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'''L'intelligence''' est une notion qui reste aujourd'hui encore floue<ref>René Baldy. L’intelligence des élèves, sa mesure et l’hétérogénéité des classes. In Dossier "Enseigner en classe hétérogène". Cahiers Pédagogique (N°454). URL : http://www.cahiers-pedagogiques.com/L-intelligence-des-eleves-sa-mesure-et-l-heterogeneite-des-classes</ref> et en débat.  
 
'''L'intelligence''' est une notion qui reste aujourd'hui encore floue<ref>René Baldy. L’intelligence des élèves, sa mesure et l’hétérogénéité des classes. In Dossier "Enseigner en classe hétérogène". Cahiers Pédagogique (N°454). URL : http://www.cahiers-pedagogiques.com/L-intelligence-des-eleves-sa-mesure-et-l-heterogeneite-des-classes</ref> et en débat.  
  
Déjà dans les années 30 :  « Nous ignorons ce qu'est l'intelligence, son essence nous échappe ; tout au plus, pouvons-nous, par l'étude des actes - dans lequel elle s'exprime, essayer d'en limiter les contours et le lui faire une place dans l'ensemble de la vie mentale. »<ref>Monnin Jeanne. V. Quelques données sur les formes d'intelligence. In: ''L'année psychologique''. 1934 vol. 35. pp. 118-146. DOI : https://doi.org/10.3406/psy.1934.5257. URL : [https://www.persee.fr/doc/psy&#x20;0003-5033&#x20;1934&#x20;num&#x20;35&#x20;1&#x20;5257 www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_1934_num_35_1_5257]</ref>
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Mais, la majorité des écoles de psychologies des années post-60, inspirée par la cybernétique et la théorie de l'information, fige radicalement la notion par un facteur unique, un quotient statistique. Ainsi, sous couvert d'outils de mesure qui se veulent rationnels tout en déifiant les faits donnés par les techniques de laboratoire, les neuro-cognitivistes occultent l'histoire de la psychologie, les origines philosophiques et [[Devenir (principe)|les stades]] de développement de l'enfant. Cette méconnaissance de l'Histoire a pour conséquence de sortir les tests de l'évaluation clinique, qui par généralisation conduisent à une sélection des individus sur des bases eugénistes, et à une éducation basée sur les comportements et les compétences définies par/pour/sur les normes de la société impérialiste imposées par les politiques néolibérales.  
 
Mais, la majorité des écoles de psychologies des années post-60, inspirée par la cybernétique et la théorie de l'information, fige radicalement la notion par un facteur unique, un quotient statistique. Ainsi, sous couvert d'outils de mesure qui se veulent rationnels tout en déifiant les faits donnés par les techniques de laboratoire, les neuro-cognitivistes occultent l'histoire de la psychologie, les origines philosophiques et [[Devenir (principe)|les stades]] de développement de l'enfant. Cette méconnaissance de l'Histoire a pour conséquence de sortir les tests de l'évaluation clinique, qui par généralisation conduisent à une sélection des individus sur des bases eugénistes, et à une éducation basée sur les comportements et les compétences définies par/pour/sur les normes de la société impérialiste imposées par les politiques néolibérales.  
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Par ailleurs, cet objet d'étude qu'est l'intelligence dans sa complexité rentre dans les domaines du savoir définis par [[Lénine|Lénine]]. En effet, selon Rolando Garcia, dans la postface de ''Les formes élémentaires de la dialectique'' (Gallimard, 1980) dirigé par [[Jean Piaget]]&nbsp;:
 
Par ailleurs, cet objet d'étude qu'est l'intelligence dans sa complexité rentre dans les domaines du savoir définis par [[Lénine|Lénine]]. En effet, selon Rolando Garcia, dans la postface de ''Les formes élémentaires de la dialectique'' (Gallimard, 1980) dirigé par [[Jean Piaget]]&nbsp;:
  
« Tout lecteur averti des ouvrages piagétiens (de la «&nbsp;construction du réel&nbsp;» à l'« équilibrage ») reconnaîtra l'identité de conception sur un point essentiel de la théorie épistémologique. Ce qui est surprenant, c'est de trouver dans [[Lénine|Lénine]] un programme de recherche qui coïncide avec celui de l'épistémologie génétique sur deux points, dont l'un (psychogenèse) est au centre de celle-ci.
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<blockquote> « Tout lecteur averti des ouvrages piagétiens (de la «&nbsp;construction du réel&nbsp;» à l'« équilibrage ») reconnaîtra l'identité de conception sur un point essentiel de la théorie épistémologique. Ce qui est surprenant, c'est de trouver dans [[Lénine|Lénine]] un programme de recherche qui coïncide avec celui de l'épistémologie génétique sur deux points, dont l'un (psychogenèse) est au centre de celle-ci.
  
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'''Concevoir la connaissance comme un processus et non comme un état; considérer les mécanismes des processus de l'histoire du savoir socialisé ainsi que dans l'histoire de l'individu en développement, voilà deux points essentiels à l'épistémologie génétique, déjà anticipés comme un chemin à suivre par l'un des leaders de l'école marxiste.''' »
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'''Concevoir la connaissance comme un processus et non comme un état; considérer les mécanismes des processus de l'histoire du savoir socialisé ainsi que dans l'histoire de l'individu en développement, voilà deux points essentiels à l'épistémologie génétique, déjà anticipés comme un chemin à suivre par l'un des leaders de l'école marxiste.''' »</blockquote>
 
   
 
   
 
L'intelligence est ainsi l'un des objets d'étude de [[Jean Piaget]] qui est avec Henri Wallon le plus grand psychologue francophone selon [[Émile Jalley]]. Dans ses premières études, l'intelligence est réduite à la cognition. Cette vision a été discuté par [[Lev Vygotski]] et [[Henri_Wallon|Henri Wallon]]. Cependant, contrairement aux néo-piagétiens et aux neuro-cognitivistes, les conceptions de [[Jean Piaget]] mettent en lumière la dialectique dans son objet d'étude.  
 
L'intelligence est ainsi l'un des objets d'étude de [[Jean Piaget]] qui est avec Henri Wallon le plus grand psychologue francophone selon [[Émile Jalley]]. Dans ses premières études, l'intelligence est réduite à la cognition. Cette vision a été discuté par [[Lev Vygotski]] et [[Henri_Wallon|Henri Wallon]]. Cependant, contrairement aux néo-piagétiens et aux neuro-cognitivistes, les conceptions de [[Jean Piaget]] mettent en lumière la dialectique dans son objet d'étude.  

Version du 4 décembre 2019 à 19:27

L'intelligence est une notion qui reste aujourd'hui encore floue[1] et en débat.

Déjà dans les années 30 :

« Nous ignorons ce qu'est l'intelligence, son essence nous échappe ; tout au plus, pouvons-nous, par l'étude des actes - dans lequel elle s'exprime, essayer d'en limiter les contours et le lui faire une place dans l'ensemble de la vie mentale. »[2]

Mais, la majorité des écoles de psychologies des années post-60, inspirée par la cybernétique et la théorie de l'information, fige radicalement la notion par un facteur unique, un quotient statistique. Ainsi, sous couvert d'outils de mesure qui se veulent rationnels tout en déifiant les faits donnés par les techniques de laboratoire, les neuro-cognitivistes occultent l'histoire de la psychologie, les origines philosophiques et les stades de développement de l'enfant. Cette méconnaissance de l'Histoire a pour conséquence de sortir les tests de l'évaluation clinique, qui par généralisation conduisent à une sélection des individus sur des bases eugénistes, et à une éducation basée sur les comportements et les compétences définies par/pour/sur les normes de la société impérialiste imposées par les politiques néolibérales.

Cette notion métaphysique techno-scientiste de l'intelligence est donc à « éclater » de la même manière que la notion de « débilité » au XX. Cependant, elle est déjà mise en miette depuis le début du XX quand bien même cette information n'est pas mis sur le devant de la scène médiatique.

Par ailleurs, cet objet d'étude qu'est l'intelligence dans sa complexité rentre dans les domaines du savoir définis par Lénine. En effet, selon Rolando Garcia, dans la postface de Les formes élémentaires de la dialectique (Gallimard, 1980) dirigé par Jean Piaget :

« Tout lecteur averti des ouvrages piagétiens (de la « construction du réel » à l'« équilibrage ») reconnaîtra l'identité de conception sur un point essentiel de la théorie épistémologique. Ce qui est surprenant, c'est de trouver dans Lénine un programme de recherche qui coïncide avec celui de l'épistémologie génétique sur deux points, dont l'un (psychogenèse) est au centre de celle-ci.

« Voilà les domaines du savoir dont doit être composée la théorie de la connaissance et la dialectique :

  • Histoire de la philosophie
  • Histoire des sciences régulières
  • Histoire du développement intellectuel de l'enfant, des animaux
  • Histoire du langage »

(Lénine, « cahiers philosophiques ».)


Concevoir la connaissance comme un processus et non comme un état; considérer les mécanismes des processus de l'histoire du savoir socialisé ainsi que dans l'histoire de l'individu en développement, voilà deux points essentiels à l'épistémologie génétique, déjà anticipés comme un chemin à suivre par l'un des leaders de l'école marxiste. »

L'intelligence est ainsi l'un des objets d'étude de Jean Piaget qui est avec Henri Wallon le plus grand psychologue francophone selon Émile Jalley. Dans ses premières études, l'intelligence est réduite à la cognition. Cette vision a été discuté par Lev Vygotski et Henri Wallon. Cependant, contrairement aux néo-piagétiens et aux neuro-cognitivistes, les conceptions de Jean Piaget mettent en lumière la dialectique dans son objet d'étude.

Cet article suit de manière spontanée la propension en spirale du développement historique de la connaissance sur l'intelligence et de sa conceptualisation au XX jusqu'à la négation de l'intelligence au XXI afin d'en faire émerger par négation de la négation une conception matérialiste et dialectique représentative et significative au réel complexe. Le complexe/la complexité n'est en rien une difficulté à appréhender.

Sommaire

1_ Généralité

=> Extrait du Cours de philosophie, tome 1, d'Armand Cuvillier (éd. de 1996 impr. de l'éd. de 1954)

[avec reformulations, remarques ou compléments]

11_ Adaptation et conscience

Adaptation et intelligence (§156)

p.241 > « ... la vie implique un rapport entre l'organisme et le milieu dans lequel il vit et, en somme, une adaptation de celle-là à celle-ci. Cette adaptation qui s'accomplit d'ailleurs par action réciproque n'implique-t-elle pas, au sein de la vie elle-même, une sorte d'intelligence vague des rapports avec le milieu ? Certains philosophes n'ont pas hésité à l'affirmer [...] comme l'écrivait Fr. Paulhan (1921).

D'autres ont parlé « d'intelligence organique ». C'est ainsi qu'on a célébré « l'intelligence » des capucins qui cherchent avec ingéniosité à orienter leurs feuilles perpendiculairement aux rayons du soleil et à fuir l'ombre qui les gêne.

Mais il y a lieu, à notre avis, de se tenir en garde contre cette emploi aventureux du mot « intelligence », lequel désigne au sens propre, un type de comportement bien défini, tandis qu'ici on en vient à identifier tout simplement l'intelligence avec la vie. [...]

[ Yves Richez (2017) parlera de « Mode opératoire Naturel » pour tout le vivant (cf chapitre 2.2). ]

p.242 > « ... il n'est pas bon de confondre [a priori] tous ses procédés d'adaptation inconnus avec notre intelligence qui ne doit être que l'un d'entre eux. ... » comme le remarque Janet. [Sinon nous tombons dans le vitalisme romantique ou le néo-vitalisme].

« L'adaptation biologique, écrit de même H. Delacroix n'est pas ipso facto intelligence. Il y a une façon correct de répondre, en vertu d'un mécanisme préalable, qui ne supporte pas l'intelligence... L'intelligence est discernement et choix... pensée de situation, solution de la difficulté, celle-ci ayant été vue, et la solution ensuite ou dans la difficulté même. » »

[ Pour Piaget dans Psychologie de l'intelligence (1947) :

« L'adaptation sont des « échanges médiats entre le sujet et les objet, s'effectuant à des distances spatio-temporelles toujours plus grandes et selon des trajets toujours plus complexes » ».[3]

Ainsi selon Émile Jalley, en  :

  • 1981 : « Piaget conçoit l'adaptation comme la recherche d'équilibre entres ces deux types inverses : actions du sujet sur l'objet (assimilation), action en retour de l'objet su sur le sujet. »[4]
  • 2007 : « Piaget envisageait l'adaptation intelligente comme consistant pour le sujet à contrôler ses échanges avec les objets, selon des trajets de distance spatio-temporelle croissante, en vue d'assimiler les aliments d'ordre matériel et/ou fonctionnel nécessaire à son conservation et à son développement »[5] ]

De la conscience à l'intelligence (§157)

p. 242 > « L'intelligence proprement dite est donc la prise  de conscience des rapports.  Or nous savons que la conscience ne prend naissance chez l'être vivant que dans des conditions bien définies : ... [Lors de] rencontre d'obstacle, d'une désadaptation. Sous cette forme..., la conscience n'est pas encore l'intelligence. Elle est d'abord sensation ou besoin (besoin ressenti) [soit] pur état interne, pure affection de l'être, rapport vécu mais pas rapport véritablement pensé [soit] prise de conscience du rapport lui-même. Sentir n'est pas penser ni connaître. [Cependant, dans un processus historique complexe], la conscience peut s'épanouir selon la loi formulée par Abel Rey et [ainsi s'ajuster et réagir habilement avec le milieu]. C'est alors que la conscience devient intelligence. »

[ Pour[6] :
  • Lev Vygostki : Si l'acte s'intériorise en activité mentale par le mot , la pensée ne naît pas dans celui-ci mais dans le langage qui la transforme en retour ;
  • Jean Piaget, l'intelligence est a priori pratique et est ancrée dans l'action (le mot). C'est l'interaction immédiat entre l'enfant et l'objet ou les personnes qui donnent la prise de conscience de soi ;
  • Henri Wallon,
    • d'après Émile Jalley, « l'émotion est la forme primitive de la conscience »[7] qui « peut-être confuse et globale mais véhémente »
    • « L’intelligence, instrument de connaissance, sort de l’action et y retourne » (De l'Acte à la Pensée). La pensée est représentative du réel. « La représentation commence par se référer non pas au général, mais au générique. Elle n'est pas une abstraction qui conviendrait à une série d'objets dépouillés de leurs caractères strictement individuels. Elle est une existence en puissance, c'est-à-dire le contraire d'une abstraction. »[8] La représentation sépare l'intelligence pratique (de situation) de l'intelligence discursive (représentative). L'activité intellectuelle n'est pas séparée de l'affectivité[9].
    • « D'orientation inverse, l'intelligence discursive et l'intelligence des situations, bien qu'opérant l'une sur le plan des représentation et des symboles, l'autre sur le plan sensori-moteur, l'une par moments successifs, l'autre par appréhension et utilisation globales des circonstances, supposent cependant toutes deux l'intuition de rapports qui ont pour terrain nécessaire l'espace. Mais de l'acte moteur à la représentation il y a eu transposition, sublimation de cette intuition qui, d'incluse dans les relations entre l'organisme et le milieu physique, est devenue schématisation mentale. Entre l'acte et la pensée l'évolution s'explique simultanément par l'opposé et par le même. » (De l'acte à la pensée, Henri Wallon, éd. Flammarion, 1942, partie Conclusion, p. 245)]


12_ Regards en spirale sur l'« intelligence »

L'intelligence animale (§158)

p.242 > « Toutefois cette évolution [de la conscience à l'intelligence] ne semble pas linéaire. L'animal, lui, comme l'a montré le naturaliste Jenning, procède le plus souvent par « essais et erreurs » [soit] : au hasard, par tâtonnements incoordonnés, profitant d'un hasard heureux comme chez les poules. Mais chez les animaux supérieurs, il n'en est plus ainsi. [Cependant, l'animal dit inférieur peut aussi bien user habilement du hasard que provoquer ce hasard comme ses oiseaux qui en jetant des pierres sur d'autres provoquent un incendie pour faire sortir leur repas vivant de sous les arbres]. ... [...] p.243 > L'animal inintelligent est esclave de l'impression isolé. L'animal intelligent saisit une situation d'ensemble, une totalité. »

L'intelligence pratique (§ 159)

a_ Engels et Gould :  La transformation potentiel du cerveau par la main (Ajout)

b_ De l'outil à la prise de conscience

p.244 > « Chez l'homme même, l'intelligence semble bien avoir été pratique (ou plutôt pragmatique) avant de devenir désintéressée. [De l'homme artisan, homofaber à l'homme pensant, homosapien]. L'intelligence, envisagée dans sa démarche originelle, dit Bergson, est une facilité fabricatrice : elle se manifeste par la fabrication de l'outil. ... [L'adaptation chez l'homme] est « offensive » (D. Roustand, car l'homme ne s'adapte plus seulement au milieu [physique] : il s'adapte le milieu en le transformant, par le travail, par la technique. Un outils n'est pas un simple instrument, c'est un instrument fabriqué ou tout au moins transformé ... à une fin déterminé ...,  en vue d'un usage général. Or, ceci suppose déjà tout un système de rapports pensés indépendamment d'une situation particulière. L'outil est ainsi sur le chemin du jugement et du concept. »

Cependant,

« ... ces fins pratiques constituent [nullement], la « démarche essentielle » (Bergson) de l'intelligence. Ce sont là, ses origines, son éveil ... . Mais l'essence d'une intelligence est d'une autre nature : elle est de saisir les rapports (c'est-à-dire l'intelligible) en vue de la connaissance désintéressée du vrai [ou plutôt du réel]. L'étape de la prise de conscience représente, ainsi que l'a monté J. Piaget, un véritable DÉCALLAGE des représentations mentales, qui sont alors transposées du plan de la simple 'action' sur le plan de la 'pensée' proprement dite, celle-ci est associée au langage :

  « Prendre conscience d'une opération, c'est la faire passer du plan de l'action sur celui du langage, c'est donc la réinventer en imagination pour pour l'exprimer en mots »[10] (Piaget).

Que ce passage [de l'action au langage] ne s'effectue pas sans difficulté, c'est ce que montre l'étude de l'intelligence chez l'enfant. » [Henri Wallon parle quant à lui d'ACTE : Cf De l'acte à la pensée.]

c_ L'intelligence enfantine (§160)

p.244 > « Comme ses perceptions, comme ses notions de l'espace et du temps, l'intelligence du tout jeune enfant est intimement liée à son ACTION : elle demeure essentiellement pratique. Autrement dit la logique de l'enfant, comme dit Piaget[10], « une logique de l'action, mais pas encore de la pensée ». »

  • André Rey

« Cette intelligence pratique a été étudié par André Rey[11] à l'aide de tests particulièrement révélateurs.

p 245 > Si par exemple l'enfant doit construire un pont au moyen de deux cubes et de planchettes, son syncrétisme égocentrique (§40) fait qu'il « se mêle » d'abord 'organiquement' à la construction, « sa main faisant en quelque sorte partie de l'édifice » (A. Rey) ... [ce stade est analogue à l' intelligence animal]. Rey distingue [a posteriori] dans l'évolution de l'intelligence de l'enfant trois étapes :

  1. le stade préinstrumental (3 à 5 ans) : l'enfant a une [attention exclusive] sur l'objet désiré et ses gestes se réduisent à la préhension [...]. Il ne sait pas organiser un système  de rapport entre lui-même, l'instrument et l'objet à attendre;
  2. le stade des substitutions quelconques : en cas d'échec l'enfant substitue un geste ou un instrument à un autre au hasard sans s'assurer que le nouveau moyen convint mieux que le précédent à la fin visée (...ce comportement n'est pas sans analogie avec le procédé des essais et des erreurs);
  3. le stade de substitutions dirigées : ce n'est que vers 7 à 8 ans que l'enfant prend enfin conscience du rapport entre le but visé et l'instrument qu'on lui fournit. En somme tout se passe,..., comme si il y avait parfois choix adapté des moyens efficaces, bien avant qu'il y ait prise de conscience de ces moyens eux-mêmes et de leur action [anticipation, théorie du détour]. »

[ Les cognitivistes comme Franck Ramus renient la notion de stade. Or, le stade en science est une notion qui émerge de la philosophie du Devenir. ]

  • Jean Piaget

p. 245 > « Les études de Piaget[10][12][13] ont montré combien difficilement l'enfant parvient à prendre conscience des rapports logiques parce que sa pensée reste sur le plan de l'action :

elle « consiste simplement en opérations manuelles mentalement imaginées et se succédant, comme les péripéties de l'actions, sans connexions nécessaires »

L'enfant est inapte à la pensée par relation, [....] il ne sait pas faire de différence entre le point de vue de la relation et le point de vue des appartenances. Il ne se rend pas compte que des notions relatives impliquent nécessairement deux termes [...]. La raison en est encore dans son égocentrisme : la perspective de l'intelligence enfantine se trouve faussé par ce que l'enfant ignorant son moi, prend son propre point de vue absolu. »

« - Ajoutons enfin son incapacité synthétique qui l'empêche de maintenir simultanément présent à son esprit les termes des relations (cf 71A) : il juxtapose ces termes sans opérer la synthèse. »

L'association des idées s.l.

a_ Préliminaire : la conscience simple et la pensée associative  (§43)

p.53 > « Au dessus de l'inconscient acquis (§42) automatisme secondaire, acquis], « nos états ou actes peuvent être faiblement conscient sans qu'il y ait encore distinction bien nette en un sujet et un objet. C'est [...] la conscience simple ou spontanée. Nos états intimes, nos sensations par ex. sont vécues, éprouvées. [...] Sous cette forme ce n'est la encore la connaissance encore moins connaissance par rapport [cf Abstraction - AZ]. [...] ce n'est pas encore une conscience de soi. [C'est] la conscience  « non oppositionnelle de soi ». États décrit comme affection pur par Maine de Biran. [Or]  on  peut rattacher à la conscience simple la pensée associative. [...] L'école associationniste (§162) avait ramenée ce phénomène de l'association des idées à toute notre vie mentale. ».

[Si l'école empiriste associationniste (VIII, XIX) fut « déchue », elle subsiste sous les formes d'une part du BEHAVIORISME et d'autre part de son opposé le COGNITIVISME inspiré de la cybernétique et de la théorie de l'information : le connexionnisme, le computationnisme...].

« Il est bien vrai cependant qu'il existe en nous un type de pensée inférieure à la pensée logique et réfléchie et dans lequel nos représentations se succèdent au hasard de liaison plus ou moins fortuite et surtout sans que nous prenions conscience de leurs rapports. Il s'en faut en effet que l'homme soit toujours « l'être raisonnable » qu'il se flatte de l'être. [...] Dans cette habitude mentale [...] il y a « une espèce de consécution qui imite la raison, mais qui doit être distinguée » (Leibniz) 

b_ Conception classique (§161)

246 > « Antérieurement à l'aperception des rapports, il existe (§43), une pensée qui 'se laisse mener' par certains rapports, voir par de simples consécutions empirique, 'sans prendre conscience de la relation elle-même'. C'est le phénomène de l'association de l'idée. [...]. 'C'est le phénomène par lequel une idée nous « fait penser » à une autre idée sans qu'il y ait nécessairement entre l'une est l'autre un rapport logique'. [ex : un lieu « nous fait » penser à une personne rencontrée ...]

