Josef Frey : Différence entre versions

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Né le 1882 à Strakonitz (République Tchèque actuelle, à l'époque en Autriche-Hongrie) et mort le avril 1957 à Zurich (Suisse), Josef Frey était un militant social démocrate, communiste, puis oppositionnel de gauche autrichien.
 
Né le 1882 à Strakonitz (République Tchèque actuelle, à l'époque en Autriche-Hongrie) et mort le avril 1957 à Zurich (Suisse), Josef Frey était un militant social démocrate, communiste, puis oppositionnel de gauche autrichien.
  
== Biographie ==
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==Biographie==
 
Né en 1882 a Strakonitz, il vécut dès sa jeunesse à Vienne, où il devint l'un des fondateurs de l'association social-démocrate des étudiants. II fut l'ami de Friedrich Adler et d'Otto Bauer, qui lui confia un poste de rédacteur a l'ArbeiterZeitung, l'organe central du SPÖ (Parti social-démocrate d'Autriche), où il devait rester jusqu’à la guerre.
 
Né en 1882 a Strakonitz, il vécut dès sa jeunesse à Vienne, où il devint l'un des fondateurs de l'association social-démocrate des étudiants. II fut l'ami de Friedrich Adler et d'Otto Bauer, qui lui confia un poste de rédacteur a l'ArbeiterZeitung, l'organe central du SPÖ (Parti social-démocrate d'Autriche), où il devait rester jusqu’à la guerre.
  
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Pour Frey, les conseils de soldats devaient jouer le rôle de « gardiens militaires de l'évolution socialiste du pays ». Entrant dans un vif conflit avec Friedrich Adler et Otto Bauer sur le rôle des conseils ouvriers, Frey réclama la proclamation d'une république des conseils, dans lesquels il voyait les organes du pouvoir prolétarien, contrairement aux dirigeants sociaux-démocrates, qui cherchaient a les intégrer a la démocratie parlementaire. A la suite de ce conflit, il démissionna de ses fonctions le 16 août 1919, et anima l'aile d’extrême-gauche du parti social-démocrate, le « groupe de travail des sociaux-démocrates révolutionnaires ».
 
Pour Frey, les conseils de soldats devaient jouer le rôle de « gardiens militaires de l'évolution socialiste du pays ». Entrant dans un vif conflit avec Friedrich Adler et Otto Bauer sur le rôle des conseils ouvriers, Frey réclama la proclamation d'une république des conseils, dans lesquels il voyait les organes du pouvoir prolétarien, contrairement aux dirigeants sociaux-démocrates, qui cherchaient a les intégrer a la démocratie parlementaire. A la suite de ce conflit, il démissionna de ses fonctions le 16 août 1919, et anima l'aile d’extrême-gauche du parti social-démocrate, le « groupe de travail des sociaux-démocrates révolutionnaires ».
  
Très bagarreur de tempérament, Frey entra en opposition irréductible avec la direction du parti ; il combattit particulièrement
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Très bagarreur de tempérament, Frey entra en opposition irréductible avec la direction du parti ; il combattit tout particulièrement sa politique de coalition avec les partis bourgeois. Aux élections législatives d'octobre 1920, il donna le mot d'ordre de voter pour un communiste plutôt que pour un social-démocrate de droite. Ce manquement a la discipline le fit exclure de la social-démocratie, et il rejoignit le parti communiste en janvier 1921, entraînant avec lui un groupe important de ses partisans. Bon orateur, combatif, il joua bientôt un rôle de premier plan dans le parti. Au bureau politique, il fut le chef de file de la fraction de gauche, qui se heurta violemment a la fraction dirigée par Koritschoner et Tomann.
  
sa politique de coalition avec les partis bourgeois. Aux élections législatives d'octobre 1920, il donna le mot d'ordre de voter pour un communiste plutôt que pour un social-démocrate de droite. Ce manquement a la discipline le fit exclure de la social-démocratie, et il rejoignit le parti communiste en janvier 1921, entraînant avec lui un groupe important de ses partisans. Bon orateur, combatif, il joua bientôt un rôle de premier plan dans le parti. Au bureau politique, il fut le chef de file de la fraction de gauche, qui se heurta violemment a la fraction dirigée par Koritschoner et Tomann.
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Entré en relations avec Trotsky, s’étant solidarise avec l'Opposition de gauche, il fut exclu en janvier 1927 avec environ deux cents militants, et fonda avec Kurt Landau le KPÖ-Opposition, qui prit contact avec le Leninbund (Ruth Fischer, Maslow, Scholem, Urbahns) en Allemagne. Cependant, ce KPÖ-Opposition ne fut pas reconnu comme section de l'Opposition de gauche internationale, suite a la critique violente de Frey concernant le régime intérieur de celle-ci.
 
