Syncrétisme (psychologie)

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En psychologie génétique ou en psychologique du développement, le syncrétisme est la perception globale des choses qui se développe spontanément chez l'enfant. «  Le syncrétisme est une perception ou représentation globale de caractère primitif, marquée par une faible différenciation entre plusieurs éléments. »[1]

La perception de l'enfant ne part pas d'éléments isolés (détails) mais d'ensembles (globaux) qui restent cependant encore flous : « L'enfant pense d'abord par blocs cohérents entiers. C'est ce qu'on appelle le syncrétisme »[2] . Ces ensembles ne sont ni analysés, ni construits, ni organisés, ni structurés. Les rapports entre le détail et la globalité de l'objet ne sont pas conscients. Ces ensembles sont perçus « syncrétiquement »[3] (universellement, globalement) de manière singulière.

Avant sa signification actuelle dans le domaine de l'histoire des religions, Renan a emprunté le terme de syncrétisme à la théologie et à la philosophie[4]. Le terme a été ensuite repris en psychologie par Claparède, Jean Piaget. Lev Vygotski et Henri Wallon[5].

Sommaire

Déterminations du syncrétisme en psychologie[modifier | modifier le wikicode]

Origine de l'expression en psychologie[modifier | modifier le wikicode]

Le terme de syncrétisme dans ce domaine a été employé pour la première fois par Ernest Renan dans L'avenir de la science (1883) pour designer l'appréhension plus ou moins confuse d'un tout[6] : « une démarche de l'esprit générale, compréhensive mais obscure, inexacte ou tout est en tassé sans distinction »[7]. Ce concept a été repris comme tel par Édouard Claparède en 1908[8], puis plus tard à sa suite Jean Piaget dans les années 20, et de manière plus poussée dans la complexité par Henri Wallon.

Les observations et les résultats expérimentaux similaires sur ce phénomène sont conséquents[9] (listes non exhaustives) :
  • Ribot, T. (1887). L'évolution des idées générales (p. 39). Paris, 1897  (cf lois d'association in intelligence)
  • Lévy-Bruhl (1910). Les fonctionsmentale dans les sociétés inférieures (p.110). Paris
  • Bergson, H (1917). Matière et Mémoire (p.180).
  • Cresson, A (1922). Les réactions intellectuelles élémentaires.
  • Pierre Janet et Georges Dumas, Journal de psychologie normale et pathologique, Presses universitaires de France, 1924
  • Dewey, J. (1925). Comment pensons nous. Paris (trad par O. Decroly)
  • Werner, H (1933). Einführung in die Entwicklungspychologie. Leipzig
  • Segers, J.-E. (1939) Psychologie de la Lecture et l'initiation à la lecture par la méthode globale. Anvers

Claparède montre que l'enfant a une perception globale mais que celle-ci reste floue[8]. La « perception syncrétique » correspond chez lui un stade perceptif :

  • La perception visuelle et la fonction syncrétique chez l'enfant. Archives de Psychologie. Vol. 7. 1908. p.195.
  • Psychologie de l'Enfant et Pédagogie expérimentale. Genève - Paris 1922. p. 522
  • Sur la percpetion syncrétique. L'Éducateur. 7 fév. 1925. p.42 
  • A propos d'un cas de perception syncrétique. rchives de Psychologie. Vol. 26. 1938. p.367

Revault d'Allonnes parle de « schématisme ». Mais, ce phénomène implique cependant une analyse préalable et suppose une synthèse consciente chez l'enfant :

  • Revault d'Allonnes G.  L'attention. ds G. Dumas, Traité de Psychologie. Tome 1. Paris. 1923. p.846
  • La shématisation. ds G. Dumas. Nouveau traité de Psychologie. Tome IV. Paris 1934. p. 161

La méthode globale en pédagogie d'Ovide Decroly a été inspirée par ses études en psychologie sur la perception syncrétique : La fonction de globalisation et l'enseignement (1929). Il montre que « l'enfant globalise plus aisément qu'il analyse »[10]. La « globalisation »  est confirmée par Clapérède entre autres :

  • Jonckheere, T. Note sur la psychologie des enfants arriérés. A propos de la mémoire d'un arriéré mental. Archive de Psychologie. Vol. 2. 1903. p.253
  • Dr Simon, Th. Observation d'un timbre poste à l'École Maternelle et conclusion générale sur l'observation des enfants. Bulletin de la société libre pour l'étude de l'enfant, 19013, p.208 et 231
  • Segers, J.-E., Laperception visuelle et la fonction de globalisation chez les enfants. Bruxelles, 1926
  • ...

Ce phénomène de globalisation est également confirmé par les expérimentations de Jean Piaget.

  • La Causalité physique chez l'enfant en 1927
  • Le langage et la pensée chez l'enfent en 1924
  • Le jugement et le raisonnement chez l'enfant en 1924

Lev Vigotski discute dans Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures (1928-1931) et Pensée & Langage (1934) du syncrétisme chez l'enfant qui est en rapport avec le concept d' « égocentrisme » de Piaget :

« Le syncrétisme est pour Piaget, on l'a dit, comme d'ailleurs les autres traits de la logiques enfantines, le résultat direct de l'égocentrisme de l'enfant. »[11].

Henri Wallon met aussi en avant les « confusions syncrétiques » chez l'enfant dans ses études :

  • Les origines du caractère chez l'enfant (1934)
  • La vie mentale (1938)
  • L'évolution psychologique de l'enfant (1941),
  • De l'acte à la pensée (1942)
  • Les origines de la pensée chez l'enfant (1945),
  • De l'acte à la pensée - essai de psychologie comparée (1949).

Le syncrétisme complexe de la petite enfance chez Henri Wallon est proche de la notion d' « égocentrisme » de chez Jean Piaget[12][13], mais la dépasse dialectiquement. Il présente aussi un certain rapport avec le terme de  « condensation » chez Freud[12]


Égocentrisme chez Jean Piaget[modifier | modifier le wikicode]

Cette vision cognitive du syncrétisme qui fait peu de place à l'affectif et au social est critiquée par Lev Vygotski (Pensée et Langage) et dépassée par Henri Wallon. Cependant, dans les années 50 et surtout après la mort d'Henri Wallon, contrairement aux néo-piagétiens et aux neurocognitivistes, le regard de Jean Piaget s'harmonise dialectiquement avec ceux de Vygotski et Wallon.

Conférence sur les trois systèmes de pensée enfantine (1928)[modifier | modifier le wikicode]

=> cité par Émile Jalley (2006) in Wallon et Piaget - pour une critique de la psychologie contemporaine (p.31-32), L'Harmattan.

p.31 > « Piaget déclare tout d'abord se proposer d'exposée qu'il « il y aurait, antérieurement au langage et à la pense proprement dite, une organisation motrice intelligente qui constituerait la substructure de la raison ». Tout est déjà dit, d'une rationalité dont le langage ne serait que l'humble serviteur. Dans un autre domaine évidemment, Lacan pensera exactement l'inverse... . »

p.32 > « Les « trois systèmes de pensée de l'enfant » sont :

  1. L'intelligence motrice qui assure l'adaptation de l'organisme au chose.
  2. La pensée égocentrique - de deux-trois à sept-huit ans -, qui construit une représentation des choses dominée par le point de vue propre et échappant aux normes de réciprocité et d'objectivité.
  3. La pensée rationnelle qui, en se situant la perspective individuelle par rapport aux autres, permet à la pensée de se donner une représentation objective des choses, et de retrouver ainsi le bénéfice de l'[intelligence]] adaptative, de l'adaptation motrice préformée par l'action.

Par une triple « acquisition », la distinction du subjectif et de l'objectif, la réciprocité et la logique des relations, « la pensée devient susceptible de prolonger l'intelligence motrice ».

L'auteur développe encore a propos de l'articulation du deuxième « système » à l'égard du premier et du troisième, qu'

« entre l'action est la raison s'interpose le moi, avec les illusions de perspectives propres à l'égocentrisme... La socialisation de la pensée... en réduisant le moi à sa juste perspective... sera alors nécessaire pour permettre à la raison de construire ses normes et de rétablir le contact entre la pensée et ses schèmes moteurs »

p.32 > Toujours à propos de cette « pensée égocentrique », lit-on aussi,

« lorsqu'à l'action pure se superpose l'imagination, et au mouvement le langage, la pensée est libérée et se déploie en récits, monologues, jeux et rêverie... pensée intérieure... Il en résulte un déplacement d'équilibre : l'assimilation au moi l'emporte sur l'accommodation aux choses ». De sorte que « la pensée spontanée et inconsciemment asservie par le moi... par les sentiments et tendances égocentriques ». Ce « long intermède de la pensée égocentrique... colorée de subjectivité... échappant à toute norme interpersonnelle... interpose entre l'action et la pensée un milieu réfringent, qui est le moi. »

p.32 > Au cours de ce second stade, les ropos de l'enfant témoignent souvent d' « insupportables contradictions » provoquées par les « discordances de l'expérience » (par exemple dans le désajustement du poids et du volume, mis en évidence dans l'illusion de Demoor), et liées à la dissociation de la prévision et de l'explication, soit de l'action adaptée et de la pensée, caractérisant deux « plans divers d'intelligence...

