Modification de Insurrection d'Octobre

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Août et septembre deviennent les mois d'une rapide aggravation de la situation économique. Dans le district de Moscou, on commença à ne plus délivrer que 2 livres par semaine, et un début de famine touche même certaines zones. La Volga, le Midi, le front et l'arrière tout proche, toutes les régions du pays passent par une terrible crise d'approvisionnement.
 
Août et septembre deviennent les mois d'une rapide aggravation de la situation économique. Dans le district de Moscou, on commença à ne plus délivrer que 2 livres par semaine, et un début de famine touche même certaines zones. La Volga, le Midi, le front et l'arrière tout proche, toutes les régions du pays passent par une terrible crise d'approvisionnement.
  
Les journaux recensaient chaque jour de nouveaux foyers de révoltes des ouvriers, des soldats, du petit peuple des villes. Beaucoup d’ouvriers se mettent en [[Grève|grève]], sans suivre les appels à la prudence des [[Soviets|soviets]], des [[Syndicats_en_Russie|syndicats]], du [[Parti_bolchevik|parti]]. Mais les plus avancés, déjà passés par ces étapes de débrayes, de politisation, d'organisation, considèrent déjà ce mode d’action comme dépassé. Ils comprenaient bien que des grèves ne pouvaient quasiment plus rien apporter dans le contexte actuel. Convaincus par le parti bolchévik, ils se rallient à l’objectif de l’insurrection. Paradoxalement, c'était Pétrograd qui restait le plus calme dans le mois qui précède l'insurrection. Dans beaucoup de localités on va plus loin et le pouvoir effectif est de fait entre les mains des soviets.
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Les journaux recensaient chaque jour de nouveaux foyers de révoltes des ouvriers, des soldats, du petit peuple des villes. Beaucoup d’ouvriers se mettent en [[Grève|grève]], sans suivre les appels à la prudence des [[Soviets|soviets]], des [[Syndicats_en_Russie|syndicats]], du [[Parti_bolchevik|parti]]. Mais les plus avancés, déjà passés par ces étapes de débrayes, de politisation, d'organisation, considèrent déjà ce mode d’action comme dépassé. Ils comprenaient bien que des grèves ne pouvaient quasiment plus rien apporter dans le contexte actuel. Convaincus par le parti bolchévik, ils se rallient à l’objectif de l’insurrection. Paradoxalement, c'était Pétrograd qui restait le plus calme dans le mois qui précède l'insurrection.
  
 
En septembre, des soulèvements éclatent [[Mouvement_paysan_en_1917|dans les campagnes]]. Cela signifie que la majorité du peuple bascule côté révolutionnaire, et donc peut soutenir les bolchéviks s'ils neutralisent le gouvernement qui lui, tente de réprimer les paysans.
 
En septembre, des soulèvements éclatent [[Mouvement_paysan_en_1917|dans les campagnes]]. Cela signifie que la majorité du peuple bascule côté révolutionnaire, et donc peut soutenir les bolchéviks s'ils neutralisent le gouvernement qui lui, tente de réprimer les paysans.
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La plupart des domestiques du palais s'étaient cachés ou enfuis. De nombreux officiers se saoulent au buffet, ce qui contribue à démoraliser les quelques troupes du Palais. Vers 21h les [[Cosaques|cosaques]] basculent tous du côté du Soviet et quittent le Palais. De discrets agitateurs s'introduisent dans le Palais pour pousser les junkers à se rendre. [[Tchoudnovsky|Tchoudnovsky]] pénètre dans le palais pour des pourparlers. D'abord arrêté, il ressort finalement avec une partie des junkers et des chevaliers de Saint-Georges qui se rendent. Le [[Bataillon_de_femmes|bataillon de femmes]] tente alors une sortie mais doit se rendre. Peu après, le gouvernement expédie dans le pays un communiqué affirmant que la première attaque contre le palais d'Hiver a été repoussée, que l'ennemi est faible, et concluant : ''« Que l'armée et le peuple répondent ! »''
 
La plupart des domestiques du palais s'étaient cachés ou enfuis. De nombreux officiers se saoulent au buffet, ce qui contribue à démoraliser les quelques troupes du Palais. Vers 21h les [[Cosaques|cosaques]] basculent tous du côté du Soviet et quittent le Palais. De discrets agitateurs s'introduisent dans le Palais pour pousser les junkers à se rendre. [[Tchoudnovsky|Tchoudnovsky]] pénètre dans le palais pour des pourparlers. D'abord arrêté, il ressort finalement avec une partie des junkers et des chevaliers de Saint-Georges qui se rendent. Le [[Bataillon_de_femmes|bataillon de femmes]] tente alors une sortie mais doit se rendre. Peu après, le gouvernement expédie dans le pays un communiqué affirmant que la première attaque contre le palais d'Hiver a été repoussée, que l'ennemi est faible, et concluant : ''« Que l'armée et le peuple répondent ! »''
  
Il était prévu qu'une fois l'encerclement du palais d'Hiver achevé, une lanterne rouge devait être hissée sur le mât de la [[Forteresse_Pierre-et-Paul|forteresse Pierre-et-Paul]], et à qu'à ce signal, l'[[Croiseur_Aurore|''Aurore'']] tire un coup de canon à blanc pour faire peur. Ensuite, la [[Forteresse_Pierre-et-Paul|forteresse]] tirerait avec des projectiles légers sur le Palais. Après de nombreuses défaillances, le tir à blanc est enfin lancé. Un groupe de junkers et de femmes se rend. La forteresse se met alors à tirer pendant plus d'une heure et demi, mais les rares coups qui atteignent leur cible n'endommagent que le revêtement. Il y avait probablement une volonté délibérée d'éviter de toucher la cible.
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Il était prévu qu'une fois l'encerclement du palais d'Hiver achevé, une lanterne rouge devait être hissée sur le mât de la [[Forteresse_Pierre-et-Paul|forteresse Pierre-et-Paul]], et à qu'à ce signal, l'[[Croiseur_Aurore|''Aurore'']] tire un coup de canon à blanc pour faire peur. Ensuite, le [[Forteresse_Pierre-et-Paul|forteresse]] tirerait avec des projectiles légers sur le Palais. Après de nombreuses défaillances, le tir à blanc est enfin lancé. Un groupe de junkers et de femmes se rend. La forteresse se met alors à tirer pendant plus d'une heure et demi, mais les rares coups qui atteignent leur cible n'endommagent que le revêtement.
  
 
Soudain, un coup de téléphone de la [[Douma_de_Petrograd|Douma municipale]] annonce que des ''« citoyens »'' (des groupes de [[Conciliateurs|conciliateurs]]) se mettent en route pour converger en aide vers le Palais. Certains conciliateurs quittent le [[Deuxième_congrès_des_soviets|congrès des soviets]] en appelant à venir mourir avec eux... Cette colonne de 3 ou 400 personnes se heurta à un barrage de matelots et retourna piteusement sur ses pas. Ailleurs dans Petrograd, les milieux bourgeois et nobles continuaient de fréquenter les théâtres et les cinémas.
 
Soudain, un coup de téléphone de la [[Douma_de_Petrograd|Douma municipale]] annonce que des ''« citoyens »'' (des groupes de [[Conciliateurs|conciliateurs]]) se mettent en route pour converger en aide vers le Palais. Certains conciliateurs quittent le [[Deuxième_congrès_des_soviets|congrès des soviets]] en appelant à venir mourir avec eux... Cette colonne de 3 ou 400 personnes se heurta à un barrage de matelots et retourna piteusement sur ses pas. Ailleurs dans Petrograd, les milieux bourgeois et nobles continuaient de fréquenter les théâtres et les cinémas.
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A 2h16 le 26 octobre, entrant dans la salle des ministres, Antonov dit au nom du CMR : ''« Je vous déclare, à vous, membres du gouvernement provisoire, que vous êtes en état d'arrestation »''. Quand ils sont emmenés dans la cour, certains expriment leur rage ''« Fusillez-les ! A mort ! »'' Mais les [[Garde_rouge_(Russie)|gardes rouges]] les escortent jusqu'à la forteresse pour y être enfermés. Ils sont 18 en comptant les sous-secrétaires d'Etat.
 
A 2h16 le 26 octobre, entrant dans la salle des ministres, Antonov dit au nom du CMR : ''« Je vous déclare, à vous, membres du gouvernement provisoire, que vous êtes en état d'arrestation »''. Quand ils sont emmenés dans la cour, certains expriment leur rage ''« Fusillez-les ! A mort ! »'' Mais les [[Garde_rouge_(Russie)|gardes rouges]] les escortent jusqu'à la forteresse pour y être enfermés. Ils sont 18 en comptant les sous-secrétaires d'Etat.
  
Aussitôt après la prise du palais d'Hiver, des bruits se répandent dans les cercles bourgeois au sujet de lynchages, d'exécutions, de viols de [[Bataillons_de_femmes|combattantes]], de pillages. Des soldats ont effectivement commencé à se servir dans un sous-sol en porcelaines, linge, etc. Mais aussitôt des gardes rouges sont intervenus : ''« Camarades, ne touchez à rien, c'est la propriété du peuple. »'' Des junkers fouillés sont aussi retrouvés avec les poches pleines. Quelques heures après, [[Tchoudnovsky|Tchoudnovsky]] est nommé commandant du palais.
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Aussitôt après la prise du palais d'Hiver, des bruits se répandent dans les cercles bourgeois au sujet de lynchages, d'exécutions, de viols de [[Bataillons_de_femmes|combattantes]], de pillages. Des soldats ont effectivement commencé à se servir dans un sous-sol en porcelaines, linge, etc. Mais aussitôt des gardes rouges sont intervenus : ''« Camarades, ne touchez à rien, c'est la propriété du peuple. »'' Des junkers fouillés sont aussi retrouvés avec les poches pleines. Quelques heures après, [[Tchoudnovsky|Tchoudnovsky]] est nommé commandant du palais.
 
 
Du côté du gouvernement il n'y eut aucune perte, et du côté insurgés, 5 marins<ref>Richard Pipes, ''La Révolution russe'', PUF, 1993</ref> et 1 soldat tués<ref>William Henry Chamberlin, ''The Russian revolution, 1917-1918: from the overthrow of the czar to the assumption of power by the bolsheviks'', 1976</ref>.
 
  
 
== Suites immédiates ==
 
== Suites immédiates ==

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