 
Entré en relations avec Trotsky, s’étant solidarise avec l'Opposition de gauche, il fut exclu en janvier 1927 avec environ deux cents militants,
 
 
 
et fonda avec Kurt Landau le KPÖ-Opposition, qui prit contact avec le Leninbund (Ruth Fischer, Maslow, Scholem, Urbahns) en Allemagne. Cependant, ce KPÖ-Opposition ne fut pas reconnu comme section de l'Opposition de gauche internationale, suite a la critique violente de Frey concernant le régime intérieur de celle-ci.
 
  
 
Apres février 1934, il fonda dans la clandestinité le « Kampfbund flir die Befreiung der Arbeiterklasse » (Ligue de combat pour l’émancipation de la classe ouvrière) d'orientation trotskyste. En 1938, après l'Anschluss, il émigra en Suisse. II mourut a Zurich le 17 mars 1957.
 
Apres février 1934, il fonda dans la clandestinité le « Kampfbund flir die Befreiung der Arbeiterklasse » (Ligue de combat pour l’émancipation de la classe ouvrière) d'orientation trotskyste. En 1938, après l'Anschluss, il émigra en Suisse. II mourut a Zurich le 17 mars 1957.
  
== Notes et Sources ==
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==Notes et Sources==
 
Cahier Léon Trotsky n°5, janvier-mars 1980
 
Cahier Léon Trotsky n°5, janvier-mars 1980
  

Version actuelle datée du 2 novembre 2019 à 20:49

Josef Frey

Né le 1882 à Strakonitz (République Tchèque actuelle, à l'époque en Autriche-Hongrie) et mort le avril 1957 à Zurich (Suisse), Josef Frey était un militant social démocrate, communiste, puis oppositionnel de gauche autrichien.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Né en 1882 a Strakonitz, il vécut dès sa jeunesse à Vienne, où il devint l'un des fondateurs de l'association social-démocrate des étudiants. II fut l'ami de Friedrich Adler et d'Otto Bauer, qui lui confia un poste de rédacteur a l'ArbeiterZeitung, l'organe central du SPÖ (Parti social-démocrate d'Autriche), où il devait rester jusqu’à la guerre.

Officier de reserve, il passa les quatre années de la guerre à étudier les problèmes militaires et politiques de la révolution prolétarienne qu'il croyait très proche. Apres l'effondrement de la monarchie, Julius Deutsch nomma Josef Frey, dès son retour du front, le 11 novembre 1918, commandant des gardes rouges a la place de Egon Erwin Kisch. II fut élu président du comité exécutif du conseil des soldats de Vienne a l’assemblée générale du 5 décembre 1918, et devint ainsi l'homme le plus puissant de l’armée populaire viennoise.

Pour Frey, les conseils de soldats devaient jouer le rôle de « gardiens militaires de l'évolution socialiste du pays ». Entrant dans un vif conflit avec Friedrich Adler et Otto Bauer sur le rôle des conseils ouvriers, Frey réclama la proclamation d'une république des conseils, dans lesquels il voyait les organes du pouvoir prolétarien, contrairement aux dirigeants sociaux-démocrates, qui cherchaient a les intégrer a la démocratie parlementaire. A la suite de ce conflit, il démissionna de ses fonctions le 16 août 1919, et anima l'aile d’extrême-gauche du parti social-démocrate, le « groupe de travail des sociaux-démocrates révolutionnaires ».

Très bagarreur de tempérament, Frey entra en opposition irréductible avec la direction du parti ; il combattit tout particulièrement sa politique de coalition avec les partis bourgeois. Aux élections législatives d'octobre 1920, il donna le mot d'ordre de voter pour un communiste plutôt que pour un social-démocrate de droite. Ce manquement a la discipline le fit exclure de la social-démocratie, et il rejoignit le parti communiste en janvier 1921, entraînant avec lui un groupe important de ses partisans. Bon orateur, combatif, il joua bientôt un rôle de premier plan dans le parti. Au bureau politique, il fut le chef de file de la fraction de gauche, qui se heurta violemment a la fraction dirigée par Koritschoner et Tomann.

Entré en relations avec Trotsky, s’étant solidarise avec l'Opposition de gauche, il fut exclu en janvier 1927 avec environ deux cents militants, et fonda avec Kurt Landau le KPÖ-Opposition, qui prit contact avec le Leninbund (Ruth Fischer, Maslow, Scholem, Urbahns) en Allemagne. Cependant, ce KPÖ-Opposition ne fut pas reconnu comme section de l'Opposition de gauche internationale, suite a la critique violente de Frey concernant le régime intérieur de celle-ci.

Apres février 1934, il fonda dans la clandestinité le « Kampfbund flir die Befreiung der Arbeiterklasse » (Ligue de combat pour l’émancipation de la classe ouvrière) d'orientation trotskyste. En 1938, après l'Anschluss, il émigra en Suisse. II mourut a Zurich le 17 mars 1957.

Notes et Sources[modifier | modifier le wikicode]

Cahier Léon Trotsky n°5, janvier-mars 1980

Notice du Maitron : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197433