Le premier souci de la pensée, libérée de l'action, est de chercher la satisfaction... avant la vérité... Il y a croyance sans preuve... L'imagination atténue la conscience des échecs... D'autre part, dès qu'il y a langage, il y a heurt avec la pensée d'autrui... L'égocentrisme crée, parce qu'il est inconscient, l'illusion, de l'universalité. La pensée égocentrique consiste à assimiler l'univers au moi... L'enfant conçoit tout à son image tant qu'il ne se connaît pas lui-même...

Ces caractères de l'égocentrisme... ont une signification. Si la raison est seule à fournir des normes que l'égocentrisme ignore, l'imagination est peut-être seule à pouvoir servir de moteur à l'invention, et si l'invention mène au rêve quand elle n'est pas disciplinée, une raison trop précoce mènerait sans doute à la stérilité...

p.33 >

La raison ne saurait triompher qu'à la suite d'une « conversion» progressive du moi... L'assimilation initiale est déformante et n'est pas comparable encore à l'assimilation rationnelle... La pensée ne saisit d'abord que des absolus. La relativité ne peut être aperçu que sous la pression des contradictions... L'intelligence motrice comporte un mélange d'élément dont les une demandent à^être éliminés, les autres développés et disciplinés pour que devienne possible la pensée rationnelle... qui permet à l'esprit de retrouver l'élément d'accommodation esquissé par l'intelligence motrice primitive... La continuité entre l'action et la pensée, le mouvement et la raison ne se réalise complément après coup

Par la coopération mentale avec son entourage... L'enfant prend conscience de sa subjectivité... et aboutit à une représentation objective des choses, l'objectivité se définissant par la communicabilité... la nécessité d'un accord lui suggère la notion de réciprocité... qui n'est pas une croyance, mais un idéal... Toute notion est tenue de renoncer à son caractère d'absolu pour se muer en relation. La construction d'un univers de relation succède dès lors au réalisme des qualités conceptuelles

La raison apparaît ainsi comme un système de normes permettant l'adaptation de la pensée individuelle au milieu physique et au milieu social. La raison exige une conversion du moi. Mais, le sacrifice du moi permet à l'individu de se trouver lui-même. Promu comme personnalité au plan moral, il conquiert l'autonomie dans le domaine intellectuel. Alors seulement s'établit la continuité entre l'action et la pensée. »


Globalisation chez Ovide Decroly[modifier | modifier le wikicode]

Article détaillé : Erreur LUA : Impossible de créer le processus : proc_open(/tmp/lua-error.log): failed to open stream: Permission denied.


Syncrétisme complexe chez Henri Wallon[modifier | modifier le wikicode]

Terme technique par Émile Jalley[modifier | modifier le wikicode]

=> Émile Jalley (1981). Wallon Lecteur de Freud et Piaget (p.537). Éditions Sociales.

« ... Wallon applique la notion de syncrétisme au domaine affectif et social, au domaine intellectuel, et il parle aussi du syncrétisme de la personne. Le syncrétisme désigne un état encore global, confus, indifférencié, fusionnel des conduites et des phénomènes psychique.

La première année de développement est marqué selon Wallon  par la sociabilité syncrétique, où l'échange circule entre partenaires non encore différenciés comme tels, du moins du point de vue de l'enfant.

La transition entre la première année et la deuxième années amorce une différenciation du syncrétisme affectif sous l'effet d'expériences comme la sympathie (9 mois) et la jalousie (14 mois).

Le stade de personnalisme (de 3 à 6 ans) marque le début de la sociabilité différenciée, mais aussi l'apogée simultanée du syncrétisme intellectuel et du syncrétisme de la personne.

Sur le plan intellectuel, le syncrétisme marque le fonctionnement de la pensée par couple. il consiste à un « confusionnisme généralisé »,  en une prédominance de l'affectivité sur l'objectivité, en une incapacité d'analyse et de synthèse. L'activité mentale est morcelée par des mouvements contradictoires qui aboutissent à des formules de compromis instables.

La période de la scolarité élémentaire (de 6 à 10 ans à peu près), « précatégorielle », se caractérise par la résorption progressive du syncrétisme tant de l'intelligence que de la personne, grâce à l'apparition d'un pouvoir d'analyse et de synthèse, et aussi d'une « personne polyvalente ». ... »

Syncrétisme et émotion[modifier | modifier le wikicode]

=> Henri Wallon (1987). Conscience syncrétique (p.95-96). In Les origines du caractère chez l'enfant (1934)

« Quand l'émotion reste maïtresse du terrain, c'est d'une tout autre façon que s'établit le contact entre ses manifestations et les situations diverses qui lui répondent extérieurement. En même temps que l'emportent les impressions organiques subjectives qui constituent la sensibilité émotionnelle, s'efface la délimitation du moi et du non-moi, qui repose, au contraire, sur la réduction des impressions intimes au profit de celles où semblent s'exprimer, quelles que soient les dispositions particulières du sujet qui perçoit, les qualités intrinsèques de la réalité. La sensibilité redevient confuse, globale, indivisible, et dans la mesure où l'influences extérieures y trouvent encore accès, c'est en se combinant de telle façon à son contenu qu'elles y deviennent individuellement indiscernables et qu'elles sont unies à la totalité de ce qui l'occupe actuellement. Cette absence de parties distinctes dans l'ensemble est l'état qui a été dénommé syncrétique. La perception peut être syncrétique comme la pensée. Il s'agit dans les deux cas, d'un stade primitif où vont de pair défaut d'éléments décomposables entre eux et subjectivité, défaut d'images ou de circonstances qui puissent être confrontées et affectivité. La sensibilité de l'émotion est essentiellement syncrétique. Il en résulte qu'elle agglutine, de manière en quelque sorte indissoluble, tout ce qui a pu participer d'elle, et qu'ainsi la circonstance la plus fortuite qui s'est trouvée introduite par les événements dans une émotion devient apte à la représenter ou plutôt à provoquer le retour de ses effets. »

La pensée syncrétique[modifier | modifier le wikicode]

=> Henri Wallon (1942). Chapitre II - La pensée syncrétique. De l'acte à la pensée - essai de psychologie comparée. Flammarion

Dans la formation de la connaissance[modifier | modifier le wikicode]

=> Henri Wallon (2012), L'Évolution psychologique de l'enfant (p. 185). Armand Collin . (1941)

Du syncrétisme infantile au syncrétisme formel[modifier | modifier le wikicode]

=> Henri Wallon, Les origines de la pensée chez l'enfant (p. 269). PUF. (1945)

« Il est devenu courant de définir l'activité intellectuelle de l'enfant comme globale ou syncrétique. Cette représentation de l'évolution mentale dans les débuts de l'ontogenèse a, pour sa part, contribué à montrer l'insuffisance et la fausseté des analyses qui mettaient aux origines de la vie psychique des éléments déjà individualisables, démultipliés, périphériques et taillés dans l'étoffe de la connaissance, comme sont les images et leurs soit-disant prototypes, les sensations. Avec le syncrétisme l'intelligence commence par émerger de l'activité pratique et de la vie active.

Dans la mesure où elle y est plus ou moins confondue, le syncrétisme est son étape infantile. Il ne doit d'ailleurs pas être décrit que négativement. Il a ses niveaux et sa signification fonctionnelle. La globalisation peut saisir des ensembles plus ou moins vastes et plus ou moins cohérents. Elle peut, suivant le cas sembler fragmentaire ou à grand rayon. C'est ainsi que se résout la contradiction d'une aperception limitée aux détails, comme elle est constituée chez l'enfant, et d'une vision globale. Les ensembles sont très limités, mais il ne présentent pas les articulations externes ou internes qui distinguent une pensée ordonnées du syncrétisme.

À un niveau très bas, en particulier chez l'animal, le syncrétisme peut réduire son champ au point de rappeler l'abstraction. Suivant l'âge de l'individu, le nombre et la diversité des circonstances qu'il agglutine peuvent beaucoup varier. Il peut d'ailleurs montrer l'activité encore chez l'adulte. Étudier sa disparition chez l'enfant, c'est évidemment voir les confusions initiales se résoudre selon des plans et des perspectives qui permettent d'ordonner entre eux les événements et les choses, de manières à en découvrir et en exprimer les relations constantes ou les propriétés stables. C'est là un progrès évident dont est possible de constater l'importance dans le développement intellectuel de l'enfant. Mais, la substitution radicale de ces invariants à la réalité perspective n'est pas sans inconvénient à l'échelle de la connaissance elle-même. Car, ils sont vites tenus pour la réalité originale, pour primitifs, inéluctables, nécessaires, pour l'absolu ou de l'a priori. Or, l'histoire de la pensée montre que, jamais encore, ils n'ont exprimé la réalité dans sa totalité, et ce reste qui est laissé s'oppose un jour à l'extension indéfinie de leurs conséquences.

Leur refonte s'impose alors, qui ne serait pas tenue chaque fois pour un scandale de la raison, s'ils n'avaient pas été pris pour les données initiales et fondamentales de l'expérience - ce mélange de l'être et de la connaissance - et si l'état de sensibilité et d'intelligence qui les a précédés, aussi bien dans l'espèce que chez l'individu, n'avaient pas été méconnu. Les nouvelles délimitations ou réductions mutuelles qu'ils doivent alors subir pourrait être interprétées comme un retour passager par le syncrétisme primitif.

