Anti-impérialisme : Différence entre versions

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*En France, la jeune SFIC [[Histoire_du_Parti_Communiste_Français#Ann.C3.A9es_1920|organisait des militants communistes et anti-impérialistes]] comme [[Hadjali_Abdelkader|Hadjali Abdelkader]], ou Nguyen-Ai-Quac (le futur [[Ho_Chi_Minh|Ho Chi Minh]]).
  
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Version du 10 mars 2016 à 22:20

ImperialismeAfficheURSS.jpg

La lutte anti-impérialiste est une part intégrante de l'internationalisme des communistes révolutionnaires. Mais d'autres forces peuvent être amenées à lutter contre l'impérialisme, comme des nationalistes bourgeois.

Impérialisme

Article détaillé : Impérialisme.

Anti-impérialisme dans le mouvement ouvrier

Première internationale

Même si Marx et Engels, et plus largement la Première internationale n'ont pas abordé la question de l'oppression nationale dans toute son ampleur, ils considéraient que les travailleurs devaient s'opposer aux politiques de domination et de guerre contre d'autres peuples. C'est ce que montrent notamment leurs prises de position pour le peuple irlandais[1], le peuple polonais[2]... Ils se sont opposés fermement aux principales puissances "impérialistes" de l'époque, le tsarisme et l'Angleterre.

Deuxième internationale

La Deuxième internationale social-démocrate a affirmé un certains nombre de principes, mais qu'elle a peu défendu dans la pratique, ce qui a marqué un recul par rapport à ces premiers acquis. Elle affirmait un vague pacifisme, s'opposait aux actes les plus barbares des colons, mais ne dénonçait pas à la racine la domination occidentale et la colonisation. C'est cette tendance que les communistes ont appelé social-chauvinisme.

La crise de 1907

Lors de l'élection de janvier 1907, le bloc dirigeant conservateur/national libéral fait de l'impérialisme son cheval de bataille. Il dénonce les sociaux-démocrates, qui critiquent la brutalité de l’État allemand dans sa colonie du Sud-Ouest africain, comme antipatriotique – et leur nombre de députés se réduit de 81 sièges à 43.

Pour un parti tellement convaincu que les lois du développement social garantissent sa croissance rapide, ce résultat est une catastrophe. Que s'est-il passé ? Trop d'agitation radicale, déclare l'aile droite. Il est stérile de lutter contre les nécessités du développement historique, et l'impérialisme est un développement historique nécessaire. Les sociaux-démocrates devraient prêter allégeance à la « défense de notre patrie ».

La gauche proteste. L'impérialisme a attiré les classes moyennes et porté un coup au libéralisme, mais il mènera le capitalisme à des convulsions et s'aliénera finalement les classes moyennes. Les socialistes doivent se préparer à des soulèvements révolutionnaires par un anti-impérialisme militant tout en se démarquant des illusions libérales.

En août 1907, l'Internationale Socialiste se réunit à Stuttgart. Les révisionnistes essaient d'orienter le mouvement vers une attitude plus conciliante envers le militarisme et le colonialisme. Le congrès vote contre le projet révisionniste et condamne le colonialisme par principe, mais par seulement 127 voix contre 108.

Kautsky ne nie pas que la domination coloniale peut favoriser le développement capitaliste, ni ne suggère que l'isolement des pays sous-développés serait mieux que de les exposer à l'influence économique capitaliste : mais il insiste sur le fait que l'apport limité et douloureux au développement capitaliste par l'impérialisme n'est pas une raison suffisante pour que les socialistes soutiennent l'oppression politique.

« Nous ne pouvons et ne devons pas faire obstacle à la concurrence lorsque le mode de production capitaliste entre dans une libre concurrence avec des modes de production arriérés. Mais la situation change si on nous demande d'aider le pouvoir d’État à défendre les intérêts de la classe capitaliste contre les nations arriérées et de soumettre celles-ci par la force armée, comme c'est le cas de la politique coloniale. Nous devons y résister avec détermination ».

L'axe principal pour Kautsky est que :

« Si l'éthique du capitalisme dit qu'il est dans l'intérêt de la culture et de la société que les classes et les nations inférieures soient dominées, l'éthique du prolétariat affirme que c'est précisément dans l'intérêt de la culture et de la société que les opprimés et ceux sous tutelle doivent rejeter toute domination ».

