La Concordia de Turin

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Auteur·e(s) Karl Marx
Friedrich Engels
Écriture 23 juillet 1848

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Publié en français dans le recueil La Nouvelle Gazette Rhénane aux Éditions sociales (1963-1971). Numérisé par MIA et l'UQAC.

Neue Rheinische Zeitung n° 55, 25 juillet 1848
Mots-clés : Turin, Journal


Cologne, 23 juillet

Nous avons mentionné récemment l'Alba de Florence oui nous tendait fraternellement la main par-dessus les Alpes. Il fallait s'attendre à ce qu'un autre journal, la Concordia de Turin[1], une feuille de couleur opposée, se déclarât en un sens également opposé, bien que nullement hostile. Dans un numéro antérieur, La Concordia estimait que la Nouvelle Gazette rhénane prenait fait et cause pour tous les partis, pourvu qu'ils fussent « opprimés ». Elle fut mise sur la voie de cette peu judicieuse découverte par notre jugement sur les événements de Prague et notre sympathie pour le parti démocrate contre le réactionnaire Windischgrätz et consorts. Peut-être le journal de Turin a-t-il eu entre temps des lumières sur ce qu'on appelle le mouvement tchèque.

Récemment pourtant, la Concordia se voit amenée à consacrer à la Nuova Gazzetta renana un article plus ou moins doctrinal. Elle avait lu dans notre feuille le programme du congrès des travailleurs convoqué à Berlin[2]; les huit points que les travailleurs auront à discuter lui causent une inquiétude considérable.

Après avoir fidèlement traduit l'ensemble, elle se lance dans une sorte de critique dans les terme suivants :

« Dans ces projets il y a beaucoup de vrai et de juste, toutefois la Concordia trahirait sa mission si elle n'élevait sa voix contre les erreurs des socialistes. »

Nous, pour notre part, nous nous élevons contre l'« erreur » de la Concordia qui consiste à prendre le programme que la commission intéressée a dressé pour le congrès des travailleurs et dont nous l'avons informée, pour notre propre programme.

Néanmoins, nous sommes prêts à engager avec elle une discussion sur les problèmes d'économie politique, dès que son programme offrira un peu plus que des formules philanthropiques connues et des dogmes libre-échangistes glanés çà et là.

  1. Journal libéral italien qui parut en 1848-1849.
  2. Le congrès des travailleurs qui se tint à Berlin du 23 août au 3 septembre avait été convoqué à l'initiative d'une série d'organisations ouvrières. Le programme du congrès établi sous l'influence de Stefan Born donnait pour tâche aux travailleurs la réalisation d'une série de revendications sociales et les détournait ainsi de la lutte politique révolutionnaire. Ce programme fut publié dans le numéro 31 de la Nouvelle Gazette rhénane du 1° juillet 1848 dans la correspondance en provenance de Berlin, et sans commentaires.