Car à l'échelle de l'individu, la persistance d'un certain syncrétisme sous le formalisme usuel et collectif de la perception ou de la connaissance est sans doute la condition, dans tous les domaines, esthétique ou savant, d'une invention vraiment nouvelle. »

Synthèse sur le syncrétisme[modifier | modifier le wikicode]

Par Armand Cuvillier[modifier | modifier le wikicode]

=> Armand Cuvillier (1996). Cours de Philosophie - tome 1. Le livre de Poche

Contenu du jugement et assertion (§169)[modifier | modifier le wikicode]

p.260 > Cette définition « Juger, c'est affirmer ou nier » permet de distinguer deux problèmes d'un points de vue psychologique :

  • Le jugement à un contenu : il consiste à affirmer ou nier quelque chose. Il n'est pas nécessairement constitué par deux idées. [Le contenu du jugement a un développement historique. Il passe d'une perception confuse à une conception claire et distincte, puis à une prise de conscience explicite.]
  • Mais le jugement n'est pas simple conception du rapport : il est affirmation ou négation de ce rapport, il est assertion, c'est-à-dire qu'il pose le rapport cpmme vrai (jugements affirmatifs) ou comme faux (jugements négatifs)

Le syncrétisme primitif : le jugement comme analyse (§170)[modifier | modifier le wikicode]

[A.] p.261 > « ... une des caractéristique de la pensée enfantine est son syncrétisme, c'est-à-dire la confusion en un seul tout mental du sujet pensant et de l'objet pensé et bien souvent aussi des différents objets entre eux [§40 et 102]. D'où ces « contaminations » et ces « disgressions » (§165) qu'Henri Wallon[14] comme J. Piaget[15] signalent dans la pensée de l'enfant, par suite de l'insuffisance du « pouvoir discriminateur » de son intelligence, de son « inaptitude à dégager de la masse où ils plongent les éléments qu'exigerait le processus intellectuel ». c'est à dire que la psychologie de la Gestalt [Forme] pour s'opposer au postulat de ces psychologues trop logiciens selon lesquels il y aurait antériorité psyhologique des termes par rapport à l' aperception de la relations.

[B.] p.261 > « Ajoutons-y ces « confusions syncrétiques » inhérente à la représentation concrète des choses » et qui interdisent à l'enfant l'accès du « monde des relations » :

« Pour lui, chaque objet est un conglomérat de qualités, dont il peut bien faire l'inventaire successif à mesure qu'il imagine pour les besoins de l'explication ou de la description, mais sans savoir les discerner entre elles. Bien au cntraire, il leur attribue une sorte d'unité fondamentale qui est à la fois celle de son acte mental et celle de l'objet » (Wallon[16])

L'enfant est donc, primitivement du moins, incapable de poser un sujet logique et un attribut ou un complément, conçus de façon objective, qui fourniraient les deux termes du rapport. L'un et l'autre sont englobés sans distinction dans l'acte perceptif, d'autant plus que la perception de l'enfant elle-même a elle aussi un caractère syncrétique (§83). »

par René Zazzo[modifier | modifier le wikicode]

=> René Zazzo (1945). Le Devenir de l'intelligence. PUF.

Vision par la logique de Jean Piaget[modifier | modifier le wikicode]

p.33 > « Si l'évolution intellectuelle de l'enfant nous apparaît alors comme une socialisation progressive de sa pensée on supposera à l'origine une pensée purement subjective, égocentrique. L'égocentrisme se mesure, d'après Piaget, par l'importance des soliloques puérils et des pseudo-conversations - « monologues collectifs » - où les enfants parlent chacun pour soi sans se préoccuper, au fond de l'interlocuteur. caractère si fondamental que les psychologues en arrivent à considérer que tous les traits de l'intelligence infantile « se développent à partir de lui pour former un faisceau rayonnant »[17]: réalisme intellectuel, insensibilité à la contradiction,incapacité à manier des rapports logiques, animisme, artificialisme, syncrétisme. »

p.34 > « L'égocentrisme est un stade intermédiaire entre la pensée socialisée de l'adulte et l'autisme où l'enfant qui ne parle pas encore se trouve encore plus isolé. Un seul terme peu marquer une négation plus profonde du monde extérieur : le solipsisme [un égocentrisme radical selon Piaget]. » [...]

p.35 > [...] En fait, la théorie égocentrique de la mentalité enfantine traduit l'ostracisme de l'adulte, plus précisément du psychologue qui découvre l'étrangeté de l'enfant, elle procède aussi chez Piaget de cette croyance intellectualiste que la pensée logique est, pour l'être humain, le seul moyen de communique avec ses semblables. L'enfant n'est socialisé, dit-il, parce que son activité d'expression et de relation - jeu, imitation, émotion - - « ne s'accompagne pas d'un échange d'idée »[18].

[OR], La société est d'abord autre chose qu'un échange d'idées, elle est communion affective. [...]. p. 36 > La meilleur façon, pour l'enfant, de rencontrer ses semblables, c'est de jouer avec eux. [...]

[Ainsi], il n'y a pas d'autisme infantile que d'égocentrisme puéril. »

Regard par l'émotion d'Henri Wallon[modifier | modifier le wikicode]

p.36 > « Wallon nous a révélé, en même temps que la signification fonctionnelle de l'émotion, une forme toute primitive de sociabilité qu'il qualifie de « syncrétique »[19]. : les pleurs, les cris, les sourires deviennent très tôt un moyen d'agir sur les choses par l'intermédiaire des personnes; le petit n'est pas un être isolé du monde : il aime, il jalouse, il rivalise, il tyrannise; par mimétisme affectif il participe à tout ce qui l'entoure. Et c'est quelques années plus tard,vers 7 ans, à l'âge où Piaget croit observer un déclin de l'égocentrisme, que l'égocentrisme deviendrait possible d'après Wallon, à cet âge-là en tout cas que s'achèverait une première phase de grande sociabilité.

Si l'on dégage maintenant de leurs perspectives intellectuelles les riches observations de Piaget, si l'on constate que l'enfant ne sait pas échapper aux distractions du monde qui le captive et qu'il captive, que sa pensée est encore incapable d'exocentrisme comme d'égocentrisme[20] parce que la distinction n'est pas encore nettement tranché entre le subjectif et l'objectif, le désir et la réalité, la pensée et la chose pensée, le moi et le non-moi, alors c'est autour de la notion de syncrétisme que se grouperont le plus facilement tous les aspects de la mentalité puérile. »

Pointillisme et syncrétisme, ou singularité[modifier | modifier le wikicode]

p.37 > « Le syncrétisme est souvent déroutant pour l'adulte, non pas qu'il lui soit foncièrement étranger (le syncrétisme amalgame la plupart de nos opinions, de nos sympathies et de nos haines) mais comme il est en somme la négation de la pensée analytique celle-ci ne le saisit directement que sous son aspect négatif.

Est c'est ainsi que les psychologues se disputent encore sur cette allure contradictoire de l'intelligence enfantine qui serait tout à la fois syncrétique et pointilliste,

  • tantôt capable de distinguer certains ensembles dans la complète ignorance des éléments, comme d'identifier par exemple une page de musique sans rien connaître du solfège,
  • tantôt au contraire incapable de dominer le détail comme la description d'image (celle de Binet par exemple) où l'énumération précède de 10 ans l'interprétation de l'ensemble.

/!\ les détails perçus par l'enfant ne sont pas les éléments d'une analyses ET que l'ensemble syncrétiques ne sont pas des synthèses.

La perception et la compréhension de l'adulte sont profondément structurées, c'est-à-dire que les parties sont par rapport au tout organisées, hiérarchisées [cf abstraction].

[A CONTRARIO], Chez l'enfant, ce pouvoir de structuration est encore très faible : le détail comme l'ensemble est une réalité singulière[21], antérieur à l'opposition de la partie et du tout, de l'individuel et du général; chacun de ces couples étant d'ailleurs une notion antithétique mais indissociable comme l'opposition analyse-synthèse qui les engendre [cf contradiction].

p. 38 > « En somme, il n'y a de détail et d'ensemble que pour l'adulte qui interprète la réponse de l'enfant.

[ex :

  • image complexe et peu synthétique : perception des singularités que l'on nommera détail
  • expérience simple et unifié : perception de l'ensemble dans sa singularité]

Incapable d'organiser ses expériences et d'enchaîner logiquement ses états mentaux, l'enfant procède par juxtaposition, par transduction, suivant l'expression de Stern.

  • La juxtaposition - spatiale - est surtout apparente dans ses dessins où l'enfant, incapable de synthèse, étale vôlontier tous les détails aux ils pensent successivement.
  • La transduction - temporelle - s'exprime avec le plus d'évidence dans ses récits où les « parce que » les « puisque » sont remplacés par les « et puis », les « alors », les « des fois ».

par ce passage du singulier au singulier - la transduction - Wallon explique métamorphisme et fixisme autres aspects contradictoires de la mentalité puérile :

  • l'adulte continue de voir, sous leurs changements « l'identité des êtres et des choses »;
  • l'enfant « se croit fixe à la fixité de tout » mais, du même coup le passage d'un état à l'autre se présente (p.39 >) pour lui comme discontinuité, une rupture d'être, une métamorphose : n'importe quoi peut se transformer en n'importe quoi. c'est le merveilleux des contes. »

Mots (Apparence et symbole), vers la fin du syncrétisme infantile[modifier | modifier le wikicode]

p.39 > « Incapable de dépasser la simple apparence des phénomènes, apparence qui n'est jamais sensoriel pur d'ailleurs mais perception active, l'enfant et phénoméniste ou, l'expression prend ici le même sens, réaliste. Réaliste est celui qui prend les apparences pour la réalité. Il fait en effet distinguer l'objectivité est le réalisme :

« L'objectivité consiste à si bien connaître les milles intrusion du moi dans la pensée de tous les jours et les milles illusions qui en dérivent - illusion de sens, du langage, des points de vue, des valeurs, etc. - que pour se permettre de juger, l'on commence par se dégager des entrave du moi. Le réalisme au contraire, consiste à ignorer l'existence du moi (c'est le théoricien de l'égocentrisme qui écrit cela) et, dès lors, à prendre la perspective propre pour immédiatement objective, et pour absolue » (Piaget, J. La représentation du monde chez l'enfant, p.4).

