Modifications

Aller à la navigation Aller à la recherche
2 608 octets ajoutés ,  7 mai 2018 à 15:31
m
aucun résumé des modifications
Ligne 21 : Ligne 21 :     
L’anarcho-syndicaliste [[Voline|Voline]] souligne : ''« quant au syndicalisme, aucun mouvement ouvrier n’ayant existé en Russie avant la Révolution de 1917, la conception syndicaliste – quelques intellectuels érudits mis à part – y était totalement inconnue (…) cette forme russe d’une organisation ouvrière, le "Soviet", fut hâtivement trouvée en 1905 et reprise en 1917, justement à cause de l’absence de l’idée et du mouvement syndicalistes »''. Voline ajoute que ''« sans aucun doute, si le mécanisme syndical avait existé, c’est lui qui aurait pris en mains le mouvement ouvrier. »<ref>Voline, ''La révolution inconnue'', 1947</ref>''
 
L’anarcho-syndicaliste [[Voline|Voline]] souligne : ''« quant au syndicalisme, aucun mouvement ouvrier n’ayant existé en Russie avant la Révolution de 1917, la conception syndicaliste – quelques intellectuels érudits mis à part – y était totalement inconnue (…) cette forme russe d’une organisation ouvrière, le "Soviet", fut hâtivement trouvée en 1905 et reprise en 1917, justement à cause de l’absence de l’idée et du mouvement syndicalistes »''. Voline ajoute que ''« sans aucun doute, si le mécanisme syndical avait existé, c’est lui qui aurait pris en mains le mouvement ouvrier. »<ref>Voline, ''La révolution inconnue'', 1947</ref>''
 +
 +
[[Isaac_Deutscher|Isaac Deutscher]] décrivait ainsi la faiblesse relative du syndicalisme en 1917 :
 +
<blockquote>
 +
« Pendant les premiers mois de 1917, le nombre des adhérents (des syndicats) passa de quelques milliers à un million et demi (...). Mais le rôle qu'ils jouèrent fut sans rapport avec leur force numérique (...). Les grèves de 1917 n'eurent jamais l'envergure et la force de celles de 1905 (...). L'effrondrement économique de la Russie, l'inflation galopante, la rareté des biens de consommation, etc., faisaient que la lutte pour les revendications « économiques » immédiates habituelles semblait très peu réaliste. Si on y ajoute la menace de mobilisation suspendue au-dessus de la tête de tout gréviste éventuel, on comprend que la classe ouvrière ne fut pas disposée à lutter pour des avantages économiques limités et des réformes partielles. Ce qui était en jeu, c'était l'ordre social russe dans son ensemble »<ref> Isaac Deutscher, ''Soviet Trade Unions'', Royal Institute of International Affairs, London, 1950</ref>
 +
</blockquote>
 +
La Troisième Conférence Panrusse des Syndicats se tient à Petrograd les 20-28 juin. Elle adopta une résolution qui stipulait que « les syndicats défendent les droits et les intérêts de la classe ouvrière (...) et ne peuvent donc assumer des fonctions administratives et économiques dans la production ». Quant aux Comités d'usine, leur seul rôle était de vérifier « que les lois pour la défense des travailleurs et les conventions collectives conclues par les syndicats étaient respectées ». Les Comités d'usine devaient lutter pour l'entrée de tous les travailleurs de l'entreprise dans les syndicats. Ils devaient aussi « travailler pour renforcer et développer les syndicats, contribuer à l'unité dans leur lutte » et « renforcer l'autorité des syndicats aux yeux des travailleurs inorganisés ». La Conférence créa un Conseil Panrusse des Syndicats, dont les représentants furent élus proportionnellement à la force numérique des diverses tendances politiques en présence à la Conférence. Les menchéviks et SR qui dominaient insistaient pour que les Comités soient élus sur la base de listes présentées par les syndicats. Les thèses bolcheviques, présentées à la conférence par [[Nikolaï_Glebov-Avilov|Glebov-Avilov]], proposaient la création et le rattachement à l'administration centrale des syndicats de « commissions de contrôle économique », composées de membres des Comités d'usine.
    
=== Majorité bolchévique et résistances ===
 
=== Majorité bolchévique et résistances ===
Ligne 32 : Ligne 38 :  
Le Vikjel était contrôlé par des forces politiques hostiles aux bolcheviks&nbsp;: à l’été 1917, sur ses 40 membres, il y avait 3 [[Bolchéviks|bolchéviks]], 2 [[Interrayons|interrayons]], 14 [[Parti_SR|SR]], 7 [[Mencheviks|mencheviks]], 3 [[Troudoviks|troudoviks]], et 11 « indépendants » parmi lesquels en réalité beaucoup soutenaient le [[Parti_KD|parti KD]].
 
