Marxisme : Différence entre versions

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'''Le marxisme''' est le système des idées et de la doctrine de Karl Marx et de ceux qui ont continué à utiliser sa méthode.<br>
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Le '''marxisme''' est le système des idées de [[Karl_Marx|Karl Marx]] , en étroite collaboration avec [[Friedrich_Engels|Friedrich Engels]], et de ceux qui ont continué à faire vivre sa méthode ([[Rosa_Luxemburg|Rosa Luxemburg]], [[Lénine|Lénine]], [[Trotsky|Trotsky]]...).
  
Marx a continué et parachevé les trois principaux courants d'idées du XIXe siècle, la philosophie classique allemande, l'économie politique classique anglaise et le socialisme français. La logique et l'unité remarquables de ses idées sont des qualités reconnues même par ses adversaires, et aujourd'hui timidement et partiellement réhabilités par ceux qui se disent [[Marxien|marxiens]].  
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Marx a continué et parachevé les trois principaux courants d'idées du 19<sup>e</sup> siècle, la philosophie classique allemande, l'économie politique classique anglaise et le socialisme français. La logique et l'unité remarquables de ses idées sont des qualités reconnues même par ses adversaires, et aujourd'hui timidement et partiellement réhabilités par ceux qui se disent [[Marxien|marxiens]].
  
Le marxisme est la base du [[Socialisme scientifique|socialisme scientifique]], qui est pour beaucoup de révolutionnaires l'acquis le plus précieux pour l'émancipation de l'humanité. Car&nbsp; "la pensée marxiste n'est pas seulement pensée orientée vers l'action. Elle est théorie de l'action, réflexion sur la [[Praxis|praxis]], c'est-à-dire sur le possible et l'impossible. (...) La pensée critique n'a de sens et de portée que par l'action pratique révolutionnaire, critique en acte de l'existant."<ref>Henri Lefèbvre, Sociologie de Marx, 1974</ref>  
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Le marxisme est la base du [[Socialisme_scientifique|socialisme scientifique]], qui est pour beaucoup de révolutionnaires l'acquis le plus précieux pour l'émancipation de l'humanité. Car&nbsp; ''«&nbsp;la pensée marxiste n'est pas seulement pensée orientée vers l'action. Elle est théorie de l'action, réflexion sur la praxis, c'est-à-dire sur le possible et l'impossible. [...] La pensée critique n'a de sens et de portée que par l'action pratique révolutionnaire, critique en acte de l'existant.&nbsp;»''<ref>Henri Lefèbvre, Sociologie de Marx, 1974</ref>
  
== Les fondements ==
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== Les fondements ==
  
Le marxisme utilise comme fondements le matérialisme et la dialectique, réunis dans une même théorie de l'évolution qu'est le [[Matérialisme dialectique|matérialisme dialectique]].<br>
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Le marxisme utilise comme fondements le matérialisme et la dialectique, réunis dans une même théorie de l'évolution qu'est le [[Matérialisme_dialectique|matérialisme dialectique]].
  
=== Le matérialisme ===
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=== Le matérialisme ===
  
Le marxisme part du [[Matérialisme|principe matérialiste]]&nbsp;: le monde est matériel, et l'on doit chercher à expliquer la réalité à partir de la matière.&nbsp;  
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Le marxisme part du [[Matérialisme|principe matérialiste]]&nbsp;: le monde est matériel, et l'on doit chercher à expliquer la réalité à partir de la matière.&nbsp;
  
=== La dialectique ===
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=== La dialectique ===
  
La [[Dialectique|dialectique]] est en philosophie une manière de raisonner et d'interpréter le monde qui part des contradictions apparentes et cherche à les dépasser, c'est-à-dire à faire émerger de nouvelles thèses dans lesquelles les contradictions sont résolues.<br>
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La [[Dialectique|dialectique]] est en philosophie une manière de raisonner et d'interpréter le monde qui part des contradictions apparentes et cherche à les dépasser, c'est-à-dire à faire émerger de nouvelles thèses dans lesquelles les contradictions sont résolues.
  
== Les acquis  ==
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== La méthode ==
  
Les acquis du marxisme se situent à la fois sur le plan de l'interprétation de l'histoire, et sur celle de l'analyse économique du capitalisme. Les deux approches ne sont pas dissociables, chacune fait appel à l'autre.<br>
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La méthode de raisonnement marxiste se situe à la fois sur le plan de l'interprétation de l'histoire, et sur celle de l'analyse économique du capitalisme. Les deux approches ne sont pas dissociables, chacune fait appel à l'autre.
  