Reprenant la classification d'Aristote (sur la REMÉMORISATION), les psychologues classiques distinguent trois formes d'association :

  • par contiguïté : une des représentations évoque l'autre bien que de différentes natures :
    • ex : Une voiture rouge ou une banane évoquant une personne chère.
  • par ressemblance et similarité : métaphore, allégorie, symbole ... etc :
    • cf aussi le PRINCIPE D'ANALOGIE en paléontologie et plus bas le §166 Les réactions intellectuelles élémentaires
    • Elle peut être trompeuse comme l'analogie « ailes d'oiseaux ~ ailes de chiroptères »; ou encore plus gravement  « communisme ~ nazisme » exploitée par la réaction sans en comprendre la nature sociologique des pays communistes du XX caractérisés par leur aspect communaliste (cf Alexandre Zinoviev), ni le développement historique du XX. 1914-1945, 1952-1984 sont des « crises historiques » analogue à 1618-1648, 1789-1815. Les « crises historiques » ont été mises à jour par analogie aux « crises géologiques » mettant en exergue les processus dialectiques de la nature et de l'histoire.
    • Il existe également le PRINCIPE D'HOMOLOGIE qui met en avant non pas la fonction mais le développement historique : « os de la mâchoire des amphibiens -> os de l'oreille interne des mammifères », « Société communaliste ultra-féodale (Empire Tsar, chinois) -> société communaliste moderne (URSS, Chine...) », « société féodalo-capitaliste du XIX en occident -> société impérialiste du XX dont le nazisme est le summum -> société capitalo-conservatrice du XXI »].
  • par contraste : une idée fait pensée à sa contradictoire, du moins à son opposée :
    • C'est la pseudo-dialectique ou la dialogique d'Edgar Morin.
    • Il y a une incapacité de dépassement entre les antagonistes.
    • Les dites « complémentarités » ne sont que de simples opposés en miroir. Ce ne sont pas des isomères car l'un ne peut se définir sans l'autre, sauf par degrés métriques comme : « riche >< pauvre » , « lenteur de la tortue >< vitesse du liévre », « précoce >< retardé » ... .

Limites de ses trois formes avancées par le Cours de philosophie :

p.247 > « La plupart des psychologues se sont efforcés de ramener ces trois formes d'association les unes aux autres, voire à un type unique. »

Ainsi, sur l'association :

  • par contraste :
    • Tout le monde reconnait  qu'il n' y a pas de type original.
    • Par ailleurs, « les contraires sont les extrêmes d'un même genre » (Aristote). Et il ne peut y avoir contraste qu'entre chose de mêmes espèces. Yves Richez parle d'ÉCART entre la culture humaine occidental et la culture humaine chinoise. 
    • D'autre part, les termes opposés se cristallisent comme dans « tôt ou tard », « de haut en bas », « riche ou pauvre », « du berceau à la tombe », etc ramène le contraste à la ressemblance ou à la contiguïté.
  • par ressemblance. Les psychologues le discutent comme l'ont fait les paléontologues avec l'analogie. Beaucoup admettent que la ressemblance suppose un « élément commun » formant un « maillon faisant partie de deux chaînes d'idées analogues ». Ainsi, la ressemblance ramène à la contiguïté. Or,
    • « L'élément commun n'existe pas toujours ».
    • « ... cet élément [commun] ne serait jamais identiquement le même, mais seulement semblable, de sorte que ce serait l'association par contiguïté qui supposerait l'association par ressemblance » (cf Herbert Spencer).

Si Spencer et autres se rallient à ce point 2, « en général, ..., les associationnistes (Mill, Bain, etc.) ont maintenu l'irréductibilité des deux types d'association par contiguïté et par ressemblance. ...  » (p. 247).

c_ L'associationnisme (§162)

  • Ressemblance, causalité et rapports

« ... les philosophes empiristes (§212 B) ont conçu l'esprit comme une pure réceptivité, « comme un simple registre, une garde-note, qui ne fait qu'ajouter les unes aux autre les impressions qu'il a reçues et conservées » (Brochard[14]) ».

De ce fait, « ils ont privilégié le phénomène d'association des idées, interprété par eux comme un processus purement mécanique, au point d'y ramener toutes les activités de l'esprit, même les opérations proprement intellectuelles telles que le jugement (§173 D). C'est pourquoi ces philosophes ont en général maintenu le rapport de ressemblance comme une des formes irréductibles de l'association.

p. 248 > Cependant, pour Hume le rapport de ressemblance n'est pas suffisant. Il y ajoute le rapport de causalité, car il « n'implique selon lui aucune « connexion nécessaire » mais une simple « conjonction constante » entre deux phénomènes qui créerait dans l'esprit une « habitude », une tendance à attendre l'effet dès que la case nous est donnée (§265 Cause et loi, A - notion de cause) . »

Mais, il y a dans cette conception de l'association, un cercle vicieux : «La ressemblance comme la causalité sont des rapports.

« Or un RAPPORT n'existe que 'pour un esprit et dans un esprit'. Il faut, par suite, 'que l'esprit ait déjà simultanément présents les deux termes', donc que l'association ait déjà faite, pour que le rapport puissent s'établir. »

  • Les erreurs de l'associationnisme

p. 248 > Le principal tort de l'associationnisme est ici de confondre deux plans de conscience qui ne sont pas du même niveau : l'inconscient et l'attention. En effet, l'animal est capable de pensée associative conduisant à un comportement imitant l'intelligence. Or « [...] penser la ressemblance indépendamment des semblables, voilà ce que l'animal n'a jamais fait, ce que du moins aucun exemple n'autorise à admettre » (Brochard). [La prise de conscience du rapport est le JUGEMENT. Mais, c'est tout autre chose que l'association.]

p. 249 > L'empirisme implique une conception atomiste de l'esprit. Cela réduit la vie mentale à une combinaison d'éléments mécaniquement associées : feeling chez Hume, sensations chez Condillac. Cette conception statique a été reprise par J.-S. Mill (bien que dialectique dans son domaine la logique), A. Bain et Taine (esprit = polypier d'image). Les descriptions du dynamisme du mental par W. James et par Bergson s'opposent au passivisme de l'atomisme. En rapport avec l'attraction universelle de Newton, Hume fait de l' 'association des idées' une conception purement mécanique. Il a été vivement critiqué par les psychologue de la Forme (gestaltistes) dont Köhler car le associationnistes relient des éléments d'un même moment et d'un même espace qui ne sont pas de même nature soit de même origine.

« cette interprétation mécaniste [est] liée, dans l'associationnisme, aux prémisses de la doctrine, à savoir la conception atomiste de l'esprit. Cette conception a contaminé plus ou moins la psychologie classique [et contamine au XXI la psychologie scientifique] qui [se] retrouvent faussées par cette psychologie des éléments.

[Une idée s'associant à une autre idée n'est pas aussi élémentaire de ce que propose l'associationnisme en vogue aujourd'hui dans le domaine de la psychologie neuro-cognitive. Cette dernière rejette la psychanalyse. Les chercheur réduisent l'inconscient à la conscience. Ils ont cru en finir avec l'inconscient suite aux études du neurologue Lionel Naccache en 2006 :  « L’inconscient psychanalytique serait finalement « la conscience du sujet qui interprète sa propre vie mentale inconsciente à la lumière de ses croyances conscientes »[15]». Ainsi, par des démarches purement empirique, il a conclut dans une recherche de l'inconscient de Freud dans le cerveau que l'inconscient était purement un conscient. Or, en 2017, par d'autres démarches, il a mis à jour une grande activité de l'inconscient en employant des termes de la dialectique comme nous l'entendons dans cette entrevue sur France Culture disponible sur leur page facebook : Qu'est ce que l'on sait de l'inconscient en 2017 ?. Si Naccache cherche encore à différencier son inconscient avec l'inconscient de Freud,  ces études de 2017 font qu'il y a consilience entre les neurosciences et la psychanalyse sur la question de l'inconscient. Selon Émile Jalley, il existe des recherches en psychanalyse qui cherche à réduire l'écart entre les neurosciences et la psychanalyse. A contrario, le cognitivisme par le factualisme absolu (evicence-based / démarche fondée sur les fait) cherche à se légitimer scientifiquement en interprétant les « faits » des neurosciences à la lumière de l'associationnisme et non pas du développement dialectique du réel[16].]

Les lois d'association

a _ La « loi de rédintégration » (§163) ou loi de totalisation

p. 249 >

« ... ce qui est donné, en première constatation, à l'expérience interne, ce ne sont pas des « états de conscience » isolés : sensations, images, impressions ou feelings (§37) quelconques, mais bien des ensembles psychiques. Or, ... il existe dans l'esprit une tendance spontanée à restaurer tels quels les ensembles anciens » : C'est l'activité conservatrice selon Pierre Janet.

[Cette loi de totalisation a été énoncée et formulée par W. Hamilton, S. Hogson, W. James, V. Brochard, H. Höffding, E.B. Titchener... souvent sous la forme des postulats de la psychologie atomiste et mécanique (Höffding). Cependant, elle est repensée en fonction de la psychologie des ensembles qui rappelle les lois de l'association systématique des Gestaltistes [« tout <> parties du tout »]. Mais, si les enchainements historiques des deux éléments similaires sont analogues, les processus sont encore décrits de manière mécanique et linéaire. Pour une conception dialectique, voir l'article sur l'abstraction.]

p 250 >

« Cette loi des ensembles « n'englobe pas seulement des représentions, images ou idées s.t. mais aussi des éléments psychiques de toutes espèces : affectifs, moteurs et aussi subconscients. Il se passe ici quelque chose d'analogue à ce qui nous arrive en rêve : la coloration affective fournit un thème commun à tout un ensemble de représentation. »

Or selon Stephen Jay Gould :

« Les gens parviennent à leurs conclusions au terme des chemins les plus étranges : de pures hypothèses inspirées d'un rêve se sont parfois avérées justes, alors que des conclusions obtenues avec rigueur au terme d'expériences menées de façon délibérée répétitive peuvent se révéler fausse. »
  • Un hérisson dans la tempête, Stephen Jay Gould, éd. Grasset, 1994, p. 171
Ainsi :
  1. « Nous transférons certains qualificatifs empruntés aux données d'un sens soit à un autre sens, soit à un pur sentiment ou à des qualité psychique quelconque ». Ce sont « les associations d'idées par identité de fond affectif ».
  2. « Inversement, une représentation, perception ou souvenir, peut évoquer un sentiment » : émotions, sentiments, passions.

« Les phénomènes moteurs [corporels, posturaux ou plutôt tonique selon Henri Wallon] jouent leur rôle » :

« Toutes les émotions : plaisir, joie, colère, angoisse, peur, timidité, peuvent-être ramenées à la manière dont le tonus se forme, se consomme ou se conserve. »

  • La vie mentale, Dr H. Wallon, éd. Éditions sociales, 1982, p. 209
Or,

« les émotions sont une force nouvelle d'activité qui ne saurait être confondue avec les automatismes à objectif extérieur.»

  • La vie mentale, Dr H. Wallon, éd. Éditions sociales, 1982, partie III, chap. L'émotion, forme spéciale d'activité, p. 207

Ainsi, l'association d'idée émerge jusqu'aux faits subsconscients comme « états inducteurs ».

p. 251 > Dès lors, si on sort des visions atomistes et mécanistes,

« L'association par ressemblance se ramène à l'association par contiguïté [identité partielle]. »

Cependant, cette identité est à chercher non dans l'OBJET mais dans le SUJET.

Cette identité est :

  1. une identité d'attitude motrice, posturale ou mentale.
  2. une identité de réaction du corps ou de la conscience
  3. ou « généralement les deux à a fois, en présence d'objets qui se ressemblent »

p. 252 > Pour conclure sur la loi de réintégration :

Si « nous prêtons encore moins d'attention à nos attitudes corporelles qu'à nos perceptions extérieurs », il suffit cependant que « cette attitude soit la même dans deux cas qui semblent n'avoir aucun rapport pour que l'un nous fasse penser à l'autre ».

[comme le note Armand Cuvillier, « il faut ne pas confondre ce rôle accordé aux éléments posturo-moteurs avec les essais,..., d'explication physiologique de l'association par les processus cérébraux ». Contrairement à Hartley (1705-1759) et aux neuro-cognitivistes du XXI, on ne peut expliquer toute notre vie mentale par cette mécanique cérébrale. De ce fait, contrairement à ce que dit W. James, les lois NE sont PAS ici des lois cérébrales.]  

« De même, dans les associations « par identité de fond affectif », c'est l'attitude de conscience, commandée par la tonalité affective, qui constitue l'élément commun.

[Un ciel bleu fait penser au regard cyan et attachante de l'être aimé, et un orage à son regard noir et tragique. Ainsi, l'association d'idée ne se réduit pas à la cognition comme pourrait le sous-entendre les premiers travaux de Jean Piaget sur l'intelligence qui influence encore comme tel la psychologie cognitive, l'affectivité joue un rôle déterminant dans la vie mentale comme le montre Lev Vygotski et Henri Wallon.]

b_ La « loi d'intérêt » (§164)

Cf aussi

Article détaillé : Méthode globale.
  • Conscience orientée

p > 253 « ... L'automatisme de l'activité conservatrice est le plus souvent corrigé par une fonction de sélection que nous avons déjà trouvé à l'œuvre dans l'attention spontanée (§49A) sous la forme de loi d'intérêt. ... Selon le [gestaltisme], l'association ne s'établit pas entre des éléments quelconques : elle n'unit que les membres rée d'une structure. Ce qui éveille dans notre esprit à un moment donné, ce n'est pas la totalité de l'expérience passée, mais ce qui correspond à telle ou telle structure, dont certains éléments sont actuellement donnés. La conscience en effet est toujours plus ou moins orientée : ce sont les images, idées sentiments, etc., qui sont en harmonie avec cette orientation actuelle de la conscience que l'association fera vivre. »

La loi d'intérêts peut a priori s'énoncer ainsi :

« Parmi tous les états de consciences qu'un état présent peut évoquer associativement, ceux qui le seront de préférence sont ceux qui s'harmoniseront avec ce qui nous intéresse actuellement »

  • Affectivité déterminante

p > 253 « ... Les états affectives [...] confèrent souvent aux structures mentales leur tonalité propre : le cours de nos idées n'est pas la même dans la joie et la tristesse, quand nous sommes dispos ou fatigués, etc., et même une idées peut évoquer des associations toutes différentes selon cette orientation affective de la conscience. »

Contrairement à la croyance associationniste, l'association des idées :

  1. ne restaure pas seulement les « soudures » d'idée ancienne. Une idée en éveille parfois d'autres avec lesquelles elle n'avait jamais été liée. Ce qui génère des idées inédites. [ex : société communaliste du peuple imaginaire des Fremen (Dune de Franck Herbert) <> société communaliste des pays communistes du XX (Alexandre Zinoviev)];
  2. ne se manifeste pas comme une sorte de mécanique de l'esprit. Elle émerge comme une forme féconde de la spontanéité mentale en rapport avec
    1. la sélectivité de la conscience [ex : crise financière de 2008  <> découverte de Karl Marx] ;
    2. le rappel, même volontaire, du souvenir;
    3. l'inventivité dont « l'invention même sous sa forme intuitive est une des formes de l'intelligence [pratique] » par « anticipation » de l' [intelligence discursive et confuse] (p.219, §145)

p. 254 > Donc,

« ... la spontanéité mentale doit être contrôlée par la pensée réfléchie »

L'intelligence confuse vers le dépassement de l'association d'idée

a_ intelligence virtuelle dans l'association et état pathologique (§165)

p. 254 > Dans l'association se manifeste une « intelligence virtuelle » mais confuse et tâtonnante où les rapports ne sont pas clairement et préalablement dissociés et définis. On pressent les rapports sans les penser, ni les réfléchir. « Il se produit alors quelque chose d'analogue à ce que l'on observe chez certains malades ou à ce qui nous arrive à tous en rêve. » C'est une confusion mentale.

b_ Confusions mentales (§165)

p. 255 > Henri Wallon ou la confusion syncrétique :

On remarque chez l'enfant[17],

  • des contaminations de mots ou de pensées qui font que les éléments des processus intellectuels « s'embrouillent les uns dans les autres » :
    • Contaminations de mots par suites de simples altérations ou assonance, comme entre vent et vivant,
    • Contaminations d'idées par ex. en amalgamant lu subjectif et l'objectif.
  • des digressions où ces éléments « s'éparpillent et mettent l'acte intellectuel en lambeau » [agriculture (sujet) -> beau temps (digression) -> promenade (digression de la digresion]

 « Cette difficulté à saisir les rapports » est observable chez l'adulte à l'état normal suite à une « incapacité synthétique ».

p. 255 > Levy-Bruhl ou la mentalité primitive :

Dans les sociétés primitives, il arrive qu'un rapport entre « faits simultanées ou consécutifs » s'établisse spontanément, en apparence par simple contiguïté ou structure magique de la mentalité. Comme les indigènes Loango, cités par Lévy-Bruhl qui mettent en rapport les robes des missionnaires et la sécheresse persistante.

Les préjugés courants, les discriminations et les calomnies reposent sur ce même pocressus mental de faits et de rapports mal identifiés suite à de/des

  • Simples coïncidences spatio-temporelles ;
  • analogies grossières ou idéologiques ;
  • « contaminations » ;

p. 256 > « L'esprit humain s'est affranchi que bien lentement de telles « préliaisons » comme dit Lévy-Brhul à propos de la « mentalité primitive », et sans doute [voir même certainement] est-il loin d'en être totalement libéré. »

c_ Les « réactions intellectuelles élémentaires » (§166)

p.256 > « Ces rapports confusément aperçus sont cependant à la base de beaucoup de processus mentaux. »

[A]. p.256 > « André Cresson[18] (1869-1950) a décrit, sous le nom de « réactions intellectuelles élémentaires », le rôle de qu'il appelle, « le raisonnement analogique inconscient » dans la perception, dans la connaissance, dans l'invention :

 

« Nous ne percevons le monde extérieur que parce que, à l'occasion de certaines données sensorielles et grâce à certaines associations, tout se passe, dans notre esprit, comme s'il procédait, à chaque seconde du jour, à des raisonnements analogiques qui échappe à notre attention. - Nous ne nous représentons que d'autres êtres ont des états de consciences comme nous et nous ne croyons comprendre leurs idées et leurs sentiments que parce que notre esprit travaille, sans cesse, d'après certains signes et indices extérieurs, comme s'il exécutait des raisonnements analogiques, que nous remarquons pas d'avantage. - Enfin, d'une manière général, si notre imagination ne fabrique pas toutes les idées qu'elle crée à l'aide du seul raisonnement analogique, c'est en s'aidant de lui qu'elle produit la plupart d'entre elle. »

Ainsi, « de tels raisonnement inconscients » dépassent déjà de beaucoup, selon Cresson, la simple association des idées, en ce sens qu'ils créent une attente ».

Si je rencontre une amie dans ce lieu lorsque je repasserais dans ce lieu, « l'image de mon amie renaît en moi ». Mais, je n'attends pas à la rencontrer. « Il y a ici évocation d'images selon les lois d'association, mais il n'y a aucune attente, aucun embryon de raisonnement par analogie. » Or, que pour l'attente se produise, il faut que « j'ai remarqué par un acte intellectuel la similitude des circonstances dans lesquelles je me trouve aujourd'hui avec celle dans lesquelles je me trouvais auparavant... Il faut que je réagisse mentalement comme si j'admettais ce principe des plus douteux : dans des circonstances analogues, des événements analogues se produisent » (Cresson).

Si après avoir rencontrer mon amie et que je sais qu'elle passe tous les jours à cette heure et dans ce lieu et si je repasse dans ce même lieu et à la même heure, « je pourrais m'attendre à la rencontrer, mais ce jour-là elle aura pris peut-être le métro ! ».

[B]. p. 256 > M. Dorolle[19] a mis en lumière, lui aussi, le rôle de la pensée par analogie, notamment dans « la pensée qui se cherche ». Cela va donc plus loi que l'analogie par simples ressemblances (cf plus haut le §161) et qui conduit à une appréciation et appréhension erronée.

[C]. p. 257 > « Il importe cependant de remarquer que l'aperception des rapports peut s'effectuer sur des plans de conscience (chap. III : Les niveaux de conscience : l'inconscient et l'attention), à des niveaux de pensée très différents, qui vont depuis l'obnubilation proche de la confusion mentale jusqu'à la prise de conscience claire et distincte. »

Par exemple :

  • Dans la perception (§86) « il y a souvent une sorte de « jugement naturel » comme disait Malebranche, mais qui dans certains cas, peut devenir bel et bien un jugement explicite.
  • L'invention (§145) « ne s'achève que par la prise de conscience des analogies ou rapports d'abord vaguement entrevus.

L'intelligence logique  (§167) :

a_ Logiques

Selon l' Atlas de Philosophie (Livre de Poche, 2002):

« La logique. c'est la doctrine de la pensée cohérente et ordonnée.

  • La logique formelle classique se répartit en logique élémentaire (concept, jugement, raisonnement) et méthodologie (procédés de recherche et de preuve)
  • La logique moderne tend à une formalisation maximale et à la mathématisation. Elle travaille à l'aide du calcul logique, compris comme un système de signe (symbole) muni de règles opératoires. On a aussi constitué des systèmes à plusieurs valeurs, dans lesquels des énoncés peuvent recevoir plus que les valeurs de vérité « vrai/faux ».

Nous pouvons aussi ajouter la Logique complexe (Complex logic) d'Alexandre Zinoviev, qui englobe « comme objet d'étude les problèmes de logique, de gnoséologie, d'ontologie, de méthodologie, et de dialectique ainsi que d'autres matière qui touchent aux problèmes généraux du langage et de la connaissance. » [20]

p 257 > « C'est seulement au niveau de cette prise de conscience que l'on peut parler d' intelligence proprement dite. »

b_ comprendre => jugement

« Être intelligent, c'est d'abord comprendre; et comprendre qu'est qu'une chose que prendre conscience de certains rapports ? »

Ex : « Pour comprendre » une démonstration mathématique, il y a à saisir le LIEN logique, le RAPPORT rationnel qui unit les différente articulation du raisonnement. Si on ne le saisit pas, on ne « comprend » pas.

« Or, la faculté qui nous permet de prendre conscience des rapports, restés jusqu'ici, dans les opérations précédemment étudiées, à l'état implicite ou même confus, n'est autre que le jugement. »

[On ne comprendra pas ici le terme jugement comme résultat ou produit de la faculté de juger (proposition du logicien), ni comme une estimation ou appréciation (jugement de valeur/moral), ni comme aptitude à bien juger. On le comprendra d'un point de vue psychologique comme fonction mentale avec

  • son contenu : syncrétisme primitif (analytique) -> égocentrisme (moi) -> objectif (il) -> activité synthétique
  • ses assertions (négation et affirmation) :
    • croyance spontanée => consciente et réfléchie; effort et critique
    • croyance acquise par les facteurs psycho-sociaux => représentations complexes, affectivités et activités, volutifs (habitude, attention), certitude = état de synthèse mentale.

p. 274 : « Le jugement nous apparaît ainsi comme l' opération fondamentale de l'intelligence, de la pensée réfléchie, et c'est en ce sens qu'on peut dire avec Kant : « Penser, c'est juger. » » (§179)

[et inversement « Juger c'est penser ». Juger est ainsi évaluer les choses soit mettre en lumière les écarts entre deux états de développement de l'objet (évaluation) et/ou entre l'objet (concret réel) et le sujet (concret abstrait) (jugement logique).

