Appel des 22 (Opposition ouvrière) aux membres de la conférence de l'Internationale Communiste

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Auteur·e(s) Alexandre Chliapnikov
Troisième internationale
Écriture 26 février 1922

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Un texte rédigé par A. Chliapnikov
Traduit par la MIA à partir du rapport sténographique du 11° congrès du P.C. russe (1922 rééd. 1936), pp. 732-733.


Chers camarades !

Nous avons appris dans nos journaux que le comité exécutif de l'Internationale communiste discute du « front unique ouvrier » ; aussi considérons-nous de notre devoir de communistes de vous informer que dans notre pays le « front unique » est en mauvais état, non seulement au sens large, mais aussi dans son application au sein de notre parti.

Alors que les forces de la bourgeoisie nous pressent de tous côtés, alors même qu'elles infiltrent notre parti, favorisées en cela par sa composition sociale (40 % d'ouvriers et 60 % de non-prolétaires), nos centres dirigeants luttent implacablement contre tous ceux, et tout particulièrement les prolétaires, qui se permettent d'avoir leur opinion, appliquant toutes sortes de mesures répressives contre l'expression de ces opinions dans le Parti.

La tentative d'amener les masses prolétariennes plus près de l'Etat est qualifiée d' « anarcho-syndicalisme », et ses partisans sont poursuivis et discrédités.

Dans le mouvement syndical, même tableau : suppression de l'initiative et de la spontanéité ouvrières, lutte recourant à tous les moyens contre l'hétérodoxie. Les forces unifiées de la bureaucratie du Parti et des syndicats, tirant profit de leur position et de leur pouvoir, ignorent nos mandats de congrès visant à bâtir les bases de la démocratie ouvrière. Nos fractions dans les syndicats, même nos fractions dans des congrès entiers sont privées du droit de manifester leur volonté dans l'élection de leurs directions. La tutelle et la pression de la bureaucratie en sont arrivées à ce point qu'il est exigé sous peine d'exclusion et d'autres mesures répressives que les membres du parti élisent non ceux que veulent les communistes eux-mêmes, mais ceux que les ignorants haut placés veulent. De telles méthodes de travail mènent au carriérisme, aux intrigues, et à la servilité, auxquelles les ouvriers répondent en quittant le Parti.

Partisans de l'idée du front unique des travailleurs tel qu'il est interprété dans le point 23 des thèses, nous faisons appel à vous, avec le souhait sincère d'en finir avec toutes ces anomalies, qui entravent l'unité de ce front, avant tout au sein de notre parti communiste russe.

La situation dans notre parti est si difficile qu'elle nous pousse à vous demander de l'aide pour écarter la menace imminente d'une scission en son sein.

Salutations communistes,

Membres du PCR :

M. Lobanov, membre du Parti depuis 1904
N. Kouznetsov, membre du Parti depuis 1904
A. Polosatov, membre du Parti depuis 1912
A. Medvedev, membre du Parti depuis 1912
G. Miasnikov, membre du Parti depuis 1906
V. Pliechkov, membre du Parti depuis 1918
G. Chokhanov, membre du Parti depuis 1912
S. Medvedev, membre du Parti depuis 1900
G. Brouno, membre du Parti depuis 1906
A. Pravdine, membre du Parti depuis 1899
I. Ivanov, membre du Parti depuis 1899
F. Mitine, membre du Parti depuis 1902
P. Borisov, membre du Parti depuis 1913
M. Kopylov, membre du Parti depuis 1912
Jiline, membre du Parti depuis 1915
Tchelychev, membre du Parti depuis 1910
Tolokontsev, membre du Parti depuis 1914
A. Chliapnikov, membre du Parti depuis 1901
M. Borouline, membre du Parti depuis 1917
V. Bekrenev, membre du Parti depuis 1917
A. Pavlov, membre du Parti depuis 1917
A. Tachkine, membre du Parti depuis 1917

Je soutiens [ cet appel ] : A. Kollontaï, membre du parti depuis 1898 ; et Zoïa Chadourskaïa.