Le Vikjel était contrôlé par des forces politiques hostiles aux bolcheviks&nbsp;: à l’été 1917, sur ses 40 membres, il y avait 3 [[Bolchéviks|bolchéviks]], 2 [[Interrayons|interrayons]], 14 [[Parti_SR|SR]], 7 [[Mencheviks|mencheviks]], 3 [[Troudoviks|troudoviks]], et 11 « indépendants » parmi lesquels en réalité beaucoup soutenaient le [[Parti_KD|parti KD]].
   −
En 1918, avec la [[Guerre_civile_russe|guerre civile]] et les tensions avec le patronat, la direction bolchévique décida que ''« les tâches qui définissaient la spécificité du mouvement syndical demeuraient actuelles »''. Ce point de vue avait été défendu par des [[mencheviks|mencheviks]], il le fut ensuite par des bolcheviks, Lénine reprenant sur ce point, contre Trotski, les thèses de [[Martov|Martov]].
+
En 1918, avec la [[Guerre_civile_russe|guerre civile]] et les tensions avec le patronat, la direction bolchévique décida que ''«&nbsp;les tâches qui définissaient la spécificité du mouvement syndical demeuraient actuelles&nbsp;»''. Ce point de vue avait été défendu par des [[Mencheviks|mencheviks]], il le fut ensuite par des bolcheviks, Lénine reprenant sur ce point, contre Trotski, les thèses de [[Martov|Martov]].
    
== Les syndicats sous le pouvoir bolchévik ==
 
== Les syndicats sous le pouvoir bolchévik ==
Ligne 38 : Ligne 44 :  
=== Etat et syndicats contre comités d'usine ===
 
=== Etat et syndicats contre comités d'usine ===
   −
Le pouvoir bolchévik tente dès le lendemain d'Octobre de centraliser la prise de décision en matière économique, malgré des premières mesures comme le [[décret_sur_le_contrôle_ouvrier|décret sur le contrôle ouvrier]]. Les bolchéviks ont vite considéré que puisque le nouveau régime était l’expression de la volonté générale de la classe ouvrière, les syndicats devaient être subordonnés aux organes centraux ([[Vesenkha|Vesenkha]], commissariat du peuple au Travail...) de l'[[Etat_ouvrier|Etat ouvrier]].
+
Le pouvoir bolchévik tente dès le lendemain d'Octobre de centraliser la prise de décision en matière économique, malgré des premières mesures comme le [[Décret_sur_le_contrôle_ouvrier|décret sur le contrôle ouvrier]]. Les bolchéviks ont vite considéré que puisque le nouveau régime était l’expression de la volonté générale de la classe ouvrière, les syndicats devaient être subordonnés aux organes centraux ([[Vesenkha|Vesenkha]], commissariat du peuple au Travail...) de l'[[Etat_ouvrier|Etat ouvrier]].
    
La priorité des bolchéviks fut d'abord de canaliser les initiatives des comités d'usine, et ils s'appuyèrent pour cela sur les syndicats. D'autant plus que les syndicats étaient fortement politisés et ont fait barrage aux premières tentatives de l'Etat de les restreindre à la ''«&nbsp;sphère économique&nbsp;»''. Ainsi le 20 décembre 1917, les syndicats refusent d’être écartés des problèmes politiques du prolétariat.
 
La priorité des bolchéviks fut d'abord de canaliser les initiatives des comités d'usine, et ils s'appuyèrent pour cela sur les syndicats. D'autant plus que les syndicats étaient fortement politisés et ont fait barrage aux premières tentatives de l'Etat de les restreindre à la ''«&nbsp;sphère économique&nbsp;»''. Ainsi le 20 décembre 1917, les syndicats refusent d’être écartés des problèmes politiques du prolétariat.
   −
Le 28 novembre 1917 se réunit le Conseil pan-russe du [[contrôle_ouvrier|contrôle ouvrier]], qui décide de subordonner les [[comités_d'usine|comités d'usine]] aux syndicats.
+
Le 28 novembre 1917 se réunit le Conseil pan-russe du [[Contrôle_ouvrier|contrôle ouvrier]], qui décide de subordonner les [[Comités_d'usine|comités d'usine]] aux syndicats.
    