=== L'analyse de l'histoire ===
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=== L'analyse de l'histoire ===
  
==== La conception matérialiste de l'histoire  ====
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{{Article détaillé|Matérialisme historique}}
  
L'aspect directement pratique du matérialisme dialectique est la conception matérialiste de l'histoire, ou [[Matérialisme historique|matérialisme historique]]. Celle-ci permet de comprendre les évolutions de l'humanité à partir des changements intervenus dans la sphère matérielle. De même que l'on ne juge pas une personne selon ce qu'elle pense d'elle-même, on ne doit pas juger une société sur les valeurs qu'elle proclame. On doit à l'inverse chercher dans les conditions de vie des masses et dans les rapports de production les sources de la [[Politique|politique]] et des [[Idéologies|idéologies]].<br>
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==== La conception matérialiste de l'histoire ====
  
==== La lutte des classes  ====
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L'aspect directement pratique du matérialisme dialectique est la conception matérialiste de l'histoire, ou [[Matérialisme_historique|matérialisme historique]]. Celle-ci permet de comprendre les évolutions de l'humanité à partir des changements intervenus dans la sphère matérielle. De même que l'on ne juge pas une personne selon ce qu'elle pense d'elle-même, on ne doit pas juger une société sur les valeurs qu'elle proclame. On doit à l'inverse chercher dans les conditions de vie des masses et dans les rapports de production les sources de la [[Politique|politique]] et des [[Idéologies|idéologies]].
  
Résultat principal du matérialisme historique&nbsp;: l'histoire est dans ses grandes lignes dessinée par la [[Lutte des classes|lutte des classes]]. Marx a donné de nombreux exemples d'analyses approfondies des événements politiques majeurs de son époque, et des époques antérieures.<br>
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==== La lutte des classes ====
  
=== L'analyse économique  ===
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Résultat principal du matérialisme historique&nbsp;: l'histoire est dans ses grandes lignes dessinée par la [[Lutte_des_classes|lutte des classes]]. Marx a donné de nombreux exemples d'analyses approfondies des événements politiques majeurs de son époque, et des époques antérieures.
  
Marx a consacré de nombreuses années de sa vie a étudier en détail le fonctionnement du [[Capitalisme|capitalisme]], ce qui nous permet aujourd'hui de disposer de résultats d'une précision toujours d'actualité.
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=== L'analyse économique ===
  
==== Marchandises et loi de la valeur  ====
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{{Article détaillé|Marxisme économique}}
  
Lorsque l'on s'intéresse aux [[Marchandises|marchandises]] dans le marxisme, on distingue la [[Valeur d'usage|valeur d'usage]] (l'utilité sociale) et la [[Valeur d'échange|valeur d'échange]] (le prix moyen).  
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Marx a consacré de nombreuses années de sa vie à étudier en détail le fonctionnement du [[Capitalisme|capitalisme]] (en particulier dans son oeuvre majeure, ''[[Le_Capital|Le Capital]]''), ce qui nous permet aujourd'hui de disposer de résultats d'une précision toujours d'actualité.
  
Marx a montré rigoureusement que la valeur (d'échange) des marchandises correspond au ''temps de travail socialement nécessaire'' pour la produire. C'est ce qu'il a appelé la [[Loi de la valeur|loi de la valeur]].
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==== Marchandises et loi de la valeur ====
  
==== Le fétichisme  ====
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Lorsque l'on s'intéresse aux [[Marchandises|marchandises]] dans le marxisme, on distingue la [[Valeur_d'usage|valeur d'usage]] (l'utilité sociale) et la [[Valeur_d'échange|valeur d'échange]] (le prix moyen).
  
Un point sur lequel Marx insiste beaucoup&nbsp;: les marchandises et leur prix, aussi concrets qu'ils soient, sont des constructions sociales. Leur réalité n'est pas une donnée intemporelle et immuable, mais le reflet des rapports de production actuels. Ce phénomène de [[Fétichisme|fétichisme]] est illustré de façon plus frappante par la [[Monnaie|monnaie]], la marchandise servant d'équivalent universel.  
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Marx a montré rigoureusement que la valeur (d'échange) des marchandises correspond au ''temps de travail socialement nécessaire'' pour la produire. C'est ce qu'il a appelé la [[Loi_de_la_valeur|loi de la valeur]].
  
==== La plus-value et le profit  ====
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==== Le fétichisme ====
  
En étudiant le [[Capitalisme|capitalisme]], un des premiers phénomènes que Marx a remarqué et cherché à comprendre a été l'accroissement de la richesse sociale. En effet, malgré l'[[Inégalité sociale|inégalité sociale]], la [[Paupérisation|paupérisation]] et la [[Concurrence|concurrence]] entre capitalistes, il est apparu que cet accroissement ne résultait pas, à l'échelle sociale, d'un transfert de valeur, mais de création. Plus précisément, c'est par l'[[Exploitation|exploitation]] du [[Travail|travail]] que les capitalistes dégagent une [[Plus-value|plus-value]], qui leur permet à la vente des [[Marchandises|marchandises]] de réaliser un [[Profit|profit]].  
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Un point sur lequel Marx insiste beaucoup&nbsp;: les marchandises et leur prix, aussi concrets qu'ils soient, sont des constructions sociales. Leur réalité n'est pas une donnée intemporelle et immuable, mais le reflet des rapports de production actuels. Ce phénomène de [[Fétichisme|fétichisme]] est illustré de façon plus frappante par la [[Monnaie|monnaie]], la marchandise servant d'équivalent universel.
  
