Juan Andrade

Juan Andrade (1897-1981) était un militant socialiste en Espagne, puis communiste anti-stalinien. Il fut le compagnon de Maria Teresa Banus.
Biographie[modifier | modifier le wikicode]
Juan Andrade Rodriguez nait a Madrid le 3 février 1897.
Il commence à militer à 14 ans dans les jeunesses radicales, dont il dirige même le journal Los Barbaros. C'est en 1916 qu'il rejoignit le mouvement ouvrier, en adhérant aux jeunesses socialistes, dont il dirige l'organe, Renovacion. Admirateur de la révolution russe, il fut en contact dès 1919 avec les émissaires de l'Internationale communiste, M.N. Roy et Borodine, et fut en avril 1920 l'un des organisateurs de la scission qui fit des JS le premier parti communiste espagnol.
Membre du comité directeur du PCE, directeur d'El Comunista, il resta au C.D. après la réunification communiste de 1921 (avec le PCOE ne de la scission du PSOE) et dirigea son organe central La Antorcha. Comme son parti, il eut a subir une dure répression: onze arrestations et un total de 16 mois de prison en six années. II s'opposa a la politique de bureaucratisation baptisée «bolchévisation » menée par Staline et Zinoviev, et fut écarté de ses responsabilités en 1926, exclu du parti en 1928.
II affirma dès lors sa sympathie pour l'Opposition de gauche, dont il fut un des premiers militants connus à la rallier en Espagne même, après sa fondation a l'étranger: il était alors journaliste et éditeur.
Jusqu'en 1935, il fut l'un des principaux dirigeants de la section espagnole de l'Opposition de gauche, devenue Izquierda comunista en 1932, dirigeant sa revue théorique Comunismo, sa maison d’édition, et collaborant également a la revue socialiste Leviatan. II fut solidaire d'Andres Nin dans la rupture avec Léon Trotski, rejoignit en septembre 1935 le POUM, devint membre de son comité central et secrétaire de son comité régional de Madrid. C'est lui qui, au nom du POUM, signa le pacte électoral de janvier 1936, un acte que Trotski devait qualifier de « trahison », lui renvoyant un livre dont il lui avait fait hommage comme a son « maître », en lui disant qu'il n'avait jamais enseigne a personne a trahir. Cette rupture et ses formes devaient laisser a Juan Andrade de profondes blessures, et il fut sans doute l'un des dirigeants du POUM les plus déçus après l’évanouissement des perspectives de rapprochement un instant entrevues a l’été de 1936.
Transféré a Madrid, collaborateur de La Batalla et membre du C.E. du POUM dans les premiers mois de la guerre civile, Andrade représentait une sensibilité «de gauche», critique de Nin mais rejetant les analyses de Trotski. II tenta vainement, au cours des journées de mai 1937, de décider la FAI à I'action. Arrêté à l'instigation de Staline le 16 juin 1937, il fut inculpé avec ses camarades du POUM, que le PCE accusait, d'espionnage et de trahison au compte du fascisme. Il fut condamné en octobre 1938 par le tribunal à 15 ans de prison pour avoir « tenté de détruire la république démocratique afin d'instaurer un régime conforme a ses conceptions ». Le procureur l'avait en outre inculpé de trahison pour avoir installé sur le banc des accusés la photo d'Andres Nin, arrêté avec eux mais livré au GPU par la police et assassiné. En janvier 1939, il réussit à s’évader avec ses camarades et la complicité de leurs geôliers et se réfugia en France au terme d'une dure épreuve physique. Arrêté par la police de Vichy, il fut condamné en novembre 1941 par le tribunal militaire de Montauban - pour avoir diffusé le journal trotskiste La Vérité - en tant qu'« agent de la IVe Internationale » (sic) et condamné a 5 ans de prison. Ses camarades du bataillon Libertad réussirent en 1944 à le libérer pour lui éviter le sort que certains staliniens français et espagnols lui préparaient en prison. II reprit dès lors son activité au POUM en exil.
Il meurt le 1er mai 1981.
Notes et Sources[modifier | modifier le wikicode]
Cahier Léon Trotski, n°7-8, 1981