Le premier congrès pan-russe des syndicats se réunit les 7-11 janvier 1918, avec des délégués [[Bolcheviks|bolcheviks]], [[Mencheviks|mencheviks]] et [[Parti_SR|SR]]. Il adopte un texte qui revient largement sur la logique du décret sur le contrôle ouvrier. Il est affirmé que ''«&nbsp;pour que le contrôle ouvrier puisse apporter le maximum d’avantages au prolétariat, il est nécessaire de rejeter une fois pour toutes toute idée d’éparpiller ce contrôle en donnant aux ouvriers des entreprises le droit de prendre des décisions ayant valeur opératoire sur des questions qui affectent la vie même de leur entreprise&nbsp;»''. Les comités d’usine doivent opérer sur ''«&nbsp;la base d’un plan général formulé par les instances supérieures du contrôle ouvrier et les organes qui décident de l’organisation de l’économie&nbsp;»''. Enfin, il faut rendre ''«&nbsp;clair à leurs délégués le fait que le contrôle ne signifie pas le transfert de l’entreprise aux ouvriers, le contrôle ouvrier n’étant que le premier pas vers la socialisation&nbsp;».''
 
Le premier congrès pan-russe des syndicats se réunit les 7-11 janvier 1918, avec des délégués [[Bolcheviks|bolcheviks]], [[Mencheviks|mencheviks]] et [[Parti_SR|SR]]. Il adopte un texte qui revient largement sur la logique du décret sur le contrôle ouvrier. Il est affirmé que ''«&nbsp;pour que le contrôle ouvrier puisse apporter le maximum d’avantages au prolétariat, il est nécessaire de rejeter une fois pour toutes toute idée d’éparpiller ce contrôle en donnant aux ouvriers des entreprises le droit de prendre des décisions ayant valeur opératoire sur des questions qui affectent la vie même de leur entreprise&nbsp;»''. Les comités d’usine doivent opérer sur ''«&nbsp;la base d’un plan général formulé par les instances supérieures du contrôle ouvrier et les organes qui décident de l’organisation de l’économie&nbsp;»''. Enfin, il faut rendre ''«&nbsp;clair à leurs délégués le fait que le contrôle ne signifie pas le transfert de l’entreprise aux ouvriers, le contrôle ouvrier n’étant que le premier pas vers la socialisation&nbsp;».''
   −
Des [[anarcho-syndicalisme|anarcho-syndicalistes]] dénonçaient alors la politique gouvernementale qui trahissait ''« la classe ouvrière en supprimant le contrôle ouvrier pour lui substituer la direction unique de l’entreprise, abandonnant les comités d’usine, enfants chéris de la révolution, pour le syndicat qui édictait décrets et sanctions en guise de démocratie dans l’industrie »''.<ref name="Ferro" />
+
Des [[Anarcho-syndicalisme|anarcho-syndicalistes]] dénonçaient alors la politique gouvernementale qui trahissait ''«&nbsp;la classe ouvrière en supprimant le contrôle ouvrier pour lui substituer la direction unique de l’entreprise, abandonnant les comités d’usine, enfants chéris de la révolution, pour le syndicat qui édictait décrets et sanctions en guise de démocratie dans l’industrie&nbsp;»''.<ref name="Ferro" />
    
Un exemple des conflits entre comités d'usine et organes supérieurs était la socialisation spontanée mise en place dans certaines usines, alors que l'Etat bolchévik chercha d'abord à rassurer les investisseurs potentiels. La direction syndicale s’associait aux décisions prises par le gouvernement qui sélectionnait les types d’entreprise à nationaliser ou non, la forme de la direction (prônant une direction unipersonelle et non [[Principe_de_collégialité|collégiale]]). En échange elle pouvait s’appuyer sur la loi qui déclarait obligatoires les décisions de la direction syndicale, mettant hors la loi les syndicats particuliers qui n’obéissaient pas.
 
Un exemple des conflits entre comités d'usine et organes supérieurs était la socialisation spontanée mise en place dans certaines usines, alors que l'Etat bolchévik chercha d'abord à rassurer les investisseurs potentiels. La direction syndicale s’associait aux décisions prises par le gouvernement qui sélectionnait les types d’entreprise à nationaliser ou non, la forme de la direction (prônant une direction unipersonelle et non [[Principe_de_collégialité|collégiale]]). En échange elle pouvait s’appuyer sur la loi qui déclarait obligatoires les décisions de la direction syndicale, mettant hors la loi les syndicats particuliers qui n’obéissaient pas.
Ligne 54 : Ligne 60 :  
Mais en parallèle de la limitation des pouvoirs des comités d’usine, qui accroit relativement celui des syndicats, l’Etat cherche à contrôler de plus en plus étroitement les syndicats pour les transformer en courroie de transmission.
 