==== Les crises  ====
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==== La plus-value et le profit ====
  
Mais le système [[Capitalisme|capitaliste]] a un fonctionnement tout sauf statique. De par l'accumulation même du [[Capital|capital]], il créé une [[Baisse tendancielle du taux de profit|tendance à la baisse du taux de profit]], ce qui se traduit pas des [[Crise|crises]] régulières.  
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En étudiant le [[Capitalisme|capitalisme]], un des premiers phénomènes que Marx a remarqué et cherché à comprendre a été l'accroissement de la richesse sociale. En effet, malgré l'[[Inégalité_sociale|inégalité sociale]], la [[Paupérisation|paupérisation]] et la [[Concurrence|concurrence]] entre capitalistes, il est apparu que cet accroissement ne résultait pas, à l'échelle sociale, d'un transfert de valeur, mais de création. Plus précisément, c'est par l'[[Exploitation|exploitation]] du [[Travail|travail]] que les capitalistes dégagent une [[Plus-value|plus-value]], qui leur permet à la vente des [[Marchandises|marchandises]] de réaliser un [[Profit|profit]].
  
=== Histoire et économie sont inséparables  ===
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==== Les crises ====
  
On le voit, l'économie capitaliste tout entière participe de la [[Lutte des classes|lutte des classes]], et par conséquent détermine en très large partie les [[Idéologie|idéologies]], la [[Politique|politique]], en bref l'[[Histoire|histoire]]. En retour, les choix des militants du [[Mouvement ouvrier|mouvement ouvrier]] ainsi que les expériences qui forgent la [[Conscience de classe|conscience de classe]] du [[Prolétariat|prolétariat]], et donc sa combativité, peuvent imposer des conditions d'exploitation très différentes au capitalisme, voire, dans la perspective [[Révolution socialiste|révolutionnaire]], le renversement définitif du système.  
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Mais le système [[Capitalisme|capitaliste]] a un fonctionnement tout sauf statique. De par l'accumulation même du [[Capital|capital]], il créé une [[Baisse_tendancielle_du_taux_de_profit|tendance à la baisse du taux de profit]], ce qui se traduit par des [[Crise|crises]] régulières.
  
Il est toujours utile de rappeler aux penseurs révolutionnaires que l'[[Économisme|économisme]] -croyance une autonomie totale de l'économie- est au moins aussi improductif que l'activisme indifférent à l'économie.
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=== Histoire et économie sont inséparables ===
  
== La perspective communiste<br>  ==
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On le voit, l'économie capitaliste tout entière participe de la [[Lutte_des_classes|lutte des classes]], et par conséquent détermine en très large partie les [[Idéologie|idéologies]], la [[Politique|politique]], en bref l'[[Histoire|histoire]]. En retour, les choix des militants du [[Mouvement_ouvrier|mouvement ouvrier]] ainsi que les expériences qui forgent la [[Conscience_de_classe|conscience de classe]] du [[Prolétariat|prolétariat]], et donc sa combativité, peuvent imposer des conditions d'exploitation très différentes au capitalisme, voire, dans la perspective [[Révolution_socialiste|révolutionnaire]], le renversement définitif du système.
  
Pour le socialisme scientifique, la perspective [[Communisme|communiste]] n'est pas une [[Utopie|utopie]], mais le système sur lequel le [[Capitalisme|capitalisme]] peut déboucher, et pour laquelle les progressistes d'aujourd'hui doivent donc militer.  
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Il est toujours utile de rappeler aux penseurs révolutionnaires que l'[[Économisme|économisme]] - croyance en une autonomie totale de l'économie - est au moins aussi improductif que l'activisme indifférent à l'économie.
  
=== Le capitalisme créé les conditions de son dépassement  ===
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== Le capitalisme doit être renversé ==
  
Par l'approche du [[Matérialisme historique|matérialisme historique]], Marx conclut que le capitalisme est, comme les systèmes qui l'ont précédé, voué à être remplacé par un système qui lui est supérieur.
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L'instabilité du capitalisme apparaît avec évidence tout au long de son histoire, évidence qui d'ailleurs aujourd'hui se fait sentir plus brutalement encore. Cette instabilité, illustrée notamment par les crises à répétitions, n'est pas une caractéristique ''accidentelle'', qui serait due à des mauvaises gestions. Même si les choix politico-économiques diffèrent ou changent la forme que celles-ci peuvent prendre, les [[Crise|crises]] du capitalisme sont inévitables, car fruits des contradictions internes du système.
  
==== La socialisation du travail et le sujet révolutionnaire<br>  ====
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=== Le capitalisme créé les conditions de son dépassement ===
  
La socialisation du travail qui progresse toujours plus rapidement sous mille formes diverses et qui, pendant le demi-siècle écoulé depuis la mort de Marx, s'est surtout manifestée par l'extension de la grande production, des cartels, des syndicats et des trusts capitalistes, ainsi que par l'accroissement immense des proportions et de la puissance du capital financier&nbsp;; et c'est là que réside la principale base matérielle de l'avènement inéluctable du socialisme.<br>
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Par l'approche du [[Matérialisme_historique|matérialisme historique]], Marx conclut que le capitalisme est, comme les systèmes qui l'ont précédé, voué à être remplacé par un système qui lui est supérieur.
  
