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La privatisation consiste pour un gouvernement à vendre une entreprise publique à des investisseurs, ou à céder une partie importante de son capital.

Intérêt pour la bourgeoisieModifier

Les privatisations se résument souvent à des "cadeaux" faits à la bourgeoisie par son Etat. Celle-ci peut alors par ce biais tirer profits d'investissements passés assumés par la collectivité, accroître le marché national, et donc réaliser d'importants profits.

En pratique les privatisations sont impopulaires et donc souvent graduelles, et précédées de libéralisations et de changements d'entités (EPIC, SA...) destinées à préparer le terrain et les investisseurs. Pour certains secteurs, les nouveaux patrons obtiennent le beurre et l'argent du beurre grâce à des découpages astucieux : séparations du gestionnaire du réseau (ERDF, RFF...), qui reste à la collectivité, et de l'exploitant privé.

Conséquences socialesModifier

Pour les salariés de ces entreprises la transition est souvent très marquée avec un accroissement brusque de l'exploitation. Pour les usagers, l'augmentation des prix et la dégradation du service rendu est le plus souvent constatée.

Quelques exemples :

Lutte idéologique et micro-politiqueModifier

 

Certains néolibéraux ont cherché à mener des combats frontaux contre les tenants d'idéologies socialistes ou kéynésiennes, avec l'idée selon laquelle une fois la lutte idéologique gagnée, de nouvelles politiques pourraient être mises en place. D'autres ont théorisé qu'il était plus efficace de mettre en œuvre une série de réformes partielles et plus acceptables, dont chacune permet un "effet de cliquet" : une fois mises en place, elles transforment la société et rendent très difficile un retour en arrière.

Ainsi ce genre de méthodes ont été théorisées sous le nom de "micropolitique" par Madsen Pirie et le groupe de Saint Andrews. Par exemple il s'agit en cas de privatisation ou d'abaissement des conditions de travail, de n'appliquer les nouvelles règles qu'aux nouveaux entrants, afin que les salariés anciens soient incités à se désolidariser et à ne pas se mobiliser (à grand renfort de primes de départ si besoin). Ou encore à ne pas faire disparaître immédiatement une entreprise publique, mais à la mettre en concurrence avec des entreprises privées : celles-ci pouvant exploiter davantage les salariés, pourront pratiquer des prix plus bas, et ainsi l'éviction du public peut se faire via les consommateurs. Ou encore à mettre en avant la liberté, la diversité, etc. contre le "monopole".

Attitude des révolutionnairesModifier

Les révolutionnaires s'opposent aux privatisations, mais pas avec la même perspective que les réformistes. Ceux-ci essaient de présenter les quelques entreprises publiques comme la panacée, secteurs publics essentiels à un "capitalisme juste". Effectivement certains secteurs ont besoin d'un point de vue capitaliste d'être gérés par l'Etat, car non rentables. L'extension de cette sphère dans la période de l'Après-guerre est le fruit d'un compromis, pas d'une transformation vers le socialisme...

Les marxistes rappellent donc la différence fondamentale entre nationalisation bourgeoise et nationalisation sous contrôle ouvrier, ou socialisation. Il s'agit donc de défendre la forme étatique des entreprises publiques pour deux raisons : la lutte syndicale et politique y est généralement facilitée pour les travailleurs, et seule la prise de pouvoir politique y sera nécessaire.

ExemplesModifier

  • 1982 | En Angleterre, amorce de la privatisation des chemins de fer.
  • 1986 | Acte Unique Européen: parmi les avancées institutionnelles de l'UE, l'objectif du "marché libre" est affirmé.
  • 1988 | Une directive européenne demande la libéralisation des Télécoms en 1998. France Télécom est alors muté en Société Anonyme et sera privatisé progressivement en dix ans.[1]
  • 1991 | Directive européenne 91/440/CEE: les Etats doivent libéraliser le transport ferroviaire.
  • 1993 | Privatisation effective de British Rail (y compris par les travaillistes)
  • 1994 |
    • AGCS, accord visant à la libéralisation des services, même ceux qui sont encore "publics"...
    • Libéralisation du fret ferroviaire en Allemagne.
  • 1995 | Privatisation de la SEITA
  • 1997 | Réseaux férrés de France (RFF) est séparé de la SNCF. Cette opération a pour but de pouvoir ouvrir la concurrence sur les chemins de fer français (même opération en Allemagne et en Angleterre)
  • 2001 | Libéralisation de l'électricité en Autriche
  • 2003 | Privatisations et dérèglementations (possibilité de virer des gens dans le public) en Inde.
  • 2005 | Traité Constitutionnel Européen qui fixe "la concurrence libre et non faussé" comme principe de base des politiques européennes. Matraquage médiatique pour le OUI donc, avec camouflage en faux débat "pour ou contre l'Europe"...
  • 2006 | Libéralisation du fret en France.
  • 2008 |
    • Privatisation d'"Aéroports de Paris".
    • Grève générale en Afrique du Sud contre l'augmentation brusque des prix de l'électricité suite à la privatisation.
  • 2010 | Privatisation d'Eurostar

Frise chronologique des nationalisations et des privatisations en France :


Source Monde Diplomatique

Notes et sourcesModifier

  1. L'arrogance bourgeoise avait été jusqu'à interdire la récupération -anticoncurrentielle- de l'eau de pluie.