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Le clergé désigne la classe religieuse s'étant partagé le pouvoir avec la noblesse durant le Moyen Âge. Le terme peut aussi désigner - de façon impropre - la bureaucratie chrétienne que l'on connaît sous le nom d'Eglise.

Organisation du clergé catholique

Le clergé est fondamentalement divisé en deux ordres : le clergé séculier, dont leurs membres et représentants vivent au « contact des citoyens »  ; et le clergé régulier, dont les membres sont isolés (dans la mesure du possible) de la société civile. Les deux ordres sont dirigés et encadrés par le Pape et son assemblée de cardinaux.[1]
Schema organisation Eglise.png

Clergé séculier

C'est la partie "civile" du clergé : elle est chargée d'être au contact des gens, de répandre l'idéologie chrétienne et les dogmes de l'Eglise et de combattre le paganisme (ceux qui ne croient ni en la religion chrétienne ni en la religion juive). Le clergé séculier administre lui-même ses propres monuments et est soumis à une intense lutte de classes entre ses membres :

  • le bas clergé : le curé et ses vicaires, se trouvant en bas de la hiérarchie religieuse dans les paroisses. Selon les ressources des paroisses, il était souvent assez pauvre, ne vivant que de la portion congrue de la dîme ;
  • le haut clergé : les évêques, dirigeant le diocèse, placés en haut de la hiérarchie religieuse et résidant dans un évêché, archevêques, cardinaux, nonces… Ces ecclésiastiques étaient généralement riches, du fait des ressources foncières importantes de chaque siège épiscopal et des biens de leurs propres familles nobles. Comme ce n'était pas le cas de tous les diocèses, certains sièges épiscopaux pauvres étaient appelés, par mépris, « évêchés crottés ».

Clergé régulier

Le clergé régulier, lui, vit plus reculé, afin d'être "au contact de Dieu". Il s'agit de l'ensemble des couvents, monastères et abbayes, organisés en différentes sectes dont les plus fameuses fûrent les Bénédictins ainsi que les Cirterciens.

Pape

Le pape est le dirigeant de la bureaucratie chrétienne. Il s'agit d'un cardinal élu par les autres au suffrage par tête.

Rôle du clergé

Au cours de l'histoire, le clergé a joué différents rôles, parfois progressistes mais le plus souvent réactionnaires.

Prosélytisme religieux

La première tâche, bien sûr, était de répandre la religion, si nécessaire au moyen de la force : le clergé put ainsi compter sur l'Inquisition, l'une des premières organisations supranationale de l'histoire dont l'objectif était de neutraliser le paganisme et les "sectes".

Services à la population

Mais le clergé, et plus précisément le bas-clergé rendait des services à la population, du temps où l'Etat absolutiste n'assurait pas les services régaliens pris en charge par les Etats bourgeois de notre temps :

  • mise en place d'hospices, lieux où les malades pouvaient se rendre ;
  • premières lois de "pacification" décrétées pour combattre les excès de la noblesse ;
  • constitution de tribunaux civils (aux méthodes toutefois excessives voire irrationnelles, comme au bas Moyen Âge).

Défense de l'ordre établi

Enfin, le clergé, et plus particulièrement le haut-clergé, jouait un rôle fondamental dans la préservation du système féodal, puis absolutiste : la collaboration entre la noblesse et le clergé est l'une des plus anciennes et documentées collaborations de classe. En effet, cette collaboration permettait à la noblesse de disposer d'un corps religieux justifiant leur domination (droit divin...) ; en échange, la noblesse assurait la mainmise du clergé dans la société, si nécessaire au moyen de la force (extermination des cathares...).

Autres clergés

Bien que le terme de "clergé" soit régulièrement associé à l'Eglise, chaque religion a son propre clergé.

Notes et sources

  1. Alexandre Faivre, Chrétiens et Églises : des identités en construction. Acteurs, structures, frontières du champ religieux chrétien, Paris, Cerf-Histoire, 2011, « klèros/laïkos. Deux ensembles flous à l'origine d'une dichotomie mutuellement exclusive »