Mandat de l’Union Ouvrière établi pour Friedrich Engels au Congrès ouvrier de Berne

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Auteur·e(s) Friedrich Engels
Écriture 8 décembre 1848

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Publié en français dans le recueil La Nouvelle Gazette Rhénane aux Éditions sociales (1963-1971). Numérisé par MIA et l'UQAC.


Frère !

Étant donné l'impossibilité d'envoyer un délégué, nous t'avons choisi pour nous représenter au Congrès ouvrier de Berne; vieux lutteur de la cause du prolétariat, tu ne failliras certainement pas à ta tâche bien que tu n'aies pas affaire à des bourgeois et autres esprits mercantiles, tu devras agir uniquement avec et pour des prolétaires; nous te faisons donc part brièvement de nos vœux concernant une association centrale.

1) Le but des associations fédérées doit être :

a) La fondation d'une Union centrale et d'une caisse centrale.

b) La formation sociale et politique des travailleurs.

c) L'établissement d'une liaison avec le Comité ouvrier allemand de Leipzig[1] pour renforcer principalement les liens des travailleurs.

2) Le devoir de l'Union centrale élue doit être : a) d'établir la liaison avec le Comité ouvrier de Leipzig; b) pour faciliter la correspondance, de diffuser essentiellement la feuille : Fraternisation[2] éditée par le Comité central; c) d'administrer la caisse centrale et d'en rendre compte tous les six mois; d) de communiquer immédiatement aux Unions fraternelles les affaires importantes.

3) Devoirs réciproques des Unions fraternelles entre elles et à l'égard de l'Union centrale : a) chaque membre est imposé au maximum d'un batz[3] par mois, ce qui permet de ne pas affranchir sa correspondance avec l'Union et réciproquement; b) toute Union locale doit munir ses membres de cartes; c) chaque membre en possession d'une carte peut entrer librement dans toute Union, cependant cette carte doit être signée par le président de la dernière Union à laquelle appartenait ce membre.

Quant à notre choix; nous estimons depuis longtemps déjà que l'Union de Berne est la mieux placée. Si toutefois notre dernière circulaire venait à être contestée, ce serait une simple conséquence du fait que, cet été déjà, nous avions nommé l'Union de Berne, Union centrale; mais étant restés complètement sans nouvelles de la situation, nous avons convoqué ici une assemblée qui a décidé d'envoyer la circulaire en ques­tion. Nous avons repoussé la taxe d'un demi-batz par semaine parce qu'elle aurait réduit le nombre des membres sans permettre d'élever beaucoup les rentrées financières.

Au nom de l'Union

41 membres.

Salut et poignée de main

Lausanne, le 8 décembre 1848

G.Schneeberger

Bangert Chr.. Haaf[4] .

  1. Il s'agit du Comité central des travailleurs allemands élu au Congrès qui s'était tenu à Berlin, du 23 août au 3 septembre 1848. Ce Congrès avait été réuni à l'initiative de quelques organisations ouvrières. Le programme établi sous l'influence de Stephan Born fixait aux travailleurs la tâche de lutter pour la réalisation de différentes revendications sociales et détournait ainsi les travailleurs de la lutte politique révolutionnaire. Le Comité central des travailleurs allemands siégeait à Leipzig. En faisaient partie : Born, Schwenninger et Kick.
  2. Die Verbrüderung, Correspondenzblatt aller deutschen Arbeiter (La Fraternisation, feuille de liaison de tous les travailleurs allemands) était l'organe du Comité central des travailleurs allemands; il parut deux fois par semaine à Leipzig d'octobre 1848 à juin 1850; jusqu'en mai 1849, le journal fut rédigé par Stephan Born.
  3. Ancienne monnaie suisse.
  4. Publié par l'Institut Marx-Engels-Lénine, Moscou 1935. Le manuscrit du mandat remis à F. Engels, écrit de la main de G. Schneeberger, se trouve parmi les documents laissés par Marx et Engels. II porte un cachet représentant une lyre et une couronne de lauriers.
    Le premier Congrès des Unions ouvrières et des sections de l'Association nationale des démocrates allemands de Suisse eut lieu du 9 au 11 décembre 1848 à Berne.