Selon le logicien Alexandre Zinoviev

Les nouvelles connaissances des objets d'étude ne viennent pas de l'observation, ni de l'expérimentation (comme cela se passe au niveau empirique), mais des jugements logiques dans le cadre d'une théorie donnée ou nouvellement développée (c'est-à-dire, de groupes spéciaux de concepts et de rapports unis par des règles de la logique[21]) ]

c_ découvrir => invention

[Henri Wallon :

«  Un inventeur n'est pas celui qui part de zéro et qui apporte au monde une révélation définitive. Si une invention véritable n'est pas une simple bulle de savon qui crève sans laisser de trace, c'est qu'elle condense une masse d'expérience antérieures et qu'elle les organise en une formule qui va pouvoir être systématiquement et rigoureusement comparée avec les faits. Une invention ouvre le débat bien plus qu'elle ne le conclu et c'est dans cette mesure-là surtout qu'elle est féconde. » [22]

]

2_ Vers l'abolition de l'« intelligence »

21_ Josiane ou la rupture intellectuelle

Extrait du discours de René Zazzo au congrès du Québec en novembre 1980[23]

p. 79 >

« Il est probable que l'histoire de la petite Josiane fut pour moi un des chocs, et le plus extraordinaire, qui ont remis en cause la notion de débilité [ainsi que celle d'intelligence].

C'était en 1945 ou 1946. Josiane était une petite fille de 12 ans qui avait passé toute sa vie d'écolière dans une classe de perfectionnement. Pour tous ses maîtres, et pour ses parents, pour son entourage, elle était une débile incontestablement. Incontestablement, elle ne savait ni lire ni écrie, à l'âge de 12 ans.

Selon mon habitude, nous lui avons fait passer le test de Binet-Simon pour évaluer avec précision son niveau de développement mental. Or cette petite débile de 12 ans a atteint à ce test un niveau mental de 14 ans. Soit 'grosso modo' un QI de 120.

p. 80>

Tout au long de ma carrière, je n'ai jamais rencontré un tel phénomène. Mais un cas, et un seul, que je voyais de mes propres yeux, suffisait à remettre en question une foule de notion, à me bombarder d'une rafale de questions.

[C'est comme le petit quartz anguleux qui n'apparaît seulement que dans une unique lame mince parmi des milliers de lames observées et quantifiées, issues du même bassin. cf Abstraction]

Comment, avec une telle intelligence, Josiane n'était-elle pas parvenue à lire. Et qu'est-ce que l'intelligence en fin de compte ? Est-ce mon test qui avait raison ou les parents ? Et qu'est-ce que cela veut dire : être débile [et être intelligent] ? Peut-on être débile avec un Q.I. de 120 ?

[Dans les années 20, les enfants incapables d'apprendre à lire ont été classés parmi les « imbéciles ». En effet « Binet et Simon[24] prennent comme critèriume de l'imbécilité l'incapacité d'apprendre à lire »[25] . « idiot » « imbécile » et « débile » sont des termes devenus caduques aujourd'hui par la diversification des troubles affectifs et cognitifs. Leur propre signification est complexe en psychologie et psychiatrie[26].

Si Josiane est qualifiée d'« Imbécile » par son incapacité à lire et écrire dans les années 20, elle est aujourd'hui d'« Intelligence supérieure à la moyenne » (111-120) à un point de « doué » (121-130) selon la quantification a priori du test du QI. On y voit là un problème de catégorie et donc de méthodologie conduisant à ces erreurs catégorielles.]

Avant de vous donner réponse à ces questions, je voudrais rester encore quelques instants avec Josiane. J'ai essayé de comprendre la nature de l'obstacle qui l'empêchait de lire et j'ai trouvé

  • qu'elle était incapable d'organiser des sériations (mettre en série des couleurs, des bâtonnets de longueurs différentes) malgré des capacités logiques excellentes,
  • qu'elle était incapable d'organiser (haut-bas, droite-gauche) la surface d'une feuille de papier.

[Dans Détection et des talents en entreprise (ISTE, 2017), Yves Richez fait remarquer que les personnes opérants essentiellement sur un « mode opératoire naturel logico-mathématique » ont des difficultés à émuler l'espace. Ils ont par exemple du mal à lire une carte heuristique, préférant les listes abstraites. Josiane semble avoir un problème de reconnaissance dans l'espace. Ainsi, nous pouvons avancer à la lumière de Josiane que :

  • Le test QI permet essentiellement de mettre en valeur le degré opératoire du mode logico-mathématique « abstraction <> général », surtout son aspect abstrait.
  •  Il n'y a pas de rapport entre le résultat du QI et la capacité à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.
  •  le premier mode opératoire déterminant à la lecture n'est pas l'aspect phonétique du MoON linguistique mais plutôt la composante émulation du MoON spatiale. Ce qui se consilie à la méthode globale en pédagogie qui s'appuie sur la perception syncrétique de l'enfant.

=> Ce qui permet de comprendre le cas d'Helen Keller, mais aussi pour satisfaire les prosélytes du principe de reproductibilité, les cas de Laura Bridgman et Marie Heurtin, toutes trois muettes, sourdes et aveugles. En lecture, d'un point de vue linguistique, c'est plutôt l'aspect figuratif qui domine sur l'aspect phonétique. L'information (le code) et son orthographe ne passent non pas a priori par la phonétique ou par la conscience phonologique mais par le MoON musical « rythmique <> tonique » et plus précisément l'aspect rythmique (ex : le procédé du code morse). Le phonème semble être un élément musical plutôt que linguistique. Une défaillance ou un dégrè faible de ces composantes (émulation, figuratif, rythmique, général) clés à l'apprentissage de la lecture génère des formes spécifiques de dyslexie. La méthode globale de Decroly permet de détourner les dyslexies conduisant ainsi à ne pas diagnostiquer les défaillances car elle actualise les composantes clés de l'apprentissage de la lecture. Les dyslexies sont mises par contre à jour par les techniques syllabiques (phonétique, abstrait). Or, cette apprentissage par le béabas génère des troubles et intensifie la défaillance perceptive-motrice pourtant contournée par la méthode globale. La substitution de la méthode globale par la technique syllabique conduit à voir paradoxalement dans les classes pratiquant des méthodes globales quelconques plus de dys que dans les classes appliquant, sans changement, les techniques phonologiques. Le rejet de la méthode globale a pour origine cette confusion entre la recherche de diagnostique par des tests et l'apprentissage pédagogique .]

[Pour revenir à Josiane], c'était là un cas très pur et très particulier de dyslexie. La dyslexie avait créée l'illusion de débilité.

Les petites épreuves que nous avons imaginées avec J. de Ajuriaguerera pour analyser son déficit, je les ai utilisées ensuite comme moyens d'éducation, comme exerciseurs. Entraînement systématique de sériations de plus en plus difficile, exercices pour l'organisation spatiale de la feuille de papier.

Le cas de Josiane fut à l'origine de tout un travail d'équipe qui devait aboutir en 1951 à un numéro spécial de la revue Enfance[27] et surtout au Manuel pour l'examen psychologique de l'enfant (1960).

Un an plus tard, elle avait sauté l'obstacle, elle savait lire couramment... et en moins de deux ans elle a rattrappé son retard scolaire.

Nous l'avons aidée à résoudre ses problèmes. Ce n'est pas pour autant que nous avions réglé les nôtres. Mais c'est elle qui nous a forcés à les poser.

Histoire banale dans les va-et-vient de la recherche et surtout à l'hôpital : un cas singulier nous propulse dans une recherche fondamentale de longue haleine et, si la recherche aboutit, elle fait retour par ses applications à des cas singuliers.

p. 81 >

Ce qu'il y a d'original, de paradoxal dans le cas de Josiane, cest q'un enfant non débile nous ait embarqués vers une recherche sur la débilité. Et cette recherche a duré plus de dix ans et elle a mobilisé à temps partiel une dizaine de chercheurs. Je vous ferez grâce à tous les incidents de parcours.

Je vous dirai seulement nos conclusions majeurs :

  • La notion de débilité a littéralement éclaté.
  • Et dans le même temps la notion d'intelligence elle-même a perdu pour moi son apparente simplicité. Je ne parle plus de L'INTELLIGENCE, mais au pluriel, d'INTELLIGENCES.

La notion de débilité a éclaté, et c'est un bel exemple de combats avec les mots » ... « [dont] l'illusion des mots [est] renforcé par la caution d'un chiffre. » (p.82)

De l'éclatement de l'intelligence au dépassement des intelligences

Le cas unique de Josiane fait éclater la notion d'intelligence perçue comme « une et indivisible » et comme pure raison par des généticiens, les cybernéticiens et les neuro-cognitivistes. Cependant dès 1930 dans Principes de Psychologie appliquées Henri Wallon l'avait déjà atomisée. En effet selon Wallon d'après la formule d'Émile Jalley : « on ne saurait distinguer l'intelligence de ses opérations ».

Mais les préjugés sont tenaces. Si tout le monde est d'accord pour dire qu'il fallait « éclater » la notion de débilité, il est encore difficile d' « éclater » la notion d'intelligence et ses catégories de type « débile » comme « haut-potentiel ». D'autant plus qu'il existe de nombreuses associations de parents soutenues par les cognitivistes qui soutiennent cette croyance de « surdouance »[28] du même ordre que l'« imbécilité ».

Même avec la théorie pragmatique des intelligences multiples d'Howard Gardner (1983-1993), le combat est difficile parce que celle-ci reste dans le même cadre que l'empirisme de Stuart Ritchie[29].

Or, pour sortir de ce cercle vicieux, il faut aller regarder non du côté des neurosciences, non de la psychologie cognitive, non de la cybernétique (I.A.) mais du côté du sémiologue et anthropologue Yves Richez. Pour les pseudo-sceptiques, il faut se rappeller qu'Alfred Wegener, père de la théorie sur la dérive des continents n'est pas géologue mais astronome et météorologue. Si Yves Richez n'opère apriori pas de manière pragmatique et classificatoire, il opère selon l'aspect corrélatif du mode scientifique et appréhensif du mode naturaliste entre autres. On se retrouve chez Richez comme chez Wegener dans un cadre transdisciplinaire.

Comme « Merton[30] dépasse l'empirisme de Lazarsfeld et le théoricisme de Parsons »[31], Richez dépasse l'empirisme de Ritchie et le théoricisme de Gardner.

théoricisme et empirisme sont « deux thèses ennemies qui [...] se posent comme vraies (c'est l'antinomie kantienne), [Merton] ne les considére pas tous les deux comme vraies, mais comme des points de vue relatif qu'il subordonne à son propre cadre de vérité nouveau (c'est le dépassement hégélien).[31]

La théorie C.U.P. (configuration, utilité, potentialisation) de Richez que je nomme Théorie SUR le talent, l'émergence et l'actualisation des potentiels (et non théorie DU...) se consilie avec le cadre théorique de la psychologie complexe (psychologie génétique, psychologie du développement) de Wallon, Vygotski, Piaget et autres anciens modernes déniés par les chercheurs contemporains fondamentalement conservateurs dont ceux se proclamant de la raison pure.]

22_ La théorie C.U.P. ou la négation de l'intelligence (2017)

Propédeutique

a_ Origine philosophique

a1_ La sémiologie : le signifiant et le signifié

Le vocabulaire d'Yves Richez utilisé dans ses articles est emprunté à la sémiologie. Or, la base philosophique de la sémiologie est le structuralisme (Ferdinand de Saussure) et le post-structuralisme qui se pose chez Derrida comme une anti-thèse à la thèse saussurienne[32].

Pour le structuraliste Ferdinand de Saussure : la sémiologie est « la science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale »[33].

Le pragmatiste Charles Sanders Peirce use du synonyme sémiotique qu'il définit comme « la théorie quasi nécessaire ou formelle des signes ».

Le structuralisme se réduira ainsi à la sémiologie, sciences du signe et des systèmes de signe (Roland Barthe).

« La langue est selon Ferdinand de Saussure un système de signes en relation les un avec les autres, qui n'existe de façon complète qu'au sein de la communauté des interlocuteurs, et qui structure, en tant que donnée sociale (souvent inconsciente), la parole individuelle concrète. La signification des unités linguistiques n'est pas fixés individuellement, mais déterminée à partir du système de référence. La fonction de la langue est d'organisée la masse amorphe de la relation purement conventionnelle entre le signifiant (la forme sonore) et le signifié (le concept) »[34].

On peut ajouter avec Henri Wallon que :

« Le rapport du signifiant [le signal] à signifié [la signification] ne peut être la simple résultant automatique de l'activité pratique. Elle ne peut sortir par voie de complication et d'unification progressive de simples combinaisons entre schèmes sensori-moteur. Elle ne peut pas non plus succéder par filiation directe aux réactions immédiates que suscite le milieu. Si ingénieuses ou complexes soient-elles, un seuil les sépare de la pensée qui procède par représentations et symboliques. »[35]

a2_La structure

La méthode des structuralistes est basée sur la notion de structure qui se rapproche du gestaltisme (psychologie de la forme, globalisme).

« la notion de structure désigne un ensemble d'éléments qui entretiennent des relations indépendance les uns avec les autres. L'interaction de ces élément va dans le sens d'une complexité croissante, jusqu'à produire un système. En ce sens, la structure signifie à la fois : ce qui organise des éléments entre eux et ce qui permet de produire leur évolution et leur accomplissement. »[34]

D'un point de vue anthropologique :

« Claude Lévi-Strauss (1908) déplace la méthode structurale vers l'ethnologie pour étudier des 'systèmes de signes et de classification' des peuples primitifs. Il part de l'idée que toute institution, coutume ou myhte repose sur une structure inconsciente qu'il s'agit de repérer, car en elle se révèle la forme de l'activité de l'esprit humain en général. L'analyse structurale montre ainsi que la « pensée sauvage » des peuples primitifs est capables d'abstraction et de pensée logique, et qu'elle s'intéresse à une connaissance non directement utile. Elle tend donc vers un ordre logique des données naturelles et sociales qui suit de près les conditions de vie concrètes et se sert par conséquent de qualité empirique. C'est de cette façon que Lévi-Strauss définit, par exemple, le totémique comme un système verbal de classification qui différencie et ordonne les rapports sociaux par analogie avec la diversité naturelle des espèces végétales et animales. L'indigène construit une vue cohérente du monde en élaborant une grille linguistique structurée entre lui et la réalité empirique.

« Toute culture peut être considérée comme un ensemble de système symbolique [...], qui visent à exprimer certains aspects de la vie psychique et de la réalité sociale, et, plus encore, des relation que ces deux types de réalités entretiennent entre eux » »[34]

Mais, selon Jean Piaget

«  ... dans la mesure où l'on s'attache à la structure en dévalorisant la genèse, l'histoire et la fonction, quand ce n'est pas l'activité même du sujet, il va de soi que l'on rentre en conflit avec la tendances centrales de la pensée dialectique. Il est donc naturel, et fort instructif pour nous de voir Lévi-Strauss consacrer presque tout le dernier chapitre de 'La pensée sauvage' à une discussion de la 'Critique de la raison dialectique' de J.-P. Sartre ; un examen de ce débat nous paraît d'autant plus indiqué ici que l'un et l'autre de ses protagonistes nous semblent avoir publié ce fait fondamental que sur le terrain des sciences elles-mêmes le structuralisme a toujours été solidaire d'un constructivisme auquel on ne saurait refuser le caractère dialectique avec ses signes distinctifs de développements historiques, d'opposition des contraires et de "dépassements", sans parler de l'idée de totalité commune aux tendances dialectiques autant que structuralistes. » [36]

b_ Le post-structuralisme

Le structuralisme inspirera dans les années 50 et 60 de nombreux domaines comme la psychanalyse de Jacques Lacan, l'anthropologie de Lévi-Strauss. Les faits psychanalytiques et anthropologiques sont considérés comme des faits de langage. Il influencera divers philosophes français : Michel Foucault, Gille Deleuze, Jacques Derrida, Louis Althusser, Michel Serre ... . Malgré les divergences des auteurs, l'ensemble de ses philosophes est regroupé sous le terme monolithique de « French theory » aux USA. Elle inspirera de nombreux militants et scientifiques d'école culturaliste. Elle constitue la base idéologique du post-modernisme.

En pratique, le structuralisme est une dé-psychologisation des concepts « métaphysiques » et un rejet du « Je » (Sujet) qui est vu comme « Égo » (ontologie). Son enjeu est de déconstruire principalement le rationalisme (vu comme sans fond réel bien que vrai; et comme origine de la rationalisation - taylorienne - et du scientisme) :

  • l'« Idée » (le modèle vu comme un plan figé pour tout temps et tout lieu) et la « cité idéale » du platonisme (et par extension l'Utopisme ou l'Humanisme de Thomas More et Montaigne),
  • la « logique » et la « métaphysique » (forme, essence) des aristotéliciens
  • la « raison » (la méthode vu comme technique apriori) des cartésiens,
  • et aussi la « phénoménologie » et l'« intersubjectivité » d'Huserll,
  • la « philosophie de l'existence » (Karl Jasper, Albert Camus, Gabriel Marcel, Jean-Paul Sartre).

Le post-structuraliste met en contradiction la pensée et le langage.

Ainsi,

Le post-structuralisme « s'illustre par les propos provocants de Heidegger : ce n'est pas l'homme qui parle le langage, mais bien le langage qui parle l'homme (1962). Pose autrement, le poststructuralisme repose sur la prémisse que le langage nous précède et nous constitue tant ontologiquement que culturellement. Le sujet ne saurait être maître et possesseur de son langage ou de son devenir, car il est toujours déjà intégré dans un tissu de significations et d'interrelations qui lui préexistent et évoluent par-delà son existence, et dont il ne peut être entièrement conscient puisqu'il y est « jeté » une fois qu'elles sont déjà formées. Parce que nous baignons dans le langage par lequel nous sommes structurés, il est difficile d'identifier les effets de limitation ou de domination que le langage provoque, ce qu'il empêche de penser ou faire, ce qu'il exclut de son ordre. »[37]

C'est ce qu' Alexandre Zinoviev nomme en fait « idéologie ».

Par leur langue syllabaire et abstraite, selon une vision anti-dialectique, les écoles de pensées rationalistes ont tendance à figer (être immobile) et séparer les choses (culture vs nature ...) en excluant la diversité (pluralité) au profit de la « différence » (comme Altérité) pour les uns et de l' « identité » (comme Égo) pour les autres. Dans le langage courant, la différence en est devenue identité et vice-versa sans distinction. Il y a au cours de l'histoire (con)fusion des termes antagonistes en UN sur lesquelles vont s'appuyer les pouvoirs. L' « Être » est ainsi un absolu, unique, au centre de tout. L'être en devient immuable (Platon, Aristote) et donc mesurable. De ce fait, pour l'anti-hégélien Gille Deleuze dans sa lutte contre l'égocentrisme : « l'identité du sujet doit être brisée »[38]. Deleuze exprime ainsi sans être une « chose inédite »[38] le principe matérialiste qui dit que toutes choses et processus existent en dehors de l'esprit ou de l'observateur soit du sujet et de sa personne dont de son identité. Il exprime un point de vue objectiviste tout comme Lire le Capital de Louis Althusser et al mais aussi comme Karl Popper, Imre Lakatos, Karl Marx[39] entre autres. Le « Je » de l'observateur (Moi-même) et le « Je » de l'observé (Autrui) sont forcément exclut dans l'explicitation scientifique des phénomènes naturels et sociétaux.

Ainsi selon Émile Jalley :

le travail qu’a fait en définitive à partir de 1960 le nouveau structuralisme des Lévi-Strauss, Foucault, Althusser, Deleuze, Derrida a consisté pour l’essentiel à confirmer la mort de Dieu (Nietzsche) et la fin de la métaphysique (Heidegger), en envoyant paître du même coup de balai la dialectique, l’histoire, l’humanisme, et aussi la « psychologie »[40]

Ce fut aussi le travail des matérialistes vulgaires qui font quand à eux contrairement aux post-modernes un culte du progrès générant une nouvelle religion : la technoscience. De la même manière, le structuralisme est métaphysique. Le « Moi » réapparait sous la forme d'un mystère enfermé dans une substance immuable : les genres.

« La « déconstruction » de l'« effet-sujet » pratiquée jusqu'à plus soif dans les années 60/70 par les courants structuralistes perclus de linguistique sausurienne (Levi-Strauss, Lacan, Derrida, Foucault, mais aussi pour les marxistes, Althusser ou Godelier) aura moins contribué au final à penser le sujet humain qu'à renforcer le halo de mystère et d'obscurantisme religieux qui l'enveloppe depuis toujours, soit en réputant... sans objet le concept même de sujet (ce qui est une concession énorme aux religions et à l'idéalisme !)., soit en faisant celle d'une illusion, réelle en tant qu'illusion, mais mensongère par son contenu : haro sur Descartes et son lumineux Cogito ergo sum ! Si bien que l'idéologie dominante reste sur ce point celle des « énigmes du moi »... »[41]

Ainsi, les sciences et les philosophies ne sont pas néant d'idéologie. Cette dernière est en rapport avec les pressions historiques du moment : « après 1960, le monde n’est plus soumis à un unique Ego, “ il doit se présenter à une myriade de petits suppôts chacun attaché à une perspective ” qui tout compte fait ne diffère pas tant de la phénoménologie que ces philosophies combattent. »[42].

Dès lors, d'un point de vue de la pratique militante, le post-structuralisme conduit dialectiquement à des visions relativistes et à des mouvements divisés et égocentriques qui profitent aux traditionalismes et aux conservateurs. Ces « luttes - postmodernes - contre ... » les discriminations génèrent des abus communalistes et met même en danger et en crise ceux qu'ils sont censés défendre.

... la grande parade du cirque de la philosophie structuraliste, dans les années 60, porte la responsabilité essentielle, sans oublier celle due à la perversité des pouvoirs politiques – d’abord responsable de la mise au rancart du plan Langevin-Wallon – , de la crise majeure et même létale de l’institution éducative en France. »[43]

D'un point de vue scientifique, si les structuralistes et les post-structuralistes rejettent majoritairement la dialectique (donc le sujet), elle se fait jour spontanément dans leur objet d'étude. Même le physicien et « matérialiste scientifique » Mario Bunge qui est fondamentalement et formellement anti-dialectique en appelle inconsciemment à la dialectique en science dont contre la dialectique elle-même comme le fait remarquer Lucien Sève[44]. De ce fait contrairement à ce que voudrait Deleuze, la négation de la dialectique en devient affirmation de la dialectique. La dialectique ne peut mourir : elle est éternelle (symbole de l'infini et du poisson, ruban de Möbius, fractale...) bien qu'à l'origine du changement stable et permanent. Ainsi, la diversité ne peut pas se faire sans différence, ni sans identité.

c_ Déconstruction ou dépassement dialectique

Chez Hegel « différence <> identité » forme une unité dialectique. Or, d'un point de vue globale, la « différance » de Derrida est analogue à l'unité dialectique. Le terme de « déconstruction » (Martin Heidegger, Jacques Derrida) des idées et de la logique (logos) est analogue à celui de « dépassement » (Hegel, Marx) de la pensée et du réel : « Le travail du philosophe consiste à dépasser [les] oppositions [des concepts] (« déconstruire » la métaphysique), pour atteindre la différance, source et mouvement de création des différences »[38].