Il ne serais pas difficile d'ailleurs de trouver dans la pensée de l'adulte, et jusque dans ses théories philosophiques les plus subtiles, les traces de cette naïveté : c'est tout simplement l'anthropocentrisme. »

p.39 > « Toute l'évolution de la pensée consistant en somme à purifier les symboles, à dégager complétement le nom de la chose nommée, on doit s'attendre à trouver dans les croyances de l'enfant et même celle de l'adulte des symboles encore impurs, l'adhérence des noms aux choses. D'ailleurs ce qu'on appelle symbole dans le langage des poètes et des magiciens c'est un être à mi-chemin entre ciel et terre, une résonance affective et par là même un pouvoir. Le mot est l'apparence de réalité à laquelle l'homme se laisse le plus facilement prendre. Pour l'enfant il n'y a pas vraiment de magie parce qu'il n'y a pas de système. Mais, par son impuissance à l'abstraction, le nom est une qualité inséparable de la chose, une partie de cette chose, confusément la chose elle-même. »

p.40 > « Pendant bien longtemps l'enfant ne comprend pas qu'un même objet puisse avoir plusieurs noms; et d'ailleurs s'il sait fort bien que les mots de sa langue maternelle ont leur traduction dans des langues étrangères, l'adulte même cultivé ne parvient que très difficilement à sentir la réversibilité d'une telle traduction. »

[ex :

  • pour un français, chien veut dire dog et non l'inverse
  • le mot adjectif assimilé au mot verbe génère une «  confusion de deux catégories verbales dont l'une sert de contenu à l'autre, c'est à dire sous une forme particulière complexe la confusion du nom et de la chose nommé : le mot adjectif désigne un substantif. »]

« L'enchaînement irrationnelle des pensées de l'enfant procède d'une « logique » plus profonde, affective. Logique du sentiment et de l'action qui ne connaît pas le va-et-vient de la déduction et de l'induction, de l'analyse et de synthèse. La pensée de l'enfant, comme le geste auquel elle reste adhérente, est irréversible : elle est incapable de remonter le courant de conscience, incapable de revenir sur elle-même « pour se lancer dans des directions nouvelles. Une pensée d'enfant [moins de 8-9 ans] n'est jamais une hypothèse.»

p. 41 > [...] « L'entrée à la « grande » école coïncide à peu près avec l'apparition d'une mentalité nouvelle. Ses aptitudes sensori-motrices et logiques se développent et conduisant l'enfant à l'objectivité. Son intérêt se porte alors sur les choses, il devient manipulateur, bricoleur, et capable d'une pensée plus intime. Moins syncrétique et plus égocentrique si l'on en donne à ce dernier terme le sens qu'il peut avoir pour l'adulte. Il parvint à la notion de causalité mécanique, à la compréhension des rapports concrets entre les choses, par là même à une maturité intellectuelle sur le plan sensori-moteur. [...] ».

Références[modifier | modifier le wikicode]

Notes de bas de page[modifier | modifier le wikicode]

  1. Hélène Ricaud-Droisy, Nathalie Oubrayrie-Roussel et Claire Safont-Mottay, Psychologie du développement: Enfance et adolescence, Dunod, 3 décembre 2008 (ISBN 9782100538683), p. 67
  2. Lev Vygotski, Histoire du développement des fonctions psychiques supérieure, La Dispute, 2014, 601 p. (ISBN 978-2-84303-253-0), p. 441
  3. Armand Cuviller, Cours de Philosophie, t. 1, Le Livre de Poche, 1996, 658 p. (ISBN 978-2253-040217), p. 103-106
  4. ↑ Motte, A., & Pirenne-Delforge, V. (1994). Du «bon usage» de la notion de syncrétisme. Kernos. Revue internationale et pluridisciplinaire de religion grecque antique, (7) : « note 10 : Il faut signaler aussi, à la même époque [à la fin du XIX], l'emploi du terme en un sens essentiellement psychologique. Dans L'avenir de la science (1883), RENAN désigne par là l'appréhension plus ou moins confuse, d'un tout. Le mot sera repris, avec cette même valeur, mais dans une acception plus technique, par Claparède et Piaget. ... » (p.16).
  5. Tran-Thong, Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Vrin, 1993, 456 p. (ISBN 2-7116-0711-9), p. 323
  6. ↑ Tran-Thong, Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Vrin, 1967 (ISBN 9782711607112) p. 194
  7. Renan cité par René Zazzo (1945), Le devenir le l'intelligence (p.37), PUF.
  8. 8,0 et 8,1 Claparède, É., « Exemple de perception syncrétique chez un enfant », Genève. Archives de psychologie (t.7).,‎ 1908, p. 198
  9. Seger, J.-E. (1948). La psychologie de l'enfant normal et anormal d'après le Dr Decroly (p.262). Delachaux et Niestlé.
  10. Seger, J.-E. (1948). La psychologie de l'enfant normal et anormal d'après le Dr Decroly (p.260)
  11. Lev Vygotski (2013). Pensée & Langage (p. 85). La Dispute.
  12. 12,0 et 12,1 Émile Jalley (1981). Wallon Lecteur de Freud et Piaget (p.537). Éditions Sociales
  13. Émile Jalley, Wallon et Piaget : pour une critique de la psychologie contemporaine, Harmattan, 2006, p. 127.
  14. g. H. Wallon, Les Origines de la pensée, P.U.F., 1945, t.1
  15. c. J. Piaget, Le jugement et le raisonnement chez l'enfant, Delachaux, 1924
  16. g. H. Wallon, Les Origines de la pensée, P.U.F., 1945, t.1
  17. Bourjade, J. (?). L'intelligence et la pensée de l'enfant (p.144). (?)
  18. Piaget, P (?). Le langage et la pensée chez l'enfant (p.19). (?)
  19. Wallon, H. Les origines du caractère chez l'enfant.
  20. Wallon, H. L'évolution psychologique de l'enfant (p.183, 1ère éd.).
  21. Wallon, H (1941). L'évolution psychologique de l'enfant (p.180, 1ère éd).

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • Claparède, É. (1908) Exemple de perception syncrétique chez un enfant (p.198). Genève. Archives de psychologie (t.7).
  • Piaget, J. (1924). Le jugement et le raisonnement chez l'enfant. Delachaux.
  • Wallon, H (2012). L'évolution psychologique de l'enfant (p.183-188). Armand Colin (1ère éd. 1941)
  • Wallon., H. (1989). Les confusions syncrétiques. in Henri Wallon (1989). Les origines de la pensée chez l'enfant (p. 264-304). PUF. (1ère édition 1945)
  • Wallon, H (1942). Chapitre II - La pensée syncrétique. De l'acte à la pensée - essai de psychologie comparée. Flammarion
  • Zazzo, R (1945). Le Devenir de l'intelligence. PUF.
  • Cuvillier, A. (1996). Cours de Philosophie. t.1. Live de Poche (d'après l'édition de 1954, Armand Colin)
  • H. Hannoun, « Syncrétisme (psycho.) », dans S. Auroux (dir.), Les Notions philosophiques, Dictionnaire, II, Paris, 1990, p. 2524.

Hélène Ricaud-Droisy, Nathalie Oubrayrie-Roussel et Claire Safont-Mottay Psychologie du développement: Enfance et adolescence, Dunod

Articles connexes[modifier | modifier le wikicode]


Syncrétisme en psychologie dans l'histoire[modifier | modifier le wikicode]

J.E. Segers[modifier | modifier le wikicode]

Le Dr Decroly rapproche le phénomène de globalisation du phénomène de Claparède appelle « perception syncrétique » et celui que Revault d'Allones désigne sous le terme de « schématisme ». Quand au qualicatif qui doit désigner cet aspect spécial de l'activité mentale, le Dr Decroly préfère le terme de « globalisation » car il a un sens plus général que « pouvoir syncrétique » et que « schématisme » : le premier convient surtout pour le désigner au stade perceptif, l'autre implique une analye préalable et suppose une synthèse consciente. [...] Le Dr Decroly ne pense pas qu'il s'agisse d'une fonction ou d'un mécanisme isolable, mais bien d'un processus intellectuel assez complexe qui est à la fois le contrepied de ce qu'on appelle analyse-synthétique, mais qui, en outre, prépare celui-ci et s'associe à lui dans une mesure plus ou moins attendue.
  • La psychologie de l'enfant normal et anormal d'après le Dr O. Decroly, J.E. Segers, éd. Delachaux et Niestlé, 1948, partie Le phénomène de globalisation, p. 262-263


Jean Piaget[modifier | modifier le wikicode]