Le moteur intellectuel et moral, l'agent physique de cette transformation, c'est le prolétariat éduqué par le capitalisme lui-même. La lutte du prolétariat contre la bourgeoisie, revêtant des formes diverses et de plus en plus riches de contenu, devient inévitablement une lutte politique tendant à la conquête du pouvoir politique («&nbsp;dictature du prolétariat&nbsp;»).
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Les principales contradictions que le marxisme a identifié sont&nbsp;:
  
La socialisation de la production ne peut manquer d'aboutir à la transformation des moyens de production en propriété sociale, à «&nbsp;l'expropriation des expropriateurs&nbsp;». L'augmentation énorme de la productivité du travail, la réduction de la journée de travail, la substitution du travail collectif perfectionné aux vestiges, aux ruines de la petite production primitive et disséminée, telles sont les conséquences directes de cette transformation. Le capitalisme rompt définitivement la liaison de l'agriculture avec l'industrie, mais il prépare en même temps, par son développement à un niveau supérieur, des éléments nouveaux de cette liaison&nbsp;: l'union de l'industrie avec l'agriculture sur la base d'une application consciente de la science, d'une coordination du travail collectif, d'une nouvelle répartition de la population (mettant un terme à l'isolement de la campagne, à son état d'abandon et d'inculture, de même qu'à l'agglomération contre nature d'une population énorme dans les grandes villes).  
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*[[Matérialisme_historique#Contradiction_entre_la_socialisation_des_forces_productives_et_le_caract.C3.A8re_priv.C3.A9_des_moyens_de_production|La <span class="mw-headline">contradiction entre la socialisation des forces productives et le caractère privé des moyens de production.</span>]]<br/> Le capitalisme créé une manière de travailler utilisant de plus en plus de personnes (grande production remplaçant la petite production) et rendant la société à l'échelle mondiale de plus plus interdépendante. Cette production de plus en plus socialisée est détenue par un nombre toujours plus restreint de personnes qui exploitent la majorité, d'son incapacité à satisfaire les besoins sociaux.  
  
=== Dissolution du patriarcat ===
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*[[Matérialisme_historique#Contradiction_au_sein_des_rapports_de_producton_eux-m.C3.AAme_entre_le_capital_et_le_travail|<span class="mw-headline">La contradiction au sein même des rapports de production : le conflit capital - travail</span>]].<br/> Comme toute société divisée en classes, le capitalisme voit en son sein un conflit permanent entre les exploiteurs, la bourgeoisie, et les exploités, les prolétaires.
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=== Le sujet révolutionnaire&nbsp;: la classe ouvrière ===
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Le [[Capitalisme|capitalisme]] n'a pas pour seul effet d'engendrer une organisation sociale de plus en plus irrationnelle. En détruisant toujours plus les anciens modes de production, il affaiblit les classes intermédiaires ([[Paysannerie|paysannerie]], [[Petite_bourgeoisie|petite bourgeoisie]]) et fait grossir les rangs du [[Prolétariat|prolétariat]]&nbsp;: ceux qui n'ont que la vente de leur force de travail pour vivre. De plus, ne serait-ce que pour ses besoins de production, il a besoin d'une main d'oeuvre de plus en plus formée. C'est ce qui créé une classe capable de reprendre en main collectivement la production pour la destiner à la satisfaction des besoins de tous, c'est-à-dire, capable d'accomplir la [[Révolution_socialiste|révolution socialiste]].
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== La lutte politique ==
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=== La perspective communiste ===
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Pour le socialisme scientifique, la perspective [[Communisme|communiste]] n'est pas une [[Utopie|utopie]], mais une organisation sociale concrète sur laquelle le [[Capitalisme|capitalisme]] peut déboucher, et pour laquelle tous les progressistes d'aujourd'hui devraient donc militer.
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A l'inverse du socialisme utopique, il ne s'agit pas ''d'imaginer un système qui serait le meilleur'', mais d'utiliser tous les points d'appuis dans le présent qui permettent de dépasser le capitalisme. Et il s'agit en premier lieu de s'engager dans la lutte politique.
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=== État, élections, révolution ===
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Peu de questions ont autant divisé les socialistes que celle du contenu politique de cette lutte. Et pour cause, les conditions mêmes de cette lutte ont beaucoup évolué depuis les débuts du capitalisme. Aux débuts de la [[Révolution_industrielle|Révolution industrielle]] les ouvriers étaient clairement exclus de la vie politique, et la lutte pour la [[République|république]] et la [[Démocratie|démocratie]] était celle de toute "la [[Gauche|gauche]]".
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Mais l'histoire a montré que la [[Bourgeoisie|bourgeoisie]] pouvait conserver ses intérêts dans le cadre formel d'une démocratie représentative&nbsp;: l'[[État|État]] est et reste un instrument de la classe dominante. Schématiquement, l'attitude des socialistes vis à vis de cet&nbsp;État est assez caractéristique&nbsp;:
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*Les [[Réformisme|réformistes]] de la [[Social-démocratie|social-démocratie]] entretiennent toutent sortes d'illusions vis-à-vis de l'État et des [[Élections|élections]] qu'il organise.
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*Les [[Anarchisme|anarchistes]] rejettent en bloc l'État et prônent l'[[Abstention|abstention]] aux élections.
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*Les [[Communistes_révolutionnaires|communistes révolutionnaires]] entendent organiser la classe ouvrière en lutte pour prendre le pouvoir et détruire l'État bourgeois&nbsp;: c'est la [[Dictature_du_prolétariat|dictature du prolétariat]], qui doit mener à l'abolition des classes sociales, donc à l'extinction de l'État. Les élections actuelles ne doivent être utilisées que pour se faire entendre et pour arracher toute réforme "démocratique" ou "sociale" réellement positive, en aucun cas pour gérer le capitalisme en association avec la "gauche bourgeoise".
  