Or,

« Le terme de déconstruction est emprunté aux grammairiens et, pour Derrida, caractérise l'acte de défaire et démonter une structure, d'en ébranler les bases pour revenir au mouvement originel de la différance. La métaphysique s'est forgée au prix d'effacement de l'écriture (accusée de figer la pensée) au profit de la parole. Par là, elle a donc contribué à faire de la parole une instance décisive. Tel est le privilège qui s'affirme dans le « logocentrisme » : l'écriture s'efface devant la parole vive. C'est Platon qui dans le Phèdre, condamne l'écrit. Mais c'est aussi la leçon d'écriture de Lévi-strauss de Tristes tropiques, qui analyse et présente l'écriture comme fonction de violence. Dans son œuvre déjà très fournie (L'écriture et le différence, 1967, De la grammatologie, 1967, La dissémination, 1972, Glas, 1974), Derrida met donc en évidence la domination métaphysique et ce qu'elle dissimule : la fluidité du fond en mouvement. »[38]

Si Derrida est du courant post-structuraliste, son essai Spectres de Marx, met à mal les idées des marxistes post-structuralistes/post-modernes (Pierre Macherey, Terry Eagleton, Frederic Jameson, Werner Hamacher, Aijaz Ahmad ou Toni Negri).

Si la logique depuis l'antiquité conduit à figer les choses permettant ainsi la mesure des êtres, il existe cependant une dialectique inspirante et utile chez Platon (dépassement des « concepts » idéels par le dialogue; de l'un au multiple et le multiple un) et chez Aristote (rapports divers entre Universel, Singulier, Particulier; « déduction <> induction ») comme le rappelle Émile Jalley qui est moins radical ou sévère qu'Yves Richez (ou la sémiologie) et Lucien Sève envers Aristote et Platon, la logique et l'ontologie.

Pa exemple, la dialectique platonicienne (de l'un au multiple, du multiple un) permet d'identifier la « nature de la pensée » qui apparaît dès l'âge de deux ans : C'est le « Un en deux, deux en un » selon l'expression du psychologue français Henri Wallon. Cette « nature de la pensée » a été redécouverte par Descartes (« analyse <> synthèse »), puis utilisée sous diverses formes par Hegel, Marx et Freud[45].

Chez les empiristes dont chez les structuralistes et les post-modernes, il y a, à quelques exceptions, un rejet du « noyau rationnel de la dialectique » dont le « Sujet » au nom d'un « Objet » purifié ou du Fait sanctifié (Evidence Based). Mais, « Ontologie » et « logique » ne sont pas à exclure radicalement. En effet, la logique complexe (Complex Logic) d'Alexandre Zinoviev englobe « comme objet d'étude les problèmes de logique, de gnoséologie, d'ontologie, de méthodologie, et de dialectique ainsi que d'autres matière qui touchent aux problèmes généraux du langage et de la connaissance »[46]. Et «  Des notions dialectiques comme l'essence et le phénomène, le contenu et la forme [lui] ont beaucoup servi. »[47] [cf Citations sur la matérialisme dialectique].

De plus, selon Émile Jalley :

« En tout cas, Platon, Aristote, Descartes, Pascal, Spinoza, Kant, Hegel, Marx, Heidegger, Saussure, Lévi-Strauss, sont des penseurs de la contradiction, de l'opposition, du négatif, de la différence, dites même [par les post-structuralistes] de la différance (Derrida), de la répétition-différence (Deleuze) [bien que radicalement anti-dialectique], du différend (Lyotard). »[48]

Ainsi, comme chez les Jacques, Lacan et Derrida, la démarche d'Yves Richez est dialectique. En se mettant à l'écart de sa culture européenne (vision abstraite et transcendante) et de sa langue (syllabaire et phonétique), soit en observant et évaluant les écarts entre son centre culturel et la culture chinoise (regard concret et immanent) et sa langue (alphasyllabaire et figurative), il se produit inconsciemment malgré lui une « synthèse ». « Il y a une loi sociologique selon laquelle des systèmes qui ont des contacts finissent par se ressembler... »[49]

Cette synthèse met ainsi en jeu à la fois la structure (configuration) et le mouvement (émergence-potentialisation). C'est ce qui forme la « théorie C.U.P. » chez Yves Richez.

L'histoire et le devenir n'y sont donc pas exclus comme chez les scientifiques (Levis-Strauss) et les philosophes (Foucault, Deleuze, Althusser...) du (post)structuralisme. Comme chez Marx, le devenir et l'histoire (horizontale et verticale) sont ancrés dans le réel et non l'idéel, ni dans la téléologie (finalisme) des rationalistes anciens.

En effet, dans les Manuscrits de 1844, Marx écrit : « Le communisme est la forme nécessaire et le principe dynamique de l'avenir immédiat, mais le communisme n'est pas en tant que tel ni le but du développement humain ni la forme de la société humaine ». En 1845, dans L'Idéologie allemande, pour Marx et Engels, « le communisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. » Ils appellent « communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement. »

Marx n'impose pas de modèle prédéterminé et ne fait pas du progrès d'un culte/d'une marche sachant qu'il est en rapport dialectique avec le regrès comme l'avait fait aussi remarquer le géographe anarchiste Élysée Reclus. Le progrès ne fait pas le progressisme comme la modernité ne fait pas le moderne. Marx dépasse ainsi le rationalisme, l'utopisme/l'humanisme des anciens tout en conservant un rapport dialectique de continuité et de discontinuité. La finalité de la déconstruction de la philosophie européenne par les structuralistes et les post-structuralistes a été simplement, au profit de la philosophie US (empirisme, utilitarisme, pragmatisme), d'éliminer ce qui fait le moteur et la force de la philosophie européenne soit la dialectique. Ce qui a généré une paupérisation de la philosophie, des mouvements militants, de la pédagogie, de la psychologie ... qui n'est pas sans lien avec la paupérisation de la société et du social conduite par les politiques libérales-conservatrices (démocratie bourgeoise) dès la fin des années 50 et néolibérales-traditionalistes (fascisme II) depuis les années 80.

Or, en plus de Karl Marx, d'Henri Wallon et d'Alexandre Zinoviev, la théorie C.U.P. sur le talent d'Yves Richez donne des outils pratiques révolutionnaires - comme le rapport de la commission Langevin-Wallon - qui permettent d'abolir silencieusement et de l'intérieur la dynamique fasciste « traditionalisme <> capitalisme » (1984-2019...) de la société occidentiste actuelle.

Théorie C.U.P. sur le talent

a_ Théorie et praxis

Lors de ses études sur le talent, l'émergence et l'actualisation des potentiels, le sémiologue, mentor et entrepreneur Yves Richez s'appuie sur les travaux d'Howard Gardner. Or, La théorie sur le talent d'Yves Richez a ainsi dépassé de manière dialectique la théorie pragmatiste des intelligences multiples d'Howard Gardner. C'est la « théorie C.U.P. » (configuration, utilité, potentialisation).

Ses études, sans chercher à en faire une synthèse, mettent notamment en lumière les écarts entre le regard chinois et la pensée occidentale d'un point de vue la sémantique comme l'a fait Joseph Needham d'un point de vue de la science et de la technique. Or, en Chine les notions d'« Être » et d'« intelligence », inventions gréco-latines, n'existent pas. On parle de mode opératoire. Ainsi, Yves Richez ne parle pas d'intelligence mais de mode opératoire naturel (Mo.O.N).

Elles ré-affirment également l'importance de l'action dans la théorie sur l'intelligence. Cependant, à la lumière du chinois et de sa critique rationnelle du pragmatisme de William James, Yves Richez ne parle pas d'action mais de « procès », également utilisé par Karl Marx. Comme il évite les erreurs du structuralisme génétique à la sémiologie (cf Propédeutique ci-dessus en 2.2), il évite également les erreurs du pragmatisme pur rattachées à la théorie d'Howard Gardner.

D'après Armand Cuvillier, « Une pensée est vrai parce qu'elle réussi » selon la formule pragmatiste. La vérité est ici « une création ex nihilo de notre esprit » [idée]. Il propose donc de renverser cette formule par : « Une pensée réussit parce qu'elle est vrai »[50]. À la lumière d'Yves Richez on peut dire qu'une stratégie est réussit parce qu'elle suit la propension moment-position du réel. Yves se rapproche des doctrines épistémologiques conventionnelles qui substituent la vérité par la commodité [habilité chez Yves] et qui est plus proche de la doctrine biologique où « la vérité y trouve définie par l'adaptation de l'être vivant et pensant à ce réel, c'est-à-dire à ces conditions de vie »[50] que du pragmatisme.

Cependant, la connaissance chez Yves Richez est purement utilitaire. Comme chez les pragmatistes, il reste esclave de la pratique. Or : « ... la science n'est vraiment devenue elle-même que du jour où elle parvint à s'émanciper de la pensée technique (utilitaire) aussi bien que de la pensée théologique (mystique) (p.47, D.) »[51]. Mais, nous connaissons le rapport entre théorie et pratique mis en exergue par la rhétorique radicale de Lénine : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire ». C'est justement ce qu'Yves Richez met en jeu par la théorie C.U.P. sur le talent. De plus, la méthode (cheminement) n'y est pas non plus réduite à la technique (mesure).

Ainsi, Il met à jour dans son objet d'étude le développement des choses dans leur espace et temps soit dans leur structure et leur mouvement (Lucien Sève, Jean Piaget, Henri Wallon). La théorie C.U.P. peut être considérée dans son sujet d'étude comme une actualisation du Devenir d'Héraclite, de Lao-Tseu, de Bouddha ou d'Hegel.

« [L'intelligence] se déploie, s’adapte, se modifie, s’engendre, s’améliore, se transfère. L’intelligence est une activité en constante propension, dès lors que l’on ne cherche pas à la réduire à quelques tests ou mesures, auquel cas, se déterminant, elle stagne ou se dissout. »[52]

Dès lors,

« L’intelligence, singulière ou plurielle, au regard des travaux de ces dernières années ne peut plus être considérée de manière mécaniste et mesurable [de manière mathématique et géométrique].[52]

De ce fait, pour nous répéter une seconde fois, les études d'Yves Richez se consilient à la psychologie complexe où l'« on ne saurait distinguer l'intelligence de ses opérations » selon la formule d'Émile Jalley d'après les Principes de la psychologie appliquée (1930) d'Henri Wallon.

b_ Vers les modes opératoires naturels (Mo.O.N.)

b1_ Charles Spearman

« Dans l'analyse de l'intelligence, l'analyse factorielle a conduit Spearman à considérer plusieurs groupes d'activités, plusieurs aptitudes :

  • logique,
  • psychologique,
  • verbale,
  • arithmétique,
  • mécanique,
  • imaginative.

Et l'on voit déjà par là que le facteur G de niveau général est insuffisant pour caractériser un individu puisque la réussite à une épreuve d'intelligence mécanique, par exemple, ne nous permet aucune prévision pour la réussite à une épreuve d'intelligence verbale. La réussite varie donc suivant la matière d'activité : avant que Spearman ne l'établit avec rigueur on s'en doutait bien un peu. »[53]

b2_ Howard Gardner

Le test du QI réduit l'intelligence aux opérations logico-mathématiques (abstrait) et langagières (phonétique) soit à une vision et pensée abstraite des choses. Suite à la critique de cette raison pure et à la mise en avant des activités concrètes, Howard Gardner déduit 8 formes d'intelligence :

  • Intelligence linguistique
  • Intelligence logico-mathématique
  • Intelligence spatiale
  • Intelligence intra-personnelle
  • L'intelligence interpersonnelle
  • Intelligence corporelle-kinesthésique
  • Intelligence musicale
  • Intelligence naturaliste (1993)
  • Intelligence existentielle (ou spirituelle)

Malgré les vives critiques des cognitivistes de la théories des intelligences multiples dont en France par le mathématicien-cognitiviste Nicolas Gauvrit et le linguiste-cognitiviste Franck Ramus, les neurosciences détectent 7 formes d'intelligence dans le cerveau[54]. L'intelligence existentielle n'existe pas. L'intelligence naturaliste serait un mixe entre différentes formes d'intelligence.

b3_ Yves Richez

À la lumière des écarts observés entre la culture occidentale et la culture chinoise,

Yves Richez a « ainsi rebaptisé la notion d’intelligence et de talent par MOON (MOde Opératoire Naturel). Cela a pour avantage d’éviter l’amalgame avec ce que le terme implique comme « idée » dans notre culture occidentale, un ensemble de catégories mesurables et quantifiables. »[52]

Il met à jour lors de ces voyages d'études anthropologiques et sémiologiques 10 Mo.O.N. dont 20 composantes cœurs :


  • Mo.O.N. interpersonnel : empathique >< interactionnel
  • Mo.O.N. kinesthésique : gestuel >< matériel
  • Mo.O.N. spatial : émulatif >< extrapolatif
  • Mo.O.N. musical : tonal >< rythmique
  • Mo.O.N. linguistique : phonétique >< figuratif
  • Mo.O.N. mathématique : abstrait >< général
  • Mo.O.N. scientifique : corrélatif >< pragmatique
  • Mo.O.N. naturaliste : classifier >< apprécier
  • Mo.O.N. extrapersonnel : tentaculaire >< multiple
  • Mo.O.N. intrapersonnel : autonome >< assertif

c_ Correction de la théorie de Gardner et corrélations à d'autres études

Une grave erreur récurrente mise en avant par Yves Richez est d'accoler un des quatre sens à un mode opératoire comme par exemple dans le terme « visuo-spatial ».

En effet, pour prendre un exemple quelconque : un aveugle ou un hérisson malgré leur cécité sont capables de se déplacer dans l'espace de manière habile. Ils émulent l'espace. 

Yves Richez observe que les individus qui opèrent habilement avec un Mo.O.N. mathématique ont des difficultés à émuler l'espace dont lire une carte heuristique. Ils préfèrent les listes ou des séries abstraites ou phonologiques.

Or, cela confirme l'origine de l'incapacité à lire de Josiane malgré un QI de 120 caractérisant une logique forte supérieurs à la moyenne soit à un point de l'Être « doué » (121-129) et à 10 points de l'Être « surdoué » (130-144,9). Elle opère en fait selon un Mo.O.N. logico-mathématique de manière hégémonique. Et comme nous l'avions vu ci-dessus, l'origine de sa dyslexie est suite à un problème de reconnaissance dans l'espace.

Ainsi, la composante type émulation du Mo.O.N. spatial joue un rôle déterminant dans l'apprentissage de la lecture.

À la lumière de :

nous pouvons oser conclure que la composante phonétique du M.o.O.N linguistique ne joue pas de rôle primordiale dans l'acte de lire et dans l'apprentissage de la lecture contrairement à ce que prône les disciplines appliquant l'Evidence based education soit les recherches neuro-lingo-cognitivistes soutenues « malgré-eux » par les traditionnalistes et les conservateurs depuis les années 90.

Yves Richez observe également que les employés dans une entreprise définis comme autiste mettent en jeu naturellement un Mo.O.N. naturaliste.

On peut supputer que ces cas en entreprise sont probablement ce que le DSM, le manuel US de diagnostique et de statistique des troubles mentaux, définis de manière a priori comme Asperger. Or, certaines tribus présentent ces mêmes caractéristiques innées suite à l'adaptation à leur milieu. Certains auteurs les qualifient d'autistes et y voient la preuve héréditaire de l'autisme. Cependant, l'autisme n'est pas une. Il ne peut se réduire à un facteur héréditaire, ni caractériser par le MoON naturaliste. C'est une intériorisation de la conscience et de l'émotion « énergie <> tonus ». Les MoON intrapersonnel et interpersonnel sont inopérants chez les autistes. Les émotions « énergie <> tonus » ne peuvent pas servir naturellement au devenir social soit à la sociabilité et à la socialisation de l'enfant ou à l'autonomisation et à l'assertivité de l'adulte. Par cette incapacité à l'empathie et aux interactionnels, à l'autonomisation et à l'assertivité, la force émotionnelle émerge cependant de manière spectaculaire par des crises conduisant à se blesser chez les individus les plus intériorisés ou alors par la mise en jeu de manière hégémonique d'autres modes opératoires notamment logico-mathématique (ex : les autistes mathématiciens) ou spatial (ex : les autistes dessinateurs) chez les plus ouverts au monde extérieur tout en restant dans leur monde intérieur abstrait. 

Yves redéfinit par déconstruction/dépassement dans le cadre du réel les mots de : « talent », « émergence », « potentiel », «actualisation », « stratégie » et « anticipation » mais aussi « évaluer » :

  • Évaluer n'est pas « mesurer » contrairement à la vision du géomètre de l'« évaluation » par les cognitivistes et les politiciens. Cependant, le terme « mesurer » chez Alfred Binetne se définissait pas de manière mathématique contrairement à l'emploi des tests par les héréditaristes (cf chapitre 3 ci-dessous).
  • Le talent n'est pas en/de nous. Le talent ne peut pas s'observer sans configuration qui donne du potentiel à une habilité visible et utile à un résultat escompté. Le talent n'est pas ce que l'on « a » mais ce qui/ce que l'on produit.

Le « Talent » est un rapport d'habilité entre l'individu et son environnement d'où émerge et s'actualise le « potentiel ».

Par coïncidence, le qi ou khi désigne le talent ou l'équilibre. L'idéogramme représente un homme faisant tourner quatre assiettes sur des tiges. Le qi est une conception immanente.

L'occident a tendance par sa culture transcendantaliste, religieuse et philosophique, et par rejet de l'immanence à faire du khi/qi une énergie vitale soit une conception vitaliste. Dans son texte inachevé Psychologie et idéologie, Suite à sa défense des tests bien que condamnant la réification du QI par les héréditaristes (cf aussi Alfred Binet par Stephen Jay Gould), René Zazzo ira confondre[55] le QI (Khi) d'un prospectus français avec le QI (Quotient intellectuel) : « Libre de toute référence [le Q.I.] peut aussi donner lieu à de fantasques divagations. J'ai trouvé un exemple dans un tract appelant à un stage international consacré au Tai Ji Quan un stage [...] . Ce tract intitulé Tai Ji Quan et QI nous donne une définition vraiment inattendue du trop fameux quotient. « QI (sans point entre les deux initiales) c'est cette énergie irremplaçable qui est une composante de la vie (...). D'appel de vie à vie, de messages muets porteurs d'amour. C'est çà le QI ». En s'appropriant le QI les sectateurs du Tai Ji Quan témoignent de sa popularité, de sa charge affective. Par leur extravagance ils justifient du même coup l'attitude des psychologues anti-test qui rejettent la notion de QI ».[56]

d_ Applications en société

Nous pouvons ainsi observer que les applications de la théorie C.U.P. touchent

  • le management : Yves Richez l'exploite au sein de son entreprise Talent Reveal. Elle a été adoptée par l'académie Decathlon (youtube), des services municipaux (Châlon-en-Champagne) et des associations sportives ;
  • l'anthropologie: Le Projet Diderot en collaboration avec l’ONG Ecotone Résilience a pour vocation de répertorier la somme des facultés et des habiletés humaines de la planète (cf les mini-documentaires sur ses rencontres et ses voyages d'étude en France et dans le monde).
  • l'éducation : Elle se consilie avec l'Éducation Nouvelle. Elle est déjà pratiquée dans une école Montessori, En Terre D'Enfance 20. Dans ce cadre, la théorie C.U.P. est plus proche de la méthode Decroly que des démarches sensualistes de Montessori.
  • la psychologie complexe : Lev Vygotski, Henri Wallon, Jean Piaget, Jacqueline Nadel, Michel Cariou, Émile Jalley,... 
  • ... etc

Yves Richez met à disposition ses études au grand public à travers divers médias accessibles :

  • youtube (entrevues, cours, mini-documentaires),
  • articles internet (Cairn, Focus RH, recueil de conférences)
  • livres
    • essais (sur le management; sur le mentorat),
    • romans (Aquila ou Louis du vieux continent). 
    • études
      • Petit éloge du héros
      • Détection et développement des talents en entreprise (éditions ISTE, 2017) qui fait suite à sa thèse doctorale[57] en sémiologie. Il est édité depuis 2018 en anglais chez Wiley Publishing.
      • Livre sur l'empathie (à venir)

3_ Vers la fin de la mesure  a priori  de l'« intelligence »


le moment est venu où l'on sait que s'il est impossible de trouver le test idéal d'intelligence c'est qu'il n'y a pas une Intelligence, que de l'Intelligence conduit nos comportements, toutes nos activités que la routine n'a point encore endormis. Toutes nos activités : l'intelligence n'est pas séparée de la personnalité, du caractère. (p.141)

  • Le devenir de l'intelligence, René Zazzo, éd. PUF, 1945 (écrit en 1943).

31_La psychométrie 

Petit aperçu historique

La psychométrie est l'étude quantitative par des tests de mesure des aptitudes intellectuelles. Elle a fait rentrer la psychologie dans la science dure en utilisant les statistiques. Le terme de « test mental » est employé pour la première fois 1890 par l'américain McKeen Catell afin de mettre en lumière des différences de performance intellectuelle entre les étudiants. En Europe, c'est d'abord pour les enfants en difficulté scolaire avec ou sans trouble que va être créé le premier test par Binet et Simon en 1905.

Ils existent moult tests dont de nombreux réformant le test de Binet-Simon

  • William Stern (1912) : test du Qi, abolition de l'âge mental
  • Lewis Terman[58] (1916) : Test Stanford-Binet, une adaptation galtonnienne du test du Qi au test B.S.. Le résultat n'est plus donné par un quotient mais un rang - expliqué de manière apriori par l'hérédité - avec plus ou moins une remise en avant de l'âge mentale.
  • John Carlyl Raven (1936) : Matrices progressives de Raven
  • David Wechsler : WISC (1949), WAIS (1955)
  • René Zazzo : Nouvelle échelle métrique (1960), NEMI-2 (1985). Mais, il semble très peu exploité. Il y a cependant une mise à jour de l'étalonnage à la fin des années 2010

Le test S-B était sensible aux enfants français de 3 à 15 ans. Il met en jeux divers aptitudes mais sa finalité met en avant un âge mental définit par rapport à l'âge réel de l'enfant. Le test du QI de Stern efface l'aspect trompeur d'âge mental du test B.S. mais reste inadapté pour l'adulte. Dans la lignée directe de Binet, René Zazzo développe, pour les enfants français, une nouvelle échelle métrique de l'intelligence en dépassant et déconstruisant celle de Binet et de Simon. Les tests du QI de Wechsler en 1955 élargissent la mesure aux adultes. Le statisticien Charles Pearsman a cherché un facteur commun et unique à tous les tests cognitifs de son époque. C'est le facteur g.

Les facteurs en psychométrie sont des valeurs numériques données par le résultat de tests permettant de mesurer de manière quantitative le niveau et la puissance d'une aptitude pré-déterminée par le test. Le plus connu des facteurs est le facteur g. Or, il existe d'autres facteurs[59].

  • Facteur g : général (Charles Spearman)
  • Facteur c : cognitif - rapidité, originalité (Garnett)
  • Facteur w : non cognitif - maîtrise de soi, personnalité volontaire (Webb).
  • Facteur p : persévérance
  • Facteur o : oscillation
  • Facteurs de groupe : logique, mécanique, psychologique, arithmétique, mémoire (Spearman)
  • Éléments s : spécifiques - sans lien avec les facteurs

Et aussi :

  • Facteurs de Louis Leon Thurstone : P vitesse perceptive, N numérique, W fluidité verbale (produire vite), V verbal, S spatial, M mémoire et R raisonnement.[60]

Cependant, c'est le facteur g et un type de test du QI (WISC) qui sont considérés comme le saint graal de l'Intelligence. Cette dernière a été ainsi figée dans l'être et réifiée de manière absolue.

