérêt, puisqu'elle permet de lire, en transportant dans le lanage, des choses vécues et observées.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 128
Grâce à cette méthode l'esprit de l'enfant prend son envolée naturelle, sa spontanéité n'est plus enchaînée. Le champ d'observation s'en trouve naturellement élargi, et comme il n'y a pas de limites fixées d'avance, toutes les facultés de l'enfant peuvent se développer librement et harmonieusement. 
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 129
Avant de soumettre les enfants à cet enseignement de la lecture par la méthode idéo-visuelle, nous soumettons nos enfants à des tests de mémoire et d'attention visuelles.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 129
Notre expérience des cinq dernières années dans l'application de la méthode globale de lecture nous oblige à supprimer le chapitre « précisions de technique » qui a paru dans les deux premières éditions. Au début de l'application de la méthode globale nous n'étions pas très certains des résultats que nous allions obtenir. Le désir d'obtenir des résultats rapides, et aussi une certaine crainte des critiques des parents, nous a fait commettre une grave erreur. C'est celle de mécaniser, de faire généraliser trop tôt.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 134
Les travaux du Dr Decroly sur la globalisation, les nombreuses conversations que nous eûmes avec lui à ce sujet nous donnèrent le courage d'appliquer la méthode globale pure. Nous pouvons dire que les dernières expériences faites à l'École de l'Hermitage viennent confirmer les affirmations du Dr Decroly. Nous pouvons apprendre à lire aux enfants en nous basant complétement sur les procédés employés par la maman pour apprendre à parler à ses enfants.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 134
... nous pouvons affirmer qu'i suffit de suivre cette méthode maternelle pour permettre d'acquérir la lecture sans avoir aucun exercice de systématisation et sans avoir appris ni les lettres ni les syllabes. Le résultats, pour chaque enfant, est différent au point de vue de la rapidité d'acquisition comme il a été différent pour l'acquisition du langage.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 134
Grâce à [la] méthode [globale] nous ne divisons plus les mots en sons intelligibles, nous avons aboli l'étude des sons n'ayant aucun sens, ainsi que tout entraînement systématqie sur les lignes monotones de l'alphabet. 
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 135
Nous suivons la route naturelle aussi bien pour le maître que pour l'élève.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 135
De cette façon [par méthode globale], la lecture devient ce qu'elle devait toujours être, à savoir un exercice d' expression de la pensée (un parmi beaucoup d'autres) et en très peu de temps, un moyen d'acquérir de nouvelle connaissance. 
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 135
Grâce à cette méthode [globale], l'esprit de l'enfant suit son cours naturel et sa spontanéité n'est plus entravée. 
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 135
Et que dirons-nous des opérations ultérieurs de l'analyse et de la généralisation ? Celles-ci viendront d'elles même en temps voulu. La question est donc simplement de fournir à l'enfant un certain nombre de phrases qui représentent pour lui un résumé de ce qu'il a observé.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 135
L'intérêt et le jeu devrait être le facteur principaux dans ce procédé et nous voyons souvent des réussissent à lire sans connaître ni lettres ni syllabes. Le résultat est naturellement entièrement individuel. 
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 135
Il n'y a donc, à proprement parler, pas de méthode, mais une évolution naturelle.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 135
Nous faisons de NOMBREUSES répétitions sous forme de jeux. 
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 138
Les résultats [avec la méthode globale] sont souvent rapide, mais aussi quelquefois lents. Cela dépend des aptitude de l'enfant. Mais nous pouvons affirmer qu"après une année complète d'exercice de ce genre tous les enfants lisent couramment et avec intelligence.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 147
Nous voyons donc que la Méthode globale est une simplification apportée à l'enseignement de la lecture et de l'écriture. Au moyen de cette méthode l'enfant acquiert les associations nécessaires entre l' image verbale du mot et les éléments phonétiques dont il est composé, et cela sans apprendre ses lettres. Et si l'on désire appliquer la méthode des « centres d'intérêt », c'est la seule façon de le faire. 
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 147
Et nous en arrivons ainsi à la période de décomposition. L'enfant intelligent fait seul cette décomposition rapidement, car elle est un exercice naturel et nécessaire. ... . L'enfant moins intelligent met plus de temps à atteindre la période de décomposition, mais y arrive également après une période plus ou moins longue. Mais ce qui est important, c'est que le travail mental, le travail de généralisation et d'association soit fait par l'enfant
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 147
Et contrairement à ce que nous faisions il y a quatre ans et d'après les indications données dans les deux premières éditions, nous avons supprimé entièrement le travail de mécanisation et de groupement. Et nous avons constaté que la majorité des cas, les résultat obtenu était plus rapide et l'orthographe plus parfaite.
  • La méthode Decroly, Amélie Hamaïde, éd. Delachaux & Niestlé, 1946, p. 147