Les formes supérieures du capitalisme moderne préparent une nouvelle forme de la famille, de nouvelles conditions quant à la situation de la femme et à l'éducation des nouvelles générations&nbsp;; le travail des femmes et des enfants et la dissolution de la famille patriarcale par le capitalisme prennent inévitablement, dans la société moderne, les formes les plus terribles, les plus désastreuses et les plus répugnantes.
 
<blockquote>Toutefois, «&nbsp;la grande industrie, par le rôle décisif qu'elle assigne aux femmes, aux adolescents et aux enfants des deux sexes, dans les procès de production socialement organisés en dehors de la sphère familiale, crée une nouvelle base économique sur laquelle s'élèvera une forme supérieure de la famille et des relations entre les deux sexes. Il est naturellement aussi absurde de considérer comme absolue tant la forme germano-chrétienne de la famille que les anciennes formes romaine, grecque, orientale, qui constituent, d'ailleurs, une série de développements historiques successifs. Il est également évident que la composition du personnel ouvrier, regroupant des individus de tout âge des deux sexes, constitue, dans sa forme capitaliste primitive et brutale pour laquelle l'ouvrier n'existe que pour le procès du travail et non pas ce dernier pour l'ouvrier, une source pestilentielle de corruption et d'esclavage qui doit inversement se transformer, dans des conditions adéquates, en une source de développement humain&nbsp;» (Le Capital, livre I, findu 13e chapitre). </blockquote><blockquote>
 
Le système de fabrique nous montre «&nbsp;le germe de l'éducation de l'avenir, éducation où le travail productif s'unira, pour tous les enfants au-dessus d'un certain âge, à l'instruction et à la gymnastique, et cela non seulement comme méthode destinée à accroître la production sociale, mais comme la seule et unique méthode pour produire des hommescomplets&nbsp;» (Ibidem).
 
</blockquote>
 
 
=== Internationalisme ===
 
=== Internationalisme ===
  
C'est sur la même base historique que le socialisme de Marx pose les problèmes de la nationalité et de l'Etat, non seulement pour expliquer le passé, mais aussi pour prévoir hardiment l'avenir et entreprendre une action audacieuse en vue de sa réalisation. Les nations sont un produit et une forme inévitables de l'époque bourgeoise de l'évolution des sociétés. La classe ouvrière n'aurait pu se fortifier, s'aguerrir, se former, sans «&nbsp;s'organiser dans le cadre de la nation&nbsp;», sans être «&nbsp;nationale&nbsp;» («&nbsp;quoique nullement au sens bourgeois du mot&nbsp;»). Mais le développement du capitalisme brise sans cesse les barrières nationales, détruit l'isolement national, substitue les antagonismes de classes aux antagonismes nationaux. C'est pourquoi, dans les pays capitalistes développés, il est parfaitement vrai que «&nbsp;les ouvriers n'ont pas de patrie&nbsp;» et que, tout au moins dans les pays civilisés, leur «&nbsp;action commune&nbsp;» «&nbsp;est une des premières conditions de l'émancipation du prolétariat&nbsp;»(Manifeste du Parti communiste)".  
+
Les bourgeoisies sont nées dans le cadre de leurs nations et sont appuyées sur elles pour défendre leurs intérêts. Les visées [[Impérialisme|impérialistes]] sont toujours des menaces de guerre pour l'humanité, c'est-à-dire concrètement pour les classes populaires qui les subissent le plus.
  
=== L'État ===
+
Pourtant, le capitalisme, qui tend à la [[Mondialisation|mondialisation]] depuis son origine, fait apparaître également le caractère arbitraire des frontières nationales. C'est pourquoi l'[[Internationalisme|internationalisme]] n'est pas seulement un supplément de solidarité ouvrière ou un idéal communiste, mais la condition même de la réussite d'une [[Révolution_socialiste|révolution socialiste]], autrement dit «&nbsp;une des premières conditions de l'émancipation du prolétariat&nbsp;»<ref>[[Karl Marx]], [[Friedrich Engels]], [http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm Manifeste du Parti communiste], 1847</ref>.
  
L'État, cette violence organisée, a surgi inévitablement à un certain degré d'évolution de la société lorsque celle-ci, divisée en classes inconciliables, n'aurait pu subsister sans un «&nbsp;pouvoir&nbsp;» placé prétendument au dessus de la société et séparé d'elle jusqu'à un certain point.
+
== Critiques du marxisme ==
<blockquote>Né des antagonismes de classes, l'État devient «&nbsp;l'État de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de vue économique et qui, grâce à lui, devient aussi classe politiquement dominante et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprimée. C'est ainsi que l'Etat antique était avant tout l'Etat des propriétaires d'esclaves pour mater les esclaves, comme l'Etat féodal fut l'organe de la noblesse pour mater les paysans serfs et corvéables, et comme l'Etat représentatif moderne est l'instrument de l'exploitation du travail salarié par le capital&nbsp;» (F. Engels&nbsp;: L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat, où il expose ses vues et celles de Marx). </blockquote>
 
La forme même la plus libre et la plus progressive de l'Etat bourgeois, la république démocratique, n'élimine nullement ce fait, mais en modifie seulement l'aspect (liaison du gouvernement avec la Bourse, corruption directe et indirecte des fonctionnaires et de la presse, etc.).
 