Ainsi, selon Murrey et Hernstein « il existe actuellement trois grandes écoles en matière de psychométrie, et qu'une seule d'entre elle soutient leur conception de g et du QI : ces trois écoles sont, selon eux :

  • La « classique », dont la thèse défendue dans The Bell Curve par Murrey et Hernstein, concevant l'intelligence à l'instar d'un organe ;
  • La « révisionniste », interprétant l'intelligence comme un processus de traitement de l'information [ex : cognitivisme, neuroscience, intelligence artificielle] ;
  • La « radicale », envisageant l'intelligence comme une entité aux facettes multiples. [ex : Charles Spearman, René Zazzo, la théorie sur les intelligences multiples d'Howard Gardner, la théorie C.U.P. d'Yves Richez ...]. » [61]

Des mesures a priori héréditaristes

Les écoles psychométriques « classiques » et « réformistes » restent dans le cadre de l'innéisme pur.

a_ École classique en marche tel un zombi

Cette vision héréditariste des « classiques » est disqualifiée et semble morte. Cependant, elle reste encore légion dans les esprits notamment aux USA et dans les médias. Ça reste dans le cadre du nativisme génétique. Elle est accusée par ses opposants  de « racisme ».

b_ École réformiste ou l'obscurantisme de la raison technoscientiste

L'inné contre l'acquis

Selon René Zazzo, « si Piaget n'est plus, on parle plus que jamais cependant des fonctions cognitives : le cognitivisme est dans le vent, et contre-vent d'ailleurs [cf le site pseudo-sceptique de l'AFIS], en contre partie de courants obscurs qui gagnent tout aussi bien la physique que la psychologie ». Les cognitivistes se veulent rationaliste, héros de la raison et de la neutralité scientifique mais ils sont en réalité purement empiriste et complice involontaire de l'ordre capitaliste. Contrairement à eux, Jean Piaget opère en dialecticien.

Les « réformistes » dont les neuro-cognitivistes reconnaissent l'aspect sociologique mais l'aspect génétique y est encore hégémonique. Mais même si comme chez Franck Ramus l'inné et l'acquis ne s'opposent pas, ils définissent cependant des parts d'héritabilité.

Selon Franck Ramus :

« Pour toute caractéristique d'un organisme (tout phénotype) qui varie au sein d'une espèce, on peut étudier statistiquement cette variabilité, et la partitionner entre la variabilité attribuable à des variations génétiques (que l'on appelle l'héritabilité), et la variabilité attribuable à des variations non génétiques (environnementales). La définition de l'environnement comme recouvrant toutes les influences non génétiques assure qu'il y a bien complémentarité totale entre les deux sources de variabilité. Les estimations d'héritabilité pour un phénotype donné s'appuient typiquement sur des situations permettant de dissocier au moins partiellement les influences génétiques et environnementales, ... »[62]

Si, il est vrai que l'inné et l'acquis ne s'opposent pas, ils sont cependant antagonistes. Une contrainte biologique, psychologique ou écologique (sociologique ou environnementale) sur un des antagonistes peut exacerber ou bien annihiler à divers degrès effectif l'autre antagoniste. Ce résultat est évaluable mais on ne saurait cependant mesurer une part d'héritabilité et une part d'environnementalité à cause de la diversité environnementale, sociale, génétique, individuelle et personnelle.

La recherche sur l'héritabilité est en définitif une tactique d'assureur et d'avocat qui permet a posteriori de déresponsabiliser le mode de production capitaliste. Pour eux, la maladie (cancer, allergie...), les troubles (Autisme, TDHA, dys, bipolarité...), le talent (compétence, intelligence, performance...) et même les inégalités (scolaires, sexuelles, de classes...) sont d'abord en nous. Pour eux, 50% d'héritabilité d'un cancer pourtant déclencher par des pesticides ou le tabac n'est pas une erreur du capitalisme mais la faute à l'organisme qui n'a pas su s'adapter. Eux par contre comme Thatcher se proclament « adapté » (fit)[63] selon la vision évolutionniste néo-lamarckienne d'Herbert Spencer et sélectionniste des néo-darwiniens.

Dans une démarche fondée sur les faits le fait fait foi.

Dans la religion technoscientiste, les données brutes dont les statistiques quand bien même « approximatives » comme le rappelle Nicolas Gauvrit et le chiffre objectivant, taylorisant et purement abstrait priment sur le réel concret.

Afin de faire croire que leur vision du monde est l'unique alternative, les saints pairs fidèles aux démarches fondées par les faits (Evidence based) y occultent en les invalidant dans les peers reviews (validation par les pairs) et en les excluant des méta-analyses (archives bibliographiques scientifiques mondialistes sous contrôle de l'Empire US) tous les faits qui s'opposent aux saints faits de l'evidence based. On rejette en les accusant d'hérésie toutes démarches fondées sur la science (Science based) dont les résultats et conclusions anihilent ceux des peers et des lobbyings.

De ce fait, une tribune de généticiens (Henri Atlan...), de biologistes (Jacques Testart...), de neurobiologistes (Catherine Vidal...) dénonce comme « fakes news » génétiques le concept d'héritabilité véhiculé par des généticiens et les neuro-cognitivistes.

« on peut lire que l’intelligence est aux deux tiers génétique, et que l’école doit utiliser au mieux ce tiers sur lequel elle peut jouer en focalisant ses efforts sur les « gamins pauvres ». Il est de même affirmé que la réussite scolaire est influencée par des facteurs génétiques à hauteur de 30 % à 50 %, à parts égales avec les facteurs familiaux et sociaux, et que les personnes les plus défavorisées socialement sont aussi les plus désavantagées génétiquement. Outre qu’il existerait une mesure valide de l’intelligence, et qu’on aurait montré que les enfants de milieux socialement défavorisés naissent en moyenne avec un « désavantage génétique », on laisse croire que l’influence du bagage génétique serait invariable. Les caractéristiques des personnes seraient déterminées par l’addition d’une « part génétique » et d’une « part environnementale » »[64]

.

Si selon l'article wikipédia « les données statistiques évaluant la part des facteurs génétiques dans la variance de l'expression d'un caractère phénotypique » ... « ne mesure pas la part d'inné et d'acquis chez un individu » il n'en reste pas moins que la génétique est comprise comme « inné » et l'environnement comme « acquis » malgré leur mutualité et contradiction mises à jour par les études génétiques moléculaires (dont par Richard Lewontin et pas seulement récemment comme l'écrit Franck Ramus précédemment) et l'épigénétique. « Inné et acquis » et ses variantes comme « nature et culture » ne sont pas révoluent en science comme on le remarque également sur la question du genre, de l'autisme entre autres.

Rationalisation et Evidence based

Franck Ramus[65], Nicolas Gauvrit et tous les autres zététiciens (ultra-sceptique anti-doute à la Pyrhon d'Élis) sont des prosélytes de l'Evidence based. Si en dehors du laboratoire, ils condamnent tout à leur honneur les abus comme le marché des surdoués entre autres, ils ne remarquent pas que leur chasse aux fantômes contre « les théories US du complot » et les « gouroux » générent également une chasse aux sorcières contre les chercheurs utilisant des « démarches fondées sur la science ». Ce qui a pour conséquence d'aider au développement, sans aucune résistance, des abus nés de leurs propres « démarches fondées sur les faits » et de sa primauté de la mesure a-priori sur le réel. La rationalisation qu'ils imposent est une pratique qui fait fi de la propension dialectique de la nature soit du réel. Elle est dénie du réel.

On se souvient de ses savants de l'an II sous la révolution française au nom de la « Raison Pure » qui cherchaient à imposer l'heure décimale sur les églises. Les calculs de « Poids et Mesures » étaient ainsi plus facile à effectuer. Mais, ils ont vite abandonné en 1795 cette généralisation de l'heure décimale qui n'a pas lieu d'être au quotidien. Cependant, le calendrier révolutonnaire (1793-1805) qui voulait faire table rase du calendrier d'ancien régime s'inspire de cette décimalisation du temps en y abandonnant toutefois l'heure décimale. Le calendrier religieux était considéré comme irrationnel bien qu'il soit en phase avec les cycles cosmologiques (solaire, lunaire, terrestre) soit avec le temps des paysans et donc avec les saisons et les cultures dans le champs. L'ingénieur Taylor a aussi adopté le temps décimal afin de facilté le chronométrage des techniques de gestion du temps industriel. Mais, le taylorisme comme tout rationalisation du temps en oublie les processus biologiques et organiques. Les ordinateurs et les techniques de communication nés de la cybernétique et de la théorie de l'information usent également du temps décimal. Bien avant, l'empire chinois avait adopté depuis des millénaires le temps décimal afin de simplifier les calculs administratifs. Les paysans chinois suivaient quant à eux leur calendrier basé sur les cycles des saisons c'est à dire le cycle de la raison dialectique « connaisance <> activités ».

L'Evidence Based (EB) n'est en fin de compte pas une démarche scientifique, c'est une démarche administrative.

L'EB est appliquée comme vérité absolue dans

  • la santé (pédiatrie, kiné, médécine, infirmerie,...)
  • l'éducation[66],
  • en économie[67],
  • en politique[68]
  • ... etc ...

Dans le monde capitaliste, les politiciens et les chercheurs occultent les critiques - en phase avec le réel - cumulées depuis les années 1990 sur l'Evidence based dans tous les domaines[69].

La rationalisation du temps et de l'espace est ainsi une négation du rationalisme soit de la dialectique de la nature. 95% des fidèles oublient en permanence la dialectique mise à jour par leur Mentor Platon (platonicisme, platonicien), Aristote (aristotélicisme, péripatéticien), Descartes (carténianisme, cartésien), Marx (marixisme, marxisme), etc ... .

Sélection et Programmation

Les réformistes cherchent à « réformer » la théorie de l'évolution, la génétique, l'épigénétique selon le point de vue néo-darwinien avec sa prédominance du géne vu comme un tout peu variable formant un soi peu changeable malgré des pressions externes fortement variables et transformables. On est dans le culte obscurantiste du don et de la mesure.

La pensée en psychologie des réformistes est donc un nativisme neuro-cognitif. Leur vision associationniste sur la cognition reste encore enfermer dans le cadre pré-déterministe du « programme génétique ».

L'école « réformiste » née de la cybernétique influencée par l'empirisme pur reste en vogue aujourd'hui notamment grâce à l'intelligence artificielle. C'est cette marche dans le mûr que suit   le ministre de l'éducation nationale française Jean-Michel Blanquer du gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron afin de conformer la population à l'ontologie et au pragmatisme capitaliste. Il est soutenu par son conseil scientifique sous couvert de démarche fondée par les faits (Evidence-based), nouvel avatar de l'empirisme pur.

La cognition est réduite à un algorithme ou à un circuit d'information tandis que le cerveau est décrit comme un ordinateur avec son disque dur qui emmagazine de la mémoire et qui calcule. La sémantique informatique y est légion. Ce langage touche moult domaines d'abord la cybernétique, puis la génétique, la linguistique (code - décodage en lecture), les neurosciences. Mais, il s'incruste également en médecine, en pédagogie, en psychologie, en management par l'evidence based.

Bien qu'erronée et malgré les critiques depuis les années 70-80 dont par Stephen Jay Gould et Richard Lewontin, depuis au moins les années 90 par Henri Atlan et Jacques Testart[70] et depuis les années 2000 par Jean-Jacques Kupiec cette vision programmiste reste dominante dans les laboratoires de génétique médicale et agricole dans les années 2010. Or, une recherche publiée en 2016 dans la revue PLOS Biology montre qu'il n'y a nul « programme génétique ». L'expression génétique est aléatoire[71]. Elle remet donc en lumière la « sélection » et le « hasard » déjà soutenus par Jean-Jacques Kupiec qui avait été abondonné par le programmisme depuis les années 60. On revient à la « sélection » et au « hasard » de Darwin dont Engels dit déjà à l'époque qu'ils sont des métaphores provisoires.

Le potentiel alternatif

On ne devrait dans ce cas plus parler aujourd'hui de « hasard » mais de « chaos déterministe », ni de « sélection » mais de « potentialisation » soit d'« actualisation » pour le spontané/naturel (non-agir) et d'« orientation » pour le volitif/intentionnel (agir).

En effet, dans Détection et développement des Talents en entreprise (ISTE, 2017) Yves Richez selon le mode opératoire naturaliste de Charles Darwin :

« La sélection naturelle modifie et ajuste ce que les fluctuations entraînent comme transformation silencieuse, mais discernable. Puis, elle participe à amorcer en « interne » les évolutions du vivant visant à épouser le 'cours des choses'. Ainsi, le plus apte n’est pas le plus fort (au sens de 'kratos'), mais celui en capacité de ne pas résister à la transformation, donc, de s’y conformer, non par soumission, mais par cohérence tendancielle. » (p. 265)

« La sélection naturelle est observable dans la manière avec laquelle, les populations modifient-transforment leur manière d’opérer afin de s’adapter aux nouvelles configurations ainsi qu’aux nouvelles potentialités qui s’y amorcent. » (p. 266)

Par ailleurs, Guillaume Suing marque au sein du vivant les contradictions entre sélection naturelle et sélection sexuelle, puis entre l'évolution et la conservation.

C'est un principe dialectique de contradictions entre la loi générale et une loi particulière qui en émerge.

En effet,

« le Matérialisme dialectique considère cette unité/opposition comme première dans la matière : Un phénomène peut naître à partir d’un autre en le niant (saut qualitatif). »[72]

De plus,

« On peut dire que l’évolution dialectique du vivant est une série de changements profonds fondés sur des mécanismes sélectionnés pour s’opposer à tout changement... »[73]

Mais, l'écologie évolutive, la sociobiologie, la psychologie évolutive (evopsy), les neurociences et la psychologie scientifique dont le cognitivisme renient cette contradiction.

Le changement contre la transformation

Les politiciens parlent de « changement ». Mais, ce terme d'éloquence cache en fait un enjeu afin de conserver l'ordre structurel en place notamment par sélection naturelle (le laisser-faire ou plutôt le ne rien-faire, le non-entretien, le laisser-dégradé d'Herbert Spencer...), l'eugénisme (l'extermination des tares de Francis Galton...), le transhumanisme (l'artificialisation du vivant de Jullian Huxley...), le charlatanisme social (le faux-socialisme du PS, de l'écologie bourgeoise, du think thank Terra nova), le technoscientisme (le DSM/CIM, le conseil scientifique sur l'éducation de J.M. Blanquer...) ... .

Ça renie l'émergence de la classe prolétarienne qui s'actualise depuis la Révolution industrielle (manufacturier, ouvrier, travailleur, salarié) et le colonialisme moderne (esclave, coolie, travailleur émigré, migrant). Les projets politiques restent dans le cadre de la classe d'ancien régime dépassée et a-historique (noblesse, clergé, paysannerie et petite-bourgeoisie) et de la classe capitaliste mature et vieillissante (bourgeoisie, haute-bourgeoisie).

Ça résiste donc à leur fin de l'histoire qui se fait dépasser par le développement de la sphère professionnelle que ça aliène mais qui est dans un processus latent d'émancipation. Or « Qu'est ce que le communisme ? » : « le communisme est l'enseignement des conditions de la libération du prolétariat » (Principe du communisme, 1847). Mais, « le communisme n'est pas l'abolition de la propriété en général, mais l'abolition de la propriété bourgeoise ». Ainsi, « Le communisme n'enlève à personne le pouvoir de s'approprier des produits sociaux ; il n'ôte que le pouvoir d'asservir à l'aide de cette appropriation le travail d'autrui ».

Rien ne peut « changer » un monde rempli de contradictions, il suffit de le « transformer » en s'appuyant sur ses contradictions en accélérant ce qui abolit l'actuel par une « révolution silencieuse » de manière volitive au jour le jour, au lieu de s'épuiser à manifester sans résultats escomptés tout en attendant béatement une crise historique (1618-1648, 1789-1815, 1914-1945, 1952-1984) générant une grande révolution spontanée de guerre civile mondialisée qui ne profite après et suite à un facteur de trahison qu'à la sphère communaliste de pouvoir et d'administration (Privé de la propriété pour les uns et Parti pour les autres).


Sans éducation, sans instruction, c'est-à-dire sans outil, tu luttes encore avec tes ongles, toi, Jacques Bonhomme. (Lissagaray, 1870)

Comme le rappelle Henri Wallon dans son combat pour l'éducation nationale[74], « l'« enseignement dépend de la politique »[75]. Les interprétations sur l'intelligence et la lecture données par les cognitivistes et les neuroscientifiques qui rentrent en résonnance avec les visions éducatives du traditionalisme et du capitalisme sont des interpréations qui dépendent de la politique néolibérale. Les chercheurs qui prônent la raison pure par l'empirisme pur soit les « démarches fondées sur les faits » restent dans le déni politique en pronant la neutralité. Or, il n'existe pas de science sans idéologie. Sa sphère est de type communaliste comme le rappelle Alexandre Zinoviev. La question scientifique sur l'intelligence, la lecture et les troubles mentaux sont des questions politiques et principalement d'assureur.

Des mesures a posteriori bio-psycho-sociologiques

a_ École radicale en émergence : le cas Binet

Article détaillé : Alfred Binet.

« L'intelligence que Binet et ses disciples prétendaient mesurer était non seulement globale et générale au sens ou nous l'avions déjà défini, mais native. » [76] Cependant, contrairement aux innéistes pures, « le milieu pouvait favoriser et défavoriser le développement mental » [76] .

Ainsi, comme l'affirme Stephen Jay Gould :

Binet rejetait l'interprétation héréditariste, et ne voulait se servir de ce test que comme moyen de déceler les enfants ayant besoin d'une aide éducative particulière; je ne peux que faire l'éloge d'un tel objectif parfaitement humain. [Or], la Mal-mesure de l'homme constitue la critique d'une théorie spécifique de l'intelligence, s'appuyant souvent sur une interprétation particulière d'une certaine façon de pratiquer les tests mentaux : il s'agit autrement, dit de la critique d'une théorie concevant l'intelligence comme une entité unimodale, génétiquement déterminée, et inchangeable. [77]

b_ École radicale en actualisation

 Les écoles « radicales » mettent en avant non pas UNE intelligence mais DES intelligences dont le marxiste René Zazzo (dialectique) ou le pragmatiste pur Howard-Gardner (non-dialectique).

Les chercheurs devraient savoir depuis Sigmund Freud et Henri Wallon que biologie, psychologie et sociologie forment une unité où ces trois hélices interagissent à divers degrès selon les pressions externes et internes.

Or, d'un point de vue génétique Richard Lewontin :

« Il n’y a pas de « part » respective des gènes et de l’environnement, pas plus qu’il n’y a de « part » de la longueur et de la largeur dans la surface d’un rectangle, pour reprendre une métaphore classique. L’exposition à l’environnement commence d’ailleurs dans le ventre maternel, et inclut des événements biologiques comme la qualité de l’alimentation ou l’exposition aux virus. Génétique et milieu ne sont pas en compétition, mais en constante interaction : on dit qu’ils sont covariants. Le comportement d’un individu serait donc à la fois 100 % génétique et 100 % environnemental ».

La cognition ne va pas sans l'affectivité et donc pas sans le « milieu » de la « personne »  selon Henri Wallon. Si l'objet d'étude de Jean Piaget est la cognition pure, il met en avant un saut dialectique entre les sciences, et entre l'individu et son environnement (cf consilience).

Ainsi si les cognitivistes (empiristes pures comme les « réformistes » Frank Ramus ou Stuart Richie) et les néo-Piagétiens (pragmatistes pures comme le « radical » Howard Gardner) dénient la dialectique dans leurs objets d'étude dont dans l'intelligence et la cognition, Jean Piaget la met en lumière et l'exploite. Il use d'ailleurs abondamment du terme de « dialectique », plus qu'Henri Wallon, même si selon Tran-Thong sa dialectique est plus hégélienne que marxienne (cf Le renouveau dialectique en occident in matérialisme dialectique).

32_ Passage de la qualité à la quantité

Mesure a posteriori avec « jugement »

C'est de manière secondaire que la notion d'intelligence est venue chez les psychologues modernes. Elle émerge en effet de la notion d'« idiotie » et d'« imbécilité » chez Alfred Binet et de « débilité » et même de la « connerie » chez le marxiste René Zazzo.

« Binet s'est employé à définir l'idiotie, l'imbécilité, avant de s'interroger sur les états d'arriération légère, puis enfin de s'avouer qu'on ne sait rien de 'enfant normal, et que c'est lui qu'il fallait commencer par décrire d'âge en âge : d'où la construction de la fameuse Échelle métrique du développement mental. [78]»

Or, les tests ne font que « mesurer » l'intelligence logique comme le fait remarquer René Zazzo. Le terme de « mesurer » n'est pas à comprendre de manière mathématique (arithmétique pour la Chine, géométrique pour l'occident) comme chez les « classiques » et les « réformistes » mais comme « un système d'évaluation » nouveau selon l'expression d'Alfred Binet :

 « Le mot mesure n'est pas pris ici au sens mathématique... il y a là tout un système d'évaluation que nous croyons nouveau et dont nous n'avons pas le temps d'exposer les principales conséquences philosophiques »[79].

De la même manière, Yvez Richez rejette également le terme de « mesure » pour le terme d' « évaluation ».

Jean-Pierre Changeux aimerait « ainsi rayer » du vocabulaire le terme d'intelligence : « s'il existe un terme à rayer du vocabulaire, c'est bien celui d'intelligence ... » (Le Monde-Dimanche du 31 octobre 1982)[80]. Si René Zazzo est d'accord avec l'affirmation de Changeux, ce n'est pas pour les mêmes raisons. « Mais, on ne supprime que ce qu'on remplace ».

Or, Yves Richez à la lumière des écarts entre la culture occidentale et la culture chinoise où la notion d'intelligence n'existe pas, il « a ainsi rebaptisé la notion d’intelligence et de talent par MOON (MOde Opératoire Naturel). Cela a pour avantage d’éviter l’amalgame avec ce que le terme implique comme « idée » dans notre culture occidentale, un ensemble de catégories mesurables et quantifiables. »[81]

Pour Henri Wallon, « on ne saurait distinguer l'intelligence de ses opérations » selon la formulation d'Émile Jalley résumant Principe de psychologie appliquée (1930) de Wallon[82].

Si on cherche à « rayer du vocabulaire le terme tout nu, tout cru, d'intelligence, c'est que, signifiant trop, il ne signifie ren. Il faut déchirer l'étiquette pour découvrir tous les objets qu'elle recouvre. Et depuis les débuts de ce siècle les découvertes sont nombreuses :

  • l'intelligence globale ou mosaïque évaluée par l'échelle métrique de Binet,
  • le facteur « général » mis en évidence par Spearman au moyen de l'analyse mathématique dite « équation tétrade »,
  • l'intelligence des situations décrite par Wallon,
  • les structures d'adaptation sensori-motrices, opératoires, hypothético-déductives analysées par Piaget,
  • la pensée divergente ou créativité
  • l'humour,
  • l'intelligence rusée (Mètis)
  • ... etc. ...

Sans parler de la mise en œuvre de ces « objets » par chacun de nous en sa vie quotidienne. Car il ne suffit pas de posséder telle « intelligence » et telle autre, il faut encore savoir s'en servir. Être intelligent, c'est utiliser au bon moment et convenablement les moyens dont on dispose. c'est la « réalisation » qui compte, pour rependre une notion et une hypothèse développés il y a quelques années par Reuchlin. »[83]

En effet selon Yves Richez :

« L’observation et l’étude tendent à montrer que le mot intelligence exprime la manière (mode opératoire) dont une espèce vivante utilise une ou partie de son corps pour saisir un objet afin de réaliser une opération locale ou processive en vue d’un résultat escompté. »[84].

