Lettre à Raymond Molinier, 23 juillet 1930. Questions diverses

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Cher camarade Molinier,

1. La délégation d'un ou deux camarades au congrès de l’I.S.R. aurait naturellement un grand avantage et, pour l'obtenir, on pourrait ne pas se formaliser sur le mode de représentation. Mais tout dépend, comme vous le dites vous-même, de la question personnelle. Si l'on peut déléguer un camarade absolument ferme, inébranlable, robuste, avec une déclaration solide et énergique, élaborée collectivement à Paris... cette délégation pourrait avoir une importance inappréciable. Mais si le délégué capitule, l'avantage facultatif se transforme dans un désavantage énorme. Et la pression morale à Moscou sera tout à fait redoutable, vous pouvez en être sûr. Sans connaître les personnes en question, je ne puis pas me prononcer.

2. J'ai reçu la lettre du camarade hongrois dont vous parlez. Je vais lui répondre demain. C'est excellent que les camarades hongrois passent à l'activité ouverte.

3. Dans la question belge, comme dans la question italienne, la condition essentielle du succès, c'est d'initier tous les camarades de l'Opposition française comme des groupes nationaux susnommés dans la situation tout entière comme elle se présente. Les pourparlers des "sommets" qui sont inévitables, doivent être accompagnés par une offensive systématique et inlassable de la part des camarades de la base contre les sectaires et les confusionnistes (s'il y en a, ce qui est à craindre). Avec ce procédé combiné, le succès est sûr.

4. La pénétration de la grande usine dont vous parlez est un bon commencement et c'est en dernier lieu la seule voie pour surmonter la crise intérieure qui est le produit d'un certain piétinement sur place.

5. Comment appréciez-vous la situation matérielle de La Vérité ? Croyez-vous que la Ligue pourra la soutenir comme hebdomadaire ? C'est une question très importante. La retraite vers un bimensuel serait tout à fait néfaste. Malheureusement la parution hebdomadaire du Militant est bien menacée.

6. Si l'Opposition est plus forte que le parti officiel, elle s’approprie naturellement les fonctions du parti. Si sa prépondérance est tout à fait évidente, elle peut très bien prendre même le nom du parti en se déclarant en même temps section de l’I.C. - et en proposant au parti officiel l'unification. Notre attitude principielle ne change donc pas de ce fait. Mais le rapport des forces est un facteur décisif pour notre tactique. Même en France, si I’organisation du parti est tout à fait faible dans un coin pour poser sa candidature et si nous existons, nous devons naturellement présenter notre candidature aux élections en question. Il ne s'agit pas de quelque fétiche doctrinaire, mais d'attitude compréhensible aux ouvriers communistes et correspondant aux rapports de forces.