Réponses à quelques questions

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Auteur·e(s) Léon Trotski
Écriture septembre 1929

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(Archives publiées grâce au soutien de l'Institut Léon Trotsky)


1) La déclaration de Rakovsky et des autres[1] est un épisode qui servira souvent dans l'avenir. Nous serons pleinement en droit d'invoquer devant la classe ouvrière la bonne volonté manifestée par l'opposition et la mauvaise volonté de l'appareil. Les perspectives de lutte de l'opposition russe ne sont cependant pas définies par la déclaration, mais par des facteurs plus profonds.

2) Il y a déjà plus d'un an et demi, le zigzag à gauche de Staline a appelé des modifications indispensables dans la tactique de l'opposition.

a) nous avons ouvertement constaté le tournant à gauche comme un fait ;

b) nous avons émis des critiques sur ses contradictions ;

c) nous avons annoncé notre disposition à soutenir tout pas fait véritablement vers la gauche par le centrisme ;

d) nous avons manifesté ce soutien par une appréciation marxiste claire et cadrée du danger droitier et par une critique impitoyable du centrisme lui-même ; c'est en outre précisément notre critique qui a contraint et contraint encore le centrisme à aller plus loin qu'il n'en avait d'abord l'intention.

3) Le slogan de vote à bulletins secrets conserve évidemment toute sa force. Il est plus profitable à la révolution que les parleurs expriment par vote vraiment ce qu'ils pensent plutôt que d'apprendre leurs "pensées" lorsqu'ils ont été passés par la fenêtre.

4) De même la question de la direction des grèves, telle qu'elle a été posée et éclaircie en son temps par l'opposition conserve toute son importance. L'opposition ne l'a pas inventée. La résolution du XIème Congrès, mise au point par Lénine et adoptée à l'unanimité reconnaît les possibilités, mais dans des circonstances déterminées, et l'inéluctabilité des grèves dirigées par des syndicats soviétiques dans la mesure où l'une des tâches de ces derniers est de préserver les intérêts des ouvriers face aux déformations bureaucratiques de leur propre Etat. Le fait que les syndicats aient eux-mêmes subi une bureaucratisation effrayante n'enlève rien à la question des grèves, ni en pratique ni en théorie. Nous avons en son temps formulé l'attitude de l'opposition vis-à-vis de la grève avec une totale précision. Il n'y a aucune raison de changer cette formulation imprégnée d'un authentique esprit de parti.

  1. La déclaration du 22 août