Traité de psychologie expérimentale, 1963[modifier | modifier le wikicode]

En ce qui concerne la progression ultérieure nous savons maintenant que la pensée va de l'ensemble au détail, du syncrétisme à l'analyse et que c'est ce processus fondamental que l'on doit mettre en avant pour justifier la méthode globale
  • Traité de psychologie expérimentale, Jean Piaget, éd. Presse Universitaire, 1963, t. 8_ Psychologie expérimentale de la lecture, p. 151


Lev Vygotski[modifier | modifier le wikicode]

Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, 1928-1931[modifier | modifier le wikicode]

L'enfant pense d'abord par blocs cohérents entiers. C'est qu'on appelle le syncrétisme.
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 441


Le syncrétisme, c'est une particularité de la pensée enfantine qui autorise l'enfant à penser par blocs entiers, sans décomposer ni détacher un objet de l'autre.
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 441


Le caractère syncrétique de la pensée, c'est-à-dire la pensée par situations globales, par portions cohérentes entières, est si fort chez l'enfant qu'il subsiste encore dans la sphère de la pensée verbale chez l'écolier, tout en étant chez l'enfant préscolaire une forme réorganisatrice de sa pensée. c'est justement l'incapacité à envisager une chose isolément, à la nommer qui se manifeste avec une particulière évidence dans deux exemples que j'emprunte à J. Piaget (La Causalité physique chez l'enfant, Alcan, Paris, 1927.)'.
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 441


Chez l'enfant plus âgé, le syncrétisme entraîne le confusionnisme, c'est à dire l'union de tout avec tout dans ce qui n'est lié que de façon extérieur. Ce qui persiste dans le parler de l'enfant d'âge scolaire : il chemine par touts syncrétiques de ce genre. P.P. Blonki appelle à juste titre cette propriété cohérence incohérente de la pensée.
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 441


Le syncrétisme consiste ainsi en une cohérence incohérence de la pensée, c'est-à-dire une prédominance de la liaison subjective, émanant de l'impression immédiate, objective et une universelle cohérente subjective. Dans la façon de percevoir de l'enfant tout est lié avec tout.

Objectivement parlant, cela veut dire qu'il prend la liaison des impressions pour la liaisons des choses. Que ce qui chez lui présente comme liaison des impressions est perçu par lui comme liaison des choses. Ce qui se passe alors dans son cerveau d'un point de vue physiologique, est relativement connu : I.P. Pavlov l'a bien exposé dans intéressante thèse sur l'irradiation, stade initialement diffus de l'excitation accompagnant les impressions premières dont naît tout un complexe qui leur est lié.
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 441


L'enfant commence a différencié la masse incohérente d'impressions confondues en un même écheveau, il sépare, il décompose se bloc syncrétique d'impressions qu'il faut désarticuler pour établir une relation objective entre ses parties. Ne pensant pas en mots, l'enfant voit par image entière
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 459


Ne pensant pas en mots, l'enfant voit par image entière, et nous sommes fondés à supposéer qu'il perçoit la situation de façon globale, syncrétique, telle qu'elle se présente dans la vie
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 459


Rappelons-nous à quel point sont syncrétiquement liées toutes les impressions de l'enfant; rappelons-nous comme cela se reflète dans sa pensée causale. Le mot qui détache un objet d'un autre est l'unique moyen de cliver et désagréger la liaison syncrétique.
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 459


La pensée syncrétique et l'explication correspondante des phénomènes observables, caractéristiques de la perception de l'enfant au premier stade de son développement, prennent ici la forme d'un syncrétisme verbal dont Piaget donne des exemples dans ses expériences. On pourrait formuler cette loi ainsi : l'enfant d'âge scolaire vit dans une sphère de perception et d'action directes.
  • Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2014, p. 539


Pensée & langage, 1934[modifier | modifier le wikicode]

Le syncrétisme est pour Piaget, on l'a dit, comme d'ailleurs les autres traits de la logiques enfantines, le résultat direct de l'égocentrisme de l'enfant.
  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 85


Ainsi non seulement l'égocentrisme en tant que base de la logique enfantine mais aussi ses manifestations essentielles, comme le syncrétisme, sont dans la théorie de Piaget, des formes transitoires, intermédiaires entre la logique du rêve et la logique de la pensée.
  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 85-86


La signification du mot à ce [premier] stade de développement [du concept] consiste en un enchaînement syncrétique informe, complétement flou, d'objets divers, qui sont liés les uns aux autres d'une manière quelconque dans la représentation et la perception de l'enfant et fondu en une image unique. Dans la formation de cette image le rôle décisif est joué par le syncrétisme de la perception ou de l'action enfantine, aussi cette image est-elle extrêmement instable.
  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 222


... l'enfant tant dans sa perception que dans sa pensée et dans son action manifeste à une tendance à lier la base d'une impression unique les éléments les plus différents et dépourvus de liaison interne, les fusionnant en une image différenciée. Claparède a appelé cette tendance syncrétisme de la perception enfantine, Blonski cohérence incohérente de la pensée enfantine
  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 222


Nous avons décrit ailleurs ce même phénomène [syncrétique] comme une tendance de l'enfant à compenser l'insuffisance des liaisons objectives par une surabondance de liaisons subjectives et à prendre la liaison entre les impressions et les idées pour la liaisons entre les choses. Cette surproduction de liaisons subjectives a naturellement, en tant que facteur du développement ultérieur de la pensée enfantine, une énorme importance puisqu'elle est la base du futur process de sélection des liaisons correspondant à la réalité et se vérifiant dans la pratique. La signification d'un mot quelconque chez l'enfant qui se trouve à ce stade de développement des concepts peut effectivement, par son apparence extérieur, rappeler la signification du mot chez l'adulte.
  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 222


c'est à l'aide de mot doués de signification que l'enfant établit la communication avec les adultes; cette profusion de liaisons syncrétiques, ces tas syncrétiques et désordonnés d'objets, formés au moyen de mots, reflète aussi pour une large part des liaisons objectives, pour autant qu'elles coïncident avec la liaison des impressions et des perceptions de l'enfant. c'est pourquoi les significations des mots peuvent dans bien des cas, particulièrement lorsqu'elles se rapportent à des objets concrets de l'environnement de l'enfant, coïncider avec celles de ces mêmes mots dans le langage des adultes.
  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 222


Si le premier stade dans le développement de la pensée est caractérisé, comme nous l'avons dit, pars la construction d'images syncrétiques qui sont chez l'enfant des équivalents de nos concepts, le deuxième stade l'est par la construction de complexe qui ont la même signification fonctionnelle.
  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 225

[La pensée par complexes] est un nouveau pas vers la maitrise du concepts, un nouveau stade dans le développement de la pensée de l'enfant, bien plus élevé que le précédent. [...]. ce passage à un type supérieur de pensée consiste en ce que lieu de la « cohérence incohérente » qui est la base de l'image syncrétique, l'enfant commence à réunir des objets similaires en un groupe commun, à les assembler en complexes selon les lois des liaisons objectives qu'il découvre dans les choses.

  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 225

L'enfant qui passe à ce type de pensée surmonte dans une certaine mesure son égocentrisme et cesse de prendre la liaison entre ses propres impressions pour la liaison entre les choses, il fait un pas décisif sur la voie de l'abandon du syncrétisme et de la maîtrise de la pensée. La pensée par complexes est déjà une pensée cohérente et en même temps objective. ... Cependant, il ne s'agit pas encore de la cohérence ni de l'objectivité caractéristique de la pensée conceptuelle à laquelle parvient l'adolescent.

  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 225-226


... l'enfant n'en vient à la pensée conceptuelle, qu'il n'en termine avec le troisième stade de son développement qu'à l'âge de transition. Dans les expériences qui avaient pour but d'étudier la pensée de l'adolescent, nous avons observé comment au fur et à mesure sa croissance intellectuelle les formes primitives de la pensée syncrétique et de la pensée par complexe passent progressivement à l'arrière-plan , les concepts potentiels se font toujours plus rares et il commence, d'abord rarement, puis de plus en plus fréquemment, à utiliser de véritables concepts. ... Les différents formes génétiques coexistent ... . (Ainsi) lorsque (l'on) maîtrise la forme supérieur de la pensée, les concepts, (on) ne se défait nullement des formes plus élémentaires.

  • Pensée & langage, Lev Vygotski, éd. La Dispute, 2013, p. 269


Henri Wallon[modifier | modifier le wikicode]

Les origines du caractère chez l'enfant, 1934[modifier | modifier le wikicode]

Cette absence de partie distinctes dans l'ensemble est l'état qui est dénommé syncrétisme.

  • Les origines du caractère chez l'enfant (1934 (Boivin), 1949 (PUF)), Henri Wallon, éd. PUF, 1989, partie I_Le comportement émotionnel, chap. IV_Les émotions dans le comportement humain, p. 96


La perception peut-être syncrétique comme la pensée. Il s'agit dans les deux cas, d'un stade primitif où vont de pair défait d'éléments décomposables entre eux et subjectivité, défaut d'images ou de circonstances qui puissent être confrontées et affectivité.

  • Les origines du caractère chez l'enfant (1934 (Boivin), 1949 (PUF)), Henri Wallon, éd. PUF, 1989, partie I_Le comportement émotionnel, chap. IV_Les émotions dans le comportement humain, p. 96


La sensibilité de l'émotion est essentiellement syncrétique. Il en résulte qu'elle agglutine, de manière en quelque sorte indissoluble, tout ce qui a pu participer d'elle, et qu'ainsi la circonstance la plus fortuite qui s'est trouvée introduite par les événements dans une émotion devient apte à la représenter ou plutôt à provoquer le retour de ses effets.