Ainsi

-|| L'intelligence ne peut se réduire au cerveau, ni à l'activité cognitive. ||-

Bianka Zazzo a obtenu expérimentalement

« un meilleur rendement des fonctions cognitives par l'intervention de facteurs non-cognitifs : capacités de mobilisation, de concentration, d'organisation, de contrôle. »[85][86]

Dès lors, l'intelligence ne peut-être résumer à la citation apocryphe de Binet : « L'intelligence, c'est ce que mesure mon test ».

« La formule est risible, effectivement parce qu'elle apparaît comme une définition circulaire : je définis l'intelligence par le test, et le test par l'intelligence. En fait sous son apparence débile, la démarche de Binet fut un coup de génie : c'est elle qui a brisé le cercle des sempiternelles médiations sur l'intelligence où le philosophe retrouvait à l'arrivée, en une définition bien léchée, ce qu'il pensait déjà plus ou moins clairement au départ. »[87]

Certains chercheurs comme Jean-Pierre changeux ou Yves Richez rejettent la mesure soit la quantification à cause de « l'illusion des mots [comme débilité, intelligence ou haut-potentiel] renforcée par la caution d'un chiffre » [88].

Cependant, René Zazzo montrent qu'

« ils n'ont pas appris, ou pas compris que « la quantité est toujours la quantité d'une certaine qualité » selon la formule de Paul Guillaume  (1942). Que les procédures de quantification varient selon la qualité à évaluer, qu'elles ne se réduisent pas aux seules règles de l'arithmétique. Que pour certaine qualités, deux fois  deux ne font pas quatre. Et pourtant, dès le début du siècle, Binet expliquait et illustrait cette vérité à propos du développement mental. » [89]

René Zazzo sait également identifié « une dizaines « d'intelligences » au moins dont chacune est définie par sa fonction, son fonctionnement et ces œuvres ». Yves Richez a mis à jours 10 Modes opératoires naturels (MOON) dont 20 composantes cœurs.

Cependant, « il est à souligner que la plupart des objets identifiés (le test de Binet est une exception remarquable) relèvent d'une façon ou d'une autre de la logique et du raisonnement : c'est sans doute que la tendance naturelle du psychologue était d'aborder logiquement ce qu'est l'intelligence. » [90]

Logique et raisonnement sont vus comme l'excellence du processus d'adaptation. Or, comme Zazzo le confirme le raisonnement n'est pas l'adaptation.

Par ailleurs, pour Yves Richez,

« Raisonner n’est pas réfléchir, le premier peut se contenter de mettre en ligne une chaîne d’idées organisée selon une modalité propre, là où réfléchir implique une modalité opératoire dont l’activité est de chercher, organiser, classer, enchaîner, mailler, “souder” des “idées” entre elles (tel l’élaboration du puzzle) » [91]

Ce que les tests d'intelligence dont le QI mesurent en définitif appartiennent à l'ordre de l'« intelligence logique » soit le raisonnement. Les tests de Qi sont totalement incompétents pour mettre en avant l'« intelligence quotidienne », la ruse (Mètis), la créativité et l'humour entre autres objets. Certes, ils existent d'autres tests dont ceux de « caractères », de « personnalité »... . Mais, les tests ont toujours comme base l'ontologie soit la mesure de l'Être en occultant le Procès.

Contrairement à ce que croient les neuro-cognitivistes à travers leurs statistiques biaisées, il n'y a pas de corrélation entre Quotient intellectuel (Être) et facilité d'apprentissage (Procès) comme le découvre Zazzo en 1945 et 1946 avec le cas de Josiane, 12 ans, ayant une incapacité à apprendre à lire et à écrire malgré un Qi de 120 soit seulement 10 point en dessous de l'ordre des Haut-Potentiels.

Pour voir l'intelligence en action

=> Jalley, E. (2014). L'encyclopédisme dialectique dans la psychologie d'Henri Wallon (p. 335-6, chap 9, pg 4.2) in Louis Althusser et quelques autres (Note de cours 1958-1959). L'Harmattan.

« La question de la mesure des aptitudes a toujours été l'une des plus difficiles au double point de vue technique et théorique de l'histoire de la méthodologie et de l'épistémologie en psychologie.

Les problèmes qui s'y posent sont en réalité des problèmes philosophiques, touchant les rapport de la qualité à la quantité (Hegel, Marx, Bergson), qui n'ont jamais été clairement résolus.

Wallon y déploie une remarquable perspicacité de même qu'un impressionnant esprit de synthèse.

« Une aptitude n'est pas autre chose que de pouvoir satisfaire, dans des conditions déterminées à un test choisi ... Manifestement apparentée à la psychologie du comportement, la méthode des test n'en a pourtant pas été déduite, mais à pour origine directe des problèmes pratiques.»

La méthode de Binet et Simon (1905, 1908, 1911) n'a cessé de se développer par « une dialectique toute expérimentale », de manière d'abord « purement empirique ».

Cette méthode apparait 'à l'inverse' [du particulier au général] de l'usage des tests par les aliénistes adeptes de l' « ancienne psychologie ». Cependant, tels praticiens de la psychométrie agissent encore de même en identifiant une fois pour toutes un test à une aptitude correspondante.

_

Dès l'origine, la méthode de Binet-Simon exprime une « tendance à confondre l'opportunité avec les principes ».

A cette époque,

« la psychologie, qui, pour être scientifique, s'attachait à la technique, ne savait qu'adopter l'idéologie de la psychologie [introspective] dont elle répudiait le plus les méthodes ».

En psychologie,

« entre l'objet à mesurer et la mesure, il faut choisir, Si c'est elle qui l'emporte dans l'esprit du chercheur, il saura seulement dire de l'objet qu'il est conforme ou non. Sa connaissance sera donc ou purement négative, pour l'objet auquel la mesure ne convient pas, ou strictement réduite pour les autres, à ce que la définition de la mesure peut contenir de positif ».

L'universalité des tests de B.-S. ne résistait pas en fait à un léger décalage de latitude ou de milieu. Le remplacement des tests verbaux n'a pas complétements réussi à supprimer ces différences.

Il serait « chimérique de chercher une opération intellectuelle sans objet [Note : thèse des mécanismes de la mémoire], et un objet intellectuel sans lien avec une société particulière. On ne saurait distinguer l'intelligence de ses opérations. »

Avec le postulat de l'équivalence entre l'âge et l'intelligence, du développement parallèle de l'individu et de l'être intellectuel, « l'activité intellectuelle pure se trouve comme immobilisée dans l'intelligence-substance... distincte de toutes les variations que lui font subir ses objets différents et le milieu ».

Il a fallu s'affranchir de ce « réalisme métaphysique » par l'étude « des affinités ou des antagonismes » qui font voir l'intelligence en action » »

33_ De l'individuation à la personnalisation

La connaissance de notre soi personnel

a_ Intro à la spiritualité

a1_ Préliminaire

« La compétence, toujours amalgamée avec les trois savoirs (dire, être et faire) élaborés dans les années 70, reste le pilier intellectuel actuel. Cela revient, si l’on prend en exemple l’évolution de l’humanité, à continuer d'utiliser la bougie alors que l’électricité existe.

Car l’incompétence de la compétence se constate au quotidien. Une compétence, en tant que mode opératoire intentionnel, s’observe, s’évalue (appréciation d’écart), se reproduit, s’améliore : ce n’est pas un savoir, c’est-à-dire une représentation conceptuelle arrêtée sur elle-même. Le psychopathe « a » du savoir-être, du savoir-dire et du savoir-faire, mais il ne déploie pas de modes opératoires naturels de type empathiques.

Le CV ne montre rien »[92]

En préliminaire à la suite de cette citation d'Yves Richez, voici une de ses entrevues vidéos réalisées le 13 novembre 2019 : Modes opératoires naturelles et nouvelles compétences. Elle met en avant l'origine du Savoir-Être, Savoir-Dire et Savoir-Faire ainsi que leur critique d'esprit.

Cette vidéo se consilie sans la connaître auparavant au tableau ci-dessous sur « les 3 démarches heuristiques de la connaissance du soi personnel » avec :

  • Démarche ontologique : Savoir dire et Savoir être => logos, noumène
  • Démarche pragmatique : Savoir faire => technè

Ce tableau a été réalisé selon une « intuition active » du réel concret (par rejet spontané de l' « intuition spéculative » de l'idée créatrice et simulatrice).

Cette intuition active du réel :

  • émerge de l' « expérience » (John Dewey) selon les « centres d'intérêt » (Ovide Decroly) soit du « milieu » prolétaire (Médiapost, précarité : Employé de Vie Scolaire ...), scientifique (UFR Science de la Terre) et éducatif (ESPE ENEDU/CPE, Encadrement éducatif/Conseiller principal d'éducation). Le « milieu » est représenté selon les termes d'Henri Wallon et Yves Richez par cette dynamique :
« situation / configuration < échange / (affectivité.utilité) > actions impliquées / potentialisation » soit selon le chapitre 1.1 : « espace-temps < adaptation > conscience » (S.L).;

Ce cheminement a conduit à la découverte d'une nouvelle formation sociologique et idéologique qu'est le « communisme individuant » caractérisé par la dynamique « communalisme moderne (AZ) <> modernisme commun (KM) ».

La théorie AZ/KM ouvre de nouvelles voies de développement au communisme intégrale dans/selon sa diversité culturelle et sociale où la personne n'est plus aliénée ni à la nature, ni à une transcendance, ni à la communauté, ni à une machine.

a2_ De l'Amour

La seule aliénation qui fait foi est celle à l'être aimé.

L'Amour malgré toutes ses « ambivalences »[93] de passion et de haine, de calme intérieur et de stress, d'angoisse et d'excitation, de rejet et d'attraction, de joie et de tristesse, de peur et de désir, des regards étincellants et des yeux de foudres, de sadisme (souffrance sympathique) et masochisme (jaloux authentique)[94]... conduisant parfois à des « drames » psychologiques (Lev Vygotski) et des tragédies est aussi à la fois une aliénation à l'être aimé et une émancipation de soi. Contrairement au Sexe qui est individuel pouvant se passer de l'autre, l'Amour quant à lui - tant détesté par les gauchistes et libéraux au nom de la liberté sexuelle - est par excellence un mouvement collectif « extraordinaire » entre deux personnes bien que singulier.

Pour citer Le Choc amoureux de Franscesco Alberoni :

« Tomber amoureux n'est ni un phénomène quotidien, ni une sublimation de la sexualité, ni un caprice de l'imagination. Ce n'est pas non plus un phénomène ‘sui generis’ ineffable, divin ou diabolique. Ce phénomène peut cependant se classer dans une catégorie déjà connue, celle des mouvements collectifs. »[95]

Si il y a déchirement sentimental après les turbulences de la spirale de l'Amour, comme le rappelle Henri Wallon dans la Vie Mentale (?), il en reste toujours quelques choses qui peut s'actualiser malgré les sabotages, les facteur de trahison, les contre-révolutions, les haines et douleurs vécus dans le malstroem du choc amoureux et d'une tragédie. Dans tous les cas de séparation ou de liaision, il y a une rupture dialectique de discontinuité-continuité marqué par une maturité soit un état supérieur de la personne. La crise inter-individuelle fut ainsi un processus de maturation qui peut-être soit positive, soit négative.

Celui qui aime, qui désire être aimé en retour, se pose d'innombrables questions, car il sait que la passion, la jalousie, les rêves, les idéaux, l'érotisme et l'amour peuvent rendre sa vie merveilleuse ou la transformer en un enfer. Les gestes qui nous rendent heureux ou les mots qui nous jettent dans le désespoir viennent d'un très petit nombre d'êtres humains avec qui nous sommes liés d'une façon intense et essentielle. [96]

L'amoureux/euse est apriori rarement vainqueur. L'être aimé va préfèrer un rival « plus brillant, plus populaire, et qui saura la faire rire et l'amuser » (tentaculaire, autonome) où elle/il se sentira protéger (pragmatisme). « L'amour rend en effet timide et respectueux ». On oublie que « l'amour pur, désintéressé, sincère, ne suffit pas à susciter l'intérêt de celui qu'on aime. » [97]. Cependant,

« L'érotisme n'est pas, en général, simple pulsion, pure sexualité et puis fantasme ; il est aussi attention, préparation, apprentissages. »[98].

D'ailleurs, la sexualité ordinaire s'annihile lors de l'énamourement. Et en même temps, le corps se transforme naturellement sans intervention (cheveux qui se bouclent, perte de poid, yeux brillant, immunité se renforce ...), des fièvres froides sans raison biologique apparaîssent (augmentation de la température jusqu'à 40°C), un manque se fait ressentir... . Mais, quand il y a prise de conscience quand le corps est des plus faible, la sexualité redémarre honteusement de manière très puissante. On rentre dans l' « extraordinaire ». Ce processus se réalise quand bien même si il a séparation suite aux dilemnes et déchirement de l'amitié amoureuse. Le merveilleux en devient dans ce cas l'enfer.

Ainsi, la recherche spirituelle de bien-vivre d'une démarche dialectique est justement l'Amour avec un grand A comme authentique malgré ses ambivalences mais aussi ses contraintes/luttes/pressions de classes et individuelles, ses sabotages, ses contre-révolutions et ses facteurs de trahison.

a3_ L'intelligence sociale et émotionnelle

On peut supputer que cette partie rentre dans l'idée de l' « intelligence spirituelle ou existentielle » de la théorie pragmatique des intelligences multiples d'Howard Gardner. Elle pourrait rentrer également dans le cadre de l'existentialisme du dialecticien Jean-Paul Sartre.

L'« intelligence sociale » incommensurale - mais matériellement évaluable - dont fait partie la logic complex d'Alexandre Zinoviev(cf chap 3.6 de la partie 3 12_.) s'oppose à l'« intelligence logique » logique du neuro-cognitivisme mesurable - mais idéellement surestimée.

« Cette intelligence de la relation interpersonnelle » est appréhendé par René Zazzo comme « une intelligence des situations fondées sur l'autre » et « une finesse des rapport avec autrui ». Elle est mise en avant notamment dans son étude sur la « connerie »[99].

Ainisi, l'intelligence sociale est :

« capacité à saisir les caractéristiques de la situation, à comprendre les intentions et surtout les émotions de l'autre [empathie], à les prendre en compte dans la régulation de ses propres conduites ; [...]; [si l'un ne va pas sans l'autre], cela va bien au-delà de la seule capacité à se mettre du point de vue d'autrui [assertivité] que Zazzo considérait aussi et à propos de laquelle il remarquait joliment que son absence chez le con lui donne, par définition, la non conscience de l'être.[100]

De ce fait, l'intelligence sociale se consilie au mode opératoire naturel interpersonnel d'Yves Rcihez. Cependant, on observe que les modes opératoires naturels intra et interpersonnels se déploient mutuellement.

Si Howard Gardner amalgame l'intelligence (cognition) et le caractère (affectivité) de la « personnalité (Henri Wallon), on connait leur rapport dialectique. Il est mis en lumière par les modes opératoires naturels qui usent de l'émotion « tonus <> énergie » pour se déployer vers la sociabilité d'une part et la socialisation d'autre part. Ce sont les Mo.O.N. intrapersonnel (autonome <> assertivité) et Mo.O.N. interpersonnel (empathie <> interactionnel).

Les antagonistes générant la dynamique « intrapersonnel <> interpersonnel » forment l'« intelligence émotionnelle ».

L'intelligence émotionnelle est selon Mayer et Salovey (1997) :

« l’habileté à percevoir [empathie, appréhension] et à exprimer [autonome, pragmatique] les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions [assertivité, appréhension], ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres [interactionnel, pragmatique] ».

Or, d'un point de vue de la psychologie complexe, suite à un drame comme une rupture sentimentale ou suite à une tragégie comme la perte d'un proche dans un un accident ou une guerre, les personnes ne montrent pas le même « profil ». Une pression externe ne fait qu'exacerber un processus naturel jusqu'à la distorde à l'extrème.

  • Chez les personnes de nature autonome, la force émotionnelle leur permet d'aller de l'avant les faisant voir comme ayant de la volonté, de la persévérance, du dynamisme, de l'extraversion, un fort estime de soi... . C'est le cas de Winston Churchill dans la guerre et de Tiger Wood dans une compétition. Ce qui exsude l'aspect interactionnel du Mo.O.N. interpersonnel. Cependant, quand la force émotionnelle générée par cette pression externe extrême s'épuise, la tendance du tonus va à la dépression. Ils ont donc un besoin d'hyperactivité pour se reconstruire malgré les blessures.
En Résumé : la sociabilité autonome actualise l'interaction sociale <=> socialisation pragmatique marquée par une sociablité intellectuelle (cognitive), une socialisation différenciée, une logique mathématique (stricte, abstraite, intellectualiste), une émotionnalité centrifuge/extériorisée... afin de trouver un équilibre postural par une fuite permanente des conflits psycho-sociaux et un déni des conflits socio-psychologiques. 

=> C'est le stéréotype du « surdoué » de Lewis Terman, prosélyte du culte du surdoué du prophète Francis Galton[101]. On dit aujourd'hui « précoce » pour les enfants diagnostiqués « haut-potentiel » (QI>130 test jalonné selon l'âge) comme une maladie ou un trouble.

=> C'est le stéréotype des personnes « résiliente » et « entreprenante ».

=> C'est le stéréotype recherché et mis en valeur par le test sur l'estime de soi de Moris Rosenberg (testez) et l'échelle de sentiment d'efficacité personnelle (« self-efficacy ») de Ralf Schwarzer et Matthias Jerusalem ([testez) d'après le concept d'Albert Bandura.

=> ... etc ...

Selon une surdouée, « le caractère qui permet la réussite : ambition, volonté, persévérance, activité débordante et surtout, essentielle : la confiance en soi. » Or, C'est la caractéristique d'une personne ayant une force émotionnelle centrifuge c'est-à-dire capable d'extérioriser les émotions. Ce qui permet d'épuiser cette énergies dans des intérêts personnels. Ce sont des personnes autonomes et interactionnelles soit « sur-adaptées » à la société capitaliste qui ne demande que ces types de profils. Ils ont ainsi un savoir vivre développé mais sont incapables d'appréhender leur situation social sauf pas des explications spiritualistes (psychologisante) et technoscientistes (biologisante).

  • Chez des personnes de nature empathique, la force émotionnelle leur brise le corp et le transforme. Cela génère un état d'excitation ou de dépression les faisant voir comme stresser, maladroit, sans volonté, non persévérant, hypersensible, introverti, fainéant, ayant un faible estime de soi ... et voir même troublé selon le charlatanesque DSM, manuel US de diagnostique et statistique des troubles mentaux. Cette pression extrême exacerbe à l'extrême l'attention et motive l'aspect assertif du Mo.O.N. intrapersonnel afin d'appréhender le syncrétisme entourant le drame et son entourage. Quand les forces s'épuisent c'est un vide intérieur et le regard triste.
En Résumé : la sociabilité empathique actualise l'assertivité sociale <=> socialisation par appréhension marquée par une sociablité fusionnelle (affective), une socialisation syncrétique, une logique complexe (diffuse, générale, naturaliste), une émotionnalité centripète/intériorisée... afin de dompter les conflits bio-psycho-sociologiques et de s'en servir pour ne plus en être aliénés. 

=> C'est le stéréoype du « cancre » comme le fut à l'école Charles Darwin avant de trouver la configuration adéquate au déploiement du mode opératoire naturel naturaliste.

=> C'est le stéréotype des personnes « timides » et « recluses »

=> ... etc ...

b_ 3 types de démarches heuristiques

Démarches ontologiques Démarches pragmatiques Démarches dialectiques
Objectif recherche du savoir faire dans/par le savoir être/dire recherche de l'efficacité de soi dans/par l'action technique recherche de soi en opérant dans/par/sur le milieu
Jugement pré-jugement apriorique stéréotypé

Apprécier

de l'abstrait pensé au concret pensé

méthode spiritualiste et intellectualiste

abstraction idéelle

jugement de valeur

Mesurer

du concret pensé à l'abstrait pensé

méthode géométrique, numérique et de laboratoire

modélisation

jugement logique complexe

Évaluer

du concret pensé au concret réel méthode du passage de l'abstrait au concret

« abstraction < évaluation > modélisation »

Pratiques


et


Pédagogie

maïeutisme

platonicisme

mentalisme

comportementalisme

...

.

> écoute (phonétique), méditation, intuition/création spéculative (extrapolation, corrélation, abstrait), interaction, ...

.

Soit :

.

Voir, S'entendre, Parler, Dialoguer, Raisonner, Figer, Déconstruire, Créer ...

taylorisme

cognitivisme,

sport (P. De Courbertin),

travail (activité forcée),

...

.

> automatisation mécanique, performance kinesthésique et rythmique, abstraite et technique/pragmatique, invention/extrapolation...

.

Soit :

.

Voir, Automatiser, Mesurer, Rationaliser, Modéliser, Fixer, Changer, Artificialiser, Simuler ...

méthode globale

théorie C.U.P.

psychologie complexe,

éd. physique (P. Grousset)

...

.

> contemplation (émulation, naturalisme), intuition/découverte active (corrélation, général), figuration ...

.

Soit :

.

Observer, Questionner, Découvrir, Représenter, Transformer, Potentialiser, Imaginer ...

Test Profilage de l'image de soi et définition intuitive de la personnalité


trait de personnalité, trait de caractère

test de mesure a priori : compétition, test d'habilité technique, QI, ...


test = intelligence, intelligence = statistique = hiérarchie et sélection.

évaluation des habilités dans son environnements


dynamique « caractère < personnalité > intelligence »

Psychologie mise sous tension du tonus de l'apprenant

.

.

« Rester dans sa zone de confort c'est exister en sortir c'est vivre » ...

.

=> se conformer psychologiquement et physiquement à l'image de la fonction

exploitation de l'énergie émotionnelle pour réaliser un objectif matérielle

.

.

« Pas de vie sans effort », « le don est innée » « l'émotion est irrationnelle » ...

.

=> se soumettre à la technique ou à la machine et au communalisme de pouvoir et d'administration[102]

harmonisation de l'émotion « tonus <> énergie »

.

.

« pas de raison sans émotion », « effort <> confort » ...

.

=> émancipation du corps et de l'esprit. aliénation à l'être aime et émancipation de soi.

Conséquences

bio-psycho-socio

Pour le coordinateur[103] :
  • - : sadisme (stimuli-réaction), manipulation, charlatanisme...
  • + : accoucheur d'esprit, relation social ...


Pour les subordonnés[104] :

  • masochisme, épuisement psychologique (pleurs, malaise, suicide...) pour les uns
  • rébellion, booste pour les autres (autonome, tentaculaire)
Pour le coordinateur :
  • - : sado-masochisme, pervers-narcissisme, égocentrisme ...
  • + : coatching, relation professionnelle, ...


Pour les subordonnés :

  • fatigue corporelle (usures) pour les uns

.

.

  • et/ou booste pour les autres (interactionnel)
Pour le coordinateur :
  • - : sacrifice, abnégation, isolement, individualisme ...
  • + : altruisme, empathie, tranquilité, communisme ...


Pour les subordonnées :

  • savoir vivre pour les uns : autonome, tentaculaire ...

.