  
=== L'extinction de l'Etat ===
+
Une idée couramment répétée par les anti-marxistes serait que "le marxisme est dépassé", que ce serait une idéologie propre au 20<sup>e</sup> siècle.
  
Le socialisme, en menant à la suppression des classes, conduit par là même à la suppression de l'Etat.
+
Cela n’est pas vrai parce que le capitalisme qu’analysa Marx était, par certains aspects, moins celui qu’il avait sous les yeux que celui du siècle présent. Au cours de la seconde moitié du 20<sup>e</sup> siècle, l’économie capitaliste se réduisait à l’Europe occidentale jusqu’au Danube, à l’Amérique du nord et à quelques villes ou États au sud de l’Afrique, ainsi qu’à l’Océanie. La majeure partie du monde connu alors n’était pas capitaliste. Au sein des pays industriels l’immense majorité de la population était occupée dans l’agriculture. La classe ouvrière était donc très minoritaire. Les différences de richesse entre les pays capitalistes et les pays non capitalistes n’étaient pas très grandes.
<blockquote>«&nbsp;Le premier acte dans lequel l'Etat apparaît réellement comme représentant de toute la société, - la prise de possession des moyens de production au nom de la société, - est en même temps son dernier acte propre en tant qu'Etat. D'un domaine à l'autre, l'intervention d'un pouvoir d'Etat dans les rapports sociaux devient superflue et entre alors naturellement en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place à l'administration des choses et à la direction des opérations de production. L'Etat n'est pas , il s'éteint&nbsp;» (F. Engels&nbsp;: Anti-Dühring). «&nbsp;La société, qui réorganisera la production sur la base d'une association libre et égalitaire des producteurs reléguera toute la machine de l'Etat là où sera dorénavant sa place&nbsp;: au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze&nbsp;» (F.Engels&nbsp;: L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat). </blockquote>
 
=== Le socialisme et la petite paysannerie ===
 
  
Enfin, en ce qui concerne la position du socialisme de Marx à l'égard de la petite paysannerie, qui existera encore à l'époque où les expropriateurs seront expropriés, il importe de mentionner cette déclaration d'Engels, qui exprime la pensée de Marx&nbsp;:
+
Le courant des [[Subaltern_studies|''Subaltern studies'']] critique le marxisme en lui reprochant d'être une idéologie occidentale, inadaptée aux [[Pays_impérialistes_et_pays_dominés|peuples dominés]].
<blockquote>«&nbsp;...lorsque nous serons au pouvoir, nous ne pourrons songer à exproprier par la force les petits paysans (que ce soit avec ou sans indemnité), comme nous serons obligés de le faire pour les grands propriétaires fonciers. Notre devoir envers le petit paysan est, en premier lieu, de faire passer sa propriété et son exploitation individuelles à l'exploitation coopérative, non en l'y contraignant, mais en l'y amenant par des exemples et en mettant à sa disposition le concours de la société. Et ici les moyens ne nous manquent pas pour faire entrevoir au petit paysan des avantages qui lui sauteront aux yeux dès aujourd'hui&nbsp;» (F.Engels&nbsp;: La Question paysanne en France et en Allemagne, édit. Alexéïéva, p. 17. La traduction russe contient des erreurs. Voirl'original dans la Neue Zeit).<br></blockquote>
 
  
== Ecrits de marxistes en ligne<br>  ==
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== Quelques marxistes sur ce wiki ==
  
Le site [http://www.marxists.org/francais/index.htm Marxists.org]<br>
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{{#ask:[[Catégorie:Marxistes]] |format=category |offset=0 }}
  
== Notes et références ==
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== Ecrits de marxistes en ligne ==
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Le site [http://www.marxists.org/francais/index.htm Marxists.org]
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== Notes et références ==
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[http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1914/karlmarx/km00.htm Voir cet article de présentation du marxisme par Lénine.]
  
 
<references />
 
<references />
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[[Category:Théorie]] [[Category:Politique révolutionnaire|Politique_révolutionnaire]] [[Category:Économie]] [[Category:Histoire]]

Version actuelle datée du 31 mars 2019 à 16:44

KarlMarx.jpg

Le marxisme est le système des idées de Karl Marx , en étroite collaboration avec Friedrich Engels, et de ceux qui ont continué à faire vivre sa méthode (Rosa Luxemburg, Lénine, Trotsky...).

Marx a continué et parachevé les trois principaux courants d'idées du 19e siècle, la philosophie classique allemande, l'économie politique classique anglaise et le socialisme français. La logique et l'unité remarquables de ses idées sont des qualités reconnues même par ses adversaires, et aujourd'hui timidement et partiellement réhabilités par ceux qui se disent marxiens.