  • Les origines du caractère chez l'enfant (1934 (Boivin), 1949 (PUF)), Henri Wallon, éd. PUF, 1989, partie I_Le comportement émotionnel, chap. IV_Les émotions dans le comportement humain, p. 96

La vie mentale, 1938[modifier | modifier le wikicode]

Ce que [l'enfant] perçoit est en soi-même un tout. Sans doute il ne sait pas l'ordonner dans des ensembles plus vastes, car le champ de sa perception est restreint; elle est fugace, elle opère par actes discontinus où zigzagants, elle manque de cadres plus étendus où s'intégrer. Mais d'autre part ce qu'il a saisi forme un tout où il est incapable des distinguer des parties, de discerner des rapports, d'isoler, d'inventorier, de classer. Si bien que l'expression « perception globale », et pour cette raison close sur elle-même, paraît plus juste que « perception de détail ».

  • La vie mentale, Dr H. Wallon, éd. Éditions sociales, 1982, partie Représentation et connaissance : les instruments intellectuels, chap. La croissance intellectuelle de l'enfant, p. 271


Cette implication réciproque des parties, qui rend possible le passage de chacune à toutes, est ce qui a été appelé le syncrétisme. Il a ses degrés.

  • La vie mentale, Dr H. Wallon, éd. Éditions sociales, 1982, partie Représentation et connaissance : les instruments intellectuels, chap. La croissance intellectuelle de l'enfant, p. 271

L'évolution psychologique de l'enfant, 1941[modifier | modifier le wikicode]

La pensée de l'enfant a été qualifiée de syncrétique. Les mêmes qualificatifs ne peuvent, en effet, convenir à ses opérations et à celles de la pensée adulte. Celle-ci dénomme, dénombre et décompose l'objet, l'événement, la situation dans leurs parties ou dans leurs circonstances. Elle doit user de termes à signification définie et stable, en contrôler l'exacte appropriation à la réalité présente puis retrouver le tout en partant des éléments, cette réversibilité des résultats étant la seule garantie dans leur justesse. Elle procède donc par analyse et par synthèse. Avant d'en être capable, celle de l'enfant doit résoudre de difficiles oppositions.

  • L'évolution psychologique de l'enfant, Henri Wallon, éd. Armand Colin, 2012, partie III. Les niveaux fonctionnelles (p.139-217), chap. XI. La Connaissance (p.179-202), p. 183


Le syncrétisme produit des effets assez semblables.Il est une sorte de compromis, à des niveau divers, entre la représentation qui se cherche et la complexité mouvante de l'expérience. Pour le définir, le mieux est de le comparer aux distinctions essentielles sur lesquelles repose la pensée de l'adulte. En regard de l'analyse-synthèse, il exprime les rapports que l'enfant est capable d'établir entre les parties et le tout.

  • L'évolution psychologique de l'enfant, Henri Wallon, éd. Armand Colin, 2012, partie III. Les niveaux fonctionnelles (p.139-217), chap. XI. La Connaissance (p.179-202), p. 185
ce qui peut compliquer les effets du syncrétisme c'est qu'il n'est pas simple insuffisance; il est à sa façon, une activité complète en présence des choses. Il utilise les procédés généraux de l'expérience usuelle comme anticipation;
  • L'évolution psychologique de l'enfant, Henri Wallon, éd. Armand Collin, 2012, partie III. Les niveaux fonctionnelles (p.139-217), chap. XI. La Connaissance (p.179-202), p. 186

De l'acte à la pensée, 1942[modifier | modifier le wikicode]

L'enfant n'atteint pas plus le général qu'il n'atteint l'individuel. Son image des choses est à la fois dominée par ses tendances spontanées ou acquises et par les circonstances du moment. Elle n'est pas analytique et conceptuelle. Elle est globale et personnelle.
C'est à cet ensemble de traits qu'à été donné le nom de syncrétisme.
  • De l'acte à la pensée, Henri Wallon, éd. Flammarion, 1945, partie III. les fondements premiers de la pensé, chap. II. La pensée syncrétique, p. 215


Le syncrétisme s'oppose simultanément à l'analyse et à la synthèse, qui sont deux opérations complémentaires. Pas d'analyse possible sans un tout défini. Pas de synthèse sans des éléments dissociés puis combinés ou recombinés. Le bénéfice de l'opération c'est de savoir exactement de quoi est fait l'ensemble qui résulte de la synthèse.
  • De l'acte à la pensée, Henri Wallon, éd. Flammarion, 1945, partie III. les fondements premiers de la pensé, chap. II. La pensée syncrétique, p. 215


Tout l'effort de la connaissance ou de la logique tend à cette détermination stricte des parties, facteurs, arguments qui entrent dans un objet, un procès ou un raisonnement. A ce double mouvement de dissociation et de recomposition le syncrétisme de l'enfant reste étranger.
  • De l'acte à la pensée, Henri Wallon, éd. Flammarion, 1945, partie III. les fondements premiers de la pensé, chap. II. La pensée syncrétique, p. 215


Les origines de la pensée chez l'enfant, 1945[modifier | modifier le wikicode]

« Il est devenu courant de définir l'activité intellectuelle de l'enfant comme globale ou syncrétique. Cette représentation de l'évolution mentale dans les débuts de l'ontogenèse a, pour sa part, contribué à montrer l'insuffisance et la fausseté des analyses qui mettaient aux origines de la vie psychique des éléments déjà individualisables, démultipliés, périphériques et taillés dans l'étoffe de la connaissance, comme sont les images et leurs soit-disant prototypes, les sensations. Avec le syncrétisme l'intelligence commence par émerger de l'activité pratique et de la vie active.
  • Les origines de la pensée chez l'enfant, Henri Wallon, éd. PUF, 1989, partie Les confusions syncrétiques, p. 269


Avec le syncrétisme l'intelligence commence par émerger de l'activité pratique et de la vie active. Dans la mesure où elle y est plus ou moins confondue, le syncrétisme est son étape infantile. Il ne doit d'ailleurs pas être décrit que négativement. Il a ses niveaux et sa signification fonctionnelle. La globalisation peut saisir des ensembles plus ou moins vastes et plus ou moins cohérents. C'est ainsi que se résout la contradiction d'une aperception limitée aux détails, comme elle est constituée chez l'enfant, et d'une vision globale. Les ensembles sont très limités, mais ils ne présentent pas les articulations externes ou internes qui distinguent une pensée ordonnées du syncrétisme.

  • Les origines de la pensée chez l'enfant, Henri Wallon, éd. PUF, 1989, partie Les confusions syncrétiques, p. 269

À un niveau très bas, en particulier chez l'animal, le syncrétisme peut réduire son champ au point de rappeler l'abstraction. Suivant l'âge de l'individu, le nombre et la diversité des circonstances qu'il agglutine peuvent beaucoup varier. Il peut d'ailleurs montrer l'activité encore chez l'adulte.

  • Les origines de la pensée chez l'enfant, Henri Wallon, éd. PUF, 1989, partie Les confusions syncrétiques, p. 269


à l'échelle de l'individu, la persistance d'un certain syncrétisme sous le formalisme usuel et collectif de la perception ou de la connaissance est sans doute la condition, dans tous les domaines, esthétique ou savant, d'une invention vraiment nouvelle.
  • Les origines de la pensée chez l'enfant, Henri Wallon, éd. PUF, 1989, partie Les confusions syncrétiques, p. 269

Conférence de l'INOP de 1950-1951[modifier | modifier le wikicode]

DECROLY ne pense pas que par la perception débute par des discriminations en rapport avec les différentes sensations. Cette discrimination des qualités tactiles des objets sur lesquelles Mme MONTESSORI avant tant insisté dans ses exercices est, comme d'ailleurs toute une autre discrimination sensorielle, une opération tardive. L'enfant commence par avoir une représentation globale; il ne fait pas une analyse de l'objet et reconstitution d'après ses qualités. PIAGET parlera de syncrétisme de la perception et de la représentation chez l'enfant. L'enfant saisit l'objet selon les manipulations et l'usage qu'il peut en faire.
  • In Œuvre 4 (1938-1950) (1950-1951), [Henri Wallon], [Émile Jalley] (préface), éd. L'Harmattan, 2015, chap. 154_ L'éducation nouvelle, Bull. Psychol, 1950, 7, 424-427 - Conférence de l'INOP du 14 déc 1950 et 4 janv 1951, p. 405

Armand Cuvillier[modifier | modifier le wikicode]

Manuel de Philosophie, tome 1 - Introduction générale, Psychologie, 1947[modifier | modifier le wikicode]

Renan avait écrit que l'esprit humain débute, chez le primitif, par un syncrétisme, c'est à dire par « une première vue générale, compréhensive, mais obscure et inexacte », où « tout est entassé sans distinction. (Avenir de la Science, 301). Les psychologues contemporains ont repris cette idée en l'appliquant à l'enfant. Ils ont montré que celui-ci commence par une « perception globale », une « vision d'ensemble » et ont donné de curieux exemples de ces perceptions syncrétiques »
  • Manuel de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Armand Colin, 1947, t. 1. Introduction générale, Psychologie, p. 427


l'état primitif de la pensée est un syncrétisme, c'est-à-dire un état confus, où les distinction sur lesquelles repose la pensée claire, ne sont pas encore formées
  • Manuel de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Armand Colin, 1947, t. 1. Introduction générale, Psychologie, p. 473


