Lettre à Gérard Rosenthal, 2 avril 1930

De Marxists-fr
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Cher Camarade G,

Bien envoyé la réponse télégraphique "Accepte votre proposition". Aujourd'hui reçu la nouvelle lettre annonçant la rupture. Tant pis ou, si vous voulez tant mieux !

Je m'étonne qu’il n'y ait rien dans La V(érité) sur les notes de Par(ijanine) et sur la division en deux volumes. On publie l'annonce de Rîeder sans publier ma lettre. Je crois qu'une note vigoureuse, implacable, pleine d'indignation, aurait mieux disposé Rieder que l'acceptation tacite de son annonce.

Je suis en possession de la lettre de Furchtmann (polonais) où il dit qu'il est seulement en pourparlers pour le yiddish et qu'il n'a pas conclu. Cela correspond à la dernière réponse de Rieder qu'il ne donnera pas le yiddish à F(urchtmann). Mais cela contredit sa lettre générale sur les traités conclus, où il communique qu'il a reçu pour les droits polonais et yiddish 3000 francs. Vérifiez-le! Nous avons ici un délit de droit commun. Il m'a trompé tout simplement, cette fois par écrit. C'est un point capital!

Je vous envoie ci-jointe la lettre de Furchtmann. C'est très important et cela peut coûter cher à Rieder, je l'espère au moins, quoique ce soit la moindre de ses ignominies. Nous le tenons cette fois fermement.

Il faut que les camarades juifs de Paris renoncent aux pourparlers avec R(ieder). Est-ce fait ?

Etes-vous entré en relations avec M. Marx, comme convenu ? (en passant: est-ce que le couple n'a pas rompu avec Le Libérateur - "La crise rédactionnelle"…)

Faites-vous quelque chose pour intéresser quelques écrivains ?

Sur la traduction de Parijanine, un tas de scories, parfois insupportables. Ne croyez-vous pas que quelques jeunes camarades pourraient visiter Par(ijanine) pour lui expliquer toute l'ignominie de son attitude ?

J'ai reçu hier une très bonne lettre de P(ierre) N(aville) et de D(enise) N(aville) - avec une petite méchanceté (d’ailleurs agréable): "nous ne sommes nullement aussi nationalistes que vous le croyez". Le voyage à Berlin et Bruxelles est une chose excellente. Et la camarade D(enise) n'est pas allée à Berlin ? C'est dommage.

Reçu le bulletin de Souv(arine), à peine feuilleté. Il me reproche de me prononcer si tardivement sur les questions économiques russes. Il oublie - ce journaliste dilettante - que j'ai quelques obligations envers l'Opposition russe et que j’ai dû longuement correspondre avec les camarades russes avant de prendre une position ouverte dans la presse internationale. En agissant autrement, c’est-à-dire en prenant les camarades russes à l’improviste, on pourrait provoquer tout simplement une scission. Maintenant je suis sûr d'être en plein accord avec tous les amis russes.

Croyez-vous nécessaire de lui répondre ? Mieux vaut peut-être I’ignorer. Il ne peut pas "durer".