  • émotionel pour les autres : empathie, multiple ...
Visions résultantes Spiritualisme ou idéalisme

=> démarche psychologisante

-

  • On met l'être comme absolu au CENTRE de la communauté
  • L'être social obéit/s'aliène au système de l'être absolu
  • Religion de l'être, Ontologie

+

  • Dialectique intuitive et spéculative
  • Rationalisme - Doute
Technocientisme ou stakhanovisme

=> démarche biologisante

-

  • On substitue l'être absolu à la machine et à la technique
  • L'être social se soumet/s'adapte à la machine.
  • Capitalisme, Sociéte sous pression

+

  • Technique, Mathématique, ingénierie ... etc ...
  • Réalisme, scepticisme
Communisme individuant

=> démarche bio-psycho-socio

.

  • On apporte un projet AUTOUR de l'être social
  • La personne est au service du système sans être aliéné


=> matérialisme dialectique

  • Science
  • Critique de l'esprit, doute
Spiritualité recherchée BIEN-ÊTRE

=> Le Beau/ Le Parfait

BIEN-FAIRE SELON LA NORME

=> La Performance/La Supériorité

BIEN-VIVRE

=> L'indifférence/La vie

c_Corrélation entre spiritualités et classes, et contradiction

c1_ Bien-Être

c'est la vision spiritualiste ou idéaliste de la spiritualité en accord avec la pensée d'ancien régime (noblesse-clergé : cf Mère Teressa ci-dessous in Prélude à la personnalité) ou anarchiste (petit-bourgeois : proudhonnienne avec sa vision d'une France des marchés de bourgs à la Jean-Pierre Pernault; Bakouninienne avec une vision champêtre selon un collectivisme féodal idéalisé).

Mais, on y occulte les contradictions internes dûes aux luttes individuelles d'ascension et perpétuation sociale conduisant à une morbidité sociale suite aux pressions externes générées par la lutte des classes avec la bourgeoisie capitaliste créant un facteur de trahison à l'interne. Les personnes tombent dans un malaise et un mal-être psychologique qui peut aller jusqu'au suicide. C'est le cas des paysans du XXI qui ont perdu leur « garantie individuelle »[105] dans la mondialisation qui les aliéne au capitalisme soit à l'Empire US, à la finance, à l'industrie chimique et agro-alimentaire, et à la grande distribution.

La grande noblesse, autonome et interactionnelle, a cependant trouvé la solution à la perpétuation de son bien-être en se mariant avec le grand capital dès les années 1880. Cette dynamique « traditionalisme <> capitalisme » (1880-1945, 1984-2019) est la dynamique fascisante d'une société impérialiste contemporaine. Ils ont préférés par égocentrisme la guerre civile mondialisée (1618-1648, 1789-1815, 1914-1952, 1952-1984) générant des centaines de millions de mort au suicide altruiste de leur classe en fin de règne historique. Malgré tout, l'Ancien Régime s'est éteint définitivement en 1984. L'aspect capitaliste du fascisme a pris le dessus sur un néo-traditionalisme jusqu'au prochain Moyen-Âge et une nouvelle crise historique.

Les opposés que sont l'Être et la Mesure s'amalgament jusqu'à former une dialogique soit des compléments sans possibilité de dépassement mutuelle de l'un et de l'une. Il n'y a plus de devenir. C'est le fin de l'Histoire de Francis Fukuyama.

Le « Moi » et le « Savoir-Être » se confondent ainsi avec le « Je » et le « Savoir-Faire ». 

La petit-bourgeoisie manageriale insiste à s'y conformer afin de mettre en accord l'« image de soi » avec le métier. Dans ce cas où l'Être prime sur les aptitudes (Henri Wallon) / les modes opératoires naturel (Yves Richez) l'habit fait le moine. Et de la même manière d'un point de vue spiritualiste le « verbe est dieu » (phonétisme, syllabisme, éloquence ...etc). Pour eux, le bien-être et donc le bien-faire passe par l'écoute du maître et le parler bien soit par la conformité dont à la logique.

c2_ Bien-Faire

C'est la vision techoscientiste de la spiritualité en accord avec la pensée bourgeoise et des sociétés communalistes sous pressions externes.

Cela rentre en opposition avec le réel occulté et l'idéologie inculquée. En effet, c'est le prolétariat d'un côté et le soviet post-Staline de l'autre qui font tout le travail pour le « changement » de la société selon la vision du monde de la sphère communaliste de pouvoir et d'administration. Changer n'est pas transformer mais figer. Ce qui génère une contradiction avec les forces de travail (nature et travailleurs) qui s'épuisent et les discours positivistes fictives (marxisme-léninisme, libéralisme) - pas même utopique, ni imaginaire - d'avenir radieuse.

En occident, cette contradiction est à l'origine de la lutte des classes entre la sphère communaliste du privé de la propriété des moyens de production et la sphère professionnelle en émergence. Dans les sociétés communalistes, cela génère une lutte individuelle dans l'ascension des positions sociales ou la préservation des situations sociales. On a ainsi globalement une dégradation de la société et de la nature, puis une négation du Bien-Faire comme on le constate avec l'obsolescence programmé et les produits « made in ».

Les divisions du travail et les révolutions techniques (néolithique, agricole, idustrielle, informatique) conduisent à faire disparaître le Savoir-Faire individuel (amalgamé au Bien-Être) au profit d'un Savoir-Faire collectif (tendant au Bien-Vivre commun).

c3_ Bien-Vivre

Si le Savoir-Faire tend au Bien-Vivre, il y a cependant spoliation de la conception dialectique de cette spiritualité par la bourgeoisie pour leur propre classe formant une sphère communaliste de pouvoir et d'administration en contradiction avec la sphère professionnelle qu'elle aliène par le privé de la propriété des moyens de production et de services.

Le prolétaire reste donc encore dans la recherche du Bien-Vivre dans/pour leur sphère professionnelle. À défaut de le trouver dans/par son milieu, il tombe dans l'« opium du peuple », la « société du spectacle » et l'« apolitisme » dans la sphère communaliste afin de soulager son corps et à défaut son esprit de l'aliénation du travail. Sa fuite à l'activité forcée qu'est le travail, le fait tomber dans les conceptions ontologiques où le Bien-Être prime sur le Bien-Vivre. Comme pour une bonne sœur sous prosélytisme un joli sourire d'un enfant vivant pieds nus et en guenille dans une décharge nauséabone prime ainsi sur la configuration de vie avec ses dangers sanitaires et sociales. Le bonheur prime sur le vivre. Or « C'est quoi, le bonheur pour vous ?» [106] Tout comme l'être et l'intelligence, le bonheur est une invention greco-latine. La bienveillance est aussi une notion vague. Elle n'est pas la même selon Platon, Épicure, Herbert Spencer, Francis Galton, Aldophe Thier et Hitler, Miss Thatcher, Evo Morales... etc. Dans le monde capitaliste, elle est le « cache-misère de la sélection sociale »[107].

Le bourgeois utilise cependant inconsciemment pour ses enfants une pratique éducative dialectique - empirique pas tout à fait matérialiste mais encore intuitive bien que non mystique mais active - en accord avec la pédagogie sensualiste de Maria Montessori. Le spiritualisme de cette dernière est analogue à celui de la pédagogie élitiste Jésuite. D'ailleurs, l'école active et coopérative du jésuite Pierre Faure s'inspire de la pédagogie Montessori. Mais, cela est en total contradiction avec les démarches purement pragmatiques imposées à la classe laborieuse, à la science et à l'éducation aliénante par l'écoute et l'ordre pour l'élève issu du prolétariat.

Comme sous l'antiquité où les gens ayant des biens incarnaient le Bien, un niveau de vie incarne ainsi un niveau d'être soit un niveau d'intelligence.

Cette interdiction de la dialectique active et processionnelle par la bourgeoisie au prolétariat génère une négation globale du bien-vivre et une radiation du mal-être sociétal et d'une mal-mesure des personnes jusqu'à l'éclatement d'une révolte populaire, voir même d'une Révolution en cas de crise historique.

Ainsi, la haute-bourgeosie qui impose les règles de savoir-vivre selon le savoir-faire par le bien-dire comme le religieux impose le savoir-être selon le bien-faire par le savoir-dire reste dans le déni de la paupérisation de la société que génére leur bienveillance phylanthropique. Ses membres sont incapables d'appréhender l'origine de leur situation et position sociale sauf par des explications erronées selon des points de vue ontologique (spiritualiste et psycholosant) et pragmatique (biologisant et eugéniste).

Or, par expérience et pour citer Alexandre Zinoviev :

« Savoir vivre dans une société et être capable d'en saisir l'essence ont même des tendances à s'exclure réciproquement. Les virtuoses de savoir-vivre (entrepreneurs, arrivistes, roublards et escrocs) sont généralement incapables d'appréhender la nature des mécanismes qu'ils utilisent. Ceux qui le percent à jour révèlent, en revanche, bien peu d'aptitude a se débrouiller dans la vie pratique. »

Très petit aperçu du « caractère » dialectique

a_ Armand Cuvillier : Généralité et historique

=> Cuvillier, A (1995). Cours de Philosophie. Tome 2. Le Livre de Poche (réimprim. Armand Collin, 1954)

a1_ §80. Le caractère et les caractères (p.152-153)

« ... Le caractère [se confondant à la personnalité] se définit alors par la puissance de la volonté et la maîtrise de soi. On l'a parfois opposé, en ce sens à l'intelligence.

[...] Il va de soi cependant que cette opposition n'a rien d'absolu : ...

Mais le mot « caractère » a un autre sens, plus général : ... Mais comment en ce second sens définir le caractère ?

C'est, dit-on,

« l'ensemble des manières habituelles de sentir et de réagir qui distingue d'un individu d'un autre » (Lalande)

ou encore :

« l'ensemble, parfois la synthèse, des dispositions stables d'un individu » (Burloud[108])

Ce dernier auteur va jusqu'à dire :

« Le caractère n'est pas toute la personnalité, mais ce qui la singularise ou l'individualise ».

À ce compte, aucune classification des caractère ne serait possible : car il n'est pas de science singulier, les particulaités de chacun variant à l'infini. p.153 > D'autre ont réservé le nom caractère aux dispositions innées de notre personnalités :

« Par caractère, écrit R. Le Senne, on entennd le noyau de dispositions foncières, reçues de l'hérédité, congénitales, qui constitue la substructure somato-psychologique d'un individu. » et bien souvent l'on ajoute que ce fond innée est immodifiable.

Tout ce qui a été dit dans le présent chapitre, du développement de la personnalité chez l' enfant [cf A.Cuvillier in syncrétisme] et ses « conquêtes » chez l'adulte, nous invite à rejeter cette manière de voir. [En effet],

« Chacun de nous a une histoire qui nous a fait ce que nous sommes » (G. Berger[109])

et il n'y a pas lieu, à notre avis, d'étrécir le sens du mot caractère au point de lui désigner ce que nous aurions été, abstraction faite de cette histoire. Nous n'avons pas à « nous confodre avec notre nature » (Berger) et notre vrai moi n'est pas nécessairement celui de nos instinct (§78). Nous définirons le caractère comme un type de structure psychique, que cette structure soit innée ou acquise.

a2_ §81 La caractérologie (p.153-158)

p.154 >

« ... La Caractérologie[110] a pris une forme plus objective grâce aux enquêtes du psychologue hollandais G. Heyman (1858-1930) et du psychiatre Wiersma, qui ont permis d'établir les types caratériels sur des données chiffrées [par questionnaires][111].

Selon Heymans,

il y aurait deux propriétés fondamentales du caractère : l'émotivité (affectivité) et l'activité. 

À leur tour, ces dispositions peuvent-être

  • primaires, c'est-à-dire spontanées, naturelles, mais fluctuantes;
  • ou bien il y a secondarité, c'est-à-dire retentissement plus profond et plus prolongé, d'où plus de cohérences et d'intégration.

p. 157 > (suite directe à p.154)

De là huit types caractériels : amorphes, apathiques, sanguins (humorale), flegmatiques, nerveux, sentimentaux, colériques, passionnés.

[Mais], cette classification présente un grave défaut. Se fondant sur le principe discutable que le caractère est ce qui « singularise » la personalité dès la naissance, regardant d'autre part avec l'anti-intellectualisme allemand (Klages) le vie intellectuelle comme « parasitaires », elle élimines celle-si des éléments fondamentaux du caractère.

Or, si l'intelligence vise à l'impersonnel, elle est bien cependant, comme le dit R. Maistiaux[112], une « propriété constitutive du caractères ».

  • il existe d'ailleurs des « espèces et variétés d'intelligences » (Mentré);
  • il y a
    • des « esprits logiques » et des « esprits faux » (Paulhan),
    • des esprits « géomètres » et des « esprits fins » (Pascal),
    • des esprits « analytiques » ou « synthétiques » ,
    • et des esprits « intuitids »;
  • Il y a
    • des intelligences qui « cherche l'identique » et dautre qui « soulignent les différences » (Le Senne),
    • des intelligences « concrètes » et des intelligences « abstraites »;
  • Il y a
    • des attentifs et des distraits,
    • des esprits profonds et des esprits superficiels.

D'autres facteurs peuvent intervenir. C'est ainsi qu'aux facteurs distingués par Heyman, Gaston Berger[113] ajoute

  1. deux facteurs complémentaires :
    1. la largeurs du champ de conscience qui tient au plus ou moins grand nombre de représentations qu'un individu peut avoir dans l'esprit à un même moment,
    2. et, la polarité qui réside dans l'opposition du type autoritaire du lutteur (types Mars) et du types séducteurs de celui qui cherche à plaire (type Vénus); une femme peut d'ailleurs être de type Mars (ex: George Sans) et un homme de type vénus (ex : Musset);
  2. quatre « facteurs de tendance » : l'avidité, les intérâtes sensoriels (le Gide des Nourritures terrestres), la tendresse et la passion intellectuelle. Si l'on combinais tous ces facteurs, on arriverait à une classifications évidemment très fragmentée, et d'autre part comme le remarque le même auteur, les différentes composante du caractère peuvent avoir toutes une intensités moyennes. (p.158) »


b_ Aperçu de L'étude du caractère chez l'enfant

3° Psychologie Pédologique. Evolution Psychologique de l'Individu. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 397-427.

PSYCHOLOGIE PÉDOLOGIQUE p. 401

430. - H. WALLON. — L'étude du caractère chez l'enfant. - Revue de l'Enseignement secondaire des jeunes filles. Nlle Série, IV, 1931, p. 211-214, 225-229 et 246-249.

Le caractère se situe à la fois sur le plan organique et sur le plansocial et ne peut être exclusivement défini en fonction de l'un ou de l'autre seulement.

« Essentiellement individuel, il n'existe que par les réactions de l'individu vis-à-vis du milieu ».

Peut-on préciser son étude par des tests ? En réalité « le test risque d'être trop limitatif si l'objet immédiat de la recherche est le sujet dans ce qu'il a de particulier, de personnel et d'intime ».

Les deux points de vue qui s'offrent sont le point de vue génétique et celui du comportement. En réalité les réactions des individus à des situations données fournissent les matériaux pour la détermination du caractère qui se fonde sur une analyse du comportement.

Les schémas de Giese, qui distingue le Je, le Ça, le Toi, comme catégories générales des réactions de l'individu, peuvent utilement s'appliquer à l'enfant, mais avec une adaptation convenable, dont W. esquisse les grandes lignes.

H. P.

c_ Émile Jalley

Extrait du Chapitre 7 de Wallon et Piaget. Pour une critique de la psychologie contemporaine (L’Harmattan, 2006) d'Émile Jalley.[114]

La psychologie qui s'intéresse à l'ensemble des capacités et des activités de contact de l'homme réel est donc « l'étude concrète d'une réalité concrète ». De ce point de vue, l'homme n'est pas tout fait. Il se construit au cours d'un processus de développement, qui élargit et enrichit son unité, à partir d'un double mécanisme de différenciation et d'intégration.

De façon complémentaire, la psychologie se spécifie également comme « caractérologie », ou étude du caractère. En effet, le développement de l'être humain concret détermine la réalisation de son unité sous la forme d'un caractère. La psychogenèse est envisagée avant tout par Wallon, à la différence de Piaget, comme « croissance de la personne, développement proprement personnel, individuel ». A cet égard, Wallon conçoit le caractère comme « la manière habituelle et constante de réagir propre à chaque individu ». En ce sens, le caractère représente « l'indice individuel de chacun », où s'exprime « la totalité de la personne ». Il se définit encore comme « la formule pratique » de la personnalité, le mode particulier de conduites où s'actualise « le sentiment de personnalité ».

Le caractère représente, à côté de l'intelligence, c'est à dire de la composante cognitive, la composante affective de la formation de la personne, dans le contexte de cette triple détermination bio socio psychologique des faits mentaux, dont il a été question plus haut.

C'est dans le cadre des considérations précédentes que Wallon envisage cette « conception activiste de la réalité » comme méritant le nom de dialectique, propos que l’on a déjà mentionné précédemment.

Les considérations que l’on vient de formuler sur le caractère et la personnalité, tout autant qu’une conception dialectique invoquée au titre d’une totalité réelle et concrète, expriment également une perspective incontestablement clinique, bien plus qu’ expérimentaliste, du sujet psychologique. Étant à rappeler que, même si elle est aujourd’hui un peu démodée, il a existé une très riche tradition psychanalytique, remontant à Freud et Abraham en personne, et dont le dernier représentant en France semblerait avoir été Bergeret, centrée justement sur ces notions de caractère et de personnalité.

Au terme de la psychogenèse enfin, « la personnalité, le caractère, la destinée d'un individu sont des ensembles organisés ». Les différents types de caractères étudiés par les méthodes variées de la caractérologie représentent divers systèmes d'équilibre résultant des interactions entre le sujet et son milieu, où interviennent notamment les personnes et les groupes.

Les groupes, les populations au sens technique de l’analyse statistique sont aussi des ensembles auxquels a affaire la psychologie.

Ici se rencontre un problème important concernant la mentalité moderne ayant aujourd’hui cours dans le champ de ce que l’on appelle la psychologie scientifique.

La méthode consistant à restituer le mouvement de l'objet total s’oppose, en méthodologie des sciences à celle fondée sur la définition opérationnelle d'un ensemble restreint de variables indépendantes. La seconde appartient à une tradition de pensée passant par Descartes et Claude Bernard, tandis que la première relève bien plutôt justement du courant de la pensée dialectique depuis Hegel. La psychologie génétique telle que Wallon l'envisage se rattache à cette tradition dialectique, dans la mesure même où elle repose sur une méthode d'analyse des ensembles en mouvement. Le privilège d'une telle méthode exprime lui-même le principe dialectique de la totalité concrète : il n'y a de connaissance que de l'objet total, de l'ensemble exhaustif des variables en inter-action-conflit.


Prélude à la « personnalité » dialectique

Si, il subsiste des écarts moyens et médians entre les individus, il n'y a pas d'écart modal soit de différence d'un point de vue globale. Les études d'Yves Richez montrent que ce que le commun nomme « géni(e) » et les cognitivistes selon les tests d'intelligence nomment « haut-potentiel », « doué(e) » sont en fait à des erreurs catégorielles (cf Le cas de Josiane).

L'écart entre individu est ainsi déterminé par la configuration et plus globalement le « milieu » que l'on peut représenter par cette dynamique :

« situation / configuration < échange / (affectivité.utilité) > actions impliquées / potentialisation » soit selon le chapitre 1.1 : « espace-temps < adaptation > conscience » (S.L).

Nous pouvons lancer l'hypothèse que ces écarts ont pour origine le processus d'individuation bio-psycho-sociologique avec ses interactions génétique et épigénétique. C'est ce qui selon nous fait la personnalité :

« Personnalité : caractère et intelligence. Le caractère s'enracine dans le système tonico-postural réglé par les sensibilités intéro-propioceptives (stade 1). Sa matière est l'affectivité, modulée par l'ambiance humaine (stades 2 et 4) et contrôlée par l'intelligence (stades 3 et 5). L'intelligence, qui dote la conduite de représentations, trouve ses origines dans l'interaction des sensibilités extéroceptives et de l'activité clonique (stade 3). Mais l'imitation ne devient représentation par le biais des attitudes et postures, des expressions émotionnelles, produits des interactions de l'affectivité et de l'entourage (stade 2). D'autre part la représentation ne s'achève que grâce au langage, dont la racine archaïque est l'émotion. »[115]

« ... la personnalité se développe en antithèse avec lui par toute une série de différenciation. Comme on l'a déjà vu, l'enfant part d'un état de syncrétisme, c'est à dire de confusion primitive, qui se manifeste ici : 1° comme un confusion du moi avec le non-moi (égocentrisme de Piaget)) ... ; . 2° comme une confusion du moi avec autrui (« monologue ») ... ; 3° comme une confusion du moi « avec le sujet » au sens philosophique (fabulation) ...; 4° une confusion du moi, en tant que pure existence psychique, avec le « je » (instabilité affective et intellectuelle) ... . » [116]

Par ailleur, cela ne va pas sans l'individuation soit une adaptation spontanée individuelle permettant la différenciation des individus en personne unique malgré les ressemblances structurelles, phénotypiques et génétiques.

Ainsi,

« R.K. Merton[5], en croisant les données empiriques issues d'enquêtes et les conceptualisations logiques » avait construit « cinq types d'adaptation individuelle : 

  • « le conformisme » : l'individu se soumet aux attentes du groupe 
  • « l'innovation » : il accepte les valeurs du groupe mais n'a pas fait sienne les normes sociales et les procédés habituelles ;
  • « le ritualisme »  : il reste figé dans un mode de comportement donné ; 
  • « l'évasion » : il vit en marge de la société ;
  • et « la rébellion » : il conteste et combat les normes sociales.

Ces modes d'adaptation forment autant de styles de vie caractéristiques de certains groupes sociaux »[117]

Si Yves Richez rejette de manière apriori la personnalité à cause de son ontologisation dans le domaine des ressources humaines et du management, le brassage des composantes des Mo.O.N. pourrait ainsi à échéance constituer une base à la notion de la personne et plus profondément de la personnalité dans le cadre des études de Lucien Sève.

On note en effet que si mère Teresa opère selon un Mo.O.N. interpersonnel très efficient, son prosélytisme conduit à annihiler son aspect empathie.  En effet, « la logique de la sainte était de faire de la souffrance un don de Dieu, que le malade devait accepter comme le Christ a accepté la sienne. D'où la quasi-absence d'analgésiques dans sa « Maison des agonisants » qui a frappé de nombreux médecins en visite à Calcutta[118]. ». Mère Teresa souriante raconte lors d'une interview TV son expérience face à une personne en phase terminale d'un cancer dans un hôpital occidental : « Tu souffres comme le Christ sur la croix. Alors, Jésus doit être en train de t'embrasser », lui dit-elle. L'homme souffrant lui réplique : « S'il vous plaît, alors, dites-lui d'arrêter », ajoute-elle au journaliste, sans sembler comprendre l'ironie du malade[118]. Elle n'hésite pas à déclarer « il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance ».

De ce fait, on peut (sup)poser des degrés au sein du MoON interpersonnel : « empathie <> interaction »

De ce point de vue mère Teresa transcende les personnes qui l'entourent mais sans pourtant en appréhender leurs émotions « énergie <> tonus » soit sans « identifier les expressions faciale et attitude mais aussi les différentes réalités »[119] des malades. Son éducation et  son prosélytisme qui l'enferment dans un phonétisme et une vision purement abstraite, la conduit à des gestes et un langage inadaptés à la souffrance d'autrui. L'empathie est la capacité de s'adapter à l'émotion d'autrui puis à « mobiliser en compétence, les comportements et décisions justes et adptées »[119]. Elle en est incapable.

