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Le stalinisme
est la politique menée par la bureaucratie de l'URSS et l'Internationale Communiste pendant et après le thermidor soviétique. Cela désigne aussi "l'idéologie" de cette bureaucratie, personnifiée par Staline, bien qu'il n'y ait derrière aucune cohérence idéologique.

Le stalinisme a été une réaction victorieuse en URSS, notamment contre le trotskisme, mais a aussi été le fossoyeur de nombreuses révolutions socialistes, et probablement un des responsables principaux du recul du mouvement ouvrier pendant la seconde moitié du XXème siècle.

La dégénérescence stalinienne

Stalinisme et Opposition de gauche en URSS

Le stalinisme s'est construit en même temps que la jeune révolution bolchévique dégénérait. C'est la bureaucratie réactionnaire qui constituait la base sociale de cette régression, car elle confisquait le pouvoir des mains des soviets et donc des ouvriers. C'est elle qui s'est reconnue dans Staline et a donné du poids à son "argumentation" et à sa propagande.

C'est ce poids croissant qui a permis au stalinisme de se présenter de grès ou de force comme la continuateur de Lénine, en calomniant tout opposant comme Trotsky et l'Opposition de gauche.

Le stalinisme a cherché à théoriser ses politiques d'abandon de la révolution internationale, voire contre-révolutionnaires. L'exemple le plus frappant en est la théorie du "socialisme dans un seul pays".

Stalinisme et Internationale Communiste

Née dans l'élan de la Révolution russe, l'Internationale Communiste s'est développée très rapidement, et face à la discréditée Deuxième internationale, elle avait vocation à donner un nouveau souffle révolutionnaire au mouvement ouvrier et au socialisme scientifique.

Mais sa rapide stalinisation a rapidement eu l'effet inverse : l'IC a conduit à l'échec ou a directement étouffé des révolutions ouvrières prometteuses : Révolution chinoise, Révolution espagnole...

Le régime stalinien

La société sous Staline était profondément inégalitaire. La particularité par rapport aux sociétés capitalistes, c'était que cette inégalité ne se basait pas vraiment sur des différences de revenus, car les écarts sont restés relativement faibles depuis la révolution, même s'ils ont grandi. En revanche, les dirigeants de la production étatisée, c'est à dire la bureaucratie politique, s'est arrogée de grands privilèges dans l'accès aux biens.

Staline justifiait cet état de fait par une des formules lapidaires et pseudo-léninistes dont il avait le secret :

« Tout léniniste sait (s’il est un véritable léniniste) que l’égalisation dans le domaine des nécessités et de la vie individuelle est une absurdité réactionnaire petite-bourgeoise. » Staline, 1934[1]

Les travailleurs d'URSS n'étaient pas dupes, et voyaient bien la contradiction avec le dogme officiel. On peut en voir un exemple dans cette blague qui circulait sur Leonid Brejnev (chef de l'URSS de 1964 à 1982) :

Brejnev tenait [démontrer à sa mère] sa réussite. Il la fait venir de Dniéprodzerjinsk, en Ukraine, pour lui montrer son vaste appartement, mais elle reste muette, même un peu gênée. Alors il téléphone au Kremlin, ordonne qu’on lui amène sa Zil, et il conduit sa mère à sa datcha d’Ousovo, où ont résidé Staline et Khrouchtchev. Il lui fait tout visiter, lui montre les magnifiques jardins, mais elle ne dit toujours rien. Alors il commande son hélicoptère personnel et l’emmène droit à son pavillon de chasse de Zavidovo. Là, il la fait entrer dans la salle de banquet, lui fait admirer l’énorme cheminée, ses fusils, tout le luxe et, incapable de se retenir plus longtemps, il supplie : « Dis-moi, maman, qu’est-ce que tu en penses ? » Elle hésite, et puis hasarde : « Ma foi, c’est bien beau. Leonid… Mais si les Rouges reviennent ? »[1]

Luttes contre les régimes staliniens

Il y a eu différents exemples de luttes contre des régimes staliniens :

Bolchévisme et stalinisme

Naturellement, la politique intérieure et extérieure de l’URSS sous Staline n’a rien à voir avec l’élan émancipateur et internationaliste de la révolution d’Octobre. Comment est-on passé d’un mouvement révolutionnaire inédit, créateur et libérateur à une dictature totalitaire ?

La thèse de la continuité entre bolchévisme et stalinisme est défendue, pour des raisons opposées, à la fois par les staliniens, qui se présentent comme les héritiers d’Octobre, et par les réactionnaires qui veulent couvrir d’un même opprobre le stalinisme et le communisme en général. Face à ce raccourci révisionniste, Trotsky et les trotskystes voient dans l’isolement international de la Russie et dans l’affaiblissement numérique de la classe ouvrière la source de la bureaucratisation du régime, bureaucratisation dont Staline deviendra le nom.

Cependant, sans remettre en cause cette analyse générale, certains auteurs trotskystes se sont attachés à montrer comment certains défauts contenus dans la première phase de la révolution russe ont pu, par la suite, contribuer à donner naissance au monstre stalinien.

Article détaillé : Bolchévisme et stalinisme.


Notes et sources


  1. 1,0 et 1,1 Hedrick Smith, Les Russes, 1976