Le "nouveau" gouvernement retarde déjà non seulement sur les ouvriers révolutionnaires, mais aussi sur les masses paysannes

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Auteur·e(s) Lénine
Écriture 6 mai 1917

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Pravda n° 50, 19 (6) mai 1917. Conforme au texte de la Pravda.
Œuvres t. 24, Paris-Moscou
Recueil(s): Pravda


En voici la preuve :

L'édition du soir de la Rousskaïa Volia — la Liba russe ! — du 4 mai donne sur l'état d'esprit des délégués du congrès paysan l'information suivante :

« Le principal grief des délégués, c'est, paraît-il, que les paysans sont lésés, toutes les classes récoltant déjà les fruits de la révolution tandis qu'eux seuls attendent encore leur part. Seuls les paysans sont invités a attendre l'Assemblée constituante, qui tranchera la question agraire.

— Non, il n'en sera rien, nous ne voulons pas attendre ; les autres n'ont pas attendu. Nous voulons la terre tout de suite, sans délai. »

II ne fait aucun doute que le reporter de la Rousskaïa Volia, journal au service des pires capitalistes, ne calomnie pas cette fois-ci les paysans (aucun intérêt à mentir), mais dit la vérité en donnant un avertissement aux capitalistes. Toutes les informations sur le congrès nous le confirment.

Comparez à cette vérité l'article 5 du projet de déclaration du « nouveau » gouvernement :

« Laissant à l'Assemblée constituante le soin de trancher la question de la remise des terres aux travailleurs, le Gouvernement provisoire prendra... des mesures », etc. (l'« ancien » Gouvernement provisoire « prenait » aussi, sans cesse, « des mesures »...).

Le « nouveau » gouvernement retarde déjà irrémédiablement même sur le congrès paysan ! !

Bien des gens en seront surpris, mais c'est un fait.

Et les faits sont têtus, comme dit le proverbe anglais.