Mais en parallèle de la limitation des pouvoirs des comités d’usine, qui accroit relativement celui des syndicats, l’Etat cherche à contrôler de plus en plus étroitement les syndicats pour les transformer en courroie de transmission.
   −
Le 2<sup>e</sup> congrès pan-russe des syndicats se réunit en janvier 1919. Un conflit commence à apparaître entre la direction des syndicats, en accord avec le pouvoir, et la base. Dans leur motion du 23 janvier 1919, les syndicats commencent par s’aligner sur le texte gouvernemental en parlant eux aussi au passé du contrôle ouvrier. Mais ils font état d’un ''« conflit latent qui se livre dans le cadre des nouvelles formes organisationnelles que prend la vie économique »''. Ils tentaient de maintenir un certain rôle aux syndicats : ''« Suivre sans doute le travail des gestionnaires, non le précéder »'', mais en le ''«&nbsp;supervisant&nbsp;»''. À cette session, un texte qui maintenait le droit pour les ouvriers de faire grève était rejeté, au nom du fait que les ouvriers ne peuvent faire [[grève|grève]] contre eux-mêmes. Dans le congrès, certains protestèrent contre le fait que le Commissariat au Travail ratifie les délégués élus par les syndicats pour les représenter dans les instances centrales. Ainsi l’ouvrier Perkin :
+
Le 2<sup>e</sup> congrès pan-russe des syndicats se réunit en janvier 1919. Un conflit commence à apparaître entre la direction des syndicats, en accord avec le pouvoir, et la base. Dans leur motion du 23 janvier 1919, les syndicats commencent par s’aligner sur le texte gouvernemental en parlant eux aussi au passé du contrôle ouvrier. Mais ils font état d’un ''«&nbsp;conflit latent qui se livre dans le cadre des nouvelles formes organisationnelles que prend la vie économique&nbsp;»''. Ils tentaient de maintenir un certain rôle aux syndicats&nbsp;: ''«&nbsp;Suivre sans doute le travail des gestionnaires, non le précéder&nbsp;»'', mais en le ''«&nbsp;supervisant&nbsp;»''. À cette session, un texte qui maintenait le droit pour les ouvriers de faire grève était rejeté, au nom du fait que les ouvriers ne peuvent faire [[Grève|grève]] contre eux-mêmes. Dans le congrès, certains protestèrent contre le fait que le Commissariat au Travail ratifie les délégués élus par les syndicats pour les représenter dans les instances centrales. Ainsi l’ouvrier Perkin&nbsp;:
 
<blockquote>
 
<blockquote>
 
''«&nbsp;Si dans une réunion syndicale nous choisissons un élu, si la classe ouvrière a le droit dans certains cas d’exprimer ses volontés, on aurait pu penser que cet élu pourrait nous représenter auprès du Commissariat au Travail. Eh bien non. Bien que nous l’ayons élu, il faut que ce choix soit ratifié.&nbsp;»<ref name="Ferro" />''
 
''«&nbsp;Si dans une réunion syndicale nous choisissons un élu, si la classe ouvrière a le droit dans certains cas d’exprimer ses volontés, on aurait pu penser que cet élu pourrait nous représenter auprès du Commissariat au Travail. Eh bien non. Bien que nous l’ayons élu, il faut que ce choix soit ratifié.&nbsp;»<ref name="Ferro" />''
Ligne 88 : Ligne 94 :  
=== Subordination totale ===
 
=== Subordination totale ===
   −
Le 2 avril 1922, le 11<sup>e</sup> Congrès du parti communiste vote une résolution interdisant toute ingérence des syndicats dans la direction des entreprises :
+
Le 2 avril 1922, le 11<sup>e</sup> Congrès du parti communiste vote une résolution interdisant toute ingérence des syndicats dans la direction des entreprises&nbsp;:
 