Le marxisme est la base du socialisme scientifique, qui est pour beaucoup de révolutionnaires l'acquis le plus précieux pour l'émancipation de l'humanité. Car  « la pensée marxiste n'est pas seulement pensée orientée vers l'action. Elle est théorie de l'action, réflexion sur la praxis, c'est-à-dire sur le possible et l'impossible. [...] La pensée critique n'a de sens et de portée que par l'action pratique révolutionnaire, critique en acte de l'existant. »[1]

Les fondements[modifier | modifier le wikicode]

Le marxisme utilise comme fondements le matérialisme et la dialectique, réunis dans une même théorie de l'évolution qu'est le matérialisme dialectique.

Le matérialisme[modifier | modifier le wikicode]

Le marxisme part du principe matérialiste : le monde est matériel, et l'on doit chercher à expliquer la réalité à partir de la matière. 

La dialectique[modifier | modifier le wikicode]

La dialectique est en philosophie une manière de raisonner et d'interpréter le monde qui part des contradictions apparentes et cherche à les dépasser, c'est-à-dire à faire émerger de nouvelles thèses dans lesquelles les contradictions sont résolues.

La méthode[modifier | modifier le wikicode]

La méthode de raisonnement marxiste se situe à la fois sur le plan de l'interprétation de l'histoire, et sur celle de l'analyse économique du capitalisme. Les deux approches ne sont pas dissociables, chacune fait appel à l'autre.

L'analyse de l'histoire[modifier | modifier le wikicode]

Article détaillé : Matérialisme historique.

La conception matérialiste de l'histoire[modifier | modifier le wikicode]

L'aspect directement pratique du matérialisme dialectique est la conception matérialiste de l'histoire, ou matérialisme historique. Celle-ci permet de comprendre les évolutions de l'humanité à partir des changements intervenus dans la sphère matérielle. De même que l'on ne juge pas une personne selon ce qu'elle pense d'elle-même, on ne doit pas juger une société sur les valeurs qu'elle proclame. On doit à l'inverse chercher dans les conditions de vie des masses et dans les rapports de production les sources de la politique et des idéologies.

La lutte des classes[modifier | modifier le wikicode]

Résultat principal du matérialisme historique : l'histoire est dans ses grandes lignes dessinée par la lutte des classes. Marx a donné de nombreux exemples d'analyses approfondies des événements politiques majeurs de son époque, et des époques antérieures.

L'analyse économique[modifier | modifier le wikicode]

Article détaillé : Marxisme économique.

Marx a consacré de nombreuses années de sa vie à étudier en détail le fonctionnement du capitalisme (en particulier dans son oeuvre majeure, Le Capital), ce qui nous permet aujourd'hui de disposer de résultats d'une précision toujours d'actualité.

Marchandises et loi de la valeur[modifier | modifier le wikicode]

Lorsque l'on s'intéresse aux marchandises dans le marxisme, on distingue la valeur d'usage (l'utilité sociale) et la valeur d'échange (le prix moyen).

Marx a montré rigoureusement que la valeur (d'échange) des marchandises correspond au temps de travail socialement nécessaire pour la produire. C'est ce qu'il a appelé la loi de la valeur.

Le fétichisme[modifier | modifier le wikicode]

Un point sur lequel Marx insiste beaucoup : les marchandises et leur prix, aussi concrets qu'ils soient, sont des constructions sociales. Leur réalité n'est pas une donnée intemporelle et immuable, mais le reflet des rapports de production actuels. Ce phénomène de fétichisme est illustré de façon plus frappante par la monnaie, la marchandise servant d'équivalent universel.

La plus-value et le profit[modifier | modifier le wikicode]

En étudiant le capitalisme, un des premiers phénomènes que Marx a remarqué et cherché à comprendre a été l'accroissement de la richesse sociale. En effet, malgré l'inégalité sociale, la paupérisation et la concurrence entre capitalistes, il est apparu que cet accroissement ne résultait pas, à l'échelle sociale, d'un transfert de valeur, mais de création. Plus précisément, c'est par l'exploitation du travail que les capitalistes dégagent une plus-value, qui leur permet à la vente des marchandises de réaliser un profit.

Les crises[modifier | modifier le wikicode]

Mais le système capitaliste a un fonctionnement tout sauf statique. De par l'accumulation même du capital, il créé une tendance à la baisse du taux de profit, ce qui se traduit par des crises régulières.

Histoire et économie sont inséparables[modifier | modifier le wikicode]

On le voit, l'économie capitaliste tout entière participe de la lutte des classes, et par conséquent détermine en très large partie les idéologies, la politique, en bref l'histoire. En retour, les choix des militants du mouvement ouvrier ainsi que les expériences qui forgent la conscience de classe du prolétariat, et donc sa combativité, peuvent imposer des conditions d'exploitation très différentes au capitalisme, voire, dans la perspective révolutionnaire, le renversement définitif du système.

Il est toujours utile de rappeler aux penseurs révolutionnaires que l'économisme - croyance en une autonomie totale de l'économie - est au moins aussi improductif que l'activisme indifférent à l'économie.

Le capitalisme doit être renversé[modifier | modifier le wikicode]

L'instabilité du capitalisme apparaît avec évidence tout au long de son histoire, évidence qui d'ailleurs aujourd'hui se fait sentir plus brutalement encore. Cette instabilité, illustrée notamment par les crises à répétitions, n'est pas une caractéristique accidentelle, qui serait due à des mauvaises gestions. Même si les choix politico-économiques diffèrent ou changent la forme que celles-ci peuvent prendre, les crises du capitalisme sont inévitables, car fruits des contradictions internes du système.