Mais l'étude de la perception nous a montré que, loin de débuter par la perception de l'individuel, nous débutons par une intuition confuse, globale, syncrétique des choses et que la perception individualisé est un progrès relativement tardif.
  • Manuel de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Armand Colin, 1947, t. 1. Introduction générale, Psychologie, p. 496


Cours de philosophie, tome 1, 1954[modifier | modifier le wikicode]

L'« égocentrisme » enfantin (§40)[modifier | modifier le wikicode]

L'esprit du tout jeune enfant relève, lui aussi, de cette semi-inconscience. J. Piaget l'a qualifié, du terme équivoque, d'égocentrisme, voulant dire par là que l'enfant « ne dissocie en rien le moi et les choses ». [...] D'où un syncrétisme qui confond en un seul ordre de deux choses que l'adulte a appris à distinguer [...]; un réalisme pour lequel toute donné immédiate est réalité [ax ; le rêve]; un animisme ou un artificialisme qui voit dans toutes choses de la nature des êtres animés ou des objets fabriqués [...] par une non distinction de l'ordre naturel et de l'ordre humain; un finalisme enfin qui fait que l'enfant se représente choses et événements sous un aspect utilitaire aboutissant à lui-même [...]. Cet égocentrisme est particulièrement marqué dans cette « pensée de rêve » qui accompagne le jeu, l'enfant qui jour confond l'imaginaire et le réel. [...] Il fait de l'affabulation [...].
  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 196, t. 1, partie Introduction, chap. Les niveaux de conscience : l'inconscience et l'attention,p.4 9


Analyse et Synthèse (§65)[modifier | modifier le wikicode]

« Tout connaissance, a-t-on dit, est une analyse entre deux synthèses » A vrai dire, la première phase ne mérite guère ce nom de synthèse. C'st plutôt, comme a dit Renan, un syncrétisme, c'est-à-dire une vue globale, mais confuse dans laquelle les éléments ne sont pas encore distingués .
  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1996, t. 1, partie La connaissance, chap. Les différents types de connaissances, p. 103


Du syncrétisme aux objets distincts (§83)[modifier | modifier le wikicode]

Ce qu'on peut retenir de la théorie de la Forme, c'est que la perception ne part pas chez l'enfant, d'éléments isolés, mais de certains ensembles et ces éléments ne sont pas, primitivement, des ensembles analysées ni de ensembles construits : ils sont perçus syncrétiquement.
  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1996, t. 1, partie La connaissance,&chap. La perception sensible,p.103


Ce syncrétisme n'est pas à proprement parler, une perception structurée, organisée, comme le voudrait le Gestaltisme. L'enfant ne prend pas conscience des rapports. Il est, commentait CLAPARÈDE, « dans le même état d'esprit qu'un adulte qui ignore et qui ne sait pas qu'il ignore. Il n'analyse pas ce qu'il a sous les yeux, si les parties du tout qu'il observe lui sont encore inconnues ou ne suscitent pas son intérêt d'une façon particulière. »
  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1996, t. 1, partie La connaissance, chap. La perception sensible, p. 104


la loi du syncrétisme ne vaut pas également pour tous les sens. Ainsi comme le note J. Delay, [...] « ... il y a une différence fondamentale entre les "formes" optiques et les "formes" tactiles. Dans le domaine visuel, la perception du tout est aussi immédiate que la perception des parties même et même elle les précède. Dans le domaine tactile, le cmplexe ne naît que par synthèse active des formes élémentaires et partielles ».
  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1996, t. 1, partie La connaissance, chap. La perception sensible, p. 104


Le syncrétisme du sujet et de l'objet (§102)[modifier | modifier le wikicode]

Le syncrétisme du sujet et de l'objet. - Il existe donc à l'origine de la pensée, une confusion initiale du sujet et de l'objet. Le genre d'existence que le tout jeune enfant attribue aux choses est de même nature que sa propre existence à lui : on peut aussi bien dire qu'il y a assimilation des choses au moi que, comme dit J. Piaget, « absorption du moi dans les choses par indifférenciation du subjectif et de l'objectif. »
  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1996  , t. 1, partie La connaissance, chap. L'idée d'objet et le réel, p. 142


Le syncrétisme primitif : le jugement comme analyse (§170)[modifier | modifier le wikicode]

Nous savons (§40 et 102) qu'une caractéristique de la pensée enfantine est son syncrétisme, c'est-à-dire la confusion en un seul tout mental du sujet pensant et de l'objet pensée et bien aussi des différents objets entre eux. D'où ces « contaminations» et ces « digressions » (§65) qu'H. Wallon comme J. Piaget signalent dans la pensée de l'enfant, par suite de l'insuffisance du « pouvoir discriminateur » de son intelligence, de son « inaptitude à dégager de la masse où il plongent les éléments qu'exigerait le processus intellectuel ». C'est à dire que la psychologie du développement de l'enfant est ici d'accord avec la psychologie de la Gestalt pour s'opposer au postulat de ces psychologues trop logiciens selon lesquels il y aurait antériorité psychologique des termes par rapport à l' aperception de la relation.
  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1996  t. 1, partie La connaissance, chap. Le jugement, p. 261


Ajoutons-y ces « confusions syncrétiques » inhérentes à la « représentation concrète des choses » et qui interdisent à l'enfant l'accès du « monde des relations : « ... » ((Wallon, l'origine de la pensée chez l'enfant). L'enfant est donc, primitivement du moins, incapable de poser un sujet' logique et un attribut ou un complément, conçu de façon objective, qui formerait les deux termes du rapport. L'un et l'autre sont englobés sans distinction dans l'acte perceptif, d'autant plus que la perception de l'enfant elle-même a elle aussi un caractère syncrétique (§83).
  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1996, t. 1, partie La connaissance, chap. Le jugement, p. 261


Cours de philosophie, tome 2, 1954[modifier | modifier le wikicode]

Le moi de l'enfant (§73)

... la personnalité se développe en antithèse avec lui par toute une série de différenciation. Comme on l'a déjà vu,l'enfant part d'un état de syncrétisme, c'est à dire de confusion primitive, qui se manifeste ici : 1° comme un confusion du moi avec le non-moi (égocentrisme de Piaget)) ... ; . 2° comme une confusion du moi avec autrui (« monologue ») ... ; 3° comme une confusion du moi « avec le sujet » au sens philosophique (fabulation) ...; 4° une confusion du moi, en tant que pure existence psychique, avec le « je » (instabilité affective et intellectuelle) ... .)

  • Cours de Philosophie, Armand Cuvillier, éd. Le Livre de Poche, 1995  , t. 2, chap. VIII. La personnalité et le caractère, p. 141-142


Tran-Thong[modifier | modifier le wikicode]

Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, 1992 (11 éd.)[modifier | modifier le wikicode]

Syncrétisme de la personne[modifier | modifier le wikicode]

Du syncrétisme, Wallon en fait une notion autour de laquelle il rassemble tous les aspects de la pensées de l'enfant avant l'avènement des catégories vers 9-10 ans. «La pensée syncrétique, dit-il est... celle de l'enfant, tant qu'il na pu encore suffisamment délimiter sa propre personnalité, ni s'approprier les catégories usuelles à travers lesquelles, qujourd'hui, nous distribuons les données et les aspects divers de l'expérience » (Wallon, 1935a, le réel et le mental (Enfance, 1959)).

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992  , partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 194


Le syncrétisme remonte au stade du personnalisme. « Il apparaît dans une sorte de compromis, à des niveaux divers, entre la représentation qui se cherche et la complexité mouvante de l'expérience » (Wallon, 1941, p.179 in éd 1957).

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992 , partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 202


...la remise en cause, les délimitations et les réductions mutuelles des catégories existantes et la formation de nouvelles catégories s'opèrent dans une démarche qui rappelle le syncrétisme, c'est à dire dans laquelle sont confortés et mis en relation l'être et la connaissance, la pensée et la vie, l'intelligence et l'affectivité.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 203

Chez l'enfant le syncrétisme est antérieur à l'avènement catégoriel. Il est marqué par la prédominance de l'affectivité sur l'objectivité, de l'existentiel sur le pensable.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 203


Par leur communauté d'origine et par l'interpénétration mutuelle au cours de leur développement solidaire, la personne et l'intelligence, une fois nées, restent mal dissociées, et l'activité intellectuelles et affective de l'enfant forme un bloc syncrétique où prédomine l'affectivité dans ses relation avec l'entourage humaine. C'est au stade suivant, à partir de 6-7 ans, que ce syncrétisme cède la place devant l'analyse et la synthèse où prédomine l'activité intellectuel de la connaissance objective. Le résultat en est la formation des catégories intellectuelles qui dissolvent et effritent peu à peu le syncrétisme primitif et qui permettent un nouveau retour de la personne sur elle-même, au stade de la puberté...