<blockquote>
 
<blockquote>
L’intérêt primordial et fondamental du prolétariat, après la conquête du pouvoir d’État, réside dans l’augmentation de la production et dans l’accroissement considérable des forces productives de la société. Ce but, nettement mis en avant dans le programme du Parti communiste russe, est encore plus urgent dans l’état actuel de dévastation, de famine et de désorganisation d’après-guerre. Le progrès le plus rapide et le plus durable possible dans la reconstruction de l’industrie lourde représente une condition indispensable pour parvenir à affranchir le travail du joug du capital et à la victoire du socialisme ; or, ce succès exige à son tour, dans la situation russe actuelle, la concentration absolue de tout le pouvoir entre les mains de la direction d’entreprise. Celle-ci, conformément à la règle générale, repose sur le principe de la direction individuelle, décide de façon autonome des questions de salaires et de la répartition du papier-monnaie, des rations, des vêtements de travail et de tout autre approvisionnement, en tenant compte des clauses et des limites des conventions collectives conclues avec les syndicats ; ce faisant, la direction de l’entreprise doit garder le maximum de liberté de manœuvre, vérifier soigneusement la réalité des résultats dans l’accroissement de la production, de sa rentabilité en sélectionnant scrupuleusement les administrateurs les plus capables et les plus expérimentés, etc.
+
L’intérêt primordial et fondamental du prolétariat, après la conquête du pouvoir d’État, réside dans l’augmentation de la production et dans l’accroissement considérable des forces productives de la société. Ce but, nettement mis en avant dans le programme du Parti communiste russe, est encore plus urgent dans l’état actuel de dévastation, de famine et de désorganisation d’après-guerre. Le progrès le plus rapide et le plus durable possible dans la reconstruction de l’industrie lourde représente une condition indispensable pour parvenir à affranchir le travail du joug du capital et à la victoire du socialisme&nbsp;; or, ce succès exige à son tour, dans la situation russe actuelle, la concentration absolue de tout le pouvoir entre les mains de la direction d’entreprise. Celle-ci, conformément à la règle générale, repose sur le principe de la direction individuelle, décide de façon autonome des questions de salaires et de la répartition du papier-monnaie, des rations, des vêtements de travail et de tout autre approvisionnement, en tenant compte des clauses et des limites des conventions collectives conclues avec les syndicats&nbsp;; ce faisant, la direction de l’entreprise doit garder le maximum de liberté de manœuvre, vérifier soigneusement la réalité des résultats dans l’accroissement de la production, de sa rentabilité en sélectionnant scrupuleusement les administrateurs les plus capables et les plus expérimentés, etc.
    
Toute ingérence des syndicats dans la direction de l’entreprise doit donc être considérée absolument comme néfaste et inadmissible.
 
Toute ingérence des syndicats dans la direction de l’entreprise doit donc être considérée absolument comme néfaste et inadmissible.
 
</blockquote>  
 
</blockquote>  
Il est ajouté aussitôt :
+
Il est ajouté aussitôt&nbsp;:
 
<blockquote>
 
<blockquote>
 
Cependant il serait tout à fait erroné d’interpréter ce principe indiscutable comme la négation de la participation des syndicats dans l’organisation socialiste de l’industrie et dans la gestion de l’industrie nationale.
 
Cependant il serait tout à fait erroné d’interpréter ce principe indiscutable comme la négation de la participation des syndicats dans l’organisation socialiste de l’industrie et dans la gestion de l’industrie nationale.
Ligne 101 : Ligne 107 :     
*NPA, [https://npa2009.org/idees/histoire/marxistes-populistes-anarchistes-un-mouvement-ouvrier-revolutionnaire ''Marxistes, populistes, anarchistes… Un mouvement ouvrier révolutionnaire''], 14 mars 2017  
 
*NPA, [https://npa2009.org/idees/histoire/marxistes-populistes-anarchistes-un-mouvement-ouvrier-revolutionnaire ''Marxistes, populistes, anarchistes… Un mouvement ouvrier révolutionnaire''], 14 mars 2017  
*Thomas Lowit, ''Les Syndicats en URSS'', Paris, Armand Colin, 1971
+
*Thomas Lowit, ''Les Syndicats en URSS'', Paris, Armand Colin, 1971  
*Frederick Israel Kaplan, ''Bolshevik Ideology and the Ethics of Soviet Labour, 1917-1920 : The Formative Years'', New York, Philosophical Library, 1968
+
*Frederick Israel Kaplan, ''Bolshevik Ideology and the Ethics of Soviet Labour, 1917-1920&nbsp;: The Formative Years'', New York, Philosophical Library, 1968  
 
      
<references />
 
<references />
    
[[Category:Syndicalisme]] [[Category:Russie / URSS]]
 
[[Category:Syndicalisme]] [[Category:Russie / URSS]]

Menu de navigation