Le capitalisme créé les conditions de son dépassement[modifier | modifier le wikicode]

Par l'approche du matérialisme historique, Marx conclut que le capitalisme est, comme les systèmes qui l'ont précédé, voué à être remplacé par un système qui lui est supérieur.

Les principales contradictions que le marxisme a identifié sont :

Le sujet révolutionnaire : la classe ouvrière[modifier | modifier le wikicode]

Le capitalisme n'a pas pour seul effet d'engendrer une organisation sociale de plus en plus irrationnelle. En détruisant toujours plus les anciens modes de production, il affaiblit les classes intermédiaires (paysannerie, petite bourgeoisie) et fait grossir les rangs du prolétariat : ceux qui n'ont que la vente de leur force de travail pour vivre. De plus, ne serait-ce que pour ses besoins de production, il a besoin d'une main d'oeuvre de plus en plus formée. C'est ce qui créé une classe capable de reprendre en main collectivement la production pour la destiner à la satisfaction des besoins de tous, c'est-à-dire, capable d'accomplir la révolution socialiste.

La lutte politique[modifier | modifier le wikicode]

La perspective communiste[modifier | modifier le wikicode]

Pour le socialisme scientifique, la perspective communiste n'est pas une utopie, mais une organisation sociale concrète sur laquelle le capitalisme peut déboucher, et pour laquelle tous les progressistes d'aujourd'hui devraient donc militer.

A l'inverse du socialisme utopique, il ne s'agit pas d'imaginer un système qui serait le meilleur, mais d'utiliser tous les points d'appuis dans le présent qui permettent de dépasser le capitalisme. Et il s'agit en premier lieu de s'engager dans la lutte politique.

État, élections, révolution[modifier | modifier le wikicode]

Peu de questions ont autant divisé les socialistes que celle du contenu politique de cette lutte. Et pour cause, les conditions mêmes de cette lutte ont beaucoup évolué depuis les débuts du capitalisme. Aux débuts de la Révolution industrielle les ouvriers étaient clairement exclus de la vie politique, et la lutte pour la république et la démocratie était celle de toute "la gauche".

Mais l'histoire a montré que la bourgeoisie pouvait conserver ses intérêts dans le cadre formel d'une démocratie représentative : l'État est et reste un instrument de la classe dominante. Schématiquement, l'attitude des socialistes vis à vis de cet État est assez caractéristique :

  • Les réformistes de la social-démocratie entretiennent toutent sortes d'illusions vis-à-vis de l'État et des élections qu'il organise.
  • Les anarchistes rejettent en bloc l'État et prônent l'abstention aux élections.
  • Les communistes révolutionnaires entendent organiser la classe ouvrière en lutte pour prendre le pouvoir et détruire l'État bourgeois : c'est la dictature du prolétariat, qui doit mener à l'abolition des classes sociales, donc à l'extinction de l'État. Les élections actuelles ne doivent être utilisées que pour se faire entendre et pour arracher toute réforme "démocratique" ou "sociale" réellement positive, en aucun cas pour gérer le capitalisme en association avec la "gauche bourgeoise".

Internationalisme[modifier | modifier le wikicode]

Les bourgeoisies sont nées dans le cadre de leurs nations et sont appuyées sur elles pour défendre leurs intérêts. Les visées impérialistes sont toujours des menaces de guerre pour l'humanité, c'est-à-dire concrètement pour les classes populaires qui les subissent le plus.

Pourtant, le capitalisme, qui tend à la mondialisation depuis son origine, fait apparaître également le caractère arbitraire des frontières nationales. C'est pourquoi l'internationalisme n'est pas seulement un supplément de solidarité ouvrière ou un idéal communiste, mais la condition même de la réussite d'une révolution socialiste, autrement dit « une des premières conditions de l'émancipation du prolétariat »[2].

Critiques du marxisme[modifier | modifier le wikicode]

Une idée couramment répétée par les anti-marxistes serait que "le marxisme est dépassé", que ce serait une idéologie propre au 20e siècle.

Cela n’est pas vrai parce que le capitalisme qu’analysa Marx était, par certains aspects, moins celui qu’il avait sous les yeux que celui du siècle présent. Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, l’économie capitaliste se réduisait à l’Europe occidentale jusqu’au Danube, à l’Amérique du nord et à quelques villes ou États au sud de l’Afrique, ainsi qu’à l’Océanie. La majeure partie du monde connu alors n’était pas capitaliste. Au sein des pays industriels l’immense majorité de la population était occupée dans l’agriculture. La classe ouvrière était donc très minoritaire. Les différences de richesse entre les pays capitalistes et les pays non capitalistes n’étaient pas très grandes.

Le courant des Subaltern studies critique le marxisme en lui reprochant d'être une idéologie occidentale, inadaptée aux peuples dominés.

Quelques marxistes sur ce wiki[modifier | modifier le wikicode]

Ecrits de marxistes en ligne[modifier | modifier le wikicode]

Le site Marxists.org

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

Voir cet article de présentation du marxisme par Lénine.

  1. Henri Lefèbvre, Sociologie de Marx, 1974
  2. Karl Marx, Friedrich Engels, Manifeste du Parti communiste, 1847