Cependant, si le sujet ne présente pas de pathologie ou de trouble profond l'incapacité naturelle à l'empathie par exemple peut être résolue par la pédagogie.

Par ailleurs Mère Teresa semble aussi plus autonome qu'assertif. Le droit pour elle est celui de Dieu que les autres doivent adopter pour ne plus souffrir. De la même manière que l'empathie, l'assertivité est annihilée par son prosélytisme (Mo.O.N. linguistique type phonétique et Mo.O.N. logico-mathématique type abstrait).

De ce fait on peut supputer que les couples empathie et assertivité, interaction et autonomie, abstrait et phonétique, ... se consilient (sic) de la même manière que les allèles (composantes) d'un ADN (MoON) lors du brassage génétique. Les MoON entre eux ou les composants entre-elles se consilient soit par « corrélation », « par cohérence » ou encore par « combinatoire ».

La notion d'« évaluation » comme « principe d'appréciation d'écart(s)»[120] d'Yves Richez fait référence, même si il rejette ce terme, au « jugement » critique, logique ou théorique tel qu'il est également définit dans sa complexité dans le Manuel (1947) et le Cours (1986/1954) d'Armand Cuvillier. Une authentique évaluation, objective et figurative, n'est pas un jugement moral/de valeur (abstrait pensé), ni la recherche d'un résultat par rationalisation dont la mesure, le jaugeage, le pésage, la notation ... figent pour tout temps et tout moment un point du processus en faisant fi du « modus operandi sous-jacent au prcessus ». L'évaluateur est dans le non-agir jusqu'à l'actualisation du résultat (Validation).

Émile Jalley pense que le terme d' « évaluation » utilisé en « psychologie scientifique » et par le ministère de l'éducation nationale français a été « importé de l'anglais pour remplacer ce qui s'appelait jadis tout simplement jugement de valeur »[121]. Or, sous cette expression « évaluation » se cache en fait la sélection par mesure apriori. C'est ancré dans les programmes sociétaux eugénistes.

Cependant, on ne saurait apriori mesurer ni une individuation, ni une personnalité quand bien même on observe des degrés individuels dans les M.o.O.N. et des écarts entre les personnes.

4_ « Évaluation » sans sélection ou mesure aposteriori

« Entre la sélection et l'orientation, les points de vue sont OPPOSÉS, bien qu'il y ait similitude partielle de procédés. »[122]


41_ L' « orientation » selon Henri Wallon

=> Notes et extrait de Wallon, H (1945). Les principes de l'orientation à l'école et dans les profession. Enseignement et Culture. Union Française Universitaire (conférence du 1er mars 1945); réed. in Bull. Ass. Fr des psychologues Scolaires, 1967, 5, 9-16. BPS; in Henri Wallon (2015), Œuvres 4 (1938-1945) (p. 113) 

« L'orientation n'est pas née d'une fantaisie théorique de certaines personnes qui se seraient dit : il faut orienter les enfants - idées pourtant naturelles - de manière à leur faire trouver l'occupation, la fonction, le métier qui répondra le mieux à leurs aptitudes. L'orientation est née pour ainsi dire en réaction contre la sélection. Dans les rapports de l'homme avec le travail, c'est la sélection qui apparue tout d'abord, et la sélection sous la forme la plus brutale. »

Le taylorisme ou l'émergence de l'orientation

a_ La rationalisation

=> Taylorisme = rationalisation du travail

[cf aussi le temps décimal utilisé par Taylor, les savants de la révolution (calendrier révolutionnaire) et l'administration de l'empire chinoise. Les paysans français et chinois quant à eux utilisent le temps basé sur les cycles terrestres et solaires. Le temps décimal qui allait avec le calendrier révolutionnaire a été rejeté par les paysans car il était inadapté à la vie quotidienne du travail dans les champs.

La rationalisation va ainsi à l'encontre de la nature (dont l'émotion) vue comme irrationnelle. Rationaliser est gérer les ressources naturelles dont humaine par la technique ou les substituer par la technologie.]

=> C'est régler l'homme comme une machine [une horloge] dans l'éducation et le travail

Taylor « avait essayé de régler l'activiter de l'himme à la machine, exactement comme il réglait l'activité de la machine à elle-même. » (p.113)

=> C'est l'automatisation contre l'intellectualisation, la mécanisation contre la socialisation

Taylor « avait établi ... des corrélations pratiques, [par exemple], les sujets les plus intelligents n'étaient pas ceux qui arrivaient le mieux [dans les travaux automatiques]. (p.115)

=> C'est sélectionner les plus compatibles => soit les plus « doués » à la tâche

Son organisation « a l'avait entraîné à une sélection, c'est-à-dire à l'élimination de tous ceux qui ne pouvait pas suivre ce rythme » (p.113)

[Remarque : Des acteurs de la psychologie cognitive et les associations américaines de parents, qui touchent aussi la France depuis les années 2010, sont préoccupés par la « douance » ou la « haute-potentialité ».  Ils cherchent à séparer les enfants qualifiés de Haut-Potentiel par les tests aprioris des autres élèves afin de les introduire dans des écoles spécialisées de sur-doué.e.s (par fanstame du X-men ?!). A contrario, les mêmes prosélytes de l'Evidence-based cherchent à intégrer dans les écoles normales, les « autistes » (sans savoir de quoi vraiment on parle) dont les enfants qui sont fortement intériorisés. En France, il existe le centre TeadyBear dont l'équipe pédagogique est dirigé par Jacqueline Nadel, élève de Zazzo et spécialiste de l' « immittation » inspirée des études d'Henri Wallon. Sa conception de l'autisme semble à contre-courant de celle des cognitivistes : 

À propos des causes possibles de l’autisme, le comportement est traité comme une simple résultante de troubles du fonctionnement cérébral, lui-même à causalité génétique. J’objecterais que l’expérience phénoménologique révélée par le comportement est une cause tout autant qu’une résultante, tant il est vrai que le développement cérébral est tributaire des aspects épigénétiques pour exprimer sa plasticité et que les facteurs génétiques ne s’exprimeraient pas sans expérience. Les troubles du spectre de l’autisme sont développementaux et leurs causes ne sauraient être que la traduction d’une dynamique épigénétique probabiliste entre facteurs génétiques, cérébraux et comportementaux (cf. le modèle développemental tri-factoriel de Gottlieb, 2007)

(Cf aussi associationnisme : comportementalisme, cognitivisme)

b_ Problématiques de la sélection

=> « Que fera-t-on des autres ? »  > Orientation !

>>> Pourquoi orienter ?

  • si « pas doué » alors « incompatibilité » => accident de travail => « primes [d' assurances] plus nombreuse à payer »

« L'orientation n'est pas une opération philanthropique  - tout au moins primitivement. » (p.114)

  • temps d'apprentissage perdu, etc.

Ainsi :

c_ L'orientation professionnelle...

... a été créé d'abord pour des raisons économiques et non humaniste.

  • Orientation a priori des individus incompatibles

=> « pour pouvoir orienter les enfants » : il faut connaître leurs aptitudes (aspect psychologique)
=> Mais, opposition du bourgeois à l'orientation définie par les “aptitudes naturelles” par peur que le « métier pouvait fort bien ne pas être celui que l'ambition des parents rêvait pour l'enfant » = conflit entre intérêt individuel (ambition familiale) et intérêt public.

  • L'orientation ou la rupture philosophique

« Jusque là qu'on faisait de la psychologie de l'homme, on le faisait d'un point de vue strictement, ... spiritualiste. On considérait que l'homme est un individué doué d'intelligence, de volonté, et qu'il constitue un être échappant pour ainsi dire à l'analyse, et que le respect de l'homme exige qu'on laisse son entière autonomie, son entière liberté. 

La méthode des tests et ses limites

« L'orientation professionnelle - utilisant la psychotechnique - a rendu de très grands services - précisément pour la connaissanve de l'homme. Vous savez qu'elle se fonde essentiellement sur ce qu'on appelle des tests.

Le test est une épreuve qui doit être en rapport avec une aptitude pour reconnaître la présence de cette aptitude, et pour la mesurer autant que possible. Donc, le test doit être essentiellement ÉTALONNER »

Soit « règles bien établie » pour le pronostique/diagnostique « fondées sur les calculs de probabilités » :
Détermination : test <=> aptitude déterminé
Contrôle : test <=> résultat escompté
Validité : courbe en cloche

Or,

« dans l'orientation, le test n'est pas tout. Il faut tenir compte de toute une série de conditions, parce qu'un métier n'est pas seulement un certain rendement à certain moment, mais l'organisation de toute une vie. »

Métier est fonction de :

=> l'état physiologique
=> le caractère/goût

Ainsi, il faut :

=> analyser les métiers - connaître les professions et métiers
=> connaître l'individu
=> décloisonner les domaines afin de ne pas enchaîner une aptitude à un métier unique puisqu'une aptitude est valable à moult métiers.

  • Orientation a posteriori de la personne :

« Vous voyez immédiatement l'intérêt de cette étude. Intérêt d'abord de reclassement des ouvriers dans le cas où il y un chômage dans une branche d'industrie, mais surtout intérêt pour l'orienteur à se trouver à propos d'un même enfant présentant des aptitudes déterminées, en présence de plusieurs possibilités car alors son avis ne sera pas limitatif, mais pourra tenir compte de contingences telles que le caractère de l'enfant, le désir de sa famille, sa santé physique, etc... .

Nous aurions tout intérêt, tout avantage à faire cette analyse des métiers, de manière ne plus à classer les enfants par métiers, mais à classer les métiers et les branches de métiers par les aptitudes que chacun requiert.

il y aurait ainsi des recoupement très important entre les métiers qu'actuellement nous considérons comme essentiellement différents les uns des autres ».

  • Stratégie :
  1. Analyse de l'enfant et des professions
  2. Centre orientation <=> centre d'apprentissage
  3. Diagnostique et indication de l'enfant, réussites et échec, fluctuations (caractère de l'enfant, désir, santé physique, etc...)
  4. Connaître le PASSÉ
  • Problématique pour l'orientation dans l'enseignement général :

« Échappe à l'orientation professionnelle tous ceux dont les études ne se terminent pas à quatorze ans, et en particulier ceux qui ont été acheminés vers l'enseignement secondaire et les études supérieures.

Les orienteur ont tout intérêt, je crois - j'en suis sûr même - à connaître autant que possible l'évolution intellectuelle de l'enfant antérieurement »

42_ En pédagogie

  • De l'utilisation et adaptation des tests Binet par Ovide Decroly et Amélie Hamaïde
  • Les conseillers d'orientation et la psychologie scolaire chez Henri Wallon
  • René Zazzo ou la nouvelle échelle métrique de l'intelligence

Les tests mentaux à l'école

=> Wallon, H., (1950). Préface. In H. Luccioni, les tests mentaux à l'école (p.7-10), Alger, Groupe Algérien d'Éducation nouvelle. In Émile Jallet, Henri Wallon, Œuvres 4 (1938-1950) (p.434-436).

p.434 > « Une connaissance approfondie de l'enfant est nécessaire à l'éducateur. Une des conditions est d'être aussi précise que possible. C'est à quoi tendent les tests dont le but est de chiffrer le niveau intellectuelle de l'enfant ou celui de ses aptitudes.

En publiant ce travail M. Luccioni, le Groupe Algérien d'Éducation nouvelle entend contribuer et la divulgation d'un instrument précieux. On y retrouvera sous une forme condensée l'exposé de quelques tests où batteries de test parmi les plus utilisés et les plus utilisables.

En première ligne les tests de Binet et Simon, qui ont été l'initiateur, sinon des tests eux-même, du moins de leur utilisation pour mesurer l'intelligence des enfants. Ce sont des tests d'intelligence globale qui veulent envisager l'intelligence dans son ensemble, mais en fait qui s'adressent surtout à l'intelligence verbale. Ainsi en a-t-on imaginé d'autres, appelé par Decroly tests de performance, qui veulent mettre en évidence les capacités pratiques e l'intelligence. Telle est la batterie des tests rassemblés par Grace Arthur. Enfin certaines activités particulières, le dessin par exemple, convenablement analysées dans leurs résultats, peuvent donner lieu à des systèmes de références qui permettront également d'apprécier l'intelligence, pas seulement d'ailleurs selon son niveau, mais aussi selon ses différences qualitatives.

Deux possibilités sont en effet en présence :

  1. ou bien l'intelligence considérée comme un tout et comme une homogénéité fondamentale [école réformiste],
  2. ou l'intelligence étudiée dans la diversité des ses manifestations [école radicale].

ce sont là deux conception qui se sont opposées et un thème de recherche qui a déjà donné lien de nombreux travaux. »

p 435 > « Pratiquement, il y a passage fréquent, d'un point de vue à l'autre, mais aussi des confusions d'où résultent parfois des affirmations singulières par empiétement de l'un sur l'autre. En fait, ils n'ont rien d'une définition absolue, statistique. Il y a des moments où l'un peut être suffisant, mais il ne saurait servir de norme définitive? Il peut y avoir un âge où le développement de l'intelligence globale, c'est-à-dire mesurable chez tous de la même façon, peut-être tenu pour l'indice du niveau ou de la puissance intellectuels. Mais considérer comme plafond de l'intelligence l'époque où s'arrêtent les tests d'intelligences communes, c'est-à-dire les tests pouvant s'appliquer à tous, n'est-ce pas méconnaître la croissance intellectuelle dans ses formes les plus originales et les plus efficaces ?

Le grand mérite de M. Luccioni est d'avoir non seulement proposé l'instrument, mais d'avoir marqué les limites. L'échelle métrique de l'intelligence établie par Binet et Simon, sous la simplicité apparente de son principe, marque une date extrêmement importante dans l'histoire de la psychologie. Elle impliquait des postulats qui ont posé des problèmes souvent très ardus.

Le premier c'est que la mesure de l'intelligence se confond avec l'intelligence elle-même. il était naturel de comparer l'intelligence chez les enfants de même âge. Binet y était d'ailleurs amené sur la question qui lui avait été posé : comment éviter la présence dans une même classe d'enfant inégalement aptes à en suivre l'enseignement. À leur âge réel il croit pouvoir opposer l'âge intellectuel. chez les enfants normaux, c'est-à-dire ceux qui représentent la majorité, les deux âges coïncident. L'enfant dont l'âge intellectuel est supérieur à l'âge réel sera donc un sur-normal et dans le cas contraire un sous-normal.

Ainsi la précocité plus ou moins grande du développement intellectuel devenait la mesure de l'intelligence elle-même, ce qui a pu se révéler approximativement juste dans la plupart des cas, précisément parce qu'il n'est question que de mesurer commune, mais principe extrêmement douteux dans son acceptation systématique et théorique.

Il en est résulté des ambiguïtés parfois difficiles à démêler; On a évaluer le niveau et aussi la puissance de l'intelligence en unités qui étaient les années ou leurs décimales, les mois. On a évalué les test en mois, ces tests pouvant s'additionner entre eux quelque fût l'âge auquel leur étalonnage les affectait dans la majorité des cas. grave infraction, semble-t-il, au principe initiât qui se fondait sur une évolution ayant des paliers semblables chez tous. Cette arithmétique qui opérait sur des unités non équivalents, mais qui postulait une homogénéité formelle de l'intelligence à toutes les étapes de son développement, a été à l'origine d'inférences qui étaient en opposition avec la base même du système, c'est-à-dire avec l'équivalence âge-intelligence. Luccioni en donne un exemple : la controverse de Bonnis-Zazzo.

Mais celle équivalence elle-même : la constatation qu'n enfant de 7 ans a, par définition, dans la moyenne des cas, l'intelligence d'un enfant de 7 ans, doit-elle entraîner l'hypothèse que la croissance intellectuelle se continué à la même cadence d'âge en âge ? La différence de cadence ne peut elle être qu'individuelle; ne peut-elle pas répondre à des période relevant chez tous du même âge ? Bref, peut-on pour y revenir, découper le progès intellectuel en unités de temps ? »

p.436 > « Il faut ajouter qu'un âge intellectuel donné n'est pas toujours et partout mesurable par les mêmes tests. L'étalonnage n'est valable que pour le milieu où il a été opéré. Il présente des décalages, des discordances sensibles à la ville et à la campagne, suivant les différences de milieux sociale ou dans des pays différents. Deux batteries de tests, comme celle de Binet-Simon et de Grace Arthur, l'une d'intelligence verbale [probablement MoON linguistique type phonétique et MoON logico-mathématique type abstrait], l'autre d'intelligence surtout pratique [probablement MoON scientifique type pragmatique et MoON Kinesthésique], dont l'équivalence à été réglée pour un certain milieu, pour une certaine moyenne d'enfants, seront en désaccord si elles sont appliqués dans d'autres milieux ou à certains enfants qui s'écartent de la formule moyenne. Et c'est la preuve que l'âge intellectuel ne peut-être défini par simple référence à une étape invariable de la croissance intellectuelle, mais qu'il n'est pas possible de ne pas faire entrer dans sa définition des facteurs qui tiennent au milieu.

Contrairement à sa dénomination, l'âge intellectuel, n'est donc pas une simple notion d'âge. C'est une notion très relative. Est-ce à dire qu'elle ait été inutile ? Loin de là, impliquant des relations diverses, elle n'en a posé que plus de problèmes et, suivant un processus dialectique où l'erreur elle-même, se heurtant au réel, devient sourde de vérité, l'horizon de nos connaissance s'en trouve élargi.

Si le milieu ne change pas pour un population donnée, les tests bien et dûment étalonnées sur elle restent valables pour comparer chaque individu à la collectivité dont il fait parti. Si les conditions du milieu se modifient, le désaccord qui en résulte entre la réalité et la mesure qui leur est appliquée doit être expliqué par des recherches sur les conditions et les causes du changements.

La porte s'ouvre ainsi sur l'infini complexité de la réalité qui ne cesse de déborder nos moyens d'investigation. Pratiquement l'éducateur qui utilise les tests doit être incité par l'usage même qu'il en fait à ne pas confondre l'enfant avec les quelques mesures qu'il a prise sur lui. [Les mesures] ne peuvent circonscrire toute son intelligence et l'intelligence, la personnalité, la société, le milieu sont des réalité qui s'emboîtent les unes dans les autres et qui se débordent, entre elles. »

Références et notes

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  55. La confusion peut ainsi être représentée par un nœud emmêlant dans l'espace ce que est écouté/entendu/su (abstrait) et ce qui est regardé/vécu/connu (concret). Les dys sont des cas extrêmes de confusion et ne peuvent être réduits à la composante phonétique, ni même aux sens en général (cf le cas de Josiane).
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  74. Cf chap Combat pour l'éducation nationale in Henri Wallon
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  84. Qu'est-ce que l'intelligence ?, Yves Richez, éd. TalentReveal, 2018, p. 30
  85. Cf Les 10 à 13 ans, garçons et filles en CM2 et en sixième, Paris, PU,F, 1982, et du même auteur : « les conduites adaptatives en milieu scolaire : intérêt de la comparaison entre les garçons et les filles », in Enfance, n°4, 1982, pp.267-284)
  86. René Zazzo (1983). Qu'est-ce que la connerie, Madame ? (p.50) In Où en est la psychologie de l'enfant. éd. Denoël Gonthier (bibliothèque Médiation)
  87. René Zazzo (1983). Qu'est-ce que la connerie, Madame ? (p.56) In Où en est la psychologie de l'enfant. éd. Denoël Gonthier (bibliothèque Médiation)
  88. Où en est la psychologie de l'enfant ?', René Zazzo, éd. Ed. Denoël Gonthier (bibliothèque Médiation), 1983, chap. A propos de ces enfants que vous dites exceptionnels, Congrès de Québec, nov 1980 (p.67-100), p. 81-82.
  89. René Zazzo (1983). Qu'est-ce que la connerie, Madame ? (p.58) In Où en est la psychologie de l'enfant. éd. Denoël Gonthier (bibliothèque Médiation)
  90. René Zazzo (1983). Qu'est-ce que la connerie, Madame ? (p.60) In Où en est la psychologie de l'enfant. éd. Denoël Gonthier (bibliothèque Médiation)
  91. Qu'est-ce que l'intelligence ?, Yves Richez, éd. TalentReveal, 2018, p. 30
  92. Richez, Y. (2018). Le CV, syndrôme d’un modèle de pensée obsolète. FocusRH. (en ligne le 16/11/2019)
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  102. Le privé de la propriété des moyens de production dans les sociétés type professionnel aliéné (administration forte, laisser faire) et le Parti dans les sociétés communalistes sous pressions externes (administration faible, auto-gestion).
  103. Coordinateur : formateur, professeur, éducateur, manageur, mentor, pédagogue ... etc
  104. subordonnés : élèves, travailleurs, salariés, apprenants ... etc
  105. Lissagaray : Au XIX, « Le paysan n'a besoin que de garanties individuelles, il les possède. Le prolétaire ne peut vivre que par des garanties collectives ; n'étant individuellement qu'un atome devant l'industrie, il ne vaut que par sa masse. »
  106. « Vidéo (2016) : « C'est quoi le bonheur pour vous yves Richez ? » - Entretien d'Yves Richez par Julien Peron directeur de l'agence de communication Neo-bienêtre
  107. Clothilde Dozier & Samuel Dumoulin, Féroce douceur d’une notion en vogue - [La « bienveillance », cache-misère de la sélection sociale à l’école]. Monde diplomatique (septembre 2019, p.4-5.)
  108. j. A. Burloud, Le caractère, P.U.F., 1942.
  109. l_ cf Henri Wallon, Origine du caractère chez l'enfant, P.U.F., 1949.
  110. Connaissance des caractères. URL : http://www.caracterologie.org/
  111. Gauchet, F (1954). La Caractérologie d'HEYMANS er WIERSMA Étude Statistique sur le QUESTIONNAIRE de M. GASTON BERGER. P.U.F. pdf : http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/30279/XX_CNE-Prospective_1186.pdf?sequence=1
  112. u_ R. Maistriaux, L'inteligence, propriété constitutive du caractère, dans la revue La caractérologie, 1960, n°2.
  113. o_ Gaston Berger, Traité pratique d'analyse du caractère, P.U.F., 1950.
  114. <Émile Jalley. Wallon : un regard épistémologique. Les cahier de psychologie politique. En ligne, numéro 10, Janvier 2007. URL : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=881
  115. Émile Jalley (1981). Wallon lecteur de Freud et Piaget (p.295). chap. 5.16 affectivité et intelligence. éd. Édition Sociale.
  116. Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1995  , t. 2, chap. VIII. La personnalité et le caractère, p. 141-142
  117. In Jean-François Dortier (2008). Dictionnaire des sciences humaines. Auxerre. Édition des sciences humaines.
  118. 118,0 et 118,1 Gouteux, J.-P. (2011). La religion contre l'humanité, Apologie du blasphème (p.66). Éditions Matériologiques.
  119. 119,0 et 119,1 Richez, Y. (2017). Detection et développement des talents (p.62). éd. ESTE.
  120. Richez, Y. (2017). Detection et développement des talents (p.383). éd. ISTE.
  121. Jalley, É, (2007). 'Critique de la raison en psychologie - La psychologie scientifique est-elle une science ?' (p.24). L'Harmattan.
  122. Wallon, H (1930). Chap 2 - Sélection et orientation professionnelles - p.238-252. in Partie III - L'activité professionnelle - p.229. in Principes de psychologie appliquée (p.339). éd L'Harmattan (2015).