Discours, remarques et propositions au Congrès international tenu à Stuttgart du 16 au 27 août 1907

De Archives militantes
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Congrès Soc. Intern. (page 117)[modifier le wikicode]

Bebel. - (...) Les parlements sont également une institution de la bourgeoisie, pour le maintien de sa domination de classe. Néanmoins, nous entrons dans les parlements, non pas seulement pour combattre la domination de la classe capitaliste, mais également pour améliorer les conditions qu’elle crée. Nous ne nous contentons donc pas d'une négation. Nous travaillons partout d’une manière positive. Lacul- ture et le développement de la civilisation d’un peuple ne peuvent évoluer favorablement qu’en liberté et indépendance, et par l’aide de la langue maternelle. C’est pour cela que le peuple qui se trouve sous la domination étrangère, lutte partout pour la liberté et l’indépendance nationale. Voyez l'Autriche ! Voyez la Pologne ! En Russie, la question des nationalités redeviendra d’actualité le jour où ce pays se sera transformé en un Etat moderne.

Luxembourg. — Je ne le pense pas !

Bebel. - Je sais que nos idées sont divergentes à ce point de vue, mais je tiens mon appréciation pour exacte. Chaque peuple qui se trouve sous la domination étrangère, lutte d’abord pour son indépendance. (...)

Congrès Soc. Intern. (page 123)[modifier le wikicode]

Herve — (...)

Et maintenant, nous avons entendu les déclarations de Bebel.

J’aime le beau peuple allemand, placide et bienveillant. J’admire votre science, votre organisation, vos grands militants.

Mais vous n’êtes qu’une admirable machine à voter et à cotiser. Vous n’avez aucune conception révolutionnaire. Vous pouvez aller très loin dans les nuages de la pensée, mais devant un gouvernement, vous reculez, vous cherchez des faux-fuyants. Vous avez peur de la prison.

Rosa Luxemburg. — Non.

Hervé. — Vous, non, c’est vrai.

Vandervelde. — Bebel n’a-t-il pas été en prison ?

Hervé. — Il y a 30 ans ! Mais depuis lors, vous vous êtes tous enbourgeoisés ! Vous n’avez plus que le verbalisme révolutionnaire ! (Rumeurs.)

Congrès Soc. Intern. (page 152-155).[modifier le wikicode]

— Rosa Luxemburg (Pologne)J’ai demandé la parole au nom de la délégation social-démocrate de Russie et de Pologne, pour rappeler combien il faut tenir compte de ce qui s’est accompli depuis le Congrès d’Amsterdam relativement au point spécial qui nous occupe. A la suite de la grande révolution russe, Vandervelde, avec l’éloquence qui le distingue a, à l'ouverture du Congrès, rendu un hommage de reconnaissance aux martyrs de ce grand  mouvement, et nous nous sommes souvenus de tous  les combattants et de toutes les victimes qui ont  participé à cette lutte héroïque. Mais, je dois le  déclarer ouvertement, qu'en entendant maints  discours et surtout la parole du camarade Vollmar,  l'idée me vint que si les ombres des révolutionnaires avaient été présentes, elles auraient dit :  "Nous vous remercions de vos hommages, mais  que notre exemple vous soit utile." Ce  serait une trahison de la révolution si vous ne le  faisiez pas. Au dernier congrès de 1904, à Amsterdam, la question de la grève générale a été discutée,  et l'on a voté une résolution ayant pour but de ne  pas illusionner le prolétariat sur ses forces réelles,  et nous considérer comme insuffisamment mûrs et  insuffisamment prêts. Mais la dialectique matérialiste, dont Adler s'est réclamé avec tant de  conviction, a réalisé ce que vous teniez en 1904  pour une utopie. Je dois donc combattre de toutes mes  forces l'opinion de Vollmar, et malheureusement  aussi celle de Bebel,qui déclarent que nous sommes  en état de faire plus que nous avons fait jusqu`à  présent.  La révolution de Russie n'est pas seulement issue  de la guerre russe-japonaise. Elle a servi aussi à  mettre in à cette guerre.  Le tsarisme, pris à la gorge par la révolution, a  dû mettre bas les armes. La dialectique historique  travaille pour nous, mais elle n'a pas de signification quand nous nous imaginons que nous récolterons ses fruits en nous croisant les bras.

J'adhère avec conviction au marxisme, et je considère comme un grand danger de donner à la conception marxiste cette forme rigide et fataliste , qui n'a d'autre conséquence que d'engendrer des excès, en guise de réaction, pareils à l'hervéisme. Hervé est un enfant, on dirait en France, un enfant terrible. Lorsque Vollmar a dit que Kautsky a parlé seulement en son nom personnel je ne puis m'empêcher d'observer qu'il en est de même de Vollmar. C'est un fait que la thèse de Vollmara été désavouée par la grande masse du prolétariat allemand au Congrès d'Iéna, où l'on vota unanimement une résolution démontrant que le parti social-démocrate allemand est une organisation révolutionnaire, qui a tiré de l'histoire des renseignements utiles. Dans cette résolution, elle déclarait que la grève générale , qu'elle avait considérée longtemps comme anarchiste , était un moyen qu'il était possible d'utiliser dans certaines circonstances . Ce n'était pas l'esprit de Domela-Nieuwenhuis, mais le spectre rouge de la révolution russe qui projetait son ombre sur le Congrès d'Iéna. Il est vrai de dire qu'à cette époque, nous n'avions pas en vue la grève des masses contre la guerre,mais la grève des masses pour maintenir ou conquérir le suffrage universel. Nous ne pouvons pas jurer que nous ferons la grève des masses, mais nous ne pouvons pas jurer non plus que nous le ferons seulement pour le suffrage Universel . Après le discours de Vollmar et en partie après celui de Bebel, j'estime qu'il est nécessaire de renforcer la résolution de ce dernier, et c'est pourquoi nous avons rédigé des amendements qui vous seront soumis. J’ajoute que dans nos amendements, nous allons, à un certain point de vue, plus loin que les citoyens Jaurès et Vaillant. En effet, nous pensons que la propagande, en cas de guerre, ne doit pas seulement viser la fin de la guerre, mais également qu’il importe de profiter de ce moment pour hâter la chute de la domination de la classe capitaliste (Très bien sur de nombreux bancs)

Congrès Soc. Intern. (page 177)[modifier le wikicode]

Luxembourg voudrait que l’on prenne pour base le texte de Bebel. Elle accepte l’exposé historique, et elle insiste pour l’adoption des amendements, qu’elle a déposés.