Farines animales

De Wikirouge
Aller à : navigation, rechercher

Les farines animales sont des poudres obtenues à partir des restes d'animaux dans les abattoirs. L'industrie agro-alimentaire a cherché à en tirer profit rapidement alors qu'on ne sait pas correctement leurs effets sur l'alimentation des hommes ou des animaux, ce qui a conduit à des scandales comme la "vache folle".

"Valorisation" des produits de l'élevage intensif[modifier]

Avec l'élevage (et la pisciculture) intensive, en particulier l'élevage hors-sol, les restes non consommés ( certains abats, issues, peaux, graisses…) ont vite représenté de gros volumes. Comme les enterrer pollue le sol, il faut soit les détruire, soit trouver un moyen de les réutiliser. La transformation en farines animales a servi à cela.

Tout semble ainsi pouvoir être réutilisé industriellement :

  • Farine de viande
    • Farine de volaille
    • Farine de bovins
    • Farines d'ovin
    • Farine de porc
  • Farine d'os (on utilise pour cela des os de seconde qualité, qui incluent les os de porcs; les autres os peuvent être utilisés pour la fabrication de gélatine; les os peuvent aussi être traités pour fabriquer du phosphate dicalcique ou de la poudre d'osséine [1])
  • Farine de sang
  • Farine de plumes
  • Farine de poissons

Utilisation dans l'alimentation animale[modifier]

A titre d'exemple, en France avant le retrait des farines et des graisses animales chez les ruminants, le secteur de l'alimentation animale consommait en 1999,

  • 400 000 tonnes de farines animales [2] dont  :
    • environ 300 000 tonnes pour nourrir les volailles (en moyenne : 3% de l'aliment[2],
    • environ 80 000 tonnes pour nourrir les porcs (en moyenne : 1% de l'aliment) [2].
  • 270 000 tonnes de graisses animales dont essentiellement :
    • environ 130 000 tonnes dans les aliments des volailles (en moyenne : 1,5% de l'aliment) [2],
    • environ 80 000 tonnes dans les aliments des porcs (en moyenne : 1% de l'aliment)20,
    • environ 60 000 tonnes dans les aliments d’allaitement (en moyenne : 15-20% de l'aliment, surtout sous forme de suif) [2].

A ces quantités s'ajoutaient :

  • 85 000 tonnes de farines de poisson (principalement pour nourrir des poissons selon l'AFSSA ; 63 000 tonnes avec en moyenne : 50% de l'aliment), et des porcelets (17 000 tonnes, (en moyenne : 2% de l'aliment)[2].
  • environ 100 000 tonnes d’équivalent phosphate bicalcique dans les farines de viande et d’os (FVO) [2].

Crise de la vache folle[modifier]

Entre 1986 et 2000, environ 190 000 vaches sont touchées par l'ESB (Encéphalopathie spongiforme bovine), principalement au Royaume-Uni. En 1996, on découvre que la maladie peut être transmise à l'homme, sous la forme de la maladie de Creutzfeld-Jacob, qui jusqu'à aujourd'hui a tué 221 personnes. Cela déclenche un scandale et beaucoup de méfiance envers l'industrie agro-alimentaire qui favorise ses profits au principe de précaution. Des cadavres de moutons atteints de tremblante étaient même utilisés pour nourrir les vaches.

Dans l'Union européenne, les farines animales sont interdites depuis 1996 pour l'alimentation des animaux destinés à être mangés, et des normes plus strictes ont vu le jour :

  • les farines consommables par l'homme ne sont pas traitées dans les mêmes établissements que les farines destinées à l'alimentation animale (centre d'abattage ou d'équarrissage)
  • les tissus graisseux sont traités dans des fondoirs plus contrôlés

Les farines animales restent utilisées pour la fabrication des aliments pour animaux domestiques.

Réintroduction ?[modifier]

Les lobbies agro-alimentaires cherchent bien évidemment à faire retirer toute interdiction. Les gros éleveurs font également pression, notamment avec l'augmentation du prix des produits végétaux importés (tourteaux de soja...).

L'Union européenne a proposé en juillet 2010 de lever l'interdiction pour les non ruminants comme les porcs, les volailles ou le poisson. En France, le Conseil national de l'alimentation (CNA) a donné son aval en 2011 à une réintroduction partielle des farines animales, mais l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a rendu le 16 novembre un avis défavorable[3]. Nous nous acheminons vers une autorisation limitée dans un premier temps à la filière aquacole, après évaluation des résultats, l’autorisation pour les monogastriques (volailles et porcs) devrait suivre.

Si le retour des farines animales se confirme, le cannibalisme resterait interdit : un cochon ne pourrait pas avoir dans son alimentation des farines animales issues de la filière porcine. Mais les fabrications d’aliments effectuées dans une même unité ne sont pas étanches et les risques de contamination croisée restent possibles, voire inévitables et des traces de farines animales seront présentes dans les aliments des différentes espèces.

Les représentants des formes d'élevage non-conventionnels (raisonné, biologique, petits élevage traditionnels...) préfèrent un renforcement des soutiens pour l'élevage à l'herbe et notamment pour la production de fourrages à base de légumineuses (luzerne, vesce, lotier...)

Utilisation pour l'alimentation humaine
[modifier]

En France en 1997, 2,4 % des matières premières utilisées pour la fabrication d'aliments composés pour l'homme étaient des farines animales.

Les Européens consomment déjà des aliments importés, notamment d'Amérique du sud, contenant des farines animales.

Utilisation comme engrais en agriculture biologique[modifier]

Certaines farines animales sous la dénomination farine de plume ou farine de viande sont de plus en plus utilisées en agriculture biologique comme amendement azoté. Ces farines sont riches en azote rapidement disponible et assimilable par les plantes. En production de blés panifiables biologiques ces farines sont épandues entre le stade montaison et épiaison pour augmenter le taux de protéine des grains. La panification industrielle nécessite des taux minimum de protéines.

Notes et sources
[modifier]

  1. Les farines de viandes osseuses (FVO) et les concentrés protéiques carnés (CPC), Ecole nationale vétérinaire de Lyon
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5 et 2,6 SCEES, SIFCO, SNIA-SYNCOPAC ,cités par le rapport de l'AFSSA de 2001 (voir bibliographie)
  3. http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/de-nouvelles-farines-animales-reintroduites-en-france-02-12-2011-1403094_240.php