Taux de survaleur

De Wikirouge
(Redirigé depuis Taux de plus-value)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Capital-VS-travail.jpg

Le taux de survaleur (ou taux de plus-value), ou taux d'exploitation est une grandeur utilisée dans l'économie marxiste pour "quantifier" (de façon simplifiée) l'exploitation du travail par le patronat. Elle est quasi-exclusivement utilisée comme outil conceptuel pour comprendre le capitalisme.

Définition

Elle s'exprime comme le rapport de la survaleur tirée du travail exploité, et du capital variable (le salaire)[1].

[math]\displaystyle{ TE=\frac{s}{v} }[/math]

Prenons l'exemple d'un ouvrier dont la valeur v de la force de travail est de 4 heures, qui travaille 8 heures. Il incorpore ces 8 h de travail dans les marchandises qu'il produit, tout en n'en coûtant que 4 à son patron. Son taux d'exploitation est donc :

[math]\displaystyle{ \frac{8-4}{4} = \frac{1}{1} = 100\% }[/math]

Evolution

Depuis le début des années 1980, la tendance est à la hausse du taux d'exploitation dans la majorité des pays (aussi bien impérialistes que dominés)[2]. Les États-Unis et le Royaume-Uni font apparemment exception à cette tendance ; mais en réalité, la tendance est comparable à celle de l'Union Européenne si on défalque les très hauts salaires[3].

Source : BEA & BLS[4]


Le taux d'exploitation est directement lié à la part des salaires dans la valeur ajoutée : plus il est élevé, plus celle-ci est faible.

Productivité et taux de survaleur

On peut aussi écrire le taux d'exploitation de la façon suivante pour faire apparaître son lien avec la productivité du travail :

[math]\displaystyle{ TE=\frac{pr}{sr}-1 }[/math]

où sr est le salaire réel.

Si la productivité et le salaire réel augmentent avec la même vitesse, le taux d'exploitation reste stable, mais si la productivité augmente plus vite, la part relative de la plus-value augmente au détriment de celle du capital variable (salaire).

Notes et sources

  1. Cf. Karl Marx, Le Capital, Livre I, ch. 9 : "Le taux de la plus-value".
  2. Michel Husson, La hausse tendancielle du taux d’exploitation, Inprecor n°534-535, janvier-février 2008
  3. Aux États-Unis, selon Ian Dew-Becker et Robert Gordon (cités par Michel Husson), les salaires des 1% de salariés les mieux payés représentent 8% du PIB.
  4. Vu sur capitalisme-et-crise.info.