Troisième internationale

Lors de la rupture communiste et de la formation de la Troisième internationale, un tournant radical vers les luttes des peuples colonisés a été entrepris. Déjà en octobre 1913, une résolution du POSDR affirmait le droit d'autodétermination. En 1916, Lénine argumentait résolument pour le "droit des nations à disposer d'elles-mêmes"[3]. Ce sera une période d'efforts de propagande vers les travailleurs et paysans des pays dominés et vers les immigrés des pays dominants:

Une « commission nationale et coloniale » a travaillé sur des thèses lors du 2e congrès de l'Internationale communiste.

« En premier lieu, quelle est l'idée essentielle, fondamentale de nos thèses ? La distinction entre les peuples opprimés et les peuples oppresseurs. Nous faisons ressortir cette distinction, contrairement à la II° Internationale et à la démocratie bourgeoise. (...) 70 % de la population du globe, appartient aux peuples opprimés, qui ou bien se trouvent placés sous le régime de dépendance coloniale directe, ou bien constituent des Etats semi‑coloniaux (...) ou encore vaincus par l'armée d'une grande puissance impérialiste se trouvent sous sa dépendance en vertu de traités de paix.»[4]

En parallèle, une élaboration stratégique va avoir lieu, visant à combiner la lutte contre l'oppression nationale et la préservation des intérêts du prolétariat (front unique anti-impérialiste).

Stalinisation

La stalinisation de l'Internationale communiste va modifier cette attitude. L'IC ne soutiendra plus de façon inconditionnelle les luttes des opprimés, mais en fonction de ses intérêts. Dans le même temps, quand elle les soutiendra, elle le fera non plus dans une optique révolutionnaire, mais en subordonnant les partis communistes aux nationalistes bourgeois. Seul le courant trotskiste (Quatrième internationale) tentera de faire vivre l'héritage anti-impérialiste.

Quatrième internationale

Trotsky réaffirmait les principes de la Troisième internationale (défaite de l'impérialisme face aux guerres justes des pays dominés) et les généralisait.

Il insistait également sur le soutien objectif qu'apportent les luttes de classes dans les pays impérialistes aux luttes anti-impérialistes :

« Il reste le fait indiscutable que l’intensification de la lutte de classes aux Etats-Unis a énormément facilité l’expropriation des entreprises pétrolières par le gouvernement mexicain. »[5] « Participeront à ces combats contre l’impérialisme, d’une part, le prolétariat américain, pour sa propre défense, et, d’une autre, les peuples latino-américains qui luttent pour leur émancipation, et qui pour cette même raison soutiendront le combat du prolétariat américain (…). Naturellement, cela ne veut pas dire que Lewis et Green (respectivement dirigeant de la centrale CIO et président de l’AFL – note de l’auteur) deviendront de notables défenseurs de la fédération socialiste du continent américain. Non, ils resteront du côté de l’impérialisme jusqu’au bout. Cela ne veut pas dire non plus que l’ensemble du prolétariat comprendra que la libération des peuples latino-américains contient sa propre émancipation. Pas plus que l’ensemble du peuple ne comprendra qu’il y a une continuité d’intérêts entre lui et la classe ouvrière américaine. Mais le fait qu’ils mènent une lutte parallèle indiquera qu’il existe entre eux une alliance objective. Ce ne sera peut-être pas une alliance formelle, mais elle sera très active. Plus vite l’avant-garde du prolétariat du Nord, du Centre et du Sud de l’Amérique comprend la nécessité d’une collaboration plus étroite dans le combat contre l’ennemi commun, plus tangible et productive sera cette alliance. Clarifier, expliquer et organiser cette lutte : voilà une des tâches les plus importantes de la IVe Internationale. »

Trotsky analysait les particularités des régimes dans les pays dominés en considérant qu'ils pouvaient parfois s'appuyer sur la classe ouvrière et les syndicats (en essayant de les canaliser et de les contrôler) pour tenter de résister à l'impérialisme. Il appelait ces formes particulières de régime du "bonapartisme_sui_generis".


Anti-impérialisme d'autres courants

Nationalisme bourgeois

Par exemple, durant la décennie 2000, de nombreux gouvernements "de gauche" ont été élus en Amérique Latine, avec comme principal cheval de bataille le développement de leurs pays en autonomie par rapport aux puissances étrangères, Etats-Unis en particulier.

En 2005, ces pays lancent l'ALBA, en réaction aux traités de libre échange impulsés par les USA.

En 2007, le président de l'Equateur, Rafael Correa, expulse le représentant permanent de la Banque mondiale dans son pays.

En 2007, le Vénézuela "annule sa dette" auprès du FMI et de la Banque Mondiale et quitte ces organisations.

Questions particulières

Notes et sources