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992  , partie 3. Le concept de stade de développement de l'enfant, chap. 1.3. Le statue spécifique des différents systèmes de stades, p. 315


Syncrétisme et affectivité[modifier | modifier le wikicode]

Pour que l'enfant arrive à prendre conscience de soi, il faut que sa sociabilité syncrétique initiale se différencie sous l'influence conjuguée de la maturation et de l'ambiance sociale. L'amorce de cette différenciation se fait dans l'apparition de la jalousie et de la sympathie.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. III. Le stade du personnalisme (3-6 ans), p. 182


Les expressions émotionnelles affectives se nuancent en attitudes et mimiques de plus en plus variées et fines et deviennent le comportement type dominant du stade, définissant un système d'équilibre des relation de l'enfant avec l'entourage. Ce système contient cependant en lui-même des contradictions qui devront le faire évoluer. L'attitude prélude à la conscience, l'expression émotive est l'ébauche du langage,elle est un « prélangage ». L'une et l'autre amorcent la vie de relation. Mais en même temps elles enferment l'enfant dans une osmose avec l'entourage, dans une sociabilité syncrétique. De nouvelle condition d'existence sont donc nécessaires pour l'avènement de la vie de relation qui fera passer l'enfant au stade suivant.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992&nbsp, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. La conception du stade chez Wallon, p. 235


... la description freudienne [des stades de développement] présente bien de convergence avec ce que Piaget appelle égocentrisme puéril et avec le syncrétisme affectif et intellectuel décrit par Wallon. Cependant, fidèle à sa perspective, Freud attribue une signification essentiellement sexuelle au complexe d'Œudipe comme au surmoi.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992 , partie 3. Le concept de stade de développement de l'enfant, chap. III. Le statue spécifique des différents système de stade, p. 323


... on peut situer le début du niveau représentatif vers 1 ans 6 mois, où se produit l'avènement de l'image mental. [...]. Le contenu de ce stade, cependant, ne se limite pas au seul développement de la représentation, mais paraît plus complexe. Freud a décrit cette période comme le stade sadico-anal [...]. L'ambivalence, la bipolarité faite d'oscillations rapides, de passages d'une extrême à une autre ainsi que l'intense curiosité pour le corps et les organes sont signalées aussi par Wallon et par Gesell. Le développement affectif et social de l'enfant est intense. Selon Wallon, c'est l'époque de son syncrétisme affectif différencié fait de jalousie et de sympathie

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 3. Le concept de stade de développement de l'enfant, chap. III. Définition et délimitation des stades, p. 388


Syncrétisme et intellectualisation[modifier | modifier le wikicode]

L'égocentrisme [de Piaget, dans sa perspective logique et de sa recherche du besoin communicatif chez l'enfant] est essentiellement d'ordre intellectuel.
(...)
De cet égocentrisme intellectuel essentiel découlent l'égocentrisme verbal, l'égocentrisme social, et à travers ce dernier, en l'englobant l'égocentrisme logique. Corrélativement, c'est l'égocentrisme ontologique [se manifestant dans le réalisme, l'animisme et l'artificialisme] qui caractérise la représentation enfantine de l'univers. Il y a un parallélisme entre l'égocentrisme logique et l'égocentrisme ontologique : le premier nous donne « la clés du jugement et du raisonnements enfantins et le seconds, « celle de la réalité et de la causalité chez l'enfant » (Piaget, 1926).
L'égocentrisme logique se manifeste dans le syncrétisme et la transduction . Incapable d'analyser, de synthétiser et de définir et ne disposant que des préceptes, l'enfant procède dans ses représentations, par « schémas globaux et par schémas subjectifs » (Piaget, 1924).
(...)
La transduction est non seulement caractérisée par le raisonnement singulier au singulier mais encore et essentiellement par sa manque de nécessité logique.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, p. 50


La mentalité puérile et ses productions peuvent être décrites par la notion de syncrétisme qui cependant n'est pas pur insuffisance mais comporte aussi des aspect positif.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 202

Négativement, l'activité intellectuelle de l'enfant est syncrétique ou globale, « c'est à dire qu'il ne sait pas décomposé l'objet ou les situation en propriétés ou en circonstances diverses, et qu'entre tout ce qui les manifestes à sa sensibilité ou à sa connaissance, y compris ce qu'il y met de lui-même, il y a fusion et confusion, de telle sorte que chaque trait, même accidentel, semble valoir tous les autres et peut-être donné comme exprimant la totalité. Mais la confusion va plus loin encore. Non, seulement les différentes espèces de qualité ou de circonstances semblent équivalentes dans l'ensemble où elles se rencontrent, mais elles sont données les une pour les autres,comme si il n'y avait pas entre elles de diversité qualitative ou comme si elles étaient, sous des noms variables, parfaitement interchangeable. À l'âge de 7 ou 8 ans encore les explications de l'enfant fourmillent de ces substitutions » (Wallon, 1945, p. 263).

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 202


Positivement le syncrétisme constitue des formules ou solutions de compromis.« Il n'est pas simple insuffisance; il est, à sa façon, un activité complète en présence des choses » (Wallon, 1941, p. 181 in éd. 1957). Aussi « il a ses niveaux et sa significations fonctionnelle (Wallon, 1945, p. 278). » Il débute lorsque l'intelligence discursive émerge de l'activité pratique et de la vie affective, comme compromis entre la représentation qui se cherche et la diversité du réel et des formules du langage. [...] Puis le syncrétisme se développe, s'élargit.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 202

Lorsque le nouveau pouvoir de discrimination intellectuelle apparaît vers 6 ans, rendant possible l'activité d'analyse et de synthèse qui mène progressivement à la constitution des catégories, le syncrétisme si dépouille de son confusionnisme généralisé, caractéristique de son étape enfantine, mais reste à l'échelle de la connaissance, une démarche essentielle, un moment nécessaire de la pensée rationnelle. En effet, les catégories sont des substituts de la réalité mais n'épuise jamais la réalité.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 203

Définir et classer les objets c'est en connaître la nature. Constater leur existence et en déterminer les conditions c'est l'expliquer. Ces deux tâches intellectuelles confondues dans le syncrétisme, comment à se différencier vers 6 ans, avec l'avènement de l'aptitude d'analyse et de discrimination.

  • Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, Tran-Thong, éd. Librairie Philosophique J. Vrin, 1992, partie 2. Le système de stades de Wallon et le problème de stades, chap. IV. Le stade catégoriel (6-11 ans), p. 210


Émile Jalley[modifier | modifier le wikicode]

Wallon et Piaget - Pour une critique de la psychologie contemporaine, 2006[modifier | modifier le wikicode]

Nous avons parlé d'égocentrisme en définissant ce terme comme une indifférenciation entre le moi et l'entourage... Peu importe, pourvu qu'on s'accorde sur les faits : ce que Wallon appelle syncrétisme de la petite enfance (d'après le terme emprunté à Claparède), est par exemple très proche de cet égocentrisme et bien des auteurs qui s'opposent à ce dernier acceptent à décentration, ce qui revient au même... Il ne s'agit que d'un primat inconscient du point de vue propre, faute d'avoir découvert la diversité des points de vue a fortiori faute de pouvoir les coordonner...
La simple répartition des propos de l'enfant en langage égocentrique et langage socialisé varie considérablement selon les milieux, selon que l'adulte intervient, etc. Les propos égocentriques augmentent naturellement avec le jeu symbolique (qui est une assimilation des actions aux intérêts subjectifs momentanés) et diminuent avec le travail... etc. En U.R.S.S., Vygotski et Luria ont vue dans le monologue égocentrique de l'enfant le point de départ du langage intérieur de l'adulte...

  • Wallon et Piaget - Pour une critique de la psychologie contemporaine, Émile Jalley, éd. L'Harmattan, 2006, p. 127

>Wallon se rencontre avec Piaget dans le recours à un fonds de notion aujourd'hui disparues, à moins qu'elles n'aient été versées au profit du nouveau thème à la mode sous l'expression de « théorie de l'esprit s : le syncrétisme, l' animisme, le finalisme, l' artificialisme (de 1 à 7 ans) (Freud, 1913; Gesell 1943; Piaget 1927, 1946; Wallon 1934, 1941, 1945). Comme à propos du sourire, la récente génération a raturé entièrement le passé, pour tout recommencer en s'en attribuant les dividendes.

  • Wallon et Piaget - Pour une critique de la psychologie contemporaine, Émile Jalley, éd. L'Harmattan, 2006, p. 153

Il est assez piquant de se remémorer aujourd'hui que Wallon a été un partisan de la méthode globale d'apprentissage de la lecture, une nouveauté introduite à l'époque par le belge Ovide Decroly, dont Wallon était un adepte fervent, légitiment le bien-fondé d'une telle approche par le caractère syncrétique de la perception enfantine

  • Wallon et Piaget - Pour une critique de la psychologie contemporaine, Émile Jalley, éd. L'Harmattan, 2006, p. 270


Ainsi, note encore Piaget, la pensée du jeune enfant est marquée par la double tendance au syncrétisme et à la juxtaposition, autrement dit la propension à fusionner aussi bien qu'à morceler (1924). Par ailleurs, la transduction, ou forme primitive du raisonnement enfantin, se caractérise par le dualisme, la coexistence contradictoire et mal articulée du singulier et du général (1927). Aussi bien, la mentalité enfantine résulte-t-elle du mélange de deux attitude contraire, l'abandon à la tendance endogène propre à l'égocentrisme aussi bien que la docilité à la coercition imposée par l'adulte.

  • Wallon et Piaget - Pour une critique de la psychologie contemporaine, Émile Jalley, éd. L'Harmattan, 2006 p. 283