Article du "Bulletin de l'Opposition" n°6

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Présentation d'une lettre de Dingelstedt

Nous publions ci‑dessous des extraits de la lettre ouverte du camarade F.N. Dingelstedt au sujet de quelques capitulations. Le camarade Dingelstedt est un vieux membre du parti bolchevique (Il était membre du comité de Petrograd au moment de la révolution de février). Depuis 1923 il est l'un des dirigeants de l'opposition à Leningrad. Dans l'appareil soviétique Il occupait la poste de recteur de l'institut des forê ;ts. A la fin de 1927 le camarade Dingelstedt a été arrêté et, après six mois de détention, déporté en Sibérie, dans la ville de Kansk d'où la lettre publiée ici semble avoir été écrite. Elle est adressée à Kharine, représentant évident de cette sorte de capitulards qui ne méritent pas d'être appelée autrement que carriéristes et hypocrites[1].

Au cours de l'année 1928, Kharine vivait à Paris, il travaillait à la représentation commerciale et menait une activité oppositionnelle. Le 27 mai de cette année, il écrivait encore à Constantinople : "J'ai reçu hier le n° 1 du Bulletin. Je suis prêt à remplir toutes les tâches qui s'avèreraient nécessaires". Dans cette même lettre Il demandait qu'on lui fournisse des contacts, des adresses pour la correspondance, etc... Peu de temps auparavant Kharine avait proposé d'aller en Russie pour établir des liens, ou, comme il disait, pour "organiser l'indispensable échange de matériel avec la Russie". Aucune de ces lettres ne contenait l'ombre d'une hésitation ou d'un doute. Au contraire l'auteur apparaissait sous les aspects les plus "intransigeants". Cela n'a pas empêché Kharine, presque dans le temps même où il écrivait la lettre sus‑mentionnée, de remettre à ses chefs toutes les lettres et le matériel qu'il possédait, y compris le n°1 de notre Bulletin. Il est maintenant parfaitement clair que ses dernières lettres étaient dictées par l'intention provocatrice de recevoir du matériel de l'opposition de le remettre à qui de droit et d'acquérir ainsi un capital politique.

Il ne s'agit pas d'un homme qui se trompe, qui est intellectuellement épuisé ou vidé. Non ! Il s'agit d'un pitoyable profiteur, qui change d'avis en vingt‑quatre heures pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les idées.

La rédaction

  1. Salomon Kharin (1892-193?) avait été condisciple de Dingelstedt à l´I.P.R. et ils avaient ensemble publié un ouvrage d'économie. Chef du bureau d´information de la délégation commerciale à Paris, il avait été l'un des représentants de l'Opposition de gauche à l'étranger et s'était décidé à capituler en même temps que Radek. Il avait écrit une lettre à ses anciens camarades qu'il diffusait dans les lieux de déportation et Dingelstedt lui avait répondu.