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Illustration d'un communard
La Commune de Paris est l'une des premières révolutions prolétariennes de l'histoire : Paris sous un gouvernement des travailleurs pendant 2 mois. Malgré son échec, ou grâce à lui, elle est une précieuse source d'enseignement pour tous les révolutionnaires. Survenue du vivant de Marx, elle suscita l'intérêt du père du socialisme scientifique, et plus tard, celui de Trotsky et de nombreux autres auteurs.

Contexte

Général

En 1871, l'empereur Napoléon III règne depuis son coup d'Etat du 2 décembre 1851. Il a combiné une politique de paternalisme envers les plus pauvres à une dure répression contre l'opposition. Il entreprenait souvent des guerres extérieures dont un rôle constant était de renforcer son gouvernement lorsqu'il était affaibli et contesté à l'intérieur. Mais lorsqu'il entreprend la guerre de 1870 avec la Prusse, il échoue. Son armée est mal préparée et rapidement la situation s'inverse, c'est la Prusse qui avance sur le sol français.

La grande bourgeoisie française, financière, commerçante et liée à l'ancienne aristocratie encore puissante, est très conservatrice. Elle contestait peu sous l'Empire, et majoritairement, elle trouve son expression politique dans le monarchisme, afin avant tout de "ramener l'ordre". Une faible partie de la bourgeoisie est républicaine modérée, mais c'est surtout parmi la petite-bourgeoisie et le prolétariat des grandes villes que l'on défend le plus la République. Les petits artisans et boutiquiers sont dominés par les riches créanciers, et sont très solidaires des ouvriers. Dans ces milieux populaires, la revendication d'une République sociale est idéologiquement confuse, mais exprime le souhait d'une rupture avec le régime ploutocratique décevant issu de 1789. C'est parmi cette plèbe qui préfigure le mouvement ouvrier moderne que l'on trouve des révolutionnaires socialistes.

À Paris

Si au Moyen-Âge, la mixité sociale prédominait d'un point de vue géographique, la Révolution industrielle a entraîné une forte tendance à la ségrégation grands bourgeois et (semi-)prolétaires, tendance accentuée par l'urbanisme de Haussmann. Les quartiers de l'ouest (7e, 8e, 16e et 17e arrondissements) concentrent les plus riches (avec leurs domestiques) et l'Est est populaire (10e, 11e, 12e, 13e, 18e, 19e et 20e arrondissements). Les quartiers centraux ont connu une forte paupérisation mais conservent encore des personnes aisées en 1871.

Les ouvriers sont très nombreux : 442 000 sur 1,8 million d'habitants, selon le recensement de 1866 ; ainsi que les artisans (près de 70 000, la plupart travaillant seuls ou avec un unique ouvrier) et les très petits commerçants dont la situation sociale est assez proche de celle des ouvriers.

Événements

Guerre perdue et gouvernement bourgeois

L'armée française capitule à Sedan le 4 septembre 1870, et Napoléon III est fait prisonnier. À cette nouvelle, le peuple parisien se soulève et la Troisième République est proclamée le jour même, les bourgeois républicains étant la seule force organisée capable de récupérer l'État. Les parisiens ont majoritairement envie de "chasser l'envahisseur prussien" et un gouvernement de "défense nationale" est constitué. Paris est assiégée et connaît une dure famine durant l'hiver.

Le 18 janvier 1871, un armistice est signé avec le chancelier allemand Bismarck à Versailles, dans l'attente d'élections. La nouvelle commence à échauder le petit-peuple parisien, qui se sent trahi par sa soit-disant représentation.

Les élections sont orgnisées en hâte le 8 février et les campagnes élisent majoritairement des candidats monarchistes "pour la paix" : sur 750 députés, 450 sont des monarchistes (sans compter les bonapartistes). En revanche, à Paris, 33 députés sur 43 sont des républicains plus ou moins radicaux, et 4 sont des révolutionnaires. Ces élus parisiens sont pour continuer la guerre, les parisiens considérant qu'ils se défendent bien et ne sont pas vaincus. Mais l'Assemblée nationale, réunie à Bordeaux, élit Thiers chef du pouvoir exécutif et l'envoie négocier la capitulation, qui sera signée le 26 février.

Exacerbation de la lutte de classe

L'Assemblée nationale, via les votes des provinces rurales, exprimait en fait les intérêts de la bourgeoisie conservatrice. Face à elle, le peuple parisien qui se plaçait de plus en plus en opposition, bien que largement isolé, représentait historiquement le progrès social et la possibilité de la révolution socialiste.

Le gouvernement durcit rapidement le ton, en nommant trois bonapartistes à des postes haut-placés à Paris :

  • Marie-Edmond Valentin comme préfet de police,
  • le général d'Aurelle de Paladines comme chef de la Garde nationale,
  • le général Vinoy comme gouverneur militaire (le 6 mars).

Le 9 mars 1871, le préfet de police interdit 6 journaux d'extrême gauche, dont Le Cri du peuple de Jules Vallès, et ferme les clubs populaires.

Le 10 mars 1871, l'Assemblée, qualifiée d'« assemblée de ruraux » par les parisiens, transfère son siège à Versailles parce qu'elle craint « le chef-lieu de la révolution organisée, la capitale de l'idée révolutionnaire »[1]. Ce même jour, elle promulgue une loi qui :

  • met fin au moratoire sur les loyers et les effets de commerce : 40 000 commerçants en faillite et 300 000 locataires menacés d’expulsion
  • supprime la solde d'un franc cinquante par jour payée aux gardes nationaux, soldats issus du Paris populaire

Ce gouvernement était résolument au service de la classe dominante dans son but immédiat de désarmer le dangereux prolétariat parisien. Thiers l'a confirmé de façon éclatante après coup, lors de l'enquête parlementaire sur la Commune :

« Les gens d’affaires allaient répétant partout : vous ne ferez jamais d’opérations financières si vous n’en finissez pas avec ces scélérats et si vous ne leur enlevez pas les canons. Il faut en finir, et alors on pourra traiter d’affaires. »

18 mars, le feu aux poudres

Article détaillé : Soulèvement du 18 mars 1871.
Commune Barricade.jpg
En effet, la plus grosse épine dans le pied de l'État français officiel, c'est que cette plèbe parisienne est armée. La Garde nationale de Paris regroupe tous les hommes valides (200 bataillons et 180 000 hommes). Ils sont bien armés, disposent de 227 canons, 500 000 fusils et ont des chefs élus. Leurs canons, qui cristallisent la crainte du gouvernement, sont regroupés à Montmartre et à Belleville. Non seulement les parisiens ne veulent pas capituler, mais ils considèrent que les canons sont à eux, puisqu'ils les ont payés eux-mêmes lors de la souscription contre la Prusse. Mais surtout, ils n'ont aucune confiance dans ce gouvernement, et ne veulent pas que se reproduise la tuerie de juin 1848.

Thiers va alors mettre le feu aux poudres le 18 mars, en ordonnant à l'armée d'aller confisquer les canons et d'arrêter les meneurs révolutionnaires. Le peuple et la plupart des gardes nationaux se soulèvent, et les soldats refusent de faire feu sur eux. C'est le début de la révolte populaire : peuple et soldats fraternisent, le gouvernement s'enfuit à Versailles accompagné par une troupe démoralisée. Le pouvoir retombe de fait entre les mains du comité central de la Garde nationale.

Le conseil général de la Commune

Article détaillé : Conseil général de la Commune.

Ce comité est composé essentiellement de petits-bourgeois modérés qui ne sont pas "au dessus" du peuple parisien mais en sont totalement solidaires. Ils appellent de leurs voeux à ce que soit élu un conseil municipal. Celui-ci verra le jour le 26 mars : ce sera le conseil général de la Commune. Sur 90 élus, la majorité sont des révolutionnaires (parmi eux 25 ouvriers), mais ils vont se partager en 3 groupes principaux :

Ces élections-là n'ont rien à voir avec des élections en temps "normal" de domination bourgeoise. Elle est proclamée devant une foule de 100 000 personnes, sous le feu d'une situation révolutionnaire. La participation, de 50% en moyenne, masque en fait le fait que c'est une élection parmi le prolétariat uniquement : 76% de participation dans le 20ème arrondissement, autour de 25% dans les arrondissements de l'Ouest. Beaucoup de bourgeois ont d'ailleurs fui, notamment à Versailles.

Intenses débats et autogestion

Dès lors, les travailleurs parisiens s'investissement pleinement dans la vie politique et cherchent à tâtons une façons d'organiser la cité dans leur intérêt. Ils de réunissent dans de nombreux clubs populaires, des Comités de vigilance, ou via les organes de la Garde nationale, et font directement entendre leurs revendications à leurs élus. Des élections complémentaires ont lieu le 16 avril, et le 28, un Comité de Salut Public est mis sur pied. De façon empirique et par souci d'efficacité, les parisiens réalisent peu à peu une auto-centralisation (fédération des clubs...).

Des mesures sociales radicales sont prises, sous l'initiative populaire bien plus que par idéologie : en pratique, c'est la socialisation sur un mode quasi-communiste qui se dessine, et non des schémas blanquistes ou proudhoniens. Mais toute cette spontanéité, si elle est remarquable par sa démonstration que le prolétariat est réellement porteur d'une société nouvelle, se fait sans clairvoyance, sans priorités, et laisse les mains libres à toute la réaction de France de se renforcer à Versailles. En dehors des mesures socialistes à Paris, les communards accordent trop de temps aux symboles (colonne Vendôme abattue par antimilitarisme) et pas assez aux vrais lieux de pouvoir (Banque de France laissée intacte alors qu'elle finance Versailles pendant ce temps). Elle n'a pas non plus réussi à créer des liens avec les autres villes et encore moins avec la campagne.

21-28 mai : la semaine sanglante

L'écrasement de la Commune par les armées de Versailles est bien connu : le 21 mai commence la "Semaine sanglante", le plus effroyable massacre pratiqué par un pouvoir aux abois, désireux de se venger et d'écraser pour longtemps la classe ouvrière (plus de 20 000 morts, des milliers de condamnés et déportés outre-mer).

L'oeuvre progressiste de la Commune

Article détaillé : Oeuvre sociale de la Commune.

Insurrection populaire devenue en quinze jours une véritable révolution sociale, la Commune a pris de nombreuses décisions exemplaires.

Les mesures socialistes

  • Remise des loyers ;
  • création des futures Bourses du travail ;
  • suppression du travail de nuit chez les boulangers ;
  • interdiction des amendes et des retenues sur salaire dans les ateliers et les administrations ;
  • suppression des monts-de-piété ;
  • enseignement obligatoire, laïque et gratuit avec intégration de l'instruction professionnelle ;
  • recensement des fabriques abandonnées pour être remises à des coopératives ouvrières.

La démocratie ouvrière

  • suppression de l'armée permanente, remplacée par la Garde nationale dont tous les citoyens doivent faire partie ;
  • élection et révocabilité de tous les responsables dans l'administration, la justice, l'enseignement et la Garde nationale ;
  • limitation du traitement des employés de la Commune à celui d'un ouvrier ;

Actes symboliques

  • démolition de la "colonne impériale de la place Vendôme" ;
  • incendie de la maison de Thiers ;
  • crémation de la guillotine.

La laïcité

Le socialisme est par essence incompatible avec la théologie. La Commune a ordonné la séparation de l'Eglise et de l'Etat, instituant par là la laïcité, 34 ans avant que la bourgeoisie ne la déclare enfin.

L'éducation gratuite et obligatoire

Dix ans avant que le républicain bourgeois Jules Ferry (membre du gouvernement qui l'a écrasée) ne le fasse, la Commune avait instauré à Paris l'éducation gratuite et obligatoire...

Les femmes en action

Les femmes ont pris une part massive aux mobilisations et se sont organisées en comités de quartier. Si Louise Michel est bien connue, il ne faut pas oublier Elisabeth Dimitrieff, qui a créé la première Union des femmes. Plus de mille d'entre elles passeront en conseil de guerre dont les "Pétroleuses", accusées d'avoir incendié les maisons bourgeoises. La réaction se déchaînera sur elles, par exemple Alexandre Dumas fils (l'auteur de La Dame aux Camélias) qui disait : « Nous ne dirons rien de leurs femelles par respect pour les femmes à qui elles ressemblent - quand elles sont mortes.'»

Concernant les indemnités reçues par les proches des gardes nationaux, la Commune a donné la consigne aux mairies de ne faire aucune distinction entre femmes dites "illégitimes", mères et veuves.

Les étrangers et la Commune

Les étrangers furent des centaines à participer à la Commune et, fait unique dans l'histoire mondiale, plusieurs d'entre eux occupèrent des postes de direction : les meilleurs généraux étaient polonais (Dombrowski et Wroblewski) et le ministre du Travail fut un Juif hongrois, ouvrier bijoutier, Léo Frankel. Il avait été élu au conseil général de la Commune suivant les recommandations ci-après de la commission des élections :

"Considérant que le drapeau de la Commune est celui de la République universelle ; considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent (...), la commission est d'avis que les étrangers peuvent être admis, et vous propose l'admission du citoyen Frankel."

Le citoyen Frankel n'aurait pas eu cet honneur sous le règne du "socialiste" Jospin...

Leçons de la Commune

Insuffisance de la spontanéité

De ces 72 jours, Marx, Engels, Lénine, Trotsky ont tiré de nombreuses leçons. Tous sont d'accord pour souligner que la principale faiblesse de la Commune est l'absence d'une direction révolutionnaire. La spontanéité des masses a montré les prodigieuses forces qu'elles sont capables de développer, de façon difficilement prédictible, mais elle est insuffisante. Leur fantastique essor s'est accompagné d'une tendance à s'arrêter en chemin et à se contenter des premiers succès.

Toutes les expériences révolutionnaires ultérieures l'ont démontré : des organisations révolutionnaires bien préparées sont indispensables. Jamais, nulle part, une insurrection populaire spontanée n'est parvenue à renverser le régime capitaliste et à assurer le pouvoir des travailleurs. 

Voyant qu'une révolution contre le régime bonapartiste était inévitable, Marx et Engels déploraient l'absence d'une organisation du prolétariat pour la diriger. Dès le 15 août 1870, Engels écrivait : "Le pire c'est qu'en cas de véritable mouvement révolutionnaire à Paris personne n'est là pour prendre sa direction."

Nécessité de détruire l'État bourgeois

C'est malgré lui que le prolétariat parisien s'est retrouvé au pouvoir et, dépourvu de direction révolutionnaire consciente, il a laissé passer toutes les occasions d'écraser son ennemi : ses deux principales erreurs furent de ne pas immédiatement marcher sur Versailles et de vouer un respect sacro-saint à la propriété privée et notamment à la Banque de France (qui finança largement Versailles).

Avec la Commune, Marx s'est vu renforcé dans son idée que l'État bourgeois ne se réforme pas mais doit être brisé et remplacé par d'autres institutions. La Commune avait commencé à le faire, mais très timidement et empiriquement, à mesure qu'elle prenait conscience de l'obstacle que constituaient les forces étatiques laissées en place. Cela laissa le temps à la réaction de se reconstituer à Versailles, et de préparer l'écrasement de ce pouvoir populaire naissant.

C'est pourquoi notamment Marx écrit dans la préface de 1872 au Manifeste : "il ne faut pas attribuer trop d'importance aux mesures révolutionnaires énumérées à la fin du chapitre II. Ce passage serait, à bien des égards, rédigé tout autrement aujourd'hui. [...] La Commune, notamment, a démontré que la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre telle quelle la machine de l'Etat et de la faire fonctionner pour son propre compte".

La révolution et les élections

Si l'on s'en tient à l'aspect purement formel, avec les catégories bourgeoises, on ne peut rien comprendre au type de pouvoir issu de la Commune. Certes, c'est avec des élections que le peuple parisien donnait sa confiance au Conseil général, ou que les "fédérés" élisaient le Comité central de la Garde nationale. Les différences formelles existent, par exemple la révocabilité, la limitation du revenu des élus, ou simplement le fait qu'elles soient organisées directement par le peuple, mais ils n'expliquent pas le saut qualitatif qui permet de parler de changement d'État.

Entre les élections du 8 février et celles du 26 mars, on passe de 9% d'élus révolutionnaires à 100%. Une telle transformation est le fruit d'une révolution sociale qui transforme les rapports sociaux et aiguise la conscience de classe, et qui ne pourrait jamais découler d'un processus "normal" de campagne électorale dominée (matériellement, idéologiquement, médiatiquement...) par la bourgeoisie. De plus, en admettant une progression uniquement électorale des idées socialistes, l'Etat bourgeois a largement le temps et les moyens de s'adapter, de faire des concessions, ou de trouver des diversions (xénophobes, nationalistes...) et de réprimer, de mener un coup d'État... C'est précisément parce que l'ancien État et la classe opposée deviennent clairement des ennemis que le prolétariat révolutionnaire prend en main le pouvoir, en excluant la bourgeoisie. Les élections qui surviennent pendant une révolution socialiste ont alors pour fonction de diriger démocratiquement la "dictature du prolétariat", au lieu de légitimer la façade démocratique de l'État en temps "normal".

Révolution prématurée ?

La Commune de 1871 pouvait-elle gagner ou était-elle historiquement prématurée ?

Marx considérait que l'éclatement de l'insurrection était prématuré et trop risqué, même s'il a soutenu la Commune dès qu'il appris qu'elle venait d'être déclarée. Il s'est intéressé en détail à ce qui aurait pu faire gagner les communards, et il estimait même que trois mois seulement de libre communication entre Paris et la province auraient suffi à entraîner le soutien des paysans à la révolution.

Pour Trotsky :

« De même que le Manifeste était une anticipation, de même que la 1ère Internationale était venue trop tôt pour son temps, c'est-à-dire pour pouvoir unir les travailleurs de tous les pays, de même la Commune était un épisode prématuré de la dictature du prolétariat. »[2]

Les Franc-Maçons et la Commune

Dans le Paris de 1871, les ouvriers et les artisans sont particulièrement bien représentés dans les loges.[3] C’est ce qui explique pourquoi l’on trouve de nombreux francs-maçons parmi les responsables de la Commune : environ un tiers. Beaucoup s'impliquent dans la Commune au nom des valeurs humanistes franc-maçonnes.

Mais à d’une manière générale, les Conseils de l’ordre, organes dirigeants des obédiences, sont très réticents à l’égard de la Commune et donnent aux frères des consignes de neutralité, que la base ne suivra pas. Il y a d’ailleurs beaucoup de francs-maçons hostiles au mouvement communard et certains d’entre eux sont engagés dans les rangs versaillais.

Ayant des Frères dans les deux camps, la franc-maçonnerie est particulièrement active pour jouer la réconciliation. A trois reprises (le 8 avril, le 22 avril et le 29 avril 1871) ils tenteront en vain de faire cesser les combats.

Les anarchistes, les marxistes et la Commune

Marx a rédigé immédiatement La guerre civile en France au nom du Conseil général de l'Internationale, pour prendre la défense de la Commune. C'est dans ce texte sur la Commune que Lénine se replongera en août 1917 pour écrire L'Etat et la Révolution.

Mais les anarchistes collectivistes et fédéralistes proches de Bakounine ont aussi considéré que la Commune leur avait donné raison. Dans ses souvenirs, James Guillaume dit avec satisfaction que le Conseil Général de l’Internationale a adopté entièrement le point de vue des fédéralistes.[4] Quant à Bakounine, il affirmait :

«  L’effet de l’insurrection communaliste a été tellement puissant qu’en dépit de la logique et de leurs véritables dispositions, les marxistes, dont toutes les idées se sont trouvées renversées par elle, ont été obligés de s’incliner devant cette insurrection et de s’en approprier les buts et le programme ».

Au 73e jour du pouvoir soviétique, Lénine se mit à danser sur la neige entre les murs du Kremlin pour saluer une durée venant de dépasser celle de la Commune. En 1924, la délégation française au congrès de l'Internationale déposera au Mausolée, un drapeau rouge de la Commune.

Ailleurs en France

Communes1871.jpg
D'autres mouvements ont éclaté ailleurs en France en solidarité, même s'ils sont restés de plus faible ampleur.

Bibliographie

Articles

Livres

La guerre civile en France de Marx
Le canon fraternité Roman de Jean-Pierre Chabrol
Les leçons de la Commune de Léon Trotsky
La Commune de 1871 de C. Talès
Histoire de la Commune de 1871 de Prosper-Olivier Lissagaray.

Notes

  1. Jules Simon, Le Gouvernement de Monsieur Thiers, tome I, p. 95
  2. Trotsky, La guerre et l'Internationale, 31 octobre 1914
  3. http://www.commune1871.org/?Les-francs-macons-et-la-Commune
  4. James Guillaume, L